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Chapitre 5

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Il s'avère que Stiles est bon pour poser des protections, mais qu'il déteste ça. Il adore le travail des runes et pense que c'est beau, mais le créer est une vraie plaie. Il y a beaucoup de travail complexe et délicat, et bien qu'il puisse le faire, il déteste ça avec force et passion. Peter est beaucoup plus patient avec Stiles qu'il ne le pensait, mais il est presque sûr qu'il est frustré. Il demande à Stiles de dessiner sur papier cinq fois les runes qu'il va utiliser avant de le laisser s'approcher des fondations de sa maison. Les protections contre les incendies sont plus faciles que les autres, mais l'ensemble compliqué de runes qui fait que personne ne peut entrer dans la maison sans permission prend un peu de temps à assimiler.

« Je ne vois pas pourquoi tu ne le fais pas, c'est ta spécialité, » grogne Stiles. Il est près de minuit et lui et Peter sont dans son jardin. Stiles est accroupi et utilise un outil spécial de Peter pour graver les runes dans les fondations de sa maison.

« Tu n'apprendras pas si je le fais. »

« Ouais, mais au moins je saurai qu'ils sont bien faits ! Et je m'inquièterai pas de faire accidentellement exploser ma main ou un truc comme ça. »

« Tu ne feras pas exploser ta main si tu arrêtes de te plaindre et que tu te concentres. »

Stiles rouspète dans sa barbe, mais retourne à sa gravure. Il est près de 1h du matin quand il a enfin fini et il est anéanti, son énergie zappée d'avoir protégé la maison.

« Tu vas développer une certaine endurance pour ça, » dit-il et Stiles est trop fatigué pour même faire une blague à ce sujet. « Pour l'instant, ta maison est protégée et c'est ce qui est important. »

« Un magicien puissant ne pourrait-il pas les briser ? »

« C'est possible. Ils devraient être extrêmement forts cependant, surtout avec le pouvoir que tu as mis dedans, » dit Peter. « Deaton n'a pas le jus si c'est ce qui t'inquiète. »

« C'était pas vraiment le cas, mais bon à savoir. »

Stiles a de la chance de ne pas travailler le lendemain, parce qu'il ne se réveille pas avec ses deux alarmes et ne le fait que lorsque Peter l'appelle, sa sonnerie personnalisée de la famille Addams le tirant de l'inconscience.

« Allo ? » dit Stiles, n'ouvrant même pas les yeux.

« Eh bien, tu as l'air vraiment horrible. »

« Tu es un tel charmeur. Comment diable as-tu obtenu une réputation en tant que playboy ? »

« Je suis parfaitement charmant, merci, » dit Peter. « Prépare-toi, ton rendez-vous avec Cora est dans une heure. »

« Oui, papa, » marmonne Stiles.

« Oh Stiles, si tu voulais m'appeler papa, tout ce que tu avais à faire était de le dire. »

Stiles braille, bafouille en démentant, ce qui fait juste rire Peter.

« C'est vraiment trop facile. Je serai là pour te récupérer dans une demi-heure. »

Il raccroche avant que Stiles le traite de connard. Le connard.

Il prend une douche rapide et attrape une barre protéinée (pour que Peter ne le fasse pas chier) et est prêt juste quand il se gare dans l'allée. Stiles lui a fait promettre de venir avec lui (Peter avait probablement prévu de venir de toute façon) parce qu'il est une mauviette absolue quand il s'agit de seringues. Il a promis de drainer sa douleur si elle devient trop intense, mais Stiles est également presque sûr que Peter est un sadique et veut voir sa douleur.

Peter a un sac d'épicerie avec de la boisson énergisante et un paquet de bœuf séché, et lui dit que le tatouage peut être difficile pour certaines personnes et que cela aidera s'il commence à se sentir faible ou s'évanouit. C'est... étonnamment gentil et cela ne le rassure aucunement au sujet du processus.

Cora travaille dans une boutique de Beacon Hills, entre un fleuriste et une librairie. C'est occupé, ce qui ne le surprend pas pour un samedi, mais cela le rend un peu nerveux. Sa jambe rebondit contre sa chaise dans la salle d'attente et après quelques minutes, Peter attrape sa jambe et l'immobilise, lui lançant un regard pointu.

