Notes: Bonjour, bonsoir! Voici l'avant dernier OS de ce recueil, et oui ^^ Sur des personnages encore sous exploités et trop souvent raillés.
Merci ShaSei pour ta gentille review encore une fois.
Je vous souhaite une bonne lecture.
La course aux chocolats
Au Japon, il existe une époque en début d'année où chaque homme de tous âges, de 5 à 95 ans, vit une phase de stress et de nervosité incroyable, dans l'attente d'un présent qui pourrait déterminer leur vie amoureuse et leur vie tout court, parfois. À l'approche de la mi-février, ils guettent en quête de savoir s'ils sont l'élu de quelqu'un, s'ils vont recevoir un présent éphémère mais ô combien inestimable sur l'instant. Un chocolat de la Saint Valentin. Bien sur, avec le temps, tout le monde peut s'en donner en signe d'amitié également, ou en reconnaissance, pour montrer qu'on fait partie de l'entourage.
Cependant, pour des lycéens, il n'y avait pas d'autre signification que l'admiration d'une fille et ce jour là, le 14 février, était le seul moment où la vérité pouvait éclater. Le seul moment où ils sauraient s'ils étaient appréciés ne serait-ce assez pour recevoir un petit carré de chocolat au pire acheté à la supérette en bas de la rue, au mieux, confectionné avec soin et amour et enveloppé dans un papier adorable.
チョコ
C'était leur dernière chance, pour ces trois chevaliers de Bronze. Dans deux mois, ils ne seraient plus écoliers. Les deux années précédentes, ce fut un échec, et furent injustement ignorés, malgré leurs efforts, leur gentillesse et leur dévouement au cours des clubs extra scolaires.
Ils étaient même jaloux de leurs amis et également protecteurs d'Athéna qui avaient bien plus de succès. Quand bien même Jabu n'acceptait d'autres chocolats que ceux de Saori qu'elle avait achetés dans une boutique de luxe dans un quartier huppé. Ou encore Hyoga, qui avait suivi sa deuxième année de lycée avec eux, était tellement populaire qu'il avait reçu des dizaines d'attentions. Le Cygne les avait acceptées pour les offrir ensuite à ses connaissances en Sibérie orientale quand il était reparti la semaine suivante. Seiya et même Shun avait récolté des chocolats aussi... qu'ils avaient donnés à l'orphelinat où ils s'étaient connus il y avait très longtemps. Andromède, c'était certain qu'il n'allait pas accepter de cadeau d'autres filles, c'était de notoriété publique qu'il sortait plus ou moins avec June du Caméléon, même si les deux concernés le niaient, ça se voyait. Par contre, le Pégase, il affirmait se contenter d'un gâteau fait par sa grande sœur et rien de plus. Lui qui n'hésitait pas à chahuter en compagnie de Jabu même en plein cours, il restait discret sur une éventuelle vie amoureuse, s'il en avait une...
En tout cas, il était 10 heures, au cours de la pause entre les cours, et les trois adolescents soupiraient de recevoir un jour un petit présent pour cette occasion de la Saint Valentin.
« Je crois que notre courte vie de lycéen se termine sur une note amère, soupira Ichi.
-Oui, c'est le seul truc qui manque à ce quotidien paisible qu'on a pu connaître, même si on est chevaliers, ajouta Ban.
-Pour une fois qu'on me prenait un peu au sérieux, en plus, renchérit l'Hydre.
-C'est vraiment bien pour toi, en tout cas, répondit le Lionnet. Tu as trouvé ta voie et je suis certain que tu réussiras dans cette école d'arts de la scène.
-Merci, tu es un ami, toi. Pas comme l'autre asocial qui nous écoute pas. N'est-ce pas, Geki? Tu nous dis si on te gêne? Pas comme si tu allais nous quitter dans quelques semaines!
-Pardon, tiqua le chevalier de l'Ours, plongé dans une revue. Je suis désolé, j'étais encore dans...
-... dans le fascicule de la fac canadienne où tu vas aller, on le sait, râla Ichi. Oui, c'est bien pour toi, parce que tu vas loger chez ton maitre, tu vas étudier pour être vétérinaire et tout, mais on est encore au Japon là, avec tes potes. Et on est en train de se plaindre de notre désert affectif et chocolatier si tu vois ce que je veux dire...
-Oh? Vous n'avez rien eu?
-Pourquoi? Toi si?
-Oui, admit Geki. Tanaka-san m'a offert un chocolat en forme d'ours, ce matin en arrivant dans la classe. Elle m'a même souhaité bon courage pour le Canada.
-Félicitations, s'écria Ban.
-Comment?! tu... Geki tu...
-Tu m'en veux, Ichi?
-Non, répondit ce dernier sèchement. Tu vas partir, on se verra que si tu as des vacances et si on doit se rendre au Sanctuaire, tu as eu un chocolat, tu abandonnes tes meilleurs potes, mais tout va bien...
-Je ne suis pas encore parti, tu sais. Et puis la journée n'est pas encore terminée. Nous sommes des chevaliers d'Athéna, et comme dirait Seiya, les miracles peuvent se produire à tout moment.
-Si seulement il disait vrai », rechigna encore l'Hydre, s'enfonçant un peu plus derrière son pupitre alors que la cloche annonçant la reprise des cours retentissait.
チョコ
Dans l'après-midi, alors qu'Ichi traversait la cour pour rejoindre le gymnase où il devait préparer les répétitions pour la future cérémonie de fin d'année du lycée, en compagnie du club de théâtre auquel il appartenait, il entendit des cris provenant du stade. Ces tonalités très graves étaient très probablement de la part de l'équipe de rugby qui s'entrainait pour le dernier match de l'année scolaire.
