Hello !
L'idée de cette histoire est née quand Setsuna m'a montré un site web qui vendait des tabliers KnB. Je me suis payé une bonne tranche de rire en remarquant que la traduction automatique avait fait des ravages, en traduisant « Kuroko no basket » par « Kuroko sans panier », ou « Kuroko pas de basket ». Ça m'a aussitôt donné des idées idiotes. Et si vous me connaissez bien, vous savez que j'ai du mal à résister à une idée idiote. Puis le temps a passé et une histoire a commencé à germer, j'ai eu envie d'essayer des nouvelles choses aussi, et hop, cette fic est née ! J'espère qu'elle vous amusera.
Enjoy !
Je m'appelle Kuroko Tetsuya. Depuis le collège, certains me connaissent mieux sous le nom de « Kuroko-sans-panier » ou encore « Kuroko-pas-de-basket ». Pas très flatteur... Mais je dois m'en contenter. Et puis... C'est mon meilleur ami qui m'a donné ces stupides surnoms, alors j'imagine que ça compense. Et heureusement, la plupart du temps, il m'appelle simplement « Tetsu ».
Le jour où j'ai rencontré Aomine Daiki – du moins formellement, parce que je l'observais depuis longtemps – il a failli mouiller son caleçon. De frousse. Pourtant, je ne suis pas particulièrement effrayant, c'est important de le noter. De taille moyenne, plutôt fluet, je suis du genre très discret. Trop discret. À cette époque, je ne savais même pas qu'une légende urbaine s'était créée dans le collège à mon propos. On disait le gymnase hanté par un basketteur fantôme. N'écoutant que son courage, Aomine-kun était venu vérifier cette intrigante rumeur. En m'apercevant, il a cru avoir la preuve que les fantômes existent pour de vrai. Aomine-kun n'est pas aussi superstitieux que Midorima-kun, mais il craint fantômes, esprits et autres poltergeists encore plus qu'un réveil programmé à 7h du matin. Il a néanmoins fini par comprendre son erreur, et, ne pouvant résister à l'envie de tester un nouveau partenaire de basket, il a décidé de jouer avec moi.
Quelle n'a pas été sa déconvenue en découvrant mon niveau lamentable. Et pourtant, soir après soir, il est revenu s'entraîner avec moi. Devant mon incapacité à marquer des paniers dignes de ce nom, il a commencé à m'appeler « Kuroko-sans-panier », et le surnom a connu un tel succès qu'il m'est resté.
En fait, je ne suis pas totalement nul au basket. Disons que j'ai mon style. Un style inhabituel qui m'a finalement valu une place dans l'équipe du collège... Mes coéquipiers, Aomine-kun compris, sont encore aujourd'hui les personnes les plus farfelues que j'ai jamais rencontrées, en plus d'être bourrées de talent. Le plus normal était sans doute Kise-kun, mais son seul charme le rend incomparable au commun des mortels. Je les ai tout de suite aimés, parce qu'ils étaient tellement marquants, le genre de personne qu'on admire, qu'on déteste, auprès de qui on va chercher conseil ou bien qu'on fuit comme la peste. Et pourtant ils étaient jeunes, encore en devenir, mais déjà si passionnants simplement à côtoyer tous les jours. Le plus intriguant pour moi, c'était de voir leur cohésion sur le terrain alors que tout les opposait dans leurs caractères respectifs. Le basket faisait le liant entre eux.
Nous nous sommes forgé notre propre légende, et notre équipe a fini par se faire connaître comme celle des « miracles ». J'avais plaisir à jouer dans leur ombre et à regarder leur talent s'épanouir de jour en jour. Je ne m'étais jamais autant amusé de ma vie. J'étais heureux, tout simplement.
La suite, vous la connaissez…
À Seirin, plus personne ne m'appelait « Kuroko-sans-panier », et je dois dire que ça me manquait un peu. Mais c'est aussi là-bas que j'ai rencontré mon deuxième meilleur ami, et que j'ai hérité de mon deuxième surnom. Quand Kagami-kun a compris ce que je cherchais à faire pour mes anciens coéquipiers, il s'est adouci vis-à-vis de moi, tout en se montrant deux fois plus féroce sur le terrain. Et grâce à lui, j'ai vaincu un à un ceux qui m'avaient tout appris et que j'avais tant admiré.
Mais tout ça, c'était déjà il y a longtemps. De cette époque me sont restés, entre autres choses, mes deux meilleurs amis, et mes deux surnoms. Si vous avez compris pourquoi j'ai hérité du premier, je devrais peut-être vous raconter comment je suis devenu « Kuroko-pas-de-basket ».
« Tetsu, tu fais quoi ?! Tu rédiges tes mémoires ? »
Kuroko se retourne pour fixer Aomine d'un air inexpressif.
« J'écris une thèse sur la résistance au froid des plantigrades, explique-t-il posément.
— Ah ouais ? C'est quoi un blantigarde ?
— Un plantigrade, corrige Kuroko. Un ours, par exemple.
— Écris plutôt sur les félins, c'est plus stylé !
— Aomine-kun. Je n'écris pas vraiment une thèse sur la résistance au froid des plantigrades.
— Pourquoi ? demande Aomine d'un ton perplexe.
— Pourquoi quoi ?
— Bah pourquoi t'écris pas de thèse !
