Bonsoir, bonjour à tous !
Après un an d'absence qui m'a semblé être à peine 1 mois, me voici avec le dernier chapitre du Départ des Sombrals.
Après plus de cinq ans d'écriture, et 4 ans et demi de publication, j'ai mis le mot fin à cette histoire.
C'est un sentiment très étrange. Je suis heureuse, émue, nostalgique, mais surtout soulagée.
Je peux mettre derrière moi cette histoire, enfin, sans avoir cette obligation dans le ventre qui me suivait depuis bien trop longtemps.
Je suis satisfaite de cette fin, peut-être rapide, mais j'espère que vous le serez tout autant.
Il est très probable que des chapitres bonus arrivent par la suite, beaucoup m'avaient demandé d'écrire sur Viktor et Dexumria. Un épilogue est un préparation, mais peut-être il ne sera qu'un bonus.
Pour un résumé des chapitres précédents, s'il-vous-plait référez-vous à celui du chapitre précédent, il est assez complet !
Pour ceux qui sont encore là depuis le début, depuis quasiment 5 ans, oui il y en a, je vous remercie. Pour ceux arrivés en cours de route, je vous remercie tout autant. Je ne pensais pas, à l'époque, lorsque j'ai commencé cette histoire, il y a plus de 5 ans, que j'en arriverais là.
Merci à vous, c'est grâce à vous qu'elle se finit.
Je vous laisse, maintenant, et vous souhaite une bonne continuation.
Je suis heureuse d'avoir fait ce petit bout de chemin avec vous.
Disclaimer: Rien n'est à moi, tout est à JKR, sauf l'idée de cette histoire et de mes personnages aussi étranges les uns que les autres
Chapitre 20 : Le départ des Sombrals
Trois semaines s'étaient passées depuis la Bataille, et les esprits peinaient à vouloir se calmer. Beaucoup ne réalisaient pas. La montée de l'obscur avait été si rapide et si brève à la fois, et nombreux étaient morts.
Personne ne connaissait celui qui avait mis fin à la guerre, et au règne nouveau de Voldemort. Un professeur, disait-on. Un bon professeur. Mais si jeune, disaient certains. Trop jeune. Inapte. Comment avait-il fait ? Et la peur n'était pas partie, beaucoup jetant des coups d'œil indiscrets et apeurés en direction de cette nouvelle figure de la résistance.
Et Harry ? Viktor aimait à dire qu'il n'en avait strictement rien à foutre.
Dexumria acquiesçait, foudroyait du regard ceux qui osaient trop s'approcher, tandis que Viktor montrait les dents, et ainsi la vie continuait.
La mort de Sirius avait tout ébranlé. Le cercle d'ami s'était fissuré. Remus était parti. Il n'avait pas supporté. James avait Lily, Lily avait James, et les deux avaient Julie. Remus n'avait personne à part Sirius. Sirius était parti, alors il n'avait pas pu rester. C'était plus fort que lui. Il avait voulu aider à relever le monde sorcier, mais il ne pouvait pas. Alors, un matin, on avait retrouvé sa chambre vide, un léger mot sur l'oreiller, et une rancœur plus grosse que le monde lui-même sur la table de chevet.
Harry aimait à croire que l'homme trouverait la paix là où il irait. Il espérait aussi qu'il reviendrait. Mais tout était différent, et il ne pouvait rien prévoir.
Lui-même avait un problème de taille sur les bras, et il ne pouvait s'en détourner. La disparition brutale d'Anja l'empêchait de dormir, et malgré toutes les recherches qu'il avait effectuées, il n'obtenait aucune réponse.
La famille Oulos s'était évaporée dans la nature. Pas un murmure, pas un indice, pas un bouton de manchette pour indiquer quelle direction ils avaient pris. Harry devait partir de zéro. Mais il avait, en plus de ses acolytes habituels, un bras droit infaillible. Regulus avait pris la disparition d'Anja très à cœur. Il savait que cela avait été sa faute. Son professeur lui avait dit de rester avec elle, et lui, aveuglé par la colère envers sa famille et ses sentiments mitigés à l'égard de son frère, avait déserté son poste. Anja pouvait se défendre, elle était même sûrement plus douée que lui en magie. Cependant, faire face à sa famille était plus compliqué que lancer des sorts.
