Un texte écrit pour l'Event de Pâques 2020, « La chasse aux œufs ».
Œuf de Moira-chan : Après plusieurs années de relation, Hawks et Endeavor emménagent ensemble.
Déménagement
« Euh. Pourquoi es-tu venu ? »
Devant la porte de l'appartement de Keigo Takami, Enji Todoroki ne s'attendait à pareil accueil. Surtout qu'il avait fait un certain nombre d'efforts. Il avait tout d'abord pris trois jours de congé en plus du weekend. Il était ensuite parvenu à trouver une tenue qui ne fut ni sa combinaison de héros, ni son costume, ni sa tenue de rechange, ni un vêtement de sport. Il avait mis un jeans et un T-shirt. Pas une chemise, pas un veston de costume, pas un pantalon en tissus taillé sur mesure. Un jeans, un T-shirt et une veste. Et finalement, avec un sac où il avait mis le minimum pour deux jours, il avait tout simplement pris l'avion et parcouru le millier de kilomètres qui le séparait de Fukuoka pour une et une seule raison :
« Tu as dit que tu faisais tes cartons, ça me semblait logique que je vienne t'aider.
-Fallait pas..., c'est juste des boîtes, répondit Keigo, gêné.
-Mais si ça te dérange... Je peux repartir.
-Non, non. Entre. »
Keigo faisait ses cartons. C'était bien ce qui avait amené Enji à quitter Tokyo de bonne heure ce matin pour arriver ici, au début de l'après-midi. Parce que ces cartons, ce n'était pas n'importe quels cartons. Ces « boîtes », comme disaient Keigo, allaient embarquer très prochainement dans le camion d'une société de transport, direction Musutafu, à une adresse que le héros connaissait bien car c'était son adresse.
Après deux ans de relation, Keigo et lui avait décidé de sauter le pas : emménager ensemble. Le jeune homme allait déplacer son agence à Tokyo et définitivement s'installer dans la vaste demeure des Todoroki, qu'il occupait déjà la moitié de la semaine depuis un an. La veille, Keigo avait envoyé une réponse très laconique à Enji à sa proposition de se voir le lendemain à propos d'un bâtiment que le héros avait trouvé pour son agence, réponse qui se résumait en quelques mots : « Ah non demain je peux pas, je fais mes cartons ». Et puis plus rien. Enji avait donc fait ce qui lui semblait le plus naturel. Prendre congé, mettre un jeans et un T-shirt et embarquer dans le premier avion pour aider son compagnon. Car il était hors de question que Keigo les fasse seul. Il avait déjà bien trop fait pour que cela soit possible.
Néanmoins, Enji nota son compagnon semblait ennuyé de le voir débarquer ainsi. Heureusement, le héros ailé retrouva vite son sourire et le fit entrer.
« Bon, occupe-toi de la cuisine, alors. Je dois finir ma chambre !», dit-il d'un ton très joyeux.
La vérité était qu'Enji était aussi venu à l'appartement de son compagnon car il était un peu curieux. Il n'y était venu qu'une seule fois pour des raisons professionnelles mais était resté sur le pas de la porte. A part ça, ils ne s'étaient vus qu'à leurs agences respectives et quand ils avaient entamé leur relation, Keigo insistait toujours pour se déplacer. C'était la dernière occasion... Cependant, le jeune homme le mena directement à la cuisine, sans lui faire visiter quoi que ce soit et disparut tout de suite après dans un couloir adjacent qui devait mener à sa chambre.
Ainsi, Enji s'occupa de la cuisine comme son compagnon lui avait demandé, triant les couverts, emballant les assiettes et rangeant les ustensiles dans des boîtes en carton. Il n'avait jamais vu une cuisine aussi propre et bien rangée. Ce qui laissait deux possibilités : soit Keigo était un maniaque du rangement et de la propreté, ce qui était très peu probable étant donné l'état du salon juste à côté où la table basse était dissimulée sous une montagne de papiers et de magazines et où on pouvait voir dépasser le bout d'une aile de poulet dans sa boîte, soit il ne l'utilisait jamais. Cette dernière option était plus probable et Enji en savait quelque chose. Il n'avait probablement jamais approché sa cuisine à moins de cinq mètres et depuis que Fuyumi avait quitté la maison, la pauvre pièce était à l'abandon. Quand Keigo aurait emménagé chez lui, Enji se dit qu'il essaierait de trouver du temps pour ces choses-là.
Enji eut terminé au bout de deux heures. Après avoir un peu traîné dans le salon, il finit par emprunter le couloir où il avait vu s'engouffrer son compagnon et poussa la porte qui avait le plus de probabilités d'être sa chambre. Ce fut une bonne déduction car il y trouva Keigo en train de ranger ses affaires. Son compagnon afficha une expression stupéfaite en le voyant.
«AAAAAH ! MAIS TU POUVAIS PAS TOQUER AVANT D'ENTRER ? cria-t-il. Je t'ai dit que je m'occupais de ma chambre ! »
Tout en disant cela, il jeta ce qu'il avait dans les mains dans des cartons et se lança sur son lit pour dissimuler avec ses jambes, ses bras et son buste le contenu de trois caisses. Il posa également ses fesses sur des posters éparpillés sur sa couette.
