J'adore trop écrire sur ces personnages alors j'ai décidé de continuer, et d'en faire une série ! Il y aura plusieurs chapitres qui sont en cours d'écriture. Ceci est la suite de ma fanfiction "Debrief chez les hippies", mais je ne pense pas qu'il soit essentiel de l'avoir lue pour comprendre celle-ci (y a pas grand chose à comprendre, soyons honnêtes lol)
Chapitre 1 : Au Chalet
Le hall d'entrée de l'hôtel Au Chalet était immense, tout en bois clair et baies vitrées d'une propreté immaculée. Max, son sac de voyage sur l'épaule, passa la porte d'entrée, toute vitrée elle aussi, et se retourna pour regarder au travers des gigantesques fenêtres. A côté de l'entrée de l'hôtel se trouvait une belle terrasse en bois qui donnait directement sur les pistes de ski. Quelques vacanciers y étaient assis à savourer un chocolat ou un vin chaud, tandis que les skieurs, aguerris ou non, se succédaient sous leurs yeux. Le temps était radieux et la neige scintillait sous les rayons du soleil de l'après-midi. Max se dit qu'il allait enfin pouvoir passer des vacances peinard. Et quelles vacances ! Il avait appris, pas moins d'une semaine plus tôt, qu'il avait remporté le premier prix d'un tirage au sort organisé par une marque de grande distribution. Enfin ! s'était-il dit, la chance lui souriait. Il adorait son travail, mais il fallait reconnaître que c'était épuisant d'être le meilleur inspecteur de la ville. Enfin, c'était surtout certains de ses collègues qui étaient épuisants.
Max se dirigea en direction de la réception en observant les lampes au style moderne qui étaient suspendues au plafond. L'ambiance du Chalet mêlait habilement style luxueux et montagnard, et Max put constater que ceux qui avaient organisé ce concours ne s'étaient vraiment pas fichus de lui. Il sourit une fois de plus en pensant à la semaine tranquille qu'il allait passer. Pas de Commissaire pour surveiller le moindre de ses faits et gestes. Pas de Divisionnaire pour lui mettre la pression en continu. Pas de Râteau pour faire des remarques désobligeantes toutes les cinq minutes. Et surtout… pas de Rose Bellecour pour le rendre zinzin au moindre battement de cil.
Pour être honnête, Max ne savait plus comment agir ni penser avec Rose. Quand elle était dans les parages, il avait l'impression de faire n'importe quoi et il lui semblait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne fasse, une fois de plus, tout foirer. Alors, lorsqu'il avait gagné au tirage au sort, Max s'était dit que ce séjour en solitaire lui permettrait peut-être de faire le point sur ses sentiments.
-Max Beretta, annonça-t-il sans cérémonie au réceptionniste, j'ai une réservation.
Il tendit la lettre qu'il avait reçue avec l'annonce de sa victoire au tirage au sort. Il avait vaguement peur que tout ceci ne soit qu'une mauvaise plaisanterie et qu'il se retrouve à refaire les six heures de route en sens inverse pour rentrer piteusement chez lui. Mais le réceptionniste acquiesça immédiatement et se mit à noter quelques informations sur un carnet. Max se dit distraitement qu'avec ses cheveux blonds décolorés, il avait plus l'air d'un surfeur que d'un employé d'hôtel de luxe dans une station de ski. L'insigne qu'il portait épinglée à sa poitrine indiquait simplement le prénom « Tag ».
-Très bien Monsieur… Beretta, c'est ça ? commença-t-il, et Max acquiesça. Tout est en ordre. Pour vous ce sera la chambre 16. Vous avez besoin d'aide avec vos bagages ?
Max s'apprêtait à répondre que non, lorsqu'il entendit une voix ampoulée tonitruer à travers le hall de l'hôtel.
-Mais ENFIN Sébastien, faites attention avec ma boite à chapeau ! Vous faites n'importe quoi, c'est une CATASTROPHE depuis ce matin !
Max réalisa avec horreur qu'il connaissait cette voix. Il la connaissait beaucoup trop bien.
-Maman, arrête de lui parler comme ça, ce n'est pas ton chien !
