Le jeu de l'été est terminé mais l'équipe des vilains est de retour pour un ultime défi proposé par notre cheffe adorée, Zofra ! (vachement en retard en ce qui me concerne)

Défi ultime

Ecrivez un texte en respectant les 3 contraintes suivantes :

1. Inclure un animal qui ne soit ni un chat, ni un chien

2. Inclure un ship que vous n'aimez pas

3. Mentionner tous les personnages cités par les membres de l'équipe des vilains lors de leur inscription, à savoir : Rei Todoroki, Tomura Shigaraki, Dabi, Fumikage Tokoyami, Hawks, Naomasa Tsukauchi, Himiko Toga, Itsuka Kendo, Sekijiro Kan (Vlad King), Hari Kurono (Chronostasis) et Neito Monoma

Note 1 : Le fait que Naomasa ait un Alter lui permettant de détecter les mensonges est une idée présente dans les premiers jets du manga mais il semblerait que l'auteur ne l'ai finalement pas retenue. Je la conserve néanmoins dans ce défi (c'est un peu cœur de l'histoire d'ailleurs ^^).

Note 2 : Ce n'est pas la suite du défi 1.


La vérité toute nue

"Merci de m'avoir invité, dit Naomasa.

-C'est bien normal, Inspecteur Tsukaushi, répondit le directeur Nezu. Nous sortons tous les premiers vendredis du mois et vous avez donné une après-midi entière de cours à nos élèves de UA. C'est donc nous qui vous remercions.

-Je suis heureux que tu ais pu nous accompagner", s'empressa d'ajouter All Might en tapotant son épaule.

Naomasa tourna la tête pour sourire à son ami et s'attarda ensuite sur l'endroit. Situé dans le quartier très animé de Shinjuku, le restaurant Kanda était assez singulier. Loin des néons et de l'agitation des boîtes de nuit, la salle était installée au sous-sol d'un immeuble et ne pouvait accueillir pas plus d'une trentaine de personnes aux tables, en plus de celles installées au bar. Cette ambiance intimiste était néanmoins très appréciée et l'endroit était souvent complet, comme ce soir. Les professeurs de UA qui accompagnait Nezu prirent place autour d'une table ronde. All Might indiqua à Naomasa la chaise à côté de lui que l'inspecteur prit avec plaisir.

La chaise à sa droite ne tarda pas à être occupée et quelqu'un s'y assit silencieusement. Sans même devoir vérifier, Naomasa sut qu'il s'agissait de Shouta Aizawa suivi d'un Present Mic bruyant qui prit également un siège. Nezu, Midnight, Ectoplasm, Vlad King et Snipe s'emparèrent des places restantes. L'inspecteur but immédiatement la boisson sucrée et rouge qu'on lui proposait. Epuisé, il avait donné quatre heures de cours sur les procédures policières aux élèves 1A et 1B. Nezu jugeait important que les apprentis héros de UA soient très tôt sensibilisés à ce sujet afin d'éviter toutes bavures durant leur apprentissage ou carrière. La récolte de preuves ne s'improvisait pas, de même que l'interpellation d'un prévenu. Un criminel arrêté et même un témoin avait des droits et il fallait les respecter. Les interrogatoires, les gardes vues et les perquisitions répondaient à des règles strictes. Il était essentiel que les héros s'effacent parfois pour laisser place au travail plus lent mais minutieux de la police. Cette journée avait été fatigante mais Naomasa revenait chaque année avec plaisir. La voix d'All Migth le tira néanmoins de ses pensées.

"Je suis vraiment désolé pour l'attitude du jeune Bakugo. Je... je pourrais le sanctionner si tu le souhaite.

-Non n'en fait rien, All Might."

Il était vrai que le jeune garçon ne l'avait pas ménagé quand il avait abordé l'organisation des interventions de la police aux côtés des héros. Sans même demander la parole, le blond l'avait interrompu pour dire:

"Comment vous faites pour être utile ? Vous avez juste un flingue."