Anja n'était plus là et Sirius non plus. Regulus avait perdu ses deux frêles supports sur lesquels il pensait pouvoir s'accrocher.
Heureusement restait Kane. Ou Harry. Il n'avait pas bien compris, et son professeur n'avait pas l'air de vouloir expliquer. Tout ce qu'il savait c'est qu'il ne l'avait pas abandonné, et qu'il était plus motivé que jamais à retrouver Anja. Alors, il ne le lâchait pas d'une semelle. Littéralement.
Harry se tenait accroupit sur la rambarde d'un balcon. Silencieux, il écoutait le vent. Et les sons qui montaient à lui. Et Regulus, adossé contre le mur derrière lui, le dévisageait d'un air neutre.
Un doux sifflement se fit entendre provoquant le hochement de tête de Harry à l'intention de Regulus. Se dernier se redressa et enjamba la rambarde du balcon. Sans un coup d'œil pour son professeur, il se laissa tomber dans le vide.
Était-ce idiot de faire tellement confiance à son professeur qu'il lui obéissait lorsqu'on lui disait de se jeter dans un vide sans fond ? Oui. L'avait-il tout de même fait ? Oui également.
Deux bras durs le réceptionnèrent et Viktor lui sourit brièvement d'un air sanguinaire. Il le laissa tomber et siffla de nouveau pour réceptionner Harry quelques secondes plus tard.
La descente n'était pas traditionnelle, mais elle marchait. Et Harry s'en fichait comme de sa première potion d'enfreindre les règles de bienséance. Il cherchait des indices sur Anja, voilà tout.
Dexumria claqua de la langue, ses yeux blancs fixés sur un point au loin, que les deux sorciers ne pouvaient pas voir. Viktor se tourna dans cette direction et laissa échapper un léger ricanement.
- Des chiens de garde. Quelle gentille défense. Ne bougez-pas, je reviens.
Harry acquiesça et s'approcha de Dexumria tandis que Viktor disparaissait brusquement de sa vitesse caractéristique des vampires.
- Erno ? Demanda Harry en direction de l'elfe, qui porta son attention sur lui.
- Avec James et Julie. Il était encore en sommeil lorsque je l'ai déposé.
Harry acquiesça. Il était heureux de voir qu'Erno était très proche de James et Lily, et en quasi-adoration devant la petite bouille de Julie.
Il y eut quelques aboiements qui fusèrent dans la nuit noire mais une poignée de secondes plus tard, le silence reprit ses droits.
Viktor réapparut devant eux, le visage neutre, mais les yeux un peu plus brillants. Dexumria s'approcha de lui, et passa un léger doigt derrière son oreille, nettoyant une unique tâche de sang qui avait élu domicile. Viktor la regarda d'un sourire béat, faisant lever les yeux de Dexumria au ciel.
- C'est bon Viktor ? Le questionna Harry, tandis que Regulus s'empêchait de ricaner devant l'absurdité de la scène.
Le vampire s'ébroua et acquiesça :
- Tout est réglé Harry. Il reste de jolis sorts autour de la maison, cependant.
- Mmh. Fut la seule réponse audible de la part du puissant sorcier.
Ils s'avancèrent d'un même pas en direction de la bâtisse au fond de la rue étroite. Là se tenait l'aboutissement de trois semaines de recherches actives. Si Anja et sa famille ne se trouvaient pas là, alors Harry ne savait plus où chercher. Les sorts bourdonnant de magie rassuraient Harry, cependant. Ceux qui se protégeaient ainsi avaient quelque chose à cacher.