— Et pourquoi je le ferais ? »
Aomine ouvre la bouche pour répliquer et soudain son regard se vide comme il le fait quand il s'aperçoit que ce qu'il raconte n'a aucun sens.
« Ah ouais, c'est vrai. T'as déjà un métier, pas besoin de faire une thèse. N'empêche, une thèse sur les félins, ça serait stylé.
— Tu n'as qu'à en écrire une, alors. Mais note bien que les félins, eux, sont des digitigrades.
— Dichitigardes ?
— Digitigrades.
— Hm… Ah ouais, je vois ! Stylé !
— Tu voulais quelque chose, Aomine-kun ?
— Eh ben… Tu sais que Kagami rentre après-demain des États-Unis…
— Oui, je sais.
— On va faire une fête pour son retour, non ?
— Si tu veux. Et vu qu'il va loger chez nous pendant quelques temps, il faudrait l'accueillir comme il se doit.
— Génial ! Alors, il faut… »
Aomine s'interrompt et se gratte la tête, visiblement perdu.
« Faire des courses ? suggère Kuroko.
— Ouais, les courses ! Et quoi d'autre…
— Le ménage ?
— Ouais ! Enfin… Tu peux le faire, non ?
— Aomine-kun. Quelle était la première règle de notre contrat de colocation ? »
Aomine le fusille du regard, mais finit par céder et marmonne :
— Cinquante-cinquante pour toutes les tâches courantes.
— Exact. Et on pourrait lui acheter un cadeau.
— Un quoi ?! Comment ça ?!
— Un cadeau de bienvenue.
— C'est pas à lui d'en acheter un puisqu'il va squatter ?!
— Il va sûrement en apporter un, mais on veut lui montrer qu'on est heureux de son retour, non ?
— Heureux ? Eh ben… O-Ouais, je s-suppose…
— Tu recommences à bégayer quand on évoque Kagami-kun. Ta kagamite est de retour.
— J'ai pas de kagamite !
— Si tu le dis, Aomine-kun. »
Aomine marmonne de plus belle et tourne les talons.
« Tu vas faire les courses ? » lui demande Kuroko, qui choisit d'interpréter le grommellement de réponse d'Aomine comme un « oui ».
Puis, il reporte son attention sur le curseur clignotant sur son traitement de texte, en attente de la suite de son récit. Il réfléchit quelques instants, puis se remet à taper sur son clavier et modifie le dernier paragraphe.
Mais tout ça, c'était déjà il y a longtemps. De cette époque me sont restés, entre autres choses, mes deux meilleurs amis, et mes deux surnoms. Je vous raconterai un jour comment j'ai hérité du deuxième, « Kuroko-pas-de-basket », mais pour l'heure, il faut que je vous reparle de mes deux meilleurs amis.
Après que tout le monde se soit réconcilié, la fin de l'année est arrivée vite. Et Kagami-kun devait repartir aux États-Unis. Ça nous a tous serré le cœur de le voir partir, mais nous étions déterminés à poursuivre nos rêves, et nous savions qu'il en ferait de même, de l'autre côté de l'océan. Et qu'on se reverrait tôt ou tard. Mais je crois qu'il a manqué à Aomine-kun plus qu'à n'importe qui d'autre. Cette année-là, Aomine-kun a pris un petit boulot, puis un billet pour les États-Unis. Il y est resté pendant les vacances d'été, et il a fait pareil tous les ans, depuis maintenant dix ans. L'année dernière, quand Aomine-kun est rentré, il était un peu différent. Il ne m'a jamais raconté ce qui s'était passé, mais j'ai ma petite idée. Cela étant dit, pour le bien de ces mémoires, il me faut toute l'histoire, et je suis déterminé à l'avoir. Toujours est-il que c'est depuis cet été-là que la kagamite s'est déclarée, avec pour principaux symptômes des bégaiements intempestifs dès que le sujet « Kagami » entre dans la conversation. C'est plutôt drôle. Et j'ai comme le pressentiment que les symptômes vont s'aggraver avec le retour de Kagami-kun.
« Tetsu !
— Oui, Aomine-kun ?
— On mange quoi pour la fête ? Faut prévoir large avec B-Bakagami dans le coin. »
Il n'arrive même plus à l'insulter correctement.
« Mais qu'est-ce que t'écris, là ?!
— Tu devrais demander à Mura-kun de t'aider, réplique tranquillement Kuroko en refermant son ordinateur portable.
— Ah, pas bête ! Qu'est-ce que je ferais sans toi, Tetsu ?!
— Kagami-kun mourrait de faim.
— P-parle pas de ça ! Il fait p-peur quand il a faim.
— Tout ira bien, Aomine-kun.
— O-Ouais. Ouais, bien sûr. Allez, tchô !
— Au revoir, Aomine-kun. »
Kuroko attend que son ami ait quitté la pièce pour laisser un sourire satisfait se dessiner sur ses lèvres. La suite sera certainement intéressante. Un jappement attire son attention sur Nigou qui le contemple en battant l'air de sa queue.
« Tu frétilles autant qu'Aomine-kun à l'idée de revoir Kagami-kun. Malheureusement, je ne suis pas certain que Kagami-kun soit aussi impatient de te retrouver. »
Mais Nigou n'en a cure. De même que son maître, faire peur à Kagami est l'un de ses passe-temps favoris.