Naomasa ne s'était pas montré outré par la remarque mais ce n'était pas parce qu'il avait l'habitude de ce genre de commentaires. En fait, l'inspecteur avait rapidement compris que cette provocation était une façade. Comme à chaque fois que se manifestait son Alter, Naomasa avait eu l'impression de voir deux mondes se superposer. La réalité et puis une réalité un peu "corrigée". C'était comme une interférence. Le sourire narquois de Katsuki avait disparu laissant place à un malaise. En même temps que ses sarcasmes, le policier avait entendu la voix du garçon trembler :

"Comment vous faites pour pas flipper ? Vous avez juste un flingue."

Naomasa avait comme d'habitude feint de ne rien relever. En sachant cela, il ne pouvait donc pas demander que Bakugo soit puni... Il aurait préféré que ces pensées qui ne lui appartenaient pas restent secrètes mais il ne pouvait l'empêcher. La vérité se montrait à lui. Il n'avait guère le choix. Elle se déshabillait sous ses yeux sans qu'il ne demande jamais rien. C'était ainsi. Pour Naomasa, la vérité était une femme nue.

"Heureusement que mes élèves savent se tenir", intervint Vlad King.

Bien que cette phrase fût clairement destinée à provoquer Aizawa (qui s'en fichait éperdument), Naomasa devait bien reconnaître qu'il avait raison. Les élèves de la 1B s'étaient particulièrement montré intéressés par son cours. Par exemple, Kendo et Monoma avaient posé beaucoup de questions. Les élèves de Shouta Aizawa avaient été plus réservés mis à part le jeune Midorya qui avait pris beaucoup de notes et un certain Fumikage qui semblait très intéressé par le type d'armes utilisées par les forces de l'ordre. Les plats arrivèrent et l'inspecteur en profita pour écarter la demande d'All Might en remerciant encore Nezu pour l'invitation.

"Tsukaushi, du nouveau sur le dossier Yakuza ? lui demanda Shouta Aizawa juste à côté de lui.

-Eraser, ce n'est pas le moment pour parler travail..." dit immédiatement All Might, un peu gêné.

Le héros ignora complètement la remarque de son confrère et insista :

"J'ai entendu que vous aviez démantelé plusieurs planques.

-Oui, répondit Naomasa sans quitter son assiette des yeux. Nous avons bien progressé avec la collaboration de Kurono.

-Comment tu as bien pu obtenir ça ?" demanda encore Aizawa qui avait vraisemblablement décidé de rentabiliser cette sortie.

Le policier se concentra à présent sur son verre. Le bras droit de Kai Chisaki avait été un véritable mur au premier interrogatoire mais petit à petit, Naomasa avait brisé l'armure. Chaque homme avait ses failles et après plusieurs heures de discussions, elles finissaient toujours par se révéler à l'inspecteur. Pour Kurono, c'était le bien-être de son patron. L'inspecteur avait vu son désespoir derrière son masque d'indifférence quand il avait appris l'attaque de Shigaraki sur le convoi d'Overhaul. Il avait vu son visage s'affaisser comme un iceberg s'enfonçant dans l'océan. Il avait vu sa peine. Il avait vu sa détresse. Naomasa avait alors promis les meilleurs soins pour son ancien employeur. À partir de là, le yakuza avait été plus coopératif. C'est ainsi qu'il parvenait à ses fins. En laissant la vérité être impudique, en laissant la femme nue se montrer sans détourner le regard alors que son interlocuteur aurait tout fait pour la rhabiller. Le policier doutait souvent de la moralité de cette méthode et de demandait parfois si de son côté, il n'y avait une certaine fascination à voir ce que dissimulait les criminels. Pourrait-il résister à sonder l'esprit de Dabi, Himiko, voir même Shigaraki ? N'avait-il pas été frustré quand la commission lui avait refusé l'accès à All For One ?

"Hé Inspecteur, Comment ça marche votre Alter, au juste ? demanda Snipe qui était assis en face de lui.

Le fonctionnement de son Alter. C'était une question que les héros lui posaient souvent et c'était le seul sujet sur lequel il s'autorisait à mentir :

"Je le sens, c'est tout, C'est comme un malaise, dit calmement Naomasa.

-Ouais... Vous avez de l'intuition en résumé", répondit Snipe.

Il donna ensuite un coup de coude à son voisin Ectoplasm :

"Je devrais peut-être leur parler de ma capacité à retrouver mes clefs à la Commission d'Enregistrement des Alters. P'tet bien qu'ils m'en rajouteraient un à ma fiche."