Brusquement, Harry, qui était en tête du groupe, s'arrêta et leur fit signe de faire de même. Doucement, presque avec délicatesse, il leva la main et fit apparaître un nuage de poussière doré. Regulus ne savait pas à quoi il servait, mais ne voulait pas interrompre son professeur, alors il se contenta de regarder. C'était sans compter sur Harry, qui, fort de son rôle de mentor, lui expliqua d'une voix basse.
- Je me sers de ce sort basique pour détecter les limites des protections. Il ne me coûte rien en magie, et je peux le lancer à une grande distance.
Comme pour illustrer ses mots, la poussière rampa en direction de la bâtisse et finit par dessiner un large dôme au-dessus de celle-ci, délimitant la portée des sorts de défense.
- Et voilà le travail. A partir de là, il est plus simple de désactiver les sortilèges, puisque tu peux voir l'évolution de la barrière.
Regulus acquiesça et écarquilla légèrement les yeux lorsque son professeur grogna et frappa brusquement du point le sol tandis qu'il marmonnait des bribes de mots. Dexumria et Viktor le regardait sans aucune émotion, et le Serpentard comprit que cela devait être habituel.
Il commençait à s'impatienter lorsque le dôme de protection se brisa dans un bruissement d'étoffe. Harry laissa échapper un rictus en marmonnant :
- J'ai brisé ceux du manoir Malfoy… pas ceux-ci qui vont m'empêcher d'entrer. Non mais je rêve…
Et sur ces mots n'ayant pas vraiment de sens pour Regulus, Harry avança un pied dans la propriété.
Des alarmes s'étaient déjà déclenchées, et si Regulus s'était tendu à leur entente, cela n'avait fait que renforcer le rictus quasi sanguinaire de son professeur. Et il n'était pas sûr d'aimer ça.
- Regulus, je veux que, quoi qu'il se passe, tu restes toujours avec Viktor, Dex ou moi-même. A aucun moment je ne veux que tu te trouves seul dans ce Manoir, c'est clair ?
Regulus afficha un air mi-figue mi-raisin, qui voulait clairement dire 'parle moi sur un autre ton, je suis majeur et je sais me battre' mais Harry n'en avait rien à cirer, il voulait juste sortir d'ici entier, Regulus à un bras, et Anja à l'autre, avec Dex et Viktor qui le suivent bien gaiement.
- Occulus Nocturn !
Un brusque nuage noir s'abattit sur les yeux de Regulus, avant que la voix grinçante de son professeur ne s'élève dans la seconde qui suivait :
- Nocturn Evanesco.
Le drap noir se dissipa. Regulus n'avait jamais entendu parler de ce sortilège, mais clairement son professeur si, et il en connaissait le contre sort. Devant eux se tennaient maintenant une dizaine de Mages-Mercenaires, qui les regardaient d'un œil passablement mauvais.
Harry ne s'embêta pas à faire les connaissances. Il leva sa baguette au-dessus de sa tête et la fit tourner rapidement, fouettant l'air, et une brusque tempête s'abattit sur les combattants en face d'eux, la plupart s'envolant très haut pour aller s'écraser des dizaines de mètres plus bas, laissant leur corps complètement disloqué. Certains, cependant, réagirent assez rapidement pour pouvoir transplaner hors de la tempête.
Le résultat fut le même : tous les Mages-Mercenaires furent dispersés.
Et Harry continua d'avancer comme s'il ne venait pas de mettre une dizaine de très bons combattants hors d'état de nuire.
Quelques minutes plus tard, et sans que rien ne soit venu les empêcher d'avancer, les quatre compères se trouvèrent devant la porte du Manoir.
Harry la contempla un instant, puis déclara :
- Bon. La dernière fois que j'ai fait une visite aux Oulos, j'ai frappé à la porte. Je crois que je ne vais pas m'embêter à rester poli, cette fois-ci.
Et sur ces mots, sous le regard approbateur de Viktor et Dexumria, Harry fit exploser la porte – et les dizaines de sortilèges de protection et anti-intrusion qui allaient avec – et rentra comme si de rien n'était dans la maison.
Devant lui se tennait le plus étrange des tableaux.