« Désolé, » dit Stiles. « Il y a juste beaucoup de monde ici... »

« La station de Cora a un panneau de confidentialité qu'elle peut installer. Tu ne remarqueras même pas que quelqu'un d'autre est ici. »

« Peter ! »

Stiles lève les yeux et voit une fille de son âge sortir de l'arrière du magasin. Peter se lève et la prend dans ses bras, pressant sa joue contre la sienne. Ses bras nus sont couverts de tatouages et il peut voir le bord du chat du Livre de la Jungle qui sort du col de sa chemise sur sa poitrine. Sa lèvre et son nez sont percés et elle a un tas de boucles d'oreilles. Stiles ne voit pas vraiment la ressemblance avec Peter jusqu'à ce qu'elle le regarde avec des yeux aiguisés et évaluateurs.

« Alors, c'est le nouveau stagiaire ? »

« Yep, Stiles Stilinski, » dit Stiles en tendant la main. Elle a l'air amusée, mais la prend. « Je pense qu'on a eu un ou deux cours ensemble au lycée. »

« Si c'était le cas, Cora ne s'en souviendra pas, » dit Peter. « Elle a passé plus de temps à sécher qu'en classe. »

« Et pourtant, me voilà avec un travail et du succès, » dit Cora en haussant les épaules. « Venez, je suis prête. »

Cora les conduit à travers la boutique jusqu'au coin arrière, où elle a sa chaise et son équipement. Elle a déjà un panneau de confidentialité prêt et l'installe une fois que Stiles est assis. Peter prend la chaise de rechange à côté de lui.

« Okay, où est-ce qu'on met ça ? » demande Cora.

« Euh, » dit Stiles, en regardant Peter. « Est-ce que ça fait une différence ? »

« Pas particulièrement, » dit Peter. « Certaines personnes aiment le mettre près de leur cœur ou de leurs mains, mais c'est plus un choix symbolique et stylistique qu'autre chose. Personne n'a trouvé de preuve concluante que l'emplacement du tatouage fait une différence. »

« Okay, je pensais à mon épaule alors. »

« Bien sûr, » dit Cora. « Enlève ton t-shirt, je vais préparer ton stencil. »

Stiles l'enlève et le tend à Peter en essayant de ne pas être trop gêné. Il en a fini avec ça depuis le lycée, mais parfois quand il est entouré de quelqu'un de ridiculement attirant, comme Peter, ces vieilles insécurités ressortent. Peter jette un regard appréciateur sur son torse et lui fait un clin d'œil. Cela le fait se détendre, en fait, de voir Peter plaisanter avec lui de manière si désinvolte. Cora coupe son champ de vision et le retourne. Elle nettoie sa peau et applique soigneusement le stencil, puis incline la chaise à plat, le faisant s'allonger sur le ventre.

« Je ne vais pas mentir, ça ne va pas être génial sur l'os, » dit Cora. « Essaye de ne pas te contracter ou te tortiller. Je sais que c'est difficile à contrôler, mais surtout avec des tatouages magiques, ce doit être précis. »

« Je ferai de mon mieux. La gestion de la douleur est l'entière responsabilité de Peter aujourd'hui. »

Cora ricane. « J'espère que tu te sens spécial. Il ne fait habituellement ça que pour la famille. »

« Quoi, vraiment ? » demande Stiles en regardant Peter, qui jette un regard noir à Cora.

« Oh ouais, » dit-elle. « Un membre de la meute est tombé d'un arbre et s'est cassé le bras et Peter a dit 'La douleur l'aidera à apprendre à ne pas recommencer'. »

« Eh bien, » dit Peter. « Il n'est pas monté trop haut à nouveau. »

« Il avait onze ans, Peter. »

« Oh mon Dieu, t'es horrible, » dit Stiles en gloussant.

« Tu le savais déjà, » dit Peter. « Cora, est-ce qu'on te paye pour bavarder ou pour travailler ? »

Cora tire la langue, mais vérifie que ses gants sont bien en place et s'occupe de l'encre.

