Hello,

Ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre, désolée il a un peu traîné, mais l'enquête reprend !

Merci pour vos petits mots d'encouragement, je suis contente que cette histoire vous plaise !

Enjoy :)


Je suis vraiment content que Kagami-kun soit rentré. Et pas seulement parce que c'est très amusant de mener l'enquête avec Kise-kun. Depuis qu'il est à la maison, je me sens plus serein. Bizarre, parce que Kagami-kun n'est pas vraiment du genre à irradier la sérénité, il a toujours la bougeotte. Mais je suppose qu'il me manquait. Et puis, il manquait aussi à Aomine-kun, et je pense que je percevais ça. Quand ils ne sont pas heureux tous les deux, c'est difficile pour moi. On pourrait en déduire qu'on est trop proches…. Mais ça m'est égal. L'amitié c'est comme l'amour, ça peut vous frapper sans prévenir et vous lier à vie. Et puis de toute façon, la vraie faiblesse, c'est de s'obstiner à prétendre pouvoir vivre avec soi pour seul horizon et seule finalité. On ne suffit jamais totalement à soi-même. Et c'est très bien ainsi, parce que ce sont les autres qui nous enrichissent. Je me retrouve souvent à raconter les histoires des autres, j'ai toujours été dans l'ombre, et pour autant, personne ne m'a oublié. Kagami-kun et Aomine-kun et tous les autres sont toujours restés des amis dévoués.

Aujourd'hui, les deux fauves sont restés à végéter devant la télévision, la soirée a eu raison de leur énergie. Moi, j'avais envie de prendre l'air. Je suis allé revoir le restaurant de Kagami-kun. J'ai essayé d'imaginer comment il sera dans quelques semaines, bruissant de vie, propre, lumineux. Je suis allé prendre un milkshake au Maji et je l'ai dégusté dans le parc en regardant les canards sur l'étang. La journée était très calme, comme si la ville reflétait mon état d'esprit. Il y avait du soleil, mais il ne faisait pas trop chaud, et un peu de brise. J'aime bien regarder la lumière jouer dans les feuillages et sur la surface de l'eau. Je me suis senti heureux. Ce n'était pas comme la joie, cette émotion fugitive, comme un flash lumineux ou une flambée qui réchauffe le cœur et s'accompagne d'euphorie. C'était plutôt un sentiment profond qui semblait clarifier toutes mes pensées, stabiliser mon être, rayonner doucement de l'intérieur de ma poitrine. Je n'ai pas souvent éprouvé ça, mais je veux que ça continue. Je ne dois pas avoir peur de ce qui pourrait arriver. Me laisser porter… Mais aussi consolider les fondations de ce bonheur.

Alors que je rêvassais, Kise-kun est arrivé et s'est posé à côté de moi. J'avais oublié que je lui avais proposé de me rejoindre ! Il faut croire que j'ai un peu la tête ailleurs, et je pense que ce n'est pas seulement la courte nuit qui en est responsable. Je lui ai raconté ce que m'avait dit Himuro. Et Kise-kun, qui semble avoir décidé de me surprendre depuis quelques temps, a déclaré :

« Laisse-moi faire. Je sais comment lui faire dire tout ce qu'il cache. »

J'ai voulu en savoir plus, évidemment, mais Kise-kun s'est contenté de me faire un clin d'œil en me disant de lui faire confiance.

Et après ça, je suis rentré. Quand je suis arrivé, Aomine-kun s'était endormi, avachi contre Kagami-kun. Celui-ci ne semblait pas spécialement dérangé, même s'il a un peu rougi quand je les ai surpris ainsi. Je n'ai rien dit. Je me demande si ça arrive souvent ce genre de scène quand ils sont seuls tous les deux. Mais maintenant que ce sont mes colocs, je ne tarderai sûrement pas à le découvrir.


Dès le lendemain, Kise met son plan à exécution. Il ne connaît pas Himuro très intimement, en revanche, le blond a toujours été très observateur. Il a donc remarqué que l'Américain le trouvait… appétissant. Sa façon de le regarder, en particulier, change selon les tenues qu'il porte. Et Kise en est certain : Himuro a un penchant pour son fessier. Il n'a jamais tenté aucune approche et Kise ne sait pas si son intérêt est purement esthétique ou un peu plus physique, en tout cas il ne croit pas que Himuro soit un amoureux transi. Juste… Un admirateur. Ce jour-là, Kise décide donc d'inviter l'Américain à une petite séance de shopping, avec une subtile dose de manipulation pour que sa proie ne se méfie pas.

