Hello !

Navrée ça a mis un peu de temps à arriver, mais tous mes clients ont décidé de me donner du taf en même temps, et j'ai été tellement absorbée à traduire des histoires de pirates, de basketteurs ou de tueurs en série que certains jours ont juste disparu dans un vortex (je laisse deviner les geeks parmi vous de quels jeux il s'agit ^^).

Merci pour vos reviews et vos encouragements, j'espère que ce chapitre vous plaira :)

Enjoy !

Ju : Un truc olé-olé ? Moi ?! J'oserais jamais, enfin :D Bonne lecture pour ce nouveau chapitre !

Shadow : Ouiii je sais désolée :D Et en plus tu as dû attendre longtemps. Mais que veux-tu, être lecteur demande beaucoup de patience :D J'espère que tu aimeras la suite )


« Tu crois que c'est possible de recréer des dinosaures comme dans Jurassic Park ? Hein ? Imagine ! Si c'est possible, sûr que Seijuro aurait le fric pour ça. »

Sur ce, Aomine se lance dans une imitation approximative d'Akashi prononçant la célèbre réplique « J'ai dépensé sans compter » devant un Midorima dubitatif.

« Si c'était possible, tu ne crois pas que quelqu'un l'aurait déjà fait ? s'enquiert Midorima.

— Peut-être que Seijuro a des labos secrets, s'entête Aomine. Peut-être qu'il nous fera la surprise et on sera des VIP pour visiter le parc !

— Tu ne te souviens pas de ce qui arrive aux « VIP » dans le film ?

— Bah, la plupart survivent, marmonne Aomine en haussant les épaules. Ça vaut le coup de tenter sa chance tu trouves pas ?

— Mais je ne crois pas qu'Akashi possède un laboratoire secret, objecte Midorima.

— Qu'est-ce que t'en sais ?!

— Eh bien, je n'en sais rien, mais…

— Tu vois ! Tu peux pas affirmer des choses que tu sais pas ! C'est pas très scientifique, ça ! »

Midorima soupire. Aomine est déjà difficile d'habitude, mais quand il a bu, on ne l'arrête plus. Ce qui d'ailleurs déplaît beaucoup à Kise : si la panthère passe sa soirée à parler dinosaures, comment fera-t-il pour en savoir plus sur les révélations faites plus tôt dans la soirée ?! Cela fait une heure qu'il s'obstine à créer un rapprochement entre les deux fauves, mais voilà que ces derniers semblent s'éviter ! C'est à n'y rien comprendre ! Et puis lui aussi commence à avoir un coup dans le nez, et il semble que ça émousse un peu ses capacités de détective. Reprends-toi, Sherlock ! Ce n'est pas un fauve têtu qui va t'arrêter ! Ça t'a jamais arrêté avant ! Les fauves, c'est ton rayon ! T'aurais pu écrire une THÈSE là-dessus ! Fort de ce petit discours motivationnel, il s'approche de Kagami qui rêvasse les yeux dans le vide.

« Hey, Kagacchi ! Tu fais la tête à Minecchi ?

— Hein ? Quoi ?! Pourquoi ? Nan ! »

Kise hausse les épaules :

« Vous vous parlez à peine ! C'est sûr que y a beaucoup de monde mais quand même… Vous êtes super potes, non ?

— Hm… Euh… Ouais, j'imagine qu'on peut dire ça.

— Ben c'est pas MOI qui passe tous mes étés aux USA ! »

Il y avait sans doute une pointe de jalousie dans sa voix, puisque Kagami prend soudain un air désolé :

« Tu aurais aimé ? Je… »

Kise rigole :

« Mais non. Enfin ça m'aurait pas déplu, mais j'ai bien vu que c'était un truc un peu spécial pour vous ! Un genre de tradition ! »

Kagami semble se détendre un peu, et sourit :

« Ouais, c'est vrai.

— Il était très triste quand tu es reparti aux USA, tu sais », déclare Kise avec sérieux.

Kagami pose un regard surpris sur lui et répète :

« Très triste ?

— Ben ouais ! Il a pas voulu le montrer, mais il perdait son meilleur partenaire de basket, et un ami proche. Tu sais comment il est, il aime pas montrer ses émotions, mais il a un grand cœur. Un peu comme toi. Je dirais même qu'il est carrément sensible !

— Hey ! Je suis pas « sensible » !

— Tu vois ?! C'est exactement ce qu'il aurait dit !

