Hello !

J'ai un peu hésité entre poursuivre ce chapitre ou l'envoyer comme tel, mais écrire la suite de la soirée risque de me prendre du temps, du coup j'envoie déjà ça :) Bonne lecture !

Shadow : Merci pour ta review ! Oui en plus commis de cuisine de Kaga ça doit pas rigoler tous les jours à mon avis :D Plus d'infos sur cette histoire de bouffe dans ce chapitre :D

Ju : Merci ! Le duo d'enquêteurs poursuit son investigation dans ce chapitre !


Avec tous ses cadeaux dans les bras, Kagami a l'air d'un sapin de Noël qui n'aurait qu'un désir : retourner se planter dans sa forêt loin de toutes ces sottises. Il faut dire que tout le monde est arrivé à l'appartement en même temps, et que chacun y est allé de son offrande pour le tigre rentrant au pays.

Akashi, toujours impérial, est arrivé en premier, remettant au tigre une bouteille de whisky japonais hors de prix (« À savourer comme il le mérite. »). Midorima a suivi, déposant dans son autre main un colifichet de bonne fortune acheté au temple (« Puissent les dieux veiller sur toi. »). Puis, Kise lui a plaqué sur la poitrine une nouvelle chemise (« T'as un bon style, mais y a de la marge de progression. »), avant que Murasakibara ne le gratifie d'un paquet géant de mochis (« Bon appétit, Kagamicchi. »). Ça a été ensuite le tour de Momoi, qui lui a offert un joli cactus (« Pour te rappeler la Californie ! »), puis de Himuro avec un ballon de basket dédicacé par une star locale (« Il faudra qu'on aille revoir des matchs ensemble ! »). Directement derrière est arrivé Hyuuga, avec une figurine de samuraï (« Elle est collector, fais gaffe ! »), Izuki avec un recueil de jeux de mots (« Ça t'aidera à retravailler ton japonais ! »), Takao avec un jeu vidéo (« À faire en coop, c'est plus marrant ! »), Kasamatsu avec un ensemble de couteaux pour son nouveau resto (« Donne-toi à fond pour ton rêve. »).

Kuroko observe avec amusement son ami tituber sous le poids des offrandes, tout en essayant de ne pas se piquer au cactus. En plus, personne ne l'aide, les dix invités étant trop occupés à se trouver une place dans le salon, à commencer à piocher dans les apéros ou à se servir en bière. Kagami se débrouille donc pour rejoindre sa chambre et y déposer ses cadeaux qu'il va malheureusement devoir se résoudre à ranger plus tard. En revenant, il a une expression un peu perdue, et Kuroko devine qu'il est ému par ces attentions, et surtout qu'il ne s'y attendait pas. Ça lui fait plaisir pour lui, il sent que sa lumière a besoin de soutien, et savoir qu'il a encore des amis ici, heureux de le revoir, ça veut dire beaucoup pour lui.

Après la confusion initiale, chacun a trouvé sa place, son casse-croûte, sa boisson, et des conversations animées s'engagent d'un bout à l'autre du salon. Kagami n'a même presque eu rien à faire, Aomine et Kuroko avaient prévu la majeure partie de la nourriture en amont, soit en cuisinant eux-mêmes, soit en commandant chez le traiteur. I boire et à manger en abondance, et tout ce qu'ils ont à faire, c'est se poser pour profiter de la soirée. Kuroko observe Aomine qui écoute d'une oreille Kise qui lui parle avec animation, le regard fixé sur Kagami qui est engagé dans une conversation avec Himuro. Il essaie de lire dans les yeux de la panthère, mais celle-ci lui semble plus pensive qu'autre chose. Kagami, lui, sollicité par tous ses amis venus fêter son retour, semble heureux, même si toujours un peu emprunté, le tigre n'étant pas des plus à l'aise en société. Il a toujours mieux communiqué avec son basket ou avec sa cuisine qu'avec des mots. Quand il l'a rencontré, Kuroko l'a même trouvé limite rustre. C'est vrai que ses difficultés en japonais n'aidaient pas. Mais il s'était vite attaché à ce grand dadais bourru qui cachait une grande générosité sous ses airs de tigre mal léché.

