notes: Bonjour, bonsoir! Voici un tout nouveau OS sur les Bronze, cette fois ci un petit shounen ai sur un couple que j'ai appris à apprécier. Je vous souhaite une bonne lecture.
Merci également à ShaSei et Athena pour leurs reviews! Ca fait toujours plaisir. Et j'espère que cette histoire vous plaira.
L'horizon et le silence
Ikki n'était pas un asocial, ou encore un éternel solitaire. La preuve étant qu'il avait accepté avec joie, même, de venir passer ce week-end avec les autres Bronzes dans la résidence secondaire des Kido située dans les montagnes. Juste que l'après-midi jeux de société sur la terrasse n'était pas vraiment le style d'activités auquel il s'attendait vraiment. Il avait envie de se promener dans la forêt où les pins étaient immenses à tel point qu'on ne pouvait en voir le sommet.
Il partit devant, Seiya, Shun, Shiryu et Jabu le rejoindraient après leur partie à priori sérieuse. Le repas du soir en dépendait et le Phénix espérait intérieurement la défaite du Dragon, parce qu'il savait très bien cuisiner. Ce matin, ils avaient joué une nouvelle répartition des chambres parce que le chevalier de la Licorne ronflait beaucoup et l'oiseau de feu ne le supportait plus. C'était son frère qui le recevrait, mais peu importait pour Andromède, il avait un sommeil très profond dès lors qu'ils fermait les yeux.
À vrai dire, le jeune homme ne voulait pas se perdre dans les sentiers, il savait à peu près où il allait, guidé par une infime aura, d'un être qui appréciait aussi le calme loin de la foule. Un oiseau aussi indépendant que lui, qui voulait se poser là où il le désirait, loin très loin des tragédies du passé.
Les dieux avaient certes décrété la paix, d'anciens et valeureux guerriers étaient bien revenus, mais les blessures elles, celles qui les avaient fait souffrir si profondément, restaient encore ouvertes, et ils ignoraient eux même si un jour elles seraient apaisées.
C'était pour cette raison qu'autant l'un que l'autre, à leur manière, ils avaient besoin d'espace, de calme et de silence. Et étrangement, ils en avaient parlé de tout cela, tous les deux. À demi mots, ils comprenaient les émotions de l'autre. Ils avaient combattu ensemble, mais leurs souffrances n'étaient pas les mêmes. Seule leur intensité se ressemblait un peu.
Il leur arrivait de sourire aussi, en compagnie de leurs amis, de se laisser vivre comme de jeunes adultes et étaient heureux pour ceux qui avaient trouvé leur moitié.
Tout en marchant, Ikki se noyait dans cette verdure, cette nature vivante et colorée, loin de l'enfer dans lequel il avait vécu des années au cours d'un entrainement inhumain qui avait failli le détruire au creux de tout son être. Il adorait cela, se promener, seul, découvrir ce qui faisait cette planète qu'il protégeait au nom d'Athéna. Il ne se lassait de partir dans une région du globe au gré de ses envies et en apprendre les richesses. Il avait besoin de liberté, de s'envoler comme il le désirait pour se sentir vivant. Il refusait d'être prisonnier.
Au bout de quelques minutes de marche, le Phénix sortit des bois vers un parterre d'herbe au bord d'une falaise, là où était assis l'autre oiseau, le Cygne.
Sans un mot, il le rejoignit, et se posa à ses côtés.
Seul le vent dansait avec leurs cheveux blonds et noirs aux reflets bleu nuit et brisait le silence autour d'eux.
Leurs yeux noirs et bleu ciel étaient comme fixés sur l'horizon, et leurs esprits probablement perdus dans leurs réflexions.
À quoi pouvait bien penser Hyoga? Bien évidemment, Ikki n'était pas dans sa tête et l'ignorait. Même lors de leur duel à une époque, il n'avait pu atteindre physiquement son cœur. Au travers de l'armure de Bronze la croix que lui avait confiée la mère du Cygne le protégeait à cet endroit même.
Le Russe aussi ne dévoilait que ce qu'il semblait vouloir, rassurant son entourage qu'il allait bien, pour ensuite s'envoler ailleurs, vers les contrées sibériennes qu'il affectionnait particulièrement. Ses terres, sa maison à lui.
