Hello,
Bienvenue dans ce nouveau chapitre ! En espérant qu'il vous plaise ;)
Enjoy !
Ju : Intéressante métaphore culinaire :D J'espère que tu aimeras la suite de l'enquête ;)
Shadow : Merci beaucoup ! J'essaie effectivement de ne pas me précipiter et d'y aller à mon rythme pour raconter vraiment l'histoire que j'ai envie de raconter. En principe, si je m'amuse, vous aussi ! Bonne lecture pour la suite :)
Kuroko se réveille la tête lourde. Il a sans doute bu quelques verres de trop la veille. Il s'étire, mais son geste est empêché par une masse qu'il reconnaît aussitôt, puisque c'est la même qui s'y trouvait déjà quand il est allé se coucher. Il fronce les sourcils. La soirée a été belle, mais il a définitivement horreur d'avoir quelqu'un dans son lit. Puis, il se rappelle qu'il y a pire : l'appartement doit être envahi de dormeurs assommés par la fatigue et l'alcool. Il soupire et rejette la couverture, se préparant à aller inspecter l'étendue des dégâts.
Tout est encore silencieux alors qu'il traverse le couloir en direction du salon. Les rideaux ont été tirés à la hâte, et un rayon de soleil tranche la pénombre, illuminant sur son chemin le canapé où repose un géant sereinement endormi. Murasakibara ne bronche pas tandis qu'il traverse la pièce, où il doit prudemment enjamber un Takao allongé à même le sol. Il poursuit sa route dans la salle de bain, où il découvre Hyuuga fourré sous une couverture, dans la baignoire. Sachant que Kise a dormi avec lui, il lui reste six dormeurs à trouver. Sans un bruit, il revient sur ses pas et ouvre la porte de la chambre d'Aomine. Il trouve Momoi étalée dans son lit, mais… Seule. Il hausse un sourcil, referme la porte, puis se dirige vers celle de Kagami. Ce dernier est bien dans son lit, et à ses côtés… Aomine. Et personne d'autre. Alors à moins que quelqu'un se soit endormi dans un placard, il suppose que le reste des invités d'hier, Midorima, Akashi, Kasamatsu, Himuro et Izuki sont rentrés chez eux. Il ne devait vraiment pas être clair hier soir, puisqu'il ne se souvient pas avoir vu quiconque se coucher ou partir. Il hausse les épaules, il y a plus intrigant ce matin : la présence d'Aomine dans le lit de Kagami, évidemment. Il sait que la panthère a déjà dormi avec sa meilleure amie, alors sa présence en soi n'aurait pas dû l'obliger à aller dormir ailleurs. C'est un élément capital pour l'enquête, et il décide d'aller en faire part immédiatement à son collègue. Du moins, après avoir fait du café, ils en ont bien besoin ce matin. Ni le bruit de la cafetière ni l'arôme qui s'en échappe ne semblent troubler le sommeil et de Takao et de Murasakibara, et Kuroko rejoint sa chambre alors que l'appartement est toujours plongé dans un grand calme.
Il pose les tasses sur la table de nuit et ouvre les rideaux, provoquant aussitôt un grognement désapprobateur du blond.
« Debout, Sherlock, on a du nouveau », annonce-t-il en regagnant le lit.
Il s'installe confortablement contre les oreillers et boit quelques gorgées de café silencieusement, tandis que Kise se redresse en bâillant. Il lui tend une tasse et Kise la prend en marmonnant un remerciement.
« Je ne crois pas t'avoir invité à dormir dans mon lit, remarque Kuroko.
— J'allais quand même pas dormir avec Kagami ou Aomine, ça aurait pu mettre l'enquête en péril, proteste le blond. Et hors de question que je dorme n'importe où. Le sommeil, c'est important.
— Certes, acquiesce Kuroko. Et je ne peux que t'appuyer pour ce qui est de mettre l'enquête en péril.