Un peu plus tard, alors que Kise se trouve devant le frigo pour se ravitailler en boisson, il surgit dans son champ de vision et demande à voix basse :

« As-tu obtenu de nouvelles informations ? »

Kise pousse un soupir exagéré :

« Non, Minecchi n'écoute rien à ce que je lui raconte.

— Ce n'est pas le cas d'habitude ? s'informe poliment Kuroko.

— Hein ?! Mais nan ! rétorque Kise, scandalisé, avant de nuancer. Hm… Enfin… Ça lui arrive d'écouter, quoi ! »

Kuroko continue de l'observer placidement, et le blond, comprenant qu'il se fiche de lui, éclate de rire.

« T'es vraiment trop méchant, Kurocchi. Enfin bref. Je vais tenter ma chance avec Kagacchi, tu n'as qu'à aller voir si tu fais mieux que moi avec Minecchi.

— Bonne idée », approuve Kuroko, qui s'approche de la panthère.

Il l'observe un moment sans se faire remarquer, puis demande de but-en-blanc :

« Qu'est-ce que vous avez fait pour la bouffe, Kagami-kun et toi ? »

Évidemment, la panthère ne manque pas de bondir à son apparition intempestive, mais la crainte dans ses yeux trahit davantage que la surprise : il a tout de suite compris de quoi parlait Kuroko. Et visiblement, il se demande si son secret a été éventé.

« Rien du tout, répond-il d'un ton méfiant, un peu trop vite.

— Tu as pourtant l'air de savoir de quoi je parle.

— Y a pas de quoi en faire un plat, c'est tout.

— Alors tu n'as aucune raison de ne pas me le dire, hm ? »

Aomine essaie de l'assassiner du regard, mais il ne se laisse pas émouvoir et continue tranquillement à siroter sa bière sans détourner son attention de la panthère. Laquelle finit par pousser un gros soupir :

« On était partis faire une randonné et on a trouvé ce super hôtel-spa en montagnes. »

Comme il marque une longue pause, Kuroko l'encourage :

« Intéressant. Continue. »

Pendant ce temps, de l'autre côté de la pièce…

« Dis-moi Kagacchi, je me demandais si tu pouvais m'aider un truc bizarre que Minecchi a dit l'autre jour.

— Je crois pas avoir un meilleur décodeur que toi.

— Peut-être pas, mais comme c'est un truc qui vous concerne tous les deux, je me suis dit que tu saurais peut-être m'éclairer ! »

Malgré le sourire éclatant du blond, le tigre semble méfiant, guettant un coup fourré. Il fixe Kise, sourcils froncés, attendant que celui-ci crache le morceau.

« Voilà, l'autre jour, je questionnais Minecchi à propos de vos dernières vacances. Juste pour satisfaire ma curiosité naturelle. Bon, il était tard et on avait pas mal bu, mais j'avais l'impression que mes questions le mettaient mal à l'aise. J'ai insisté un peu et je te jure, c'était comme s'il essayait de me cacher quelque chose ! Et puis soudain, sans que je lui ai rien demandé, il a dit 'On l'a juste fait pour la bouffe'. Ça te dit quelque chose ? »

Kagami fronce davantage les sourcils, une lueur inquiétante dans le regard. Mais ça n'impressionne pas Kise, de qui sa fréquentation des fauves date d'avant même la puberté. Avec le temps, il a composé son petit manuel de survie en terres sauvages. Extrait de ses notes mentales : Première astuce : ça vous étonnera peut-être, mais la douceur est un très bon moyen d'amadouer un fauve, du moment qu'on ne lui laisse voir aucune faille. Si le fauve sait que vous avez peur, il attendra que vous ayez le dos tourné pour vous bouffer. Donc ça aussi, c'est important : gardez toujours un fauve dans votre ligne de mire ! Et c'est ce que Kise fait, ne lâchant pas le tigre du regard. Ce dernier finit par grogner :

« Il a dit autre chose ?