Le jeune homme s'autorisa un détour pour aller encourager vite fait un de ses meilleurs amis pour les derniers jours où il serait le capitaine. Parce que Ban était un très bon attaquant, et avait même été approché par des clubs pour lui demander d'intégrer leurs équipes. Il paraitrait que le Lionnet avait gentiment refusé, prétextant le fait de vouloir devenir plutôt professeur de sport. En vérité, comme tous, il songeait à rester dans l'ombre et protéger les gens d'éventuelles menaces, en tant que chevalier. Autant Ban que lui n'avaient pas la même puissance que Seiya ou Shun, mais en cas de danger, ils seraient là.
Observant le stade sans fixer un point précis, Ichi songeait à ce qui réunissait ses amis et lui même: cette envie de défendre la terre au nom d'une déesse, de pouvoir préserver la paix, de pouvoir imaginer que ces camarades du lycée pourront grandir encore des années après et devenir des adultes avec une vie bien plus insouciante que la leur. Et à son niveau à lui, il veillerait sur eux.
Il sourit pour lui même. Parce qu'on ne dirait pas qu'il savait se battre avec sa tête d'idiot, ses grands gestes et ses pitreries et ce talent qu'il s'est découvert en intégrant un peu au hasard la troupe de théâtre. Au début, il n'osait pas, par peur du ridicule, et peu à peu, il avait pris goût au jeu d'acteur et même à l'écriture de pièces. Désormais, il se voyait lui aussi dans une profession de l'ombre et dans la création de scénarios pour la télévision. Son imagination serait son meilleur allié.
Par contre... ce n'était pas du tout une rêverie de sa part, quand au loin, il voyait très bien Ban, son sportif de meilleur ami en train de le trahir lui aussi en recevant de la part de la manager de l'équipe de rugby, une trop jolie fille pour le Lionnet, un petit sac dans lequel il devait y avoir des chocolats!
A cet instant, Ichi se sentit abandonné de tous...
チョコ
L'Hydre était tout simplement furieux et trainait la patte sur le chemin du retour, derrière Geki et Ban qui discutaient normalement. Cette journée était un échec pour lui. Ou s'il voulait être positif, c'était plutôt une journée normale, sans événement, insipide tout simplement. Il n'aurait pas du espérer autant de cette fête venue d'occident, amplifiée par les commerçants qui promettaient l'amour éternel une fois qu'on recevait une sucrerie. Et à force d'y croire, on se faisait avoir, on était déçu le reste de l'année d'après les échecs s'accumulaient bêtement jusqu'au dégout.
Demain serait un autre jour, il valait mieux oublier cette histoire.
En plus, sous l'énervement, il avait oublié de dire au revoir aux autres membres du club.
« Ca va, Ichi, demanda Geki?
-Pourquoi ça irait pas?
-Pour rien, enchaina Ban. On croyait que tu ruminais ta défaite à la console d'hier soir.
-Tu parles, je vais vous éclater, se reprit-il d'un air de défi, remerciant intérieurement ses amis de ne pas aborder des sujets qui fâchaient sur le moment.
Alors qu'ils allaient entamer un débat de qui serait le premier à jouer sur les deux manettes de la console, des appels vinrent dans leurs dos, scandant le prénom de Ichi.
-Tu as un fan club, railla Ban.
-Tais-toi un peu, fit l'Hydre qui s'apprêtait à l'insulter quand il reconnut trois des filles du club de théâtre. Qu'est-ce que vous faites là?
-Ichi-senpai, tu es parti trop vite, fit celle qui semblait la plus jeune. On voulait te remettre ceci avant de rentrer.
-Quoi donc?
Une autre des filles lui tendit une pochette en papier.
-Tu peux l'ouvrir si tu veux, dit-elle.
Le chevalier s'exécuta et découvrit plusieurs plaquettes de chocolat, de toutes formes, même une en cœur.
-Le cœur, c'est moi qui l'ai fait, avoua la troisième fille.
-Hana-chan, l'appela Ichi du surnom que tout le club lui avait donné, à la plus ancienne et aussi la camarade de classe du jeune homme.
-Je voulais écrire quelque chose en sucre dessus, mais je n'y suis pas arrivée. C'était que j'espère que tu réussiras tes projets et que je ne t'oublierai jamais.
-... merci... » répondit le chevalier attrapé et incapable de dire autre chose.
Ichi priait de tout son être Athéna et tous les dieux possibles pour que l'obscurité de la nuit tombante cache la rougeur de ses joues qui chauffaient encore et encore. Quand bien même il était entouré de ses amis chevaliers et du théâtre, d'une fille avec qui il avait sympathisé à priori bien plus qu'il ne l'aurait pensé, il était heureux. D'avoir eu un cadeau pour la Saint Valentin ou juste cette attention de Hana-chan, il ignorait la vraie raison. Il était juste heureux comme un simple lycéen.
notes de fin: Merci d'avoir lu! Bon c'est un tout petit peu tôt pour la publication de ce OS, par rapport à la période de l'année, mais je n'avais pas envie de faire un texte spécialement pour la Saint Valentin. Il tombe juste dans ce thème de début d'année avec les Bronzes, et j'avais envie de donner un peu de tendresse, d'insouciance à ces trois personnages oubliés. Avec un peu d'humour aussi. J'ai créé leurs amies pour l'occasion, pour donner un peu plus cette atmosphère de vie scolaire. Et les caractères pour les interludes c'est ''choco''.
J'espère qu'il vous a plu.
À très vite pour le dernier texte.
Des bisous