« Donc, c'est l'encre que Peter a réellement ensorcelé, » dit Cora. « C'est spécifiquement pour les tatouages de focus ou des tatouages avec un élément magique. En gros, cela aidera le flux magique. »

« Sympa, » dit Stiles. « Je savais pas que ça existait. »

« Je te dirai comment faire un jour, » dit Peter.

Stiles sursaute quand Cora allume la machine, surpris par le bourdonnement. Cora lève un sourcil.

« Pas de sursauts, pas de secousses, compris, » dit Stiles.

« Je vais demander à Peter de te tenir s'il le faut, » menace Cora. « Et le connaissant, il va probablement aimer ça. »

Stiles rougit et Peter gémit.

« Cora, » dit-il.

« Ouais, ouais, détends-toi, » grommelle-t-elle. « D'accord, je vais commencer, ne bouge pas. »

Le premier contact n'est pas aussi mauvais qu'il ne l'avait imaginé. On dirait une griffure de chat. Ça empire au fur et à mesure qu'elle efface l'endroit où elle travaille et qu'elle repasse les lignes. Ce n'est pas un tatouage trop grand, probablement de la taille de sa main, mais ça lance. Peter prend la plupart de la douleur, mais il ne veut pas que Stiles se retrouve dans un état où il ne pourrait pas dire qu'il a besoin d'une pause ou de manger un morceau, donc il ne peut pas en prendre trop. Tout de même, Stiles se sent chanceux. Il est une poule mouillée quand il s'agit de seringues, il le sait et il est tellement reconnaissant d'avoir un drainage de douleur loup-garou. Les gens qui s'en passent sont des héros.

Cora fait une pause au bout d'une heure et demie quand un client en colère arrive en hurlant. Elle regarde vers l'accueil et soupire, leur dit qu'elle sera bientôt de retour et va s'occuper de lui. Cela donne à Peter une chance de le forcer à manger de la viande séchée et à boire un truc sucré. Cela prend dix minutes et un peu de cris, pour que Cora revienne en secouant la tête.

« Certaines personnes, je te jure, » dit-elle. « Si ton tatoueur te dit de ne pas aller nager juste après avoir fait un tatouage, ne va pas nager. Ce n'est pas notre faute s'il n'a pas écouté et a maintenant une infection. »

« Dégueu, » dit Stiles.

« Putain oui, » dit Cora. « Pas de jacuzzi pour toi pendant un moment. »

« Je vais essayer de me retenir. »

Le reste du rendez-vous passe assez vite et dès que Cora relie toutes les lignes, c'est comme s'il pouvait sentir quelque chose s'arranger en lui-même. Le pouvoir qui vibre toujours sous sa peau semble moins sauvage, moins comme s'il allait accidentellement exploser à tout moment. Il a hâte de retourner chez Peter et d'essayer certains de ses sorts.

Peter ne le laisse pas payer une fois que Cora a enveloppé le tatouage et lui a donné les instructions de soins. Il balaye les protestations de Stiles en lui rappelant combien il a reçu pour protéger l'immeuble de Bianca. Ils sont presque sortit de la boutique quand Cora les arrête.

« Oh, au fait, maman vous veut tous les deux à la maison pour dîner ce soir. »

Les yeux de Peter se rétrécissent. « Oh vraiment ? »

« Je ne suis que le messager, » dit Cora. « Elle a dit qu'elle voulait rencontrer 'celui qui prend tout ton temps'. »

Stiles ressent une pointe de culpabilité. Depuis quelques mois, il passe à peu près tous les jours avec Peter. Les loups sont des animaux de meute, n'est-ce pas ? Est-ce que Stiles est la raison pour laquelle Peter ne voit pas sa meute ?

« Arrête ça, » dit fermement Peter, sentant probablement la culpabilité qui l'envahit. « Je n'ai rien fait que je ne voulais pas. » Il tourne son attention vers Cora. « Dit-lui que nous serons là et qu'elle ferait mieux de rester polie. »

« Ouais, je dirais pas ça à mon alpha, » dit Cora. « A ce soir. » Sur ce, elle tourne les talons et s'enfonce plus profondément dans le salon.