— Non, rien de plus, d'où ma perplexité ! Tu admettras que c'est quand même un peu intrigant ! Allez pleaaaase Kagacchi, dis-moi ! Ça fait des mois que ça me turlupine ! Et puis, si vous vous obstinez à rien dire, ça va finir par sembler louche ! Comme je ne savais pas trop quoi en penser, je n'en ai parlé à personne, mais…

— Ça va, ça va ! râle le tigre. Inutile d'alerter la terre entière. Je sais ce qu'il a voulu dire, ouais. Je vais te raconter. C'est à cause de ce stupide hôtel… »

Kise s'est inconsciemment rapproché, les oreilles grandes ouvertes pour cette histoire qui s'annonce passionnante.

Un quart d'heure plus tard…

Kuroko a repéré Kise qui lui adressait un signe discret, et les conspirateurs se retrouvent à leur QG improvisé devant le frigo.

« Ils nous cachent quelque chose », déclarent-ils tous les deux en même temps.

Kise rigole :

« Je vois qu'on a tiré les mêmes conclusions, docteur Watson.

— Tu te vois donc dans le rôle de Sherlock Holmes ?

— Qui d'autre ? C'est lui le beau gosse qui a la classe !

— Je me sens subtilement insulté.

— C'est pour me venger de ta méchanceté.

— Admettons, monsieur Holmes, fait Kuroko en haussant un sourcil. Voici les faits tels qu'ils m'ont été présentés par Aomine-kun : lors d'une randonnée, les suspects ont décidé de passer la soirée dans un hôtel-spa qui se trouvait sur leur chemin. La réception les a informés qu'une offre de séjour spécial couple était disponible, incluant les avantages suivants : les clés de la suite « week-end en amoureux », un soin en couple au spa, et bien sûr, le menu « Nuit étoilée », lequel constitue selon le premier suspect l'unique raison pour laquelle leur choix s'est porté sur cette formule. »

Kise le fixe en clignant des yeux, épaté :

« Wahou, docteur Watson, quel sens de la synthèse ! Tout est clair, net et précis !

— Il faut bien que l'un de nous deux se charge des basses œuvres, monsieur Holmes. Cependant, si cela n'est pas trop en dessous de votre « classe de beau gosse », daignerez-vous me faire également votre rapport, concernant notre deuxième suspect ? »

Kise éclate de rire à ce discours :

« OK, docteur Watson ! En substance, Kagacchi m'a dit la même chose. Vu qu'ils avaient payé la formule ils ont pas râlé pour la chambre et ils ont quand même profité du spa. Et apparemment, le dîner était au top. Mais…

— Je ne pense pas que l'histoire s'arrête là, complète Kuroko. Pourquoi en faire autant de mystères ?

— Je suis du même avis ! OK, c'est un peu embarrassant. Mais dire que j'ai fait boire Minecchi et que j'ai insisté et que tout ce que j'ai obtenu, c'est une phrase énigmatique ! Tu crois que… »

Kise se penche et murmure plus bas : « Ils auraient fini par se prendre au jeu ? Qu'ils se seraient laissés influencer par toute cette atmosphère romantique ?

— C'est bien là le mystère que nous devons résoudre. »

Ils se mettent d'accord pour continuer l'enquête et échanger leurs informations, et, chacun avec de drôles d'hypothèses en tête, ils reviennent se mêler aux invités. Avec un peu de chance, peut-être que le reste de la soirée leur en apprendra davantage… C'est donc d'autant plus attentif que Kuroko revient s'assoir avec ses amis. C'est le moment de la soirée où les inhibitions commencent à tomber et les langues à se délier… Le meilleur moment, d'après lui !