« Mais qu'est-ce qui se passe ? s'exclama Enji en s'approchant de son compagnon.
-N'avance pas plus ! », répliqua Keigo.
Enji lança un regard interrogateur vers son compagnon. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait ? Keigo dut le comprendre car il finit par répondre :
« Je range mes effets personnels. Et... c'est personnel. Si tu as fini la cuisine, tu peux faire la salle de bain. C'est la porte en face... Prends des cartons dans le salon ! »
Voyant que le jeune homme était vraiment décidé à ne pas lui donner plus d'explications, Enji se fit une raison et se dirigea vers la sortie. Keigo avait droit à sa vie privée. Le héros n'allait pas aller contre ça. Néanmoins, son regard fut attiré par une grande affiche qu'il reconnut instantanément.
« Oh, je me souviens de cette affiche. Enfin, plutôt du jour, où j'ai dû faire cette stupide photo. »
C'était une affiche publicitaire pour son agence. Elle datait bien d'une décennie. Il posait au centre et à ses côtés figuraient tous ses acolytes de l'époque. Certaines de ces personnes ne travaillent plus avec lui, avaient pris leur retraite ou étaient morts. Quelque chose le troubla tout à coup au point qu'il ne put s'empêcher de dire tout haut:
« Je ne savais pas qu'on en avait fait un poster.
-Non, c'était affiché dans les rues. », soupira Keigo.
Et dans tout le Japon. All Might avait fait pareil une semaine avant,. Son agence avait donc répliqué ! Mais alors...
« Comment ça se fait que...
-OUI ! C'est exactement ce que tu penses, le coupa Keigo. C'est une affiche qui a été décollé d'un mur ! Et oui, j'ai fait ça quand j'étais petit. ET OUI ! ça m'a pris plusieurs heures ! »
Keigo soupira tout en réajustant sa position sur son lit.
« Mais, je voulais cacher un trou dans le mur de ma chambre... Alors, autant prendre quelque chose qui en valait vraiment la peine. »
Enji n'avait pas vraiment émis le désir de savoir toute l'histoire mais éprouva une certaine satisfaction à la connaître. Il n'était pas toujours facile de faire parler Keigo au sujet de son passé. De plus, le héros savait bien que le jeune homme était un fan et que les fans, ça pouvait faire des choses comme ça. Il était d'ailleurs même content de revoir cette affiche. A l'époque, un sondage dans Heros Today avait montré que les gens l'avaient préféré à celle de l'agence d'All Might.
« Je t'en prie, faut que tu sortes, supplia Keigo. Si tu vois le reste de mes affaires... Tu vas me prendre pour un fou. »
Enji leva les yeux au ciel et se dirigea vers Keigo.
« J'ai dit, N'AVANCE PAS PLUS ! »
Sans l'écouter, Enji alla s'asseoir sur le lit où se trouvait son compagnon.
« Keigo... Je sais bien que tu as des objets à mon effigie. Ce n'est pas quelque chose de grave.
-Oh, non, non, non. Tu ne sais rien du tout ! Répondit le jeune homme. Tu t'imagines sûrement que j'ai deux tasses, trois posters et une peluche. Spoilers, comme dirait Present Mic! Tu es loin du compte.
-Tu as une peluche de moi ? »
Keigo écarquilla les yeux tout en essayant de mieux dissimuler le contenu de la caisse qui était sous ses bras.
« Non, pas du tout. »
Enji ne put s'empêcher de sourire face à tout ce cirque que lui faisait Keigo pour quelque chose qui lui semblait si anodin. Durant une vie les objets s'accumulaient de façon effrayante. Il connaissait ça. Il jeta un rapide coup d'œil dans une caisse à ses pieds et constata que rien que dans celle-là, il devait y avoir le double de ce qu'il s'était imaginé. En effet, Keigo était fou mais ça lui allait très bien.
« Et comment comptais-tu me cacher tout ça lors de ton emménagement ? dit-il distraitement en essayent de discerner l'objet emballé dans une serviette portant ses couleurs.
-Je me disais que je pourrais tout planquer dans la chambre de Natsuo et la fermer à clef, vu qu'il ne revient jamais, avoua Keigo, un peu honteux
-Tu n'as pas besoin de faire ça. Le garage est vaste et inoccupé.
-QUOI ?
-Tu as droit à ton espace personnel. Tant que tu n'y caches pas quelque chose d'illégal. »
Finalement, Enji se pencha vers Keigo et l'embrassa longuement. En vivant ensemble, il pourrait faire ça tous les jours. Il fallait que ça marche. Enji voulait que ça marche. Il y avait bien trop de choses qu'il avait ratées. Juste après, il sentit son compagnon beaucoup plus détendu.
« Bon je m'occupe de la salle de bain... dit Enji en se levant pour se diriger vers la porte.
-QUOI ? APRÈS M'AVOIR EMBRASSÉ COMME ÇA ? TU PLAISANTES, J'ESPÈRE ? protesta Keigo.
-Aucun des objets qu'il y a dans cette chambre ne me dérange mais crois-moi, Keigo... On ne fera rien sur une couverture All Might... »
Enji sortit de la pièce bien décidé à s'occuper de la salle de bain, laissant derrière lui un Keigo stupéfait qui murmura :
« Mais... C'est à ton effigie de l'autre côté... »