— Ah bon ? Pourquoi ça ? veut savoir Kise, une lueur d'intérêt s'éveillant dans son regard fatigué.
— J'ai fait mon petit tour d'inspection en me levant, répond Kuroko. Et devine qui j'ai trouvé dans le lit de Kagami ? »
La bouche de Kise s'entrouvre sur un « O » de surprise. Puis, il s'illumine, comme si c'était la meilleure nouvelle qu'il allait recevoir aujourd'hui.
« C'est vrai ?! » Puis, il se penche vers lui d'un air de conspirateur et demande : « Et ils étaient habillés ?
— Oui. Rien ne semblait indiquer qu'il se soit passé quelque chose de louche.
— Tu es sûr ? Tu as bien regardé ?
— Qu'est-ce que tu voulais que je cherche ? Un préservatif usagé ? » demande Kuroko posément.
Kise rougit et détourne le regard.
« Peut-être pas quand même, mais…
— Tu n'as qu'à aller voir par toi-même. Je n'ai pas l'impression qu'ils soient près de se réveiller. »
Le blond paraît hésiter, mais de toute évidence sa curiosité a été piquée, et il a très envie d'aller voir même s'il n'est pas sûr d'oser. Il avale quelques gorgées de café, puis hoche la tête comme en réponse à une question muette. Et se lève d'un air déterminé, provoquant un léger hoquet de surprise chez Kuroko. Ça n'arrive pas souvent au fantôme d'exprimer si spontanément une émotion, voire c'est carrément exceptionnel, aussi, alarmé, Kise chercher aussitôt ce qui peut bien avoir causé cette réaction. Finalement, il baisse les yeux et rougit.
« Oh, merde… Désolé, l'habitude. Je m'étais pas rendu compte. »
Et Kuroko non plus. Ça ne lui était pas venu à l'idée que le blond ait pu passer la nuit entière, à quelques centimètres de lui, sans rien porter du tout. Alors oui, il l'a déjà vu nu, mais voir un ami dans son plus simple appareil sous la douche ou dans un onsen, ce n'est pas tout à fait comparable au fait de dormir avec ! Il retrouve cependant rapidement un visage placide, un peu honteux d'avoir laissé sa surprise se manifester d'une manière si flagrante.
« Tu devrais t'habiller maintenant, Kise-kun, fait-il remarquer.
— Oh euh… Ouais, évidemment. Désolé ! »
Le blond s'empresse donc de se rendre décent, et, un peu confus, quitte la chambre, laissant Kuroko retrouver un peu de calme pour déguster son café. Il traverse silencieusement le couloir et hésite devant la porte de Kagami, le cœur battant. Et s'il surprenait quelque chose qu'il ne devrait pas voir ? Tant pis, la curiosité est trop forte. Il pose la main sur la poignée et l'actionne tout doucement, puis entrouvre la porte centimètre par centimètre, ravi de ne pas se trouver dans une vieille maison où tout grince pour un oui ou pour un non. Dans la semi-pénombre, il repère aussitôt le lit, et y distingue deux silhouettes endormies. À première vue, difficile de savoir s'ils sont habillés ou non, alors il se faufile discrètement à l'intérieur pour mieux voir. Tout semble normal, à l'exception des deux fauves dans le même lit, paisiblement endormis. Et oui, constate-t-il un peu déçu, ils sont bien habillés. Ce qui est presque étonnant quand on y pense, car il sait qu'Aomine a la même habitude que lui de dormir nu, et on aurait pu imaginer que comme lui, la fatigue et l'alcool aidant, il aurait oublié que les circonstances ne se prêtaient pas à ce déballage nocturne. En réalité, le fait qu'Aomine y ait pensé est un peu suspect. Aomine ne pense jamais à ce genre de choses. Il trouve toujours que les autres « font des histoires pour pas grand-chose ». Curieux, donc, qu'il ait prêté attention à ce détail en s'invitant dans le lit de Kagami. Troublé par ces réflexions, Kise quitte la chambre aussi discrètement que possible et rejoint son binôme, se réinstallant dans son lit avant de lui faire part de ses conclusions.