Anja Oulos, ses longs cheveux noirs voletant derrière elle, s'affairait à écraser de toutes ses forces un corps, tapant du pied et vociférant :
- Et ça, c'est pour avoir voulu ME MARIER A KERMIN GOYLE ! KERMIN GOYLE !
Puis elle se tourna vers Harry, qui avait les mains tendues vers elle, comme dans un geste inconscient pour l'aider, et elle déclara d'une voix légère :
- Oh, bonsoir professeur.
Les quatre nouveaux venus, silencieux, dévisageaient d'un air ahuri la jeune femme qui descendit du dos de celui qui devait être son père, et qui gisait, inconscient, au sol.
- On peut y aller, si vous voulez.
C'est Regulus qui réagit le premier, et qui s'avança vers elle, peu sûr de lui :
- Anja… tu vas bien ?
Celle-ci acquiesça, et expliqua, tandis qu'elle enfila un manteau, ne faisant fi des trois silhouettes toujours figées, la regardant avec fascination :
- Je n'ai pas pu m'enfuir à cause des protections que mes parents avaient apposées autour du Manoir. Mais je savais que vous alliez finir par venir me chercher un jour ou l'autre. Et comme je sais que le professeur Ushen est assez fort pour détruire les protections, eh bien je n'attendais que ça pour me… défouler. Du coup, tandis que mes parents s'affolaient en sentant les protections disparaître, je les ai mis hors d'état de nuire.
Regulus se frotta l'arrière de la tête, hésitant entre rire – chose qu'il n'avait pas fait depuis très très longtemps – ou s'éloigner de cette femme au caractère bien trop étrange.
C'est Harry qui, ayant retrouvé l'usage de la parole, déclara du bout des lèvres :
- Eh bien, Anja, on y va quand tu es prête.
Celle-ci finit d'attacher les boutons de son manteau, elle prit les devants, gloussant en avisant la porte défoncée, et sortit dans la nuit noire.
Un instant plus tard, Dexumria s'était saisie de tous ses acolytes, et les avait faits transplaner hors de cet endroit lugubre.
Anton leva un sourcil intrigué en entendant le son familier du transplanage à l'extérieur de sa maison. Apposant un marque page au centre du livre qu'il était en train de lire avec une très grande passion, il s'étira et se dirigea vers sa porte qu'il ouvrit en grand.
Devant lui se tenait Viktor, son jeune fils de sang, accompagné, comme à son habitude, de ses étranges acolytes.
Sans prononcer un mot, il les fit entrer en s'effaçant devant eux. Ses yeux perçants se figèrent sur les deux jeunes sorciers qui les accompagnaient.
Il n'eut même pas à demander des informations, Viktor se tourna vers lui et lui expliqua tout.
Harry quant à lui, fit asseoir Anja sur une chaise, se fichant complètement de savoir qu'il n'était pas chez lui, mais chez un Vampire si vieux qu'il ne se souvenait même plus de son propre âge. Viktor avait dit à Dexumria de les conduire ici, alors c'est que tout irait bien.
Le professeur de duel s'accroupit devant sa protégée, tandis que Regulus, sans la moindre grâce, s'affaissa dans la chaise en face.
- Es-tu blessée quelque part, Anja ?
La jeune femme réfléchit un instant et secoua la tête puis pointa sa tête du doigt :
- Ils m'ont mis des boucliers. Je…je n'arrive pas à les enlever.
Harry fronça les sourcils, intrigué et leva la main avant de l'arrêter brusquement.
- Tu permets ? Demanda-t-il d'un ton calme.
La jeune femme hocha la tête sans hésiter, la confiance qu'elle plaçait en son professeur était à la limite de l'inconscience.
Harry posa sa main sur le front de la jeune femme aux cheveux noirs et murmura quelques mots, Regulus regardant d'un air neutre la scène qui se jouait devant lui.
- Mmh, finit par murmurer le professeur. Restriction de magie.
Anja hocha la tête, s'étant bien rendue compte que sa magie était constamment au plus bas depuis des semaines.