Lui et son voisin éclatèrent de rire. Naomasa se contenta de les ignorer. Cela ne servait à rien de répondre. Il fallait juste attendre que ça passe.

"Tais-toi un peu, Snipe !"

L'intervention autoritaire d'Aizawa fit stopper net le fou-rire de Snipe et Ectoplasm. Néanmoins, le héros au fusil ne fut pas décontenancé :

"Ne fais pas ton rabat-joie Eraser. Je plaisante, bien sûr. Et l'Inspecteur le sais bien. Pas vrai Inspecteur ?"

Naomasa fit mine d'approuver mais il savait pertinemment que ce n'était pas "pour rire". Derrière ce sourire poli, la vérité ne tarda pas à se révéler. La femme nue déambulait sans pudeur derrière Snipe. En quelques secondes, sa bouche se fit asymétrique et un coin de sa lèvre remonta avec son nez. Naomasa connaissait très bien cette expression. C'était du mépris. Un mépris auquel l'inspecteur était habitué, en particulier de la part des héros professionnels. Il n'était qu'un policier, après tout. À leurs yeux, il n'était un simple fonctionnaire, tout juste bon à embarquer les Vilains, faire l'inventaire de la prison de Tartarus, les emmerder avec des procédures et mener des enquêtes plus promptes à les gêner que les aider. Et tout comme Snipe, il n'était pas rare qu'ils sous-entendent que son Alter ne valait pas grand-chose, ce qui était toujours mieux que ceux qui pensait que ce n'était qu'une invention, vu son enregistrement tardif et son fonctionnement bien trop vague. Il n'était d'ailleurs pas rare qu'il soit convoqué pour que l'on teste à nouveau ses facultés. Il se retrouvait alors face à des examinateurs impitoyables prêt à tout pour le tromper... Cependant, Naomasa préférait de loin cette situation. Il valait mieux que les autres, en particulier les héros et les médecins, en sache le moins possible sur ce qui se passait à l'intérieur de lui.

"Mais je vois que UA est de sortie ! Bonsoir à vous aussi, Inspecteur Naomasa."

Naomasa se détendit en voyant l'air sincère et malicieux de Hawks qui venait de s'approcher de leur table et laissa s'effacer du coin de l'œil le visage méprisant de Snipe.

"Hey Hawks ! Mais qu'est-ce que tu fais là ! S'enthousiasma Midnight.

-Je donne à cet endroit une petite touche branchée, répondit le héros ailé.

-Pas de ça avec moi, le reprit la jeune femme. Tu es très en beauté et je sens ton parfum. C'est celui de l'homme qui va voir quelqu'un.

-Tu m'as eu. C'est vrai. Vous devriez la prendre dans vos services, Inspecteur, avoua le jeune homme.

-Ne change pas de sujet. Alors qui vas-tu retrouver ?"

Le visage enjoué de Hawks s'évanouit brutalement aux yeux de Naomasa. Encore une fois, la vérité avait fait glisser son peignoir de soie. Il vit de la nervosité. Le héros était sur la défensive.

"Burnin. Je vais retrouver Burnin, dit-il. Je vais lui proposer de prendre un verre avec moi et puis on verra."

Mais le policier entendit tout autre chose. La vérité s'était penchée vers lui et lui avait murmuré :

"Enji. Je vais retrouver Enji. Je vais le supplier de prendre un verre avec moi et puis on verra."

La femme nue n'avait aucune limite. Naomasa aurait parfois préféré qu'elle se taise mais il devait bien admettre que de son côté il ne pouvait s'empêcher de l'écouter. Le mensonge savait choisir ses vêtements et se rendre séduisant et l'inspecteur aurait parfois bien voulu s'en contenter. Tous avaient droit à leur intimité. Mais son Alter lui imposait toujours le voyeurisme, brûlait les vêtements du mensonge et ne laissait que la vérité, toute nue. La seule façon de contrer son Alter était de ne pas être dans son champ de vision, ce qui était socialement difficile.

"Bon, je vous laisse. Bonne soirée UA !" déclara Hawks.

Il observa le héros ailé s'éloigner et puis il se tourna à nouveau vers l'assistance. Il se figea. Quelque chose n'allait pas. Les professeurs discutaient et riaient entre eux mais ce n'était pas normal. Leur bouche s'allongeait et leur visage affichait à présent des sourires démesurés. C'était très léger mais ça ne faisait que s'aggraver.