Kuroko l'écoute en hochant la tête d'un air concentré.
« Tu as raison, c'est suspect. Et puis, Aomine-kun aurait pu dormir avec Momoi-chan, et il a préféré dormir avec Kagami-kun.
— Peut-être qu'il y a été invité, remarque Kise.
— Ça me paraît peu probable, mais à ce stade de l'enquête, nous ne pouvons écarter aucune hypothèse. »
Les deux détectives sirotent leur café au lit, les sourcils froncés tandis qu'ils sont plongés dans de profondes réflexions. Il semble qu'un interrogatoire s'impose, mais quelle est la bonne méthode d'approche ? Faut-il éviter d'effaroucher les suspects, ou bien tenter de leur tirer les vers du nez ? C'est trop de questions pour un lendemain de soirée. Finalement, ils décident de se lever et d'aller acheter le petit-déjeuner pour leurs amis qui vont sans doute avoir un peu de mal à émerger.
À leur retour, la vie semble être revenue à l'appartement. Murasakibara est en train de fouiller la cuisine à la recherche de quelque chose pour se substanter tandis que Takao, Hyuuga et Momoi discutent dans le salon autour d'un café. Leur arrivée, les bras chargés de victuailles, suscite l'enthousiasme général. Mais toujours pas de traces des fauves… Et c'est très inhabituel pour Kagami de traîner ainsi au lit. De plus en plus bizarre… Kuroko s'approche de Momoi et demande :
« Aomine-kun n'est toujours pas réveillé ?
— Je ne sais pas, répond la jeune femme. Je n'ai pas dormi avec lui. Je crois qu'il est allé dormir dans la chambre de Kagami-kun.
— Tu n'as pas voulu de lui ? C'est vrai qu'il prend toute la place.
— Et la couverture ! »
Elle rougit un peu.
« Je crois bien que je l'ai chassé… De son propre lit. Ce n'est pas très correct. »
Kise, qui bien entendu a dressé l'oreille, s'approche et rigole :
« Je crois que personne ne s'est comporté de façon 'très correcte'. Moi, je me suis invité dans le lit de Kurocchi sans autorisation, il n'était pas très content.
— D'autant que tu as dormi nu », remarque tranquillement le fantôme, ce qui provoque aussitôt la confusion du blond, qui bredouille :
« Euh oui, j'ai… oublié…
— De ne pas te déshabiller ? demande Momoi, amusée.
— Un truc comme ça…
— C'est encore moins correct que moi qui chasse Dai-chan de son lit, je me sens mieux. »
Kise rougit, et, penaud, se contente de distribuer le petit-déjeuner en essayant de ne plus se faire remarquer.
Vingt minutes plus tard, Kagami fait finalement son entrée, les cheveux ébouriffés et la mine fatiguée. Il lève la main en un salut général et commence aussitôt à se servir, visiblement affamé, sous le regard curieux de Kuroko et Kise. Mais le tigre ne se rend pas compte qu'il est observé, trop accaparé par sa nourriture. Kise s'agite un peu, le suspense est insoutenable. Il faut absolument qu'il lève le voile sur les mystères de la nuit, sinon, il va en perdre le sommeil ! Enfin, peut-être pas, mais tout de même ! Malgré lui, il jette des regards fréquents vers le couloir, se demandant quand est-ce qu'Aomine va émerger. Mais celui-ci n'est toujours pas levé quand les derniers invités prennent congé. Kise, qui commence à se sentir de trop, se lève à contrecœur pour partir. Kuroko le raccompagne jusqu'à la porte d'entrée et lui promet de poursuivre l'enquête en son absence, et de lui transmettre immédiatement toute nouvelle information. Un peu contrarié, Kise acquiesce et quitte finalement les lieux.