Harry se frotta les doigts un instant et déclara avec un petit sourire :
- Ça ne sera pas un problème. Viktor ?
Le vampire se tourna immédiatement vers Harry, laissant Anton discuter avec Dexumria, plus loin dans la pièce.
Harry continua, en pointant du doigt la jeune fille :
- Restriction de magie. Tu peux me l'endormir, que je retire les boucliers ?
Viktor hocha la tête et demanda la permission d'un coup du menton en direction d'Anja qui acquiesça, bien que peu rassurée à l'idée de se faire endormir par un vampire.
Une seconde plus tard, Harry rattrapa le buste de son élève qui tombait vers l'avant. Il tourna la tête vers Regulus et lui demanda :
- Tu veux apprendre à retirer des boucliers chez autrui ?
Regulus leva un seul sourcil, regardant son mentor d'un air affligé. Il se leva et se rapprocha de l'homme en grommelant :
- Evidemment.
Harry craqua un petit sourire avant de reprendre son sérieux. Bien qu'enlever des boucliers était une tâche facile, il fallait toujours faire attention à la réaction du sujet.
Mais, après avoir murmuré les incantations, les boucliers disparurent doucement, et Viktor réveilla Anja d'un claquement de doigts.
La sorcière sourit fortement en sentant cette chaleur magique reprendre possession de son corps, et d'un coup de baguette elle fit apparaître une flammèche. Satisfaite, elle rangea le bout de bois et remercia son professeur.
Viktor prit alors la parole, désignant les deux élèves :
- J'ai discuté avec Anton. On reste là ce soir, vous pourrez prendre les chambres au bout du couloir. Je vous conseille un sortilège de dépoussiérage, elles n'ont pas été utilisées depuis un long moment. On se rendra à Poudlard demain à l'aube.
Harry acquiesça en direction des deux jeunes qui lui avaient lancé un regard intrigué. Rassurés, ils se levèrent et se dirigèrent vers le couloir qui partait à leur gauche.
Harry les regarda disparaître, songeur, puis Viktor lui posa une main sur l'épaule :
- Ils comptent beaucoup sur toi. Que vas-tu faire ?
Le jeune professeur resta silencieux un moment puis soupira :
- Ce que j'ai prévu.
Viktor claqua sa langue dans un bruit réprobateur mais ne fit aucun commentaire. Anton et Dexumria se rapprochèrent d'eux, et d'un geste absent le vampire passa un bras au-dessus des épaules de l'elfe.
Anton porta un long regard sur Harry et déclara :
- Dexumria vient de me raconter ce que vous prévoyiez de faire, Harry Potter. Comprenez-vous ce que cela engage ?
Harry acquiesça, complètement sûr de lui.
Anton plissa les yeux devant l'assurance du jeune homme devant lui et pinça les lèvres :
- Moi, je ne suis pas sûr. Vous vous êtes beaucoup attaché.
- Je sais. Cela ne change rien, je sais ce que je dois faire.
Anton le considéra un instant puis soupira. Il se dirigea d'un pas lent, très lent, vers la porte de sa maison et l'ouvrit.
- Fatum. Bien, je dois y aller. Viktor, tu me feras le plaisir de prendre soin de toi. Dexumria, ne le ménagez pas. Harry… je vous dis à bientôt.
Et sans plus de cérémonie, le vampire s'évapora dans la nuit noire, laissant Harry, Dexumria et Viktor, de nombreuses pensées s'entrechoquant dans les esprits.
Ils étaient tous réunis. Harry les avait appelés, alors ils étaient venus. Evidemment qu'ils étaient venus. Dumbledore, Rogue, Lily, James, Regulus et Anja.
Ils s'étaient réunis dans le bureau directorial, et regardaient maintenant Harry qui se tortillait devant eux, mal à l'aise.
Derrière lui, Viktor tenait Julie dans ses bras, la distrayant en matérialisant de petits avions en papier. Dexumria portait Erno sur ses genoux, ses longs doigts bruns lissant délicatement les cheveux du petit garçon.
