NA : Hey je suis de retour, pour vous jouer un mauvais tour ! (Désolé, c'était plus fort que moi...) Et vu que je poste un peu quand je peux, ce chapitre arrive tel un cadeau inattendu :) Surprise ! Bref, je me tais et je vous laisse vers de trépignantes aventures !
Chapitre 2 : Le monde appartient aux rêveurs
Au guichet, Adrian trouva un homme aux allures de pickpocket avachi et ronflant. Il soupira et se retint de faire demi-tour quand le discours de Barnum résonna une nouvelle fois dans son esprit.
- Monsieur ? Excusez-moi ? Monsieur ?
Impatient, Adrian secoua l'endormi. Celui-ci sursauta brusquement avant de regarder dans tous les sens ce qui l'avait arraché à son sommeil. Il aperçut alors l'homme face à lui et ouvrit des yeux ronds avant de reprendre une expression plus « professionnelle » selon lui qui s'apparentait davantage à un visage apathique et peu concerné par son travail vu de l'extérieur. Mais on ne peut pas en vouloir à ce cher O'Malley, il essayait d'abord de réprimer sa légère tendance à la cleptomanie.
- Bonjour, bienvenu au musée de curiosité Barnum, que puis-je faire pour vous m'sieur ?
Sa voix blasée fit grimacer intérieurement le barman. Il ignora son envie de fuir et passa outre du côté peu chaleureux de l'employé.
- J'aimerais une entrée s'il vous plaît.
O'Malley se figea un instant étonné avant de s'empresser de faire ce pourquoi il était payé. Mais cet empressement lui fit finalement prendre plus de temps, rajoutant de l'agacement au visiteur qui se maudissait d'avoir écouté le beau discours de Barnum.
Adrian attrapa son ticket en pinçant les lèvres pour éviter de maudire à voix haute l'homme maladroit de l'autre côté du guichet. Il commença ainsi sa visite avec une mauvaise impression et un très mauvais pré-sentiment.
Mais peut-être se trompait-il et l'intérieur aurait de quoi attirer son attention, histoire qu'il n'est pas entièrement perdu son temps. Dommage pour cette âme trop gentille, la réalité en était loin. Il déambulait à travers des figures de cire immobiles et peu attrayantes.
Inconsciemment, il accéléra la cadence au fil de la visite pour sortir au plus vite de cet endroit à effacer de son esprit aussi rapidement que possible. Il passa la porte soulagé.
- Monsieur ! Je vois que vous avez suivi mon conseil ! Alors, qu'en dites-vous ? Révolutionnaire, n'est-ce pas ?
Phineas Taylor Barnum l'interpella avec un sourire charismatique digne d'un grand manipulateur.
- Eh bien, puisque vous me demandez mon avis… En toute sincérité, c'est très mauvais. C'est plat, vide de sens et de vie, immobile, lugubre, glauque et sans intérêt. C'est par pitié que je ne vais pas vous demander de remboursement.
Adrian savait qu'il était sévère dans ses mots, mais il ne pouvait laisser cet homme se ridiculiser et fonder sa vie sur cette chose. Non décidément, il ne pouvait pas le laisser faire une chose pareille.
- Voyons, c'est la mode en Europe !
- Vous savez, Monsieur Barnum, je ne pense pas que les New-yorkais veulent voir ceci. Ils veulent, de la nouveauté, quelque chose de plus… vivant, d'intrigant. Pas de vulgaires figures de cire poussiéreuses. Croyez-moi, vous ne ferez pas fortune avec ça. Vous ne pourrez pas toujours vivre de vos arnaques.
- Je préfère le terme de publicité.
- Les gens comme vous n'ont aucun scrupule… Mais voyez les choses en face, les arnaques ne peuvent pas être éternelles. Sur ce, adieu Monsieur Barnum, j'espère pour vous que vous écouterez la voix de la raison.
Adrian repartit avec un début de sourire. Enfin, l'image de cet homme arrogant s'effaçait peu à peu de son esprit. Il ne serrait maintenant qu'un lointain souvenir.
La vérité n'est pas exacte, quand on croise Barnum, difficile de l'oublier.
Alors que l'ambition de Barnum ne cessait de croître, celle de notre jeune magicien Robins descendit d'un étage encore une fois. Il avait décidé de descendre vers l'Italie et était depuis deux jours à Milan. Mais là encore, à part amuser les gamins dans les rues, on ne voulait pas de lui.
Et si Lucas avait toujours été un grand optimiste, il pensa à rentrer chez lui, retrouver sa bonne vieille Angleterre et reprendre l'affaire familiale. Parfois, il faut savoir abandonner lui avait dit son père quand il était plus jeune. Mais quand c'est plus fort que soit, comment peut-on renier cette partie de notre identité, cet appel d'aventure et d'inconnu, cette irrésistible envie d'admiration et de magie ?
Quoi qu'il en soit, Milan n'était pas fait pour lui et il n'allait pas conquérir l'Italie. Du moins pas dans cette vie là.
Lucas attrapa sa valise et son chapeau avant de retourner sur les routes. Il traversa le centre de la ville déjà en action.
- Monsieur le magicien !
Une petite fille d'environ dix ans et son petit frère qui devait avoir cinq ans couraient vers lui. Ils avaient de grands yeux curieux et la petite fille lui tendit une pièce.
- On peut revoir vos oiseaux de papiers ?
Elle mimait le tout avec ses mains en voyant l'air confus du jeune homme. Lucas esquissa un sourire. C'est vrai que les enfants adoraient ce genre de tours.
Avec des gestes précis, il fit apparaître des petits oiseaux de papiers qui s'envolèrent sous le rire du plus jeune. Il essayait tant bien que mal d'en attraper un au vol et finit par y arriver avec un énorme sourire. Sa sœur le réprimanda, il avait froissé l'oiseau de papier.
Toute triste, elle le tendit au magicien qui avec attention redressa l'aile avant de le rendre à la demoiselle. Elle lui retendit sa pièce qu'il refusa. Ils n'avaient pas l'air beaucoup plus riche que lui et il était d'humeur joyeuse alors voir ses sourires qu'il apportait était une juste récompense pour l'homme désespéré qu' il était.
Il leur fit un clin d'œil avant de disparaître dans un nuage de fumée. En réalité, il se trouvait dans la ruelle la plus proche en attendant que les deux enfants s'éloignent. Mais ils n'avaient pas l'air de vouloir partir. Ils s'exclamaient émerveillés et interpellèrent un de leur ami qui passait par là et la petite montra son oiseau de papier avec fierté.
Lucas souriait attendri par cet émerveillement qu'avait tous les enfants. Si seulement les adultes étaient pareils, pensa-t-il en reprenant un visage sérieux. Et voyant que les enfants ne comptaient pas bouger, il changea d'apparence avec dextérité et s'éloigna de la ville.
Un nouveau sourire venait de fleurir son visage. Ramener les adultes à cette émerveillement enfantin, c'était un beau défi. C'était même un incroyable tour de magie quand on y pensait. Et pourquoi pas se dit-il. Pourquoi abandonner maintenant. Le monde avait besoin de lui comme il avait besoin du monde.
Il ne faisait pas seulement de la magie, il était la magie. Et cela, les enfants étaient les seuls à connaître son secret.