« J'aurais probablement dû te demander si tu es libre ce soir, » dit Peter quand ils sortent de la boutique et se dirigent vers sa voiture. « Bien que considérant que tu prévoyais de passer la plupart de la journée chez moi, j'ai pensé que tu le serais. »

« Ouais, c'est très bien. Rencontrer l'une des meutes les plus influentes et puissantes en Amérique du Nord, pas de problème. »

« Ma sœur est juste curieuse, » dit-il en déverrouillant la voiture. Stiles s'assied avec précaution en faisant attention à ne pas mettre trop de pression sur son dos. « Et protectrice envers sa meute. »

« Super, loups-garous protecteurs, je suis sûr que ma rate restera intacte. »

« S'il te plaît, on irait à la jugulaire si on devait te tuer. »

« Je te déteste parfois. »

Ses inquiétudes à propos de rencontrer les Hales sont mis en veilleuse une fois qu'ils arrivent chez Peter, qui lui fait retirer son t-shirt et le film alimentaire qui recouvre son tatouage. Il murmure quelques mots avec sa main au-dessus du tatouage et une sensation curieusement chaude palpite à travers lui. Quand il regarde par-dessus son épaule dans le miroir, il voit que le tatouage a l'air presque complètement guéri, avec seulement quelques zones couvertes de croûtes au lieu d'une plaie ouverte.

« Whoa, » dit Stiles. Cora lui avait dit qu'il cicatriserait en s'écaillant, mais il a maintenant des semaines d'avances.

« La magie de guérison n'est pas mon point fort, » dit Peter et il a l'air un peu penaud à ce propos. « Quelqu'un de plus qualifié serait capable de le guérir complètement. »

« Tout de même, merci, » dit Stiles. « J'étais pas pressé d'essayer de dormir là-dessus. »

« De rien. » Il serre brièvement la nuque de Stiles avant de s'éloigner.

Ils s'installent dans la salle de méditation, assis les jambes croisées sur les oreillers, pour travailler sur ses boucliers. Sa magie vient toujours quand il l'appelle, mais cette fois c'est moins comme s'il essayait de se battre pour qu'elle fasse ce qu'il veut. Elle se coule avec ses pensées, avec ses désirs, l'enveloppant dans un cocon protecteur. Cela ne prend qu'une demi-heure avant que Peter ne sente plus aucun résidu magique sur lui.

« C'est merveilleux, chéri, » dit fièrement Peter. Stiles ne peut s'empêcher de sourire. « Allons au salon et voyons comment ça se passe sans les protections que j'ai ici. »

Il ne faut que cinq minutes de plus à Stiles pour se concentrer et se focaliser. Le tatouage, son focus, picote de puissance comme une présence réconfortante. Peter lui fait tenir ses boucliers aussi longtemps qu'il le peut tout en faisant diverses tâches, comme la cuisine et la lecture (« Je trace la ligne au nettoyage de ta cuisine, Peter »). Le but est que cela devienne une seconde nature d'avoir sa magie enroulée autour de lui, d'être protégé et isolé. Il se débat un peu quand il lit, mais à la fin de l'après-midi, il réussi quatre heures sans déraper.

« Tu t'en tire vraiment bien, » dit Peter en lui serrant brièvement la nuque. « Tu dépasses constamment mes attentes, Stiles. »

Il ne peut s'empêcher d'avoir chaud chaque fois que Peter le complimente comme ça. Peut-être est-ce parce qu'il ne les distribue pas aux autres très souvent. Peut-être est-ce parce qu'il n'essaie pas de cacher la tendresse dans sa voix. C'est peut-être les deux, combiné au fait qu'il veut se transformer en flaque d'eau chaque fois que Peter utilise des termes affectueux. Stiles est facile, que peut-il dire.

« T'es un bon professeur, » dit-il en haussant les épaules.

« Ne diminue pas tes propres talents. Tu réussis parce que tu es toi. » Avant qu'il ne puisse penser à une réponse, Peter continue, « Prend tes chaussures, nous devons partir pour le dîner dans dix minutes. »

Et juste comme ça, il est de nouveau nerveux à l'idée de rencontrer les Hales.