"Tout va bien, Naomasa ?" dit la voix d'All Might qui avait capté son trouble.

Non. Ça n'allait pas du tout. Son alter partait en vrille et il n'y avait qu'une seule substance qui pouvait provoquer ça chez lui : l'alcool. Il avait dû en absorber d'une façon ou d'une autre. C'était peut-être la boisson sucrée ou la sauce du plat. Il se maudit lui-même. C'était sa première sortie depuis des mois et il n'avait pas été vigilant. Il se concentra et tenta de paraître naturel et se tourna vers le visage de son ami, déformé à présent par une inquiétude monstrueuse.

"Je vais bien. Mais je suis un peu fatigué. Je vais rentrer."

Le visage d'All Might se déforma davantage. Il ne le croyait pas. Cependant, Naomasa n'en avait que faire. Il allait se lever et partir d'ici au plus vite avant que les symptômes ne soient hors de contrôle. Il prit ainsi rapidement congé en évitant leur regard, prétextant des dossiers à préparer. Il savait qu'il prenait la mauvaise décision. All Might était parfaitement au courant de la dérive possible de son Alter et ils avaient même un code pour ça. Mais Naomasa ne voulait pas le mêler à ses problèmes ce soir. Ce n'était pas le moment. Le héros avait déjà tant à porter seul. Il n'allait pas s'ajouter à son fardeau. Il récupéra sa veste au vestiaire et quitta les lieux. Comme il aurait pu le craindre, le quartier de Shinjuku était noir de monde. Les symptômes ne disparurent pas, bien au contraire. Son Alter dériva davantage. Dans un certain périmètre, tout le monde commença à le regarder. Les passants affichaient des visages terribles, certains joyeux mais d'autres furieux et beaucoup d'autres désespérés de solitude dans une foule compacte. Naomasa fuit à toute vitesse vers un lieu moins fréquenté où il pourrait réfléchir à comment rejoindre son appartement le quartier d'Ikebukuro.

Il atteint rapidement le parc Nagaya et parvint à trouver un banc libre, non sans peine car une jeune femme lui attrapa le bras pour lui demander une cigarette mais en même temps lui hurla au visage qu'elle voulait mourir. Ce banc fut donc sa bouée de sauvetage. Ainsi, il pouvait fixer le sol et se calmer sans qu'on lui pose de questions. De toute façon, que pouvait-il dire ? Il fallait vivre avec cet Alter pour comprendre ce qu'il pouvait bien traverser. Ce qu'il voyait ou entendait, il ne pourrait jamais le montrer à personne. Il était seul témoin de ce monde où la vérité était impudique. Voilà pourquoi, il préférait que les autres ne sachent rien de cet Alter. Parce que s'il s'avérait que si un jour, on venait à le déclarer sans Alter, il ne serait plus qu'un homme avec de violentes hallucinations. Il serait interné sur le champ.

Il tapota péniblement sur son téléphone afin de trouver le chemin le plus court pour rentrer chez lui en évitant les lieux trop fréquentés et surtout... le métro. Après quelques recherches, il se leva, de nouveau prêt à affronter cette femme dont la seule arme était sa nudité. Cependant, il remarqua que quelque chose avait changé. Tout venait de s'arrêter. Cette situation effraya davantage Naomasa car ce n'était pas normal. Tout à coup, il sentit une main ferme saisir son bras.

"Je vais te ramener chez toi."

C'était la voix calme de Shouta Aizawa. Pour la première fois de la soirée, Naomasa leva les yeux vers lui. Ses yeux rouges le fixaient intensément. Eraserhead venait d'effacer son Alter. Troublé par ce regard qui l'avait toujours fasciné, Naomasa acquiesça silencieusement et laissa le héros l'escorter. Il ne douta pas que c'était All Might qui l'avait envoyé et qu'il ne tarderait pas à recevoir un message de remontrances, message qui venait probablement d'arriver à en juger par la vibration de son téléphone portable dans la poche de son manteau.

"Tu liras ça plus tard. Concentre-toi sur le chemin" dit Aizawa en resserrant son emprise sur son bras.