Harry prit soudainement la parole. Il n'avait jamais été doué pour les discours. Et encore moins lorsqu'il fallait dire au revoir.
- J'étais venu ici dans un but. Un seul et unique but. Réapprendre à vivre. Pour atteindre cela, j'avais beaucoup de contrainte à éliminer. Voldemort était la plus évidente. Mais… sans vous, sans vous tous, rien n'aurait été possible.
Il s'interrompit un instant, frottant ses cheveux rouges d'un air absent, puis il assena :
- Certains connaissent la vérité, d'autres non, et c'est très bien comme ça. Je serais toujours Kane, à vos yeux, et c'est ce qui m'importe le plus. Que vous ne m'oubliez pas.
Lily s'agita sur son siège et laissa échapper :
- Qu'est-ce que tu es en train de nous dire Kane ?
Harry lui sourit pauvrement, un peu honteux devant le regard vert intransigeant et sévère de la jeune femme à son égard :
- Il faut que je continue.
Lily secoua la tête, un peu perdue :
- Mais, pourquoi est-ce que tu parles de ne pas t'oublier ?
Harry sourit de plus belle, un doux sourire, pour celle qui aurait pu être sa mère :
- Parce que je ne peux pas continuer avec vous. Je vais partir.
- C'est absurde.
C'est la voix d'Anja qui avait claqué, ferme et froide, devant l'annonce de son professeur et mentor.
- Non, Anja, ça ne l'est pas.
- Mais, vous n'êtes pas… heureux avec nous professeur ? Demanda avec hésitation la jeune femme, ses grands yeux bleu braqués sur lui avec force.
Harry soupira un instant, un petit sourire nostalgique aux lèvres :
- Oh, si, bien-sûr que si. J'ai retrouvé grâce à vous ce qu'il me manquait, là d'où je venais. Et je vous ai tout donné, j'ai choisi de vivre pour vous. Maintenant, j'ai décidé de faire un choix, bien égoïste.
Beaucoup de regards incompréhensifs le fixaient. Sauf un. Comme à son habitude, Albus Dumbledore avait tout compris, avec tout le monde, et le regardait avec un pétillement dans ses prunelles.
Harry continua, la gorge un peu serrée :
- Je ne reviendrais pas. Je ne pourrais pas vivre à vos côtés, alors je ne veux pas revenir. Voilà mon choix égoïste. Je vous sais en sécurité, maintenant, et c'est tout ce qui m'importe. J'ai deux choses à vous demander.
Le jeune professeur se tourna vers Dexumria qui se leva doucement, prenant Erno dans ses bras. L'elfe pencha sa tête vers le petit garçon et lui chuchota à l'oreille :
- On fait ce que l'on a dit, maintenant, Erno,Lómion.
Le petit garçon acquiesça et jeta un regard perçant en direction de James et Lily.
- Je souhaiterais que vous vous occupiez d'Erno.
Lily, les larmes aux yeux depuis l'annonce d'Harry hocha la tête avec force :
- Oui, oui, bien évidemment, cela va sans dire.
Elle tendit les mains en direction du petit garçon qui lui sourit, et Dexumria, après un dernier baiser sur les cheveux de l'enfant, le tendit à la rousse.
Harry offrit un petit sourire en direction du petit sorcier, le considérant. Puis, satisfait, il se tourna vers Dumbledore et souffla :
- Protégez-les.
Son regard s'échoua sur Anja et Regulus, qui le regardaient avec des yeux écarquillés, choqués par l'annonce de leur professeur. Anja s'était agrippée à Regulus et celui-ci avait passé un bras solide autour des épaules de la jeune femme.
Dumbledore acquiesça la tête d'un air grave :
- Je le ferais.
Alors Harry laissa échapper un sourire, un poids de moins sur ses épaules. Avec Dumbledore pour veiller sur eux, Anja et Regulus n'auraient pas de problèmes.
- Autre chose… retrouvez Remus. Il ne sera jamais bien seul. Et, Rogue…donnez-lui une chance, vous vous entendrez très bien.
