PEACEFUL DAYS


Base: Saint Seiya (les personnages sont la propriété de Kurumada Masami)

Genre: Amours innocentes, douceur et diabète

Couples: A découvrir tout au long de ce recueil

Notes: Bonjour, bonsoir! Entre deux prises de tête sur ma fic principale qu'est Saint Kanon, voici un petit recueil de textes sans prise de tête, plein d'amour sur les Bronze. Je vous souhaite une bonne lecture!


Voici le premier OS sur deux personnages que je n'exploite pas vraiment, mais j'aime bien leur relation.


Première visite au temple de l'année

Il avait fait une nuit blanche, mais refusait d'admettre qu'il avait sommeil. Pourtant ce réveillon du 31 décembre n'était pas des plus agités, mais il devait garder les yeux ouverts. Juste pour cette apparition divine qui descendait le perron du manoir Kido, dès les premiers rayons de soleil hivernal.

Quand bien même Saori était l'incarnation d'Athéna, la déesse grecque, elle avait grandi dans les traditions de son pays d'adoption, le Japon. Et, désormais, elle voguait entre les deux cultures, entre son devoir et ses terres de cœurs. Et la voilà, si belle dans ce kimono épais, rouge avec des motifs délicats cousus de fil doré, ce obi rose pâle qui entourait sa taille et habilement noué dans son dos, ses longs cheveux mauves remontés en un chignon faussement négligé au dessus d'une fausse fourrure blanche qui lui protégeait le cou.

Jabu restait interdit devant ce tableau presque irréel, mais ce qu'elle était belle! Et quel honneur de pouvoir la conduire, lui, au temple. Il était fier, si fier. Un mois auparavant, il venait d'avoir 18 ans et juste après, avait pris des leçons de conduite accélérées. Parce qu'en plus de son devoir de chevalier de Bronze, il savait ce qu'il voulait faire de sa vie en tant qu'adulte. Il voulait emmener Saori. Peu importait le moyen de transport, voiture, bateau, avion même, il désirait être celui qui serait à ses côtés, qui marcherait, si ce n'était à ses côtés, au moins devant pour lui faciliter le chemin ou même derrière pour la protéger du danger. Mais jamais loin pour le bien être de celle qui occupait son cœur depuis qu'il était enfant, depuis l'époque où cette petite fille espiègle lui avait demandé d'être son fidèle destrier.

Pour lui, ce n'était pas une punition, ni une humiliation. C'était un honneur, et pour toujours, il voudrait être près d'elle pour l'emmener où elle le désirait.

« Bonne année, Jabu, fit-elle en guise de salutation.

-Bonne année, Saori-san.

-Tatsumi n'est pas là pour nous emmener au temple?

-Il est souffrant. Il a du avoir une indigestion hier soir...

-Oh... Je lui avais pourtant conseillé de ne pas se jeter sur les huitres », soupira la jeune fille.

Le chevalier détourna le regard en ouvrant la portière arrière de la somptueuse voiture. En vérité, il avait été trop généreux avec le majordome, l'incitant à boire du sake encore et encore jusqu'à ce qu'il s'écroule de sommeil. Pour une fois qu'il pouvait avoir Saori pour lui tout seul, et lui montrer à quel point il savait rouler à la perfection sur la route...

A son tour, il prit soin de ne pas abimer son costume en entrant dans le véhicule. Élégant, noir, classe. Le cadeau de Noël de sa déesse.

大吉

La voiture se gara juste devant le portique en pierre qui faisait office d'entrée dans le sanctuaire shintô où ils se rendaient.

En sortant, Saori s'inclina subtilement pour remercier Jabu, puis s'avança dans le sentier mêlé de gravillons et de dalles. Le chevalier la suivit, s'émerveillant presque de ce tableau.

Comme une estampe hors du temps, il voyait une jeune femme en kimono qui marchait sur un chemin la menant vers le temple, et entourée de pins sacrés et bénis qui s'élevaient haut dans le ciel, et au sol, des flaques d'eau, de la neige fondue de ces derniers jours. Et au tout dernier plan, les balustrades rouges du temple qui allaient accueillir la jeune femme pour sa première prière de l'année.

Lui avait beau ne pas s'intéresser à la peinture, ce tableau qu'il admirait, là, actuellement, valait toutes les œuvres d'art du monde entier. Sur le moment, il avait regretté de ne pas avoir pris son appareil photo, mais il savait pertinemment qu'immortalisé sur un morceau de carton, le cliché ne montrerait pas toute la beauté de cet instant volé. Alors, il le grava à tout jamais dans sa tête, auprès des souvenirs secrets qu'il gardait des courtes minutes passées avec sa déesse rien qu'à lui.

Puis, il la rejoignit devant le grand autel. À cette heure si matinale, peu de gens venaient prier. L'esplanade était presque silencieuse.

Elle l'attendait devant le puits pour se verser un peu d'eau bénie des prêtres shintô du temple, sur les mains, les lèvres. Pour se purifier.

Ensuite, il alla se placer à côté de Saori, l'énorme corde entre eux et la laissa faire son rituel de prières. Lancer une pièce de monnaie. Tirer la corde pour que les gros grelots tintent, puis, frapper deux ou trois fois dans ses mains, les yeux fermés, tout en pensant très fort à ce que l'on souhaite demander aux divinités. Prendre son temps, y mettre son cœur, car ce seraient ces premiers mots qui définiraient la nouvelle année.

Jabu l'imita. Il récitait ce qu'il avait gardé si longtemps en lui. Que Saori puisse l'aimer aussi fort que lui l'aimait, qu'il lui serait dévoué à tout jamais, en tant que chevalier de la Licorne, en tant que chauffeur, qu'ami, confident et tout ce qu'il pourrait être pour la rendre heureuse, autant la déesse que la jeune femme.

Rouvrant les yeux, il la vit sourire derrière sa main qui cachait sa bouche.

« Il y a un problème?

-Tu chuchotais, et tu avais tellement l'air déterminé dans ta prière, répondit-elle. Je me demande ce que tu as bien pu raconter avec tant d'entrain.

Jabu se mit à rougir.

-Saori... ce... si on le dit, cela ne se réalisera jamais...

-Profitons, tant qu'il n'y a pas trop de monde, fit la jeune fille d'un coup, prenant le bras du chevalier. Allons tirer la bonne fortune!

Il ne pouvait résister, face à ce rayon de soleil, loin de la déesse inaccessible, ou de la jeune héritière. Il avait juste à côté une fille de son âge, et il aimait ses multiples facettes, tout simplement.

-J'espère que tu auras un bon tirage, dit-il. Moi, chaque année, j'ai toujours un petit bonheur, quand ce n'est pas un malheur ou un grand malheur comme l'année dernière...

-Ne désespère pas, Jabu. Si tu tires un malheur, tu pourras alors t'y préparer au cours de l'année.

-Oui... c'est vrai.

Saori secoua la boite de laquelle sortit un petit bâtonnet avec un papier accroché.

-Oh! Dai kichi! Grand bonheur pour l'année, s'écria-t-elle.

-Félicitations!

-Et toi?

Jabu secoua la boite et découvrit le bâtonnet:

-... shou kichi, petit bonheur. C'est un peu mieux cette année.

-Mais oui, tout ira bien pour toi, j'en suis sûre! Tu as prié de toutes tes forces, alors je suis certaine que tes rêves se réaliseront.

-Nous devrions rentrer maintenant. Il va être temps d'aller au Sanctuaire pour les voeux aux chevaliers.

-Tu as raison, faisons vite. »

Sur le chemin en direction de la voiture, Jabu ne retenait plus son sourire. Saori s'accrochait à son bras avec force, et il avait l'impression d'être en rendez-vous avec celle qu'il aimait. Et puis, sur le papier de bonne fortune, malgré le petit bonheur, il l'avait bien lu ''très grande lueur d'espoir en amour dans les prochains mois''.


notes de fin: Merci d'avoir lu! Alors même si j'aime pas vraiment Saori, j'aime bien Jabu quand même et ce ship.
Pour la visite au temple, je me suis inspirée de souvenirs que j'avais, lors de mon année au Japon, où j'ai pu expérimenter les rituels dans les sanctuaires shintô, le lavage des mains, les prières devant l'autel etc. Sans y croire vraiment, c'est une expérience à faire.
Quant au tirage de bonne fortune, et les différents ''degré'' de chance, une petite explication:
大凶: dai kyou, grand malheur
凶: kyou, malheur
小吉: shou kichi petit bonheur
吉: kichi, bonheur
大吉: dai kichi, grand bonheur
Qu'on y croit ou pas, c'est quelque chose à faire dans les sanctuaires au Japon.
Voilà. Je vous dis à la prochaine