— Hmpf… » Kagami se frotte le crâne, et reprend : « J'étais triste aussi. Mais quand même… un peu content. Content de vous avoir tous rencontrés.

— Rooooh merci Kagacchi. Et apparemment on t'a assez manqué pour que tu décides de revenir !

— Il y avait d'autres facteurs dans la balance, mais… Ouais, ça faisait partie de mes raisons.

— D'autres facteurs, hein ? Comme quoi ?

— Du genre qui transportent le courrier ? »

Kise et Kagami lancent un regard incrédule à l'auteur de cette déclaration, qui n'est autre qu'Aomine en personne.

« Bah me regardez pas comme ça ! s'offusque la panthère. J'ai pas suivi, c'est tout !

— Kagacchi parlait des raisons de son retour, explique Kise.

— Ouais, euh… »

Kagami laisse sa phrase en suspens, visiblement confus par cette interruption.

« C'est parce que la bouffe est meilleure au Japon, affirme Aomine.

— La bouffe… Pas nécessairement. Mais la culture culinaire est plus intéressante.

— Ah ouais ? Pourquoi ?

— Aux USA, ils jurent que par les barbecues et les protéines animales à tous les repas… Ils conçoivent même pas qu'on puisse manger végétarien… Je trouve que ça limite la créativité. »

Aomine observe Kagami bouche bée par ce discours, comme s'il n'avait jamais rien entendu d'aussi intelligent et pertinent. Kise rigole en les regardant.

« Content que tu apprécies notre patrimoine culinaire, dit-il. Même si je sais que tu restes un fan de burgers.

— Ouais mais à cuisiner, c'est pas le plus passionnant…

— Comment ça peut être passionnant de cuisiner un truc ? veut savoir Aomine.

— Ce qui est passionnant, c'est d'imaginer les possibilités. Créer un plat dans sa tête, et avoir le plaisir et la satisfaction de le réaliser, de donner corps à son idée.

— Hm… Ah ouais je vois… approuve Aomine d'un air concentré. Un peu comme sur un terrain de basket, quand tu vois comment bouger et que t'arrives à le faire, et que ça débouche sur un beau dunk des familles.

— Ouais. C'est comparable. »

Sur la comparaison, Kise commence à être largué, mais les deux fauves hochent la tête d'un air inspiré – visiblement, eux voient tout à fait le rapport. Il se tient un peu en retrait, se disant qu'il a enfin une opportunité d'observer les deux amis au contact, et voir ce qu'il en ressort. S'il les laisse discuter, il pourra probablement miner des informations…

…Ou pas. Les deux fauves retombent dans un silence pensif, un rien gêné. C'est étonnant de les voir comme ça. La qualité de leurs échanges est subtilement différente de ce dont Kise a pu déjà être témoin. Comme si une barrière invisible se dressait entre eux. Et il est presque sûr que cette barrière, c'est ce qui s'est produit à ce fameux hôtel-spa, avec la formule couple. Il se mord le coin de la lèvre, il enrage, maintenant. C'est tellement frustrant ! Si seulement il pouvait remonter le temps et devenir une petite souris pour observer ce qui s'est passé ce soir-là ! Il relève les yeux pour chercher son allié détective… et a la surprise de le trouver juste à côté de lui !

Kuroko a tout entendu de la conversation, s'approchant discrètement comme à son habitude. C'est très intéressant de voir les fauves interagir. Et comme Kise, il pense que ces silences embarrassés sont remplis de souvenirs d'une soirée couple improvisée. Mais comment obtenir les informations qu'ils convoitent ? Il faut se montrer subtil. Il regarde tour à tour les deux fauves et demande :

« Maintenant que vous habitez au même endroit, vous allez continuer votre tradition des vacances aux USA, ou alors vous allez inventer de nouveaux rituels ? »

Kagami lâche un petit rire, se frottant la nuque d'un air embarrassé.

« Je sais pas trop encore. Je me suis dit que je pourrais profiter d'être revenu pour explorer un peu le Japon, chose que j'ai… eh ben, jamais faite.

— Bonne idée ! s'enthousiasme Kise. D'autant qu'ici, on a mieux que des spa : les onsen, ça bat n'importe quel spa. »

Kuroko fronce imperceptiblement les sourcils en regardant le blond de son air mi-placide, mi-accusateur. Kise comprend le message : trop direct ! Mais les deux amis n'en profitent pas moins pour observer la réaction des fauves.