Un jour peut-être, le Phénix irait explorer cette région, dépassant cette appréhension qu'il avait en lui pour les températures négatives. Quand bien même était-il un chevalier d'Athéna, au cosmos pratiquement divin, son enveloppe charnelle restait celle d'un être humain, avec sa sensibilité au froid qu'il fuyait le plus possible quand il en avait l'occasion. Tel un oiseau migrateur.
Pourtant, aussi étrange que cela pouvait paraître, le Cygne et le Phénix, malgré leurs éléments opposés, se toléraient, s'appréciaient et acceptaient la présence de l'autre. Ils s'étaient rapprochés par le passé, bien plus qu'ils ne l'auraient imaginé. Leurs lèvres s'étaient rencontrées, pressées et restées collées quelques instants, suspendant le temps.
Jamais ils n'auraient pu imaginer cela, et pourtant cela s'était produit. Une seule fois, mais inoubliable pour Ikki. Mais il ne l'avouerait pour rien au monde. Cette douceur, cette sensation particulièrement, il la garderait pour lui. Et puis les mots ne seraient jamais assez appropriés pour l'exprimer. Pas même à Hyoga.
Après tout, le silence suffisait pour être bien tous les deux.
Prenant appui sur les mains pour ne pas tomber en arrière sur l'herbe, Ikki sentit une peau douce effleurer ses doigts pour s'y insinuer petit à petit. Un rictus se dessina sur ses lèvres. Subtil, mais exprimant une chaleur qui envahissait son corps, comme son cosmos orangé dans les moments forts d'un combat face à un adversaire redoutable. Ce genre d'excitation qui pouvait le faire s'envoler dans les plus hautes sphères du ciel, sans avoir peur de revenir sur terre ensuite. Pour lui, le fait que Hyoga lui caresse sur le moment sa main était comparable à cela, oui, alors que c'était si anodin pour le commun des mortels.
Qu'importe s'ils ne se disaient rien, s'il n'y avait pas de mot pour ce qui se passait entre eux, cette sensation de sérénité et de paix qui régnait rien que du fait d'être côte à côte se suffisait.
Et ces rares petites montées de joie, bien maitrisée sur leurs visages, n'étaient pas négligeables du tout.
À présent, ils se tenaient la main, le regard toujours fixé sur le lointain mais leurs doigts jouaient doucement entre eux, se cherchant, s'éloignant pour mieux se nouer à nouveau ensuite.
Le vent souffla un peu plus fort en leur direction, un peu plus frais selon le Phénix. Le Cygne n'y était pas sensible, évidemment! C'était un oiseau des glaces! Mais ils jugèrent que c'était le moment de retrouver leurs amis. Sans trop se presser non plus.
Ni se lâcher.
L'autre main d'Ikki vint caresser à peine la joue du jeune homme blond, et l'instant d'après, ils s'embrassèrent tout en douceur, mais l'oiseau de feu s'envolait à nouveau, le cœur battant à tout rompre, et ne voulant surtout pas atterrir trop vite, trop tôt. Profiter encore un peu de ces contrées polaires qu'il appréciait sans rechigner.
C'était presque à regret apparemment que Hyoga se séparait de leur échange, un sourire esquissé qui pouvait en dire beaucoup, tout comme ces deux diamants bleutés qui formaient ses yeux.
Ikki se releva et tendit le bras pour aider son compagnon, même s'il savait qu'il n'en avait pas besoin.
Sur le chemin vers le chalet, ils se donnèrent la main à nouveau, profitant encore un peu de ce moment dans la forêt et le silence.
Mais le Phénix savait une chose que le Cygne ignorait encore. La nouvelle répartition des chambres les réunirait dès cette nuit.
notes de fin: Merci d'avoir lu. À vrai dire, j'ai eu un petit peu de mal à l'écrire, parce que je n'avais pas vraiment de trame pour cette histoire. Et puis je me suis dis qu'un texte sans dialogue ça change un peu, surtout avec pour thème le silence.
Je vous fais des bisous et vous dis à la prochaine.
