Défi n°7 du 02/08 : Écrivez un cross-over entre My Hero Academia et un fandom de votre choix. (Mais différent de celui de l'année dernière si vous y aviez participé).
Crossover : DC universe x My Hero Academia
SPOILER : le passé de Shigaraki
TW : Racisme anti-asiatique et violence sur enfant
Une seule journée
Le Joker porta une main à sa bouche et eut peine à le croire. Il souriait et c'était la première fois qu'il souriait réellement depuis longtemps. Cependant, ce à quoi il assistait était bien trop grandiose pour qu'il reste indifférent. Il se sentit soulagé du poids des derniers mois qui avaient été si moroses. Se cacher au milieu des Chinois faisait partie des choses les plus humiliantes qu'il n'ait jamais eu à faire pour fuir Batman. Et le fait qu'il soit au Japon ne changeait rien. C'étaient tous des Chinois. Des Chinois dont il ne comprenait pas la langue, détestait la nourriture et haïssait les coutumes, en particulier cette manie d'allumer des lanternes pour n'importe quelle fête.
Mais il y avait pire. Le pire résidait à côté de la maison qui lui servait de planque, dans une imposante bâtisse en brique : un petit garçon nommé Tenko. Ce dernier criait à longueur de journée à qui voulait bien l'entendre qu'il serait un héros comme "All Might" qui était probablement un genre de Superman local. Le Joker ne s'intéressait que très peu à l'actualité super héroïque internationale. Il avait déjà bien à faire à Gotham City, avec son vieil ennemi Batman qui refusait de prendre sa retraite et aussi tous ces abrutis qui jouaient aux justiciers du dimanche sous prétexte d'avoir reçu un gramme de super-pouvoir. Et ce petit Tenko avait semblé bien parti pour devenir l'un d'entre d'eux. Heureusement que le père du gamin était très sévère avec lui et ne manquait jamais une occasion pour le secouer et lui intimer d'arrêter ces conneries. Cependant, cela ne l'avait guère découragé.
Si Le Joker n'avait pas été obligé de se faire discret, il aurait bien buté ce petit Chinois.
Néanmoins, aussi exaspérant qu'avait pu être ce Tenko, il avait été la seule source d'occupation du Joker. Ce dernier avait ainsi passé de longues heures à surveiller cette famille, en se postant dans son grenier, ce qui lui donnait une vue parfaite sur le jardin et une partie du salon de la maison voisine. Il avait pu ainsi tour à tour frôler la crise de nerf à la vue du garçon dansant avec sa cape jaune et jubiler à la correction paternelle qui pouvait suivre. Cependant, l'amusement était limité et les coups que pouvaient prendre ce petit chinois lui faisait afficher un peine un rictus en plus de l'immense satisfaction qu'il en retirait.
Mais cette soirée avait été différente. A la surprise du Joker, les pouvoirs du gamin s'étaient manifestés et avaient causés un véritable carnage. Tenko avait littéralement désintégré toute sa famille et détruit la maison en brique. Il ne restait que sang et cendre et ce petit garçon émergeant des ruines et s'éloignant des lieux du drame.
Le Joker le vit directement : ce garçon sombrait dans la folie. Et là, il avait souri.
Il aurait tellement voulu que son vieil ennemi soit à ses côtés en ce moment précis. Ce dernier qui n'avait cessé de l'exclure du monde des Hommes pourrait enfin voir à quel point il avait raison. Car pour le Joker, il n'y avait qu'une seule journée qui séparait le Bon du Mauvais. Il n'y avait qu'une seule journée qui séparait le Héros du Vilain. Comme il n'y avait qu'une seule journée qui les séparait, Batman et lui.
Il suffisait d'un seul mauvais jour pour que l'être le plus sain d'esprit sombre dans la folie. La folie était comme la gravité, il suffisait parfois juste d'un petit coup de pouce. La folie était cette distance qui séparait le monde de l'endroit où les hommes comme lui vivaient. Le Joker ne se sentait pas différent des autres. Il avait même été un homme très ordinaire et puis, il avait simplement passé une mauvaise journée. Et ce petit garçon couvert du sang des siens, aussi. Lui qui voulait devenir un héros professionnel n'avait à présent comme seule issue que celle d'être un chien enragé courant après les voitures, incapable de savoir ce qui adviendrait s'il en attrapait une car poursuivant un simple et pur désir de chaos.
Le Joker aurait bien voulu interpeller Tenko. Il aurait voulu lui dire de sourire. Sourire parce que ça embrouillait les gens. Sourire, parce que c'était plus facile que d'expliquer ce qui le rongerait de l'intérieur à l'avenir. Il aurait voulu lui dire que s'il se retrouvait enfermé dans le train de son propre passé, peuplé de cris insupportables, il devait se souvenir qu'il y aurait toujours la folie. Elle était sa issue de secours. Elle lui permettrait de sortir et de fermer la porte sur toutes ces choses affreuses qui se sont produites. Ça ne servait rien de se rebeller face à la souffrance. Il fallait juste être fou. Être un simple agent du chaos.
Mais le Joker préféra rester assis dans l'obscurité de son grenier et alors que le garçon disparaissait dans la nuit, il éclata de rire.