Kagami rougit. Peut-être parce qu'il se souvient de sa première et unique expérience à l'onsen, quand il était au lycée et ne comprenait guère les us et coutumes particuliers d'un tel endroit. Ou bien parce qu'il s'imagine nu en présence de la panthère. Au choix.

Aomine a les yeux qui brillent. Peut-être parce qu'il approuve totalement la remarque de Kise, et que finalement, les spa c'est pas terrible. Ou bien parce qu'il imagine le tigre nu dans un bassin d'eau chaude. Au choix.

Kuroko et Kise échangent un regard dépité : jamais ils n'auraient cru que ce serait si difficile de décrypter les félins. Kuroko reprend :

« Il y a beaucoup de belles balades à faire. Et puis Aomine-kun pourrait t'emmener sur son bateau, aussi.

— C'est pas mon bateau, grogne l'intéressé.

— Mais le patron est rarement là et tes camarades d'équipage sont du genre accommodants, non ? »

Aomine hausse les épaules, une moue sur les lèvres pouvant signifier qu'il n'a pas du tout envie que ses collègues soient là pour gâcher une balade romantique, ou alors que non, vraiment c'est trop d'emmener Kagami en mer, qui est son domaine à lui et rien qu'à lui.

Kagami, lui, s'illumine à cette suggestion. Peut-être parce qu'il adore la mer. Ou qu'il adore Aomine.

Mince, c'est frustrant à la fin !

Soudain, une illumination frappe Kuroko : peut-être que les fauves sont tout aussi confus et ne savent pas non plus trancher entre ces possibilités. Peut-être que, quoi qu'il se soit passé dans cet hôtel en montagne, cela a ouvert des portes et semé des possibles, mais aussi la confusion et l'incertitude. Après tout, c'est compréhensible : ça vous est déjà arrivé de tomber amoureux d'un ou une amie ? C'est là qu'on commence à se dire que les relations humaines, c'est beaucoup trop compliqué. Du moins, c'est l'avis de Kuroko, même s'il ne se considère pas comme un expert en la matière. Il a surtout beaucoup observé, et il faut dire qu'on se confie facilement à lui.

Quant à Kise, tout cette ambiguïté le captive. Si jamais ces deux-là sont faits pour être ensemble, alors il se le jure, il fera tout pour les aider à atteindre cet objectif. Parce que l'amour est un but aussi noble que la victoire sur un terrain de basket. Peu importe que la relation soit conventionnelle ou non parce que l'amour, quelle que soit sa forme, n'est jamais conventionnel, mais toujours profondément intime et pur. Il n'est pas vraiment non plus un expert sur la question, mais c'est ce qu'on lui a expliqué quand il devait se coller à la tâche ingrate de larguer quelqu'un. Chose qui est arrivée, dirons-le pudiquement, « un certain nombre de fois ».

Kise et Kuroko décident finalement de s'éloigner un peu, tout en gardant un œil sur les protagonistes de leur enquête. Et en tendant l'oreille, ils s'aperçoivent que… Aomine est reparti à parler de dinosaures. Double facepalm pour les détectives, qui sentent que la planque de ce soir tire à sa fin. Ils laissent tomber la surveillance et profitent de leurs amis et de la soirée, se disant que tout vient à point à qui sait attendre.

Des heures plus tard, Kuroko se retrouve dans son lit sans vraiment avoir le souvenir d'être allé se coucher. Il entend encore des voix dans le salon, qui a dû se transformer en campement de fortune le temps d'une nuit. Heureusement, personne n'est venu squatter dans sa chambre, il aime avoir sa tranquillité pour dormir, d'autant qu'il a le sommeil léger et que… Mais quelle est cette masse chaude occupant tout une moitié de lit ?! Prudemment, Kuroko palpe la silhouette.

« Hm… Bonne nuit Watson… »

Il lève les yeux au ciel. Essaie de pousser Kise. Mais impossible de dégager son collègue qui semble être devenu aussi lourd qu'une enclume, et qui proteste vaguement à base de « fais pas ça Kurocchi… sommeil… demain enquête… » Puis, le blond redresse la tête et marmonne : « Mais faut être vigilants, hein ! On est à côté de la chambre de Minecchi. P'têtre qu'on peut entendre des trucs… intéressants… » Kise finit sa phrase dans l'oreiller. Et Kuroko décide de renoncer. Lui aussi se sent lourd comme une enclume. Demain sera un autre jour, et il est trop fatigué pour que la présence inopinée de Kise dérange réellement son sommeil. D'ailleurs, il a à peine le temps de formuler cette pensée qu'il dort déjà.