Naomasa ne protesta pas. Bien que leur relation ait toujours été professionnelle, il savait qu'il ne valait mieux ne pas négocier avec le héros et s'en remit à lui. Il le savait rigide et froid mais n'ignorait pas que cela masquait en réalité une profonde volonté de préserver la sécurité des autres avant la sienne et de faire au mieux en toutes circonstances. Il savait aussi un tas d'autres choses sur lui qu'il n'aurait pas dû... La faute à cette femme impudique et à son regard qui n'avait pu s'en détourner.

Aizawa le laissa finalement sur le pas de sa porte. Naomasa n'eut pas le temps de le remercier car il disparut immédiatement après. L'inspecteur pénétra rapidement chez lui pour lire le message d'All Might et ne tarda pas à aller se coucher. Dormir était son ultime refuge. La femme nue n'avait pas tous les droits. Allongée à ses côtés dans l'obscurité, elle ne pouvait que lui souhaiter bonne nuit avant de s'évanouir dans le noir et le laisser dans les bras du sommeil.


Même si la nuit avait été courte, Naomasa décida d'effectuer son petit rituel du matin. Il se rendit à l'aquarium de Tokyo qui était quelques rues du poste de poste police. Il venait à l'ouverture quand il n'y avait encore personne et passait une heure à se promener le long des vitres habitée pour soulager son esprit. Son alter ne fonctionnait pas sur les animaux, en particulier ceux qui ne fréquentaient pas les humains. Il pouvait ainsi regarder passer les bancs de poisson, les requins et les méduses sans craindre de voir leur colère ou leur désespoir. Les murènes et anguilles le fixaient sans expression et puis passaient leur chemin.

L'inspecteur se rendit immédiatement au bassin qui faisait la renommée de l'aquarium. Un bassin tellement gigantesque qu'il pouvait accueillir deux baleines. L'une d'elles se trouvait non loin de la vitre et Naomasa y colla son visage pour la regarder. Elle l'ignora. Elle n'avait rien à lui dire. Les sirènes n'étaient pas nues.

Naomasa entendit des pas derrière lui, lents et réguliers et aperçut une silhouette se refléter dans la vitre du bassin. Une voix calme et bien connue s'adressa à lui :

"Il faut qu'on parle, Tsukaushi

-Parler de quoi, Aizawa ? répondit Naomasa sans se retourner.

-All Might m'a envoyé te chercher hier soir. Il m'a dit que tu avais un problème avec ton Alter. Je dois savoir ce qui s'est passé exactement."

Naomasa haussa les épaules. C'est à peu de choses près ce qu'All Might lui avait rapporté dans son message d'hier, les remontrances en moins.

"Je n'ai pas demandé d'aide, dit Naomasa un peu plus froidement qu'il l'aurait voulu.

-Arrête de parler à la vitre et regarde-moi." dit Aizawa, irrité.

L'inspecteur n'obtempéra pas.

"C'est donc comme ça que ça marche ? reprit le héros. Tu regardes quelqu'un et tu lis sur son visage."

Naomasa soupira. Ce n'était plus la peine de nier :

"En partie, oui."

Il y eut un silence entre les deux hommes. L'inspecteur savait que confirmer cette information aurait des conséquences.

"Alors. Tu sais, dit finalement Aizawa.

-Oui."

Oui, il savait. Il savait un tas de choses d'ailleurs. Il connaissait l'intérêt de Hawks pour Enji Todoroki et il aurait même pu lui dire que sa quête n'était pas si désespérée étant donné les regards furtifs que le héros enflammé lui avait déjà lancé. Cependant, il savait aussi que le nouveau numéro 1 était bien trop préoccupé par l'état de sa femme Rei pour concrétiser quoi que ce soit. L'inspecteur savait aussi que Best Jeanist mentait quand il prétendait ne pas souffrir de ses blessures. Il savait également que Mirko avait souvent peur, juste avant de se lancer à l'assaut d'un vilain. Et depuis qu'il travaillait avec lui, il savait que le héros Eraserhead avait toujours regardé intensément son ami le héros Present Mic mais que ce dernier n'avait d'yeux que pour la très belle Midnight qui était loin de ne pas lui porter de l'intérêt. Ils étaient probablement les seuls à se croire très discrets et penser sincèrement tromper leur monde en s'arrangeant pour faire des rondes ensemble et être injoignables. Naomasa savait qu'Aizawa en avait souffert mais qu'il s'était fait une raison en détournant peu à peu le regard de celui qu'il tenait à garder comme meilleur ami... et en le posant ailleurs...

