NA : Salut ! Woah, ça fait déjà un moment... J'espère ne pas avoir décourager mes quelques lecteurs par mon absence. Alors ça y est, le chapitre trois est là. Il attend juste d'être lu :)


Vous vous souvenez que j'avais précisé que Barnum n'était pas un homme qu'on oubliait facilement, n'en déplaise à Adrian ? Et bien notre cher protagoniste new-yorkais le comprit bien vite ce matin-là. Ce cher arnaqueur avait eu une nouvelle lubie et le barman soupira en voyant les affiches qu'il s'empressait de mettre à tous les coins de rue.

« Personnes uniques recherchées »

A cet instant là, pensez bien qu'Adrian doutait hautement de la réussite du projet de cet homme ambitieux. Mais une part de lui félicitait son audace. Car contrairement au reste du monde, Barnum venait de démontrer qu'abandonner avant même d'avoir essayé ne faisait que rendre les hommes plus faibles.

Adrian eut un sourire au coin des lèvres toute la journée. Il le savait, Phineas ne tarderait pas à remontrer le bout de son nez. Et un peu plus chaque seconde Adrian développait une curiosité envers cet homme. Le monde manquait cruellement de rêveurs. Adrian aimait les rêveurs. Avec eux, tout devenait possible et rien ne pouvait être monotone. Avec eux, la vie prenait tout son sens. C'est simple, la vie n'avait aucunes lois.

Il fallait beaucoup de force pour choisir de prendre un autre chemin que la société. Adrian, lui, n'avait jamais trouvé le courage. Il se contentait de regarder les autres essayer, se briser, abandonner, persévérer, réussir… Il regardait les autres vivre derrière son comptoir.

Comme Adrian s'y attendait, alors que la fin de journée arrivait, Barnum poussa les portes du bar avec un grand sourire. Il s'assit au comptoir.

- Bonsoir mon ami !

- Je ne suis pas votre ami, lui fit remarquer Adrian en essuyant un verre sans prendre la peine de le regarder.

Le charlatan ne releva pas sa réponse, trop heureux pour qu'on vienne lui gâcher sa journée.

- Alors, que pensez-vous de ma nouvelle idée ?

- Vous êtes fou, Monsieur Barnum.

- Mais sans fou, le monde manquerait de couleurs !

- Si vous le dîtes… Faites tout de même attention Monsieur Barnum, vous risquez de jouer avec la vie d'autres personnes, ne vous perdez pas en chemin.

Sur cet avertissement, le barman invita les derniers clients à sortir de son établissement pour le fermer. Ce serait mentir de dire que ces paroles refroidir Phineas et qu'il perdit conviction dans son projet. C'était très mal le connaître. Enfin, ce n'est pas comme si cela intéressait Adrian de le connaître.

Peut-être aurait-il du s'y intéresser davantage. Il aurait alors su que Monsieur Barnum était un obstiné d'un autre niveau.

Et il passa tous les soirs au bar avec un sourire sur les lèvres en racontant à Adrian des anecdotes de sa journée. Celui-ci l'écoutait d'une oreille en faisant la fermeture et bien vite son bar fut devenu une seconde maison pour Barnum. Il y passait à toute heure comme chez lui et avait, avec la permission du propriétaire, affiché la photo prise avec sa famille lors de l'ouverture de son musée.

Un soir, Phineas s'assit au bar sans un mot. Adrian se tourna vers lui étonné de la rupture de cette routine installée.

- Adrian. Ça y est, je crois que le spectacle est prêt. Vous n'allez pas être déçu.

- Tu voudrais que je viennes à la première ?

- Je te paye la place. Tu as un avis critique fin et j'apprécie ta sagesse.

- Très bien, de toute façon rien ne vous arrête.

- Oh que non, la personne qui m'arrêtera n'est pas encore née !


Lucas s'arrêta sur le pas de la porte de la maison familiale. Sa promesse de faire rêver les grands ? Envolée… Enfin pour être exacte, remise à plus tard, cachée à double-tour ou du moins inaccessible. Lucas Robins n'avait plus un sous en poche et en avait assez de crever de faim pour des adultes cruellement terre à terre.

Il soupira. Et bien on dirait bien que son rêve s'arrêtait là, songea-t-il alors avec une pointe de déception. Même s'il aimait son père, il n'avait jamais rêvé de de réparer des horloges pour le reste de sa vie.

Il ramassa le journal du matin déposé devant la porte. Apparemment, un illuminé d'américain faisait parler de lui. Lucas afficha un sourire moqueur. Ce Barnum semblait être un bel arnaqueur… Quelque chose au fond de lui le poussa à lire l'article.

Cet homme était fou. Un freak show ? Ah, ça, le monde n'y était pas prêt. Ce devait être un autre monde… Un autre monde…

Il était toujours temps de rêver et de bâtir son propre monde. Lucas le réalisa soudainement. A quoi bon revenir chez ses parents s'il était partir construire un autre monde ? Pourquoi revenir en arrière ? Il se sentait ridicule. Ridicule d'avoir cru qu'abandonner serait mieux pour tout le monde. Pour tout le monde ? Et lui ? Abandonner cette vie était plus facile, plus rassurant, plus confortable. Mais c'était lâche. Lâche d'avouer que le confort d'une vie bien rangée était préférable à assouvir ses envies.

Lucas venait d'ouvrir les yeux. Il avait envie de rire seul au milieu du jardin de ses parents. Oh, il était bien trop fou pour se contenter de réparer des horloges.

La porte de la maison de ses parents s'ouvrit sur le vieux majordome, Roberts. Le vieil homme ouvrit des grands yeux et avant qu'il ne puisse dire un mot, Lucas lui colla le journal dans les mains avec un grand sourire.

- Monsieur tout va bien ?

- Plus que bien ! En vérité, je n'ai jamais été aussi bien Roberts. Saluez ma famille pour moi !

Il s'éloigna sans pouvoir dissimuler cet immense sourire.

- Mais où allez-vous ?

- En Amérique, Roberts ! En Amérique !

Le majordome marmonna quelque chose sur la folie du jeune homme mais le magicien était déjà partit vers le port sans un seul regard pour le lieu où il était né.