Et cette voix-là, il la connaissait encore mieux…
-Et toi Rose, surenchérit la première voix, comment tu parles à ta MÈRE ?! Je savais que ce séjour était une TRÈS mauvaise idée…
Elle s'interrompit un instant et Max sentit ses cheveux se hérisser sur son crâne. On l'avait repéré.
-Tiens, mais ce serait pas…
En un instant, Max prit une décision. Il devait affronter son destin et non pas fuir comme il en mourrait d'envie. Il était quelqu'un de courageux, merde. S'il avait compris une chose avec cette famille, c'était qu'ils étaient tous plus insupportables les uns que les autres, et qu'il valait encore mieux prendre le taureau par les cornes. Il laissa tomber son sac de voyage et, après une grande inspiration, il se retourna et enjamba les quelques mètres qui le séparaient des Bellecour.
Au moment où il arrivait à leur hauteur, Rose, qui lui tournait le dos, pivota et l'aperçut. Un air d'incrédulité totale se peignit sur son visage, elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Max lui fonça dessus et lui agrippa les épaules avant de la secouer comme un prunier.
-Mais c'est pas possible, s'exclama-t-il, qu'est ce que vous foutez là ?! En famille en plus ! Je suis maudit, aaarhhhhhhhhggg !
Rose le dévisagea en clignant des yeux avec perplexité pendant plusieurs secondes comme si elle ne pouvait pas croire que ce soit bien lui, en chair et en os devant ses yeux.
-Max ? demanda-t-elle, qu'est ce que vous faites là ? Je croyais que vous aviez gagné des vac… oooh. Elle haussa les sourcils et parvint avec difficulté à dissimuler un sourire.
-Vous allez m'expliquer ce que vous foutez ici, exigea-t-il d'un ton qui se voulait sans appel.
-Rooh, pas la peine de monter sur vos grands chevaux, on vient passer des vacances au ski en famille, comme tout le monde, expliqua-t-elle sur la défensive.
-Vous saviez très bien que j'allais à la montagne, lança Max d'un ton accusateur, vous me suivez ou quoi ?
Rose croisa les bras sur son manteau en fourrure d'une blancheur immaculée qui la faisait ressembler à un adorable bonhomme de neige et fronça les sourcils de cet air qui signifiait qu'elle commençait à perdre patience. Pour une psy, Max trouvait qu'elle avait tendance à s'énerver facilement, mais c'était toujours un plaisir de la voir démarrer au quart de tour.
-Non mais vous vous entendez ? s'exclama-t-elle. Je ne savais même pas où vous alliez. Je suis pas à ce point obsédée par vous, hein.
-C'est ça ouais, marmonna Max, pas convaincu.
-Sérieusement, insista-t-elle en tapant du pied, c'est la période où tout le monde va au ski. Faut arrêter de penser que vous êtes le centre du monde.
Max lui lança un regard sceptique.
-C'est à moi que vous dites ça ?
-Bah oui, à qui d'autre ?
Elle le dévisagea comme s'il était particulièrement stupide. Max ne fut pas grandement impressionné, elle lui sortait ce genre de regard au moins trois fois par jour au commissariat. Il croisa les bras à son tour et ils se toisèrent en plissant les yeux pendant plusieurs secondes.
-Ecoutez, reprit Rose en se rapprochant de lui et en parlant plus bas, l'histoire avec ma mère et le docteur Rivière nous a beaucoup affectés et on a décidé de faire des vacances en famille pour… essayer de renouer les liens.
Max comprenait la situation, mais ça n'expliquait pas pourquoi il devaient renouer les liens familiaux dans le même hôtel où lui était censé passer des vacances loin des frasques de son entourage. Maintenant que Rose s'était rapprochée de lui et qu'il s'était un peu calmé, il remarqua sur ses joues les quelques traces rosées laissées par le froid à l'extérieur. Il refusa de se laisser distraire.
-Ok, dit-il, mais pourquoi ICI ? Y a trois millions d'autres hôtels dans le coin.
-L'hôtel appartient à mon père, annonça-t-elle sur un ton laconique comme si c'était l'évidence même.
-Évidemment, lâcha Max en levant les yeux au ciel.
Il repensa à ce que Rose venait de lui dire à propos de sa famille.