Kuroko referme la porte et s'appuie contre le battant. Il se passe souvent d'étranges choses pendant les soirées de ce genre. Une année, par exemple, Akashi a annoncé qu'il se retirait de la vie publique pour aller élever des chèvres dans le Kansai. Ce qu'il n'a finalement pas fait, mais il a tout de même acheté un élevage de chèvres, et se rend sur place plus souvent qu'il ne semble nécessaire. Une autre fois, Midorima a lu dans les lignes de la main de tous ceux qui voulurent bien se prêter à l'exercice, et il a assuré à Kise qu'une petite cuillère provoquerait un bouleversement dans son existence, sans vouloir préciser si ce bouleversement serait d'ordre positif ou négatif. Depuis, Kise considère toute petite cuillère avec la plus grande prudence. Il n'en utilise jamais pour remuer son café, de peur qu'elle cause un cataclysme. D'ailleurs, pour faire plus simple, il s'est mis au café noir.
Mais tout de même, Kuroko aimerait bien savoir pourquoi Aomine et Kagami ont fini dans le même lit. À sa connaissance, la seule autre fois où ça s'est produit, c'était dans ce fameux hôtel spa à la montagne. Il ne peut pas s'agir d'une coïncidence, son instinct de détective autoproclamé le lui assure. Non, il y a anguille sous roche, il en est certain. Il retourne dans le salon et considère d'un air suspicieux Aomine qui végète dans le canapé, l'air hagard, puis Kagami, qui s'affaire à ranger le bazar laissé par cette tumultueuse soirée. Et finalement, il décide de profiter qu'ils aient retrouvé un peu d'intimité pour interroger Aomine l'air de rien. Il prend place sur le canapé à ses côtés et demande d'un ton dégagé :
« Pourquoi tu n'as pas dormi avec Momoi-chan cette nuit ? »
Le brun fait la grimace.
« Elle a pas voulu de moi. »
Bien, déjà, leurs versions concordent.
« Et Kagami si ? poursuit Kuroko innocemment.
— Je lui ai pas trop demandé son avis », admet la panthère.
Kuroko soupire légèrement. Comme Kise-kun avec moi. Sans un mot de plus, il se lève et rejoint Kagami dans la cuisine.
« Tu as dû passer une mauvaise nuit », constate le fantôme.
Kagami sursaute et lui lance un coup d'œil rapide, dans lequel Kuroko remarque une lueur d'embarras… ou peut-être même de culpabilité ? Puis le tigre s'en retourne à sa vaisselle et marmonne :
« Nan, ça a été.
— Aomine-kun prend toute la place. Et la couverture. C'est pour ça que Momoi-chan l'a chassé, insiste-t-il.
— Ça a été », répond le tigre d'un air bourru.
Kuroko considère ces paroles pendant une bonne minute, puis poursuit d'un ton subtilement menaçant :
« Tu aurais pu héberger Himuro-kun, à la place. Le pauvre, il a dû rentrer au milieu de la nuit. »
Kagami se fige, l'éponge en l'air, un peu pâle, puis se remet à frotter sa vaisselle avec une fureur vengeresse.
Tiens, tiens… Aurais-je touché un point sensible ?
Kuroko choisit de ne pas insister. À la place, il s'éloigne et envoie un message à Himuro :
Moi – 11h59
Bonjour Himuro-kun. J'espère que tu es bien rentré. Je me suis un peu inquiété de ne pas te voir ce matin, j'aurais pensé que tu serais resté.
Himuro – 12h00
Tout va bien. Je suis parti dans la nuit. Il n'y avait plus vraiment d'endroit où dormir.
Moi – 12h00
Kagami-kun aurait pu te laisser dormir avec lui. Je le sermonnerai de ta part.
Himuro – 12h01
Non, non ! J'ai pris un taxi, c'était pas un problème. Laisse-le se reposer et profiter !
Kuroko fronce les sourcils, mais en même temps, il jubile. Himuro sait quelque chose. Il en est persuadé. Et ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne découvre la vérité.