L'homme aux cheveux noirs lui lança un regard outré qui fit ricaner Viktor derrière lui. Ce dernier se leva et tendit Julie à son père qui l'attrapa avec la force de l'habitude.
Harry regarda sa montre, puis les nuages qui s'accumulaient dans le ciel.
- Nous allons y aller, maintenant. Anja, Regulus, accompagnez-nous, un moment.
Les deux élèves acquiescèrent et se rapprochèrent d'eux. Dexumria prit leurs bras, ainsi que celui de Viktor et d'Harry. Ce dernier considéra un instant l'étrange tableau qui s'offrait à lui, son cœur se serrant en avisant Lily et James, Erno et Julie serrés contre eux. Oui, il faisait le bon choix.
- Soyez heureux, murmura Harry.
Et dans un bruit, les cinq individus disparurent, laissant derrière eux un futur plein de promesses.
Harry posa sa tête sur le haut de la tête d'Anja. Ils étaient dans le parc de Poudlard, et la jeune fille venait de se précipiter sur lui pour l'enlacer, une dernière fois.
Harry la repoussa doucement et caressa sa joue d'un doigt, un sourire aux lèvres :
- Tu es une excellente sorcière, Anja, très puissante, et tes choix ont fait de toi ce que tu es aujourd'hui. Ne doute pas de toi.
Anja s'essuya l'œil du revers de la main et s'écarta, une boule dans la gorge.
Harry se tourna vers Regulus qui tentait de paraître neutre, mais qui échouait bien lamentablement. Il lui sourit d'un air à la fois amusé et tendre :
- Je suis fier de ce que tu es devenu, Regulus. Vraiment. Je suis très honoré d'avoir pu t'entraîner.
Regulus hocha la tête, puis, n'y tenant plus et jetant son orgueil dans les orties, il s'avança vers son mentor et l'enlaça brièvement, avant de se reculer aux côtés d'Anja. Celle-ci s'empara de la main du jeune homme, et ce dernier resserra la sienne.
Harry les considéra un instant puis acquiesça. C'était ainsi que cela devait être. Il chuchota:
- Profitez.
Il fit un signe à Dexumria qui l'agrippa lui et Viktor. Ce dernier jeta un dernier regard au jeune couple qui se tenait devant eux.
Ils étaient beau, puissants, ils étaient jeunes, libres, et amoureux.
Alors il pouvait partir sans se retourner.
Au loin, un cri se fit entendre, et les cinq levèrent la tête vers le ciel.
Une horde d'animaux ailés venait de prendre son envol, s'échappant un moment de la Forêt Interdite.
C'était là une image magnifique.
L'image du départ des sombrals.
La lumière miroita un instant, puis Anja et Regulus se retrouvèrent seuls, dans cette matinée chaude d'été. Ils avaient toute leur vie devant eux.
- Es-tu sûr de toi ?
Viktor regardait Harry d'un air inquiet.
Harry lui renvoya un regard apaisé.
- Je crois que je n'ai jamais été aussi sûr de moi depuis très longtemps.
Viktor hocha la tête. Il enlaça avec force Harry puis recula. Dexumria s'avança à son tour vers le sorcier et lui fit un doux baiser sur le front :
- Tout ira bien. Nous t'attendrons.
Harry acquiesça, la gorge un peu nouée. Il savait qu'il reviendrait. Il ne savait juste pas quand :
- A bientôt, prenez soin de vous.
Il considéra Viktor et Dexumria, ses acolytes, les personnes pour qui il mourrait sans hésiter. Les personnes pour qui il allait mourir sans hésiter.
Il transplana.
- C'est une belle surprise. Je ne t'attendais pas de sitôt. Ton choix est fait.
Harry considéra l'homme devant lui, et ses cheveux blonds, son regard un peu fou mais si intelligent. Il s'avança vers lui doucement et hocha la tête, murmurant, un sourire apaisé aux lèvres :
- Bonjour Amalric.
Fin
Merci, merci, merci.
Sorcièrement vôtre,
Mylush
25/05/2020
