Drabble 10 : Ailes brisées (7minutes)
Contexte : pre série
Ecrit en l'honneur de l'anniversaire de Ivonne Coll
C'était Mateo qui l'avait convaincue de visiter les Etats-Unis.
C'était Mateo également qui l'avait convaincue d'y rester.
Toute seule, Alba n'aurait pas osé franchir ce pas énorme de s'installer dans un pays étranger, clandestinement de surcroît. Son premier réflexe avait été évidement de dire qu'ils ne pouvaient pas, que ce n'était pas possible, pas juste ni légal... Mais son tendre Mateo l'avait interrompu. Alba avait raison ; ce n'était pas légal. Mais c'était juste. Ne méritaient-ils pas une vie meilleure ? Une vie où ils pourraient élever l'enfant qui grandissait en elle sans subir l'opprobre de leurs familles ? Alors elle avait dit oui ; après tout, elle était avec Mateo. Rien ne pourrait leur arriver, du moment qu'ils restaient ensemble.
Et pendant de longues années, cela avait été le cas.
Malheureusement, le bonheur ne dure jamais bien longtemps : Mateo était mort.
Pendant son enterrement, elle avait songé à le rejoindre. Mateo avait toujours été ses ailes et aujourd'hui, ses ailes avaient été brisées. À quoi bon rester en vie si lui n'était plus ? Sans lui, elle ne se sentait capable de rien. Elle n'avait pas son tempérament rêveur, optimiste... Seule elle ne parviendrait pas à affronter la vie...
Et alors qu'elle en était réduite à de telles pensées, elle entendit un reniflement derrière elle.
Xiomara pleurait.
Xiomara, sa chère petite fille, avec laquelle elle avait eu tant de conflits, Xiomara qui avait toujours été plus proche de son père que de sa mère, et qui se retrouvait maintenant sans lui...
Xiomara, qui s'approcha d'elle pour lui prendre la main, et lui demander malgré ses larmes si elle tenait le coup de voir le cercueil se refermer.
C'est à cet instant que Alba comprit qu'elle devait se ressaisir ; c'était à elle de consoler sa fille, pas l'inverse. Alors elle lui dit que cela irait, tant qu'elles resteraient ensemble. La jeune femme sourit, s'accrochant à son bras.
Alba, elle, chassa ses larmes.
Son époux était mort. Mais elle s'était lourdement trompée en pensant être seule : elle avait à ses côtés la grande héritière de Mateo Villanueva.