Moi – 13h34

Hey ! Je crois que je te l'ai déjà dit, mais je kiffe ton style. J'ai besoin de changer un peu ma garde-robe pour cet été. Ça te dit de m'accompagner faire du shopping ? Deux paires d'yeux entraînés en valent mieux qu'une seule !

Himuro – 13h45

Hey. Je vais pas te mentir, je suis un peu surpris que tu me demandes ça, et je suis pas vraiment un adepte du shopping. Mais bon, pourquoi pas. J'ai besoin de fringues aussi, de toute façon.

Moi – 13h47

Nice ! T'inquiète on va pas y passer la journée. Faudra juste se montrer méthodiques et efficaces.

Himuro – 13h48

Méthodiques et efficaces. Ça me plaît. Deal.

Deux heures plus tard, le duo incongru fait son entrée au centre commercial où Kise a ses habitudes. Le blond guide le brun, qui, n'étant pas un adepte du shopping, se retrouve vite désorienté et sans la moindre idée de l'endroit par où commencer.

Dans la première boutique, ils font un tour rapide, Kise piochant quelques vêtements que son œil expert juge utiles pour remplir son objectif du jour. Il conseille aussi Himuro, cette fois sans arrière-pensée, c'est avec un plaisir authentique qu'il l'aide à choisir des tenues collant à son style qui comporte toujours une touche sophistiquée, sans pour autant que l'Américain se retrouve tiré à quatre épingles. Puis, ils disparaissent tous les deux dans les cabines d'essayage, avant d'en émerger quelques minutes plus tard avec leurs potentiels achats sur le dos. Kise a choisi un t-shirt blanc plutôt neutre, et un jean délavé à la coupe droite parfaitement ajusté. Il commence soft. Himuro quant à lui apparaît vêtu d'un perfecto à la coupe aussi élégante que rock'n'roll, et un jean gris clair.

« La classe ! » s'exclame Kise avec un enthousiasme authentique, avant de se tourner. « Hm dis-moi, il est bien ajusté ce jean ? Je déteste quand ça baille aux mauvais endroits, si tu vois ce que je veux dire. »

Il attend de produire son petit effet, puis jette un coup d'œil par-dessus son épaule pour vérifier son efficacité. Et à en juger par le regard fixe de Himuro, rivé à sa cible, c'est réussi.

« C'est pas trop moulant, j'espère ? ajoute-t-il même pour faire bonne mesure.

— Euh… Non. Non, c'est parfait.

— Génial ! »

Et sans plus attendre, Kise disparaît de nouveau dans la cabine d'essayage. Deuxième étape : un slim. Cette fois, il ne prend pas la peine de demander si c'est trop moulant. Rien n'est trop moulant quand on a cul comme le sien, et ce n'est pas Himuro qui dira le contraire, comme ses joues rougies et ses commentaires balbutiants le confirment. Satisfait, Kise passe ensuite au pantalon taille basse, très basse. En cuir. Avec un petit haut qui s'arrête juste en dessous du nombril. Mais comme Himuro commence visiblement à manquer d'air, il décide d'arrêter là les frais. Sa victime est mûre pour les aveux.

Alors après cette séance, il lui propose d'aller prendre un café. L'Américain acquiesce, l'air un peu ailleurs. Et une fois qu'ils sont bien installés sur une banquette confortable, Kise passe à l'attaque.

« C'était plutôt cool la fête pour le retour de Kagacchi, hein ? Tu dois être content qu'il revienne vivre ici.

— Oh, ouais, carrément. On a passé une bonne soirée.

— Ouais, j'ai même fini dans le lit de Kurocchi ! Il était pas très content ! » Il rigole, et ajoute d'un air taquin : « Dommage que tu sois parti au milieu de la nuit. Kagacchi aurait pu au moins te laisser dormir par terre, puisque Minecchi squattait déjà son lit ! »

Himuro se cache délibérément derrière une mèche sombre, maître de ses émotions. Kise l'observe quelques instants et reprend :

« D'ailleurs, quelque chose me dit qu'il l'a fait… Mais tu as été poussé à déserter les lieux, pas vrai ?

— Hein ? Mais non, pas du tout ! proteste Himuro.

— Vraiment ? Allez, tu peux me