-« Renouer les liens »… répéta-t-il, songeur, Eh ben bonne chance.
Il jeta un coup d'oeil sceptique en direction de Barbara qui semblait à présent attachée à traumatiser le réceptionniste. Il devait admettre que lui aussi serait traumatisé de l'avoir comme patronne.
-On fait ce qu'on peut, Rose haussa les épaules avec un air quelque peu abattu et Max, malgré son exaspération, sentit involontairement son coeur se serrer un tout petit peu.
A cet instant, Mme Bellecour se dirigea vers eux en faisant claquer ses talons sur le parquet lustré du hall d'entrée.
-RoOoOoOSe ! Il vient pas dire bonjour, ton petit inspecteur, s'écria-t-elle dans leur direction comme s'ils étaient tous deux atteints de surdité.
Rose se pinça l'arrête du nez pendant une seconde tandis que Max se tournait vers Barbara et affichait son meilleur faux sourire charmeur.
-Madame Bellecour, toujours un plaisir, ironisa-t-il en se tournant vers elle. Vous avez caché des flingues dans combien de vos valises ?
-HAHAHA toujours aussi drôle, glapit-elle de sa voix criarde (et dire qu'il avait osé se moquer de la voix de Rose, clairement il ne savait pas de quoi il parlait). Je comprends pourquoi il te plait à ce point. C'est toi qui l'a invité ? poursuivit-elle à l'adresse de sa fille, mais avec un clin d'oeil beaucoup trop appuyé en direction de Max.
Rose écarquilla les yeux pendant que Max manquait de s'étouffer avec sa propre salive.
-Mais non ! s'étrangla Rose d'un air déconfit, il a gagné un concours.
-J'ai gagné un concours, répéta Max d'une voix faible en agitant la lettre qu'il avait reçue pour le tirage au sort dans une tentative désespérée de dissiper les sous-entendus.
-AH BON, MAIS C'EST FANTASTIQUE, s'écria Barbara, vous allez pouvoir lui tenir compagnie. Comme vous le savez Rose n'a pas vraiment d'amis…
-Maman ! protesta Rose en la fusillant du regard. Ses joues se colorèrent légèrement, mais Barbara ne lui prêta aucune attention.
-ALLEZ LES JEUNES, PAS DE BETISES AU CHALET HEIN ! Sans transition, elle se tourna vers son majordome, SEBASTIEN, VOUS ALLEZ FAIRE ATTENTION AVEC CETTE VALISE !
Elle les planta là pour aller s'égosiller de l'autre côté du hall.
-Elle a pas un problème d'audition votre mère ? demanda Max en décidant stratégiquement de s'abstenir de commenter ce qui venait d'être dit.
-Oui, je me pose la même question parfois, songea-t-elle avec un léger sourire.
Si Rose avait paru gênée des précédentes allégations de Barbara, elle repris vite contenance et se tourna une nouvelle fois vers Max.
-Bon, je suppose qu'on se recroisera, dit-t-elle en haussant les épaules joyeusement, essayez de profiter de la montagne, il parait que c'est un super endroit pour le hors-piste ici.
Elle s'éloigna d'un pas léger vers sa mère et le majordome qui transportait tous leurs bagages.
-Nan, on se recroisera pas nan, lui cria Max alors qu'elle était déjà à l'autre bout du hall. Oh Rose, je reste pas hein, vous entendez ?!
-Attendez d'avoir vu votre chambre ! lança-t-elle par dessus son épaule en attrapant une valise. Une seconde plus tard, elle avait disparu avec sa famille dans un des couloirs de l'hôtel que Max se jura de ne pas emprunter.
Il soupira avant de jeter à nouveau un coup d'oeil par la baie vitrée. Il commençait à faire nuit et il n'avait vraiment, vraiment pas envie de se taper tout le trajet du retour juste parce que les Bellecour avaient décidé de gâcher ses vacances. Il se dit que ça ne devrait pas être trop difficile de les éviter pour une soirée, et qu'il n'aurait qu'à s'enfuir le lendemain au petit matin.
...
Merci d'avoir lu !
Je lance un sondage : vous êtes plutôt fondue ou raclette ?