Sur lui.

"Et ça te gêne de me regarder à cause de ça." conclut Aizawa.

Naomasa sursauta à cette affirmation.

"Non, écoute... balbutia-t-il

-Ne me ménage pas, le coupa Aizawa. Ce n'est pas réciproque et ça te gêne. Désolé de t'avoir incommo...

-Bien sûr que c'est réciproque ! La question n'est pas là !"

Merde. Il n'avait pas pu s'empêcher de contredire Aizawa. Il venait de déshabiller lui-même la vérité. C'était un peu gênant mais il ne pouvait laisser le héros croire qu'il l'incommodait. Bien sûr que c'était réciproque. Peut-être pas au début même si Naomasa avait été très flatté qu'un héros comme Aizawa lui porte de l'intérêt. Ça changeait du mépris. Mais il avait préféré laisser ça de côté pour rester professionnel et continuer à se contenter des relations d'un soir. Cependant, au fil des enquêtes menées ensemble, l'indifférence s'était peu à peu estompée... Le regard d'Aizawa l'attirait et même plus. Il était tenté et ça devenait une torture de ne pas y répondre. Mais un problème s'était posé.

"La question est où ?"

-Je ne peux pas. Avec personne. En tout cas, pas une vraie relation."

Avec Aizawa, il n'était pas question d'un coup d'un soir. Et c'était tout le problème.

"Pourquoi ? Demanda le héros

-Je vois tout, avoua Naomasa. Avec moi, la vie est juste impossible.

- Je ne mens pas. Je n'ai rien à cacher."

L'inspecteur ne peut s'empêcher de se remémorer de ses tentatives précédentes. Une relation avec lui était comme sous surveillance. Impossible de garder quoi que ce soit pour soi-même. Ce n'était pas juste une question de vérité ou mensonge. Chacun avait besoin de son jardin secret. C'était une chose précieuse.

"On aime tous avoir des choses pour soi. Tu ne réalises pas le prix de cette liberté. Mais crois-moi, dès que tu la perdras, tu t'en rendras compte petit à petit. Je ne te ferai pas souffrir pour que tu l'apprennes.

-Je n'ai pas besoin de ça."

Naomasa réalisa qu'Aizawa s'était beaucoup rapproché pour lui dire ça. Il sentit la main du héros toucher son visage pour le pousser à se tourner vers lui. L'inspecteur céda à sa demande et la suite ne se fit pas attendre car la bouche de Shouta rencontra la sienne sans qu'il ne l'en empêche. Il répondit même à son baiser plus intensément qu'il ne l'aurait voulu en l'enlaçant contre lui. Il ne pouvait plus nier que c'est ce qu'il désirait. Ce fut avec regret qu'il le laissa partir pour sa journée de cours alors que lui devait se rendre rapidement au poste pour un travail qui lui sembla interminable.

Le soir venu, quand Shouta sonna à son appartement à une heure bien trop tardive pour ignorer ses intentions, Naomasa alla lui ouvrir. Il tamisa néanmoins la lumière. Brouiller sa vision altérait un peu son Alter et lui facilitait la vie. Ce serait suffisant pour aujourd'hui. Après, il ne savait pas comment gérer la suite. Il mit ça de côté. La seule chose qui valait en ce moment précis était une chose vraie : Shouta voulait de lui et il voulait de Shouta. Ce dernier ne le fit d'ailleurs pas attendre et lui intima de lui indiquer sa chambre, à peine le seuil franchi.

Quelques minutes plus tard, allongé sur son lit, Naomasa laissa le héros mener la suite. Il n'avait pas la force de résister à son désir et préférait se détendre sous le corps de Shouta qui déboutonnait déjà sa chemise. Il se laisserait guider. Avec en lui le secret espoir que cette nuit lui ferait oublier à quel point la vérité pouvait faire peur et lui rappellerait surtout à quel point elle pouvait être belle... toute nue.


Merci de m'avoir lue et merci à Zofra pour ce dernier défi.