notes: Bonjour, bonsoir et une très bonne année à vous! Voici une deuxième histoire d'amour et d'eau fraiche sur un couple phare de Saint Seiya. Je vous souhaite une bonne lecture
Athena: merci à toi pour ta review. J'espère que cette histoire te plaira.
Vivre d'amour et d'eau fraiche
Shiryu se redressa, faisant craquer un peu les os du dos. Cela lui faisait un bien fou, après avoir passé de longues minutes courbé sur la terre à labourer une infime parcelle de son champ. Il y était depuis les premières lueurs du jour.
Levé avant le soleil, un morceau de pain et un verre d'eau à peine dans l'estomac, il avait quitté la petite maison dans laquelle il vivait près de la cascade de Rozan pour se mettre à travailler.
Ce n'était pas du tout une corvée pour lui. Il adorait s'occuper de ses cultures.
La paix revenue sur terre, et ses yeux qui guérissaient peu à peu, l'air pur et vivifiant de cette région des Cinq Pics, la simplicité du quotidien, tout cela rendait heureux le chevalier du Dragon.
Sans compter la joie et la voix de Shunrei, sa compagne de toujours, qui l'aidait, qui marchait à ses côtés du matin au soir, ses mélodies un peu hasardeuses au gré de son humeur, et ce petit grain de malice qu'elle pouvait avoir de temps en temps.
Il n'oubliait pas non plus Dohko, son Vieux Maitre, qui lui avait tout appris. Où qu'il fût, chaque fois que Shiryu passait devant l'énorme cascade, il s'asseyait à la place du chevalier de la Balance, comme autrefois, et respirait lentement, profondément, pour le remercier de ses enseignements durs mais ô combien importants dans sa vie.
Regardant la chute éternelle des eaux, il retrouva sa motivation. Il devait terminer avant la fin de la journée ce travail de préparation de la terre, et la semaine prochaine, il pourrait planter ses légumes. Ensuite, dès le coucher du soleil, il irait plonger dans la rivière pour se rafraichir. En ce début de printemps, il n'avait pas peur de la basse température de l'eau. Et mine de rien, il faisait chaud à force! Si bien qu'il n'avait plus son haut sur les épaules, et c'était torse nu, couvert de sueur, qu'il retournait la terre, sans cesse.
Il n'avait aucune notion du temps, mais il était très probable qu'il fut bientôt midi. Cependant, Shunrei n'était toujours pas là. Surement qu'elle s'était rendue au village pour faire des courses.
En fait, c'était sur et certain. C'était aujourd'hui qu'elle devait y aller. Tout allait bien.
Il se redressa à nouveau, lorsqu'un paysan, passant avec sa charrette, le salua de loin et l'encouragea dans son labeur.
L'on lui avait souvent demandé, ses amis de Bronze ou même les habitants de la région des Cinq Pics, lui qui était dans la fin de l'adolescence et pas encore adulte, pourquoi il ne voulait pas aller dans une université ou bien sortir avec des copains, profiter d'une jeunesse comme les autres, au lieu de rester dans la campagne profonde de Chine à gratter de la terre.
Shiryu leur répondait qu'il avait régulièrement des nouvelles de ses proches, et que les occasions où ils se retrouvaient n'étaient pas rares du tout. Et puis, il avait toujours préféré ces paysages incroyables aux buildings et aux grandes villes. Pour ce qui était des études, le Vieux Maitre valait tous les professeurs de tous les établissements scolaires. Et là, il était bien, tout simplement.
L'air y était pur, la nature luxuriante et il en redécouvrait les couleurs charmantes au fur et à mesure que sa vue revenait, il y sentait des parfums qu'on ne trouvait nulle part ailleurs, il aimait jouer à reconnaître les chants des oiseaux et les produits locaux avaient de bonnes vertus pour la santé quand on les cuisinait. En somme, ses cinq sens étaient éveillés avec le lever du jour au quotidien. Il ne demandait rien de plus.
On l'appela.
Il reconnaitrait cette voix aigüe entre mille prononcer son prénom. Shunrei, qui courait presque en sa direction, ses épaules surement chargées d'un grand sac de ses courses. Elle tenait dans ses mains une énorme étoffe. Il était temps de faire une pause bien méritée.
« Shunrei! Je suis désolé, tu dormais si bien quand je me suis levé. Je ne voulais pas te réveiller.
-Ce n'est pas grave, fit-elle un peu essoufflée. Tu as bien travaillé, ce matin.
-Tu as vu? Je pense que nous aurons un beau potager bientôt.
-Je vais pouvoir faire de bons plats après.
-Je t'aiderai.
-... bon d'accord, rit-elle.
-Tu reviens du village, là?
-Oui. J'ai posé les courses à la maison, mais j'ai pensé que pour changer, on pourrait faire un pique nique ce midi. Il fait tellement beau. Alors j'ai pris des plats tout faits.
-Quelle bonne idée. Allons au bord de la rivière. Je te rejoins, je range les outils. »
Peu après, Shiryu arriva près d'un grand arbre sous lequel Shunrei avait commencé à déballer des boites de nourriture qui sentaient vraiment bon, à tel point que l'estomac du jeune homme se tordait d'impatience d'y gouter.
Il l'aida à étendre le drap et, une fois rafraichi et lavé ses mains de terre, tous deux prirent leur repas.
Bonheur. Voilà comment Shiryu pouvait décrire en un mot ce qu'il vivait depuis la paix déclarée entre les dieux de l'Olympe. Là encore, somnolant de sa digestion, adossé au tronc de l'arbre, il le respirait ce bonheur à pleins poumons. Sur son épaule, Shunrei se reposait aussi. Il était bien. Malgré un soupçon de culpabilité en pensant qu'il préfèrerait, là, rester ainsi tout l'après-midi au lieu de continuer à labourer son champ.
Oh et puis zut! Pour une fois, sa pause se terminerait le lendemain au lever du soleil, pas avant. Il était trop bien ici et le bruit de l'eau le berçait presque.
Tout contre lui, Shunrei émit un petit rire.
« Tu penses à quoi, lui demanda-t-il.
-A ce matin, au village. Un marchand m'a dit, en partant, ''le bonjour à votre mari'' en voulant parler de toi. Je n'avais pas compris sur le coup...
-Mais... on n'est pas marié.
-C'est ce que je lui ai dit.
Étaient-il au moins ensemble? S'interrogeait Shiryu pour lui même. Ils se connaissaient depuis tant d'années, s'adoraient, se protégeaient l'un l'autre, parlaient de tout et de rien, se disputaient un peu parfois. Ils avançaient côte à côte depuis tant d'années, et le Dragon ne s'imaginait pas loin de Shunrei. Il en avait le cœur presque brisé quand il devait se rendre au Sanctuaire d'Athéna sans elle. Comme s'ils étaient un couple, marié. Et paradoxalement, ils ne l'étaient pas officiellement.
-Et toi... tu en penses quoi?
Shunrei se redressa.
-Moi? Je suis bien comme ça. Je n'ai pas envie qu'on mette un mot défini à ce que l'on est l'un pour l'autre.
-Je pense pareil. Les gens pensent ce qu'ils veulent, ils ne vivent pas avec nous.
-Pourtant... il y a quelque chose...
-Quoi donc? »
Shiryu n'eut pas sa réponse. Juste le visage poupon et doux de Shunrei devant ses yeux, et, d'instinct, il ferma les siens. C'était la première fois qu'il goutait au contact sucré des lèvres de la jeune fille. Leur tout premier baiser. Et surement pas le dernier. Mais un témoignage de cet amour indéfinissable qu'ils s'offraient l'un à l'autre, au cœur de la région des Cinq Pics de Rozan.
notes de fin: Merci d'avoir lu ce petit texte sur un Bronze que j'aime vraiment et sa vie toute simple aux Cinq Pics en Chine avec sa chérie. Je vous dis à la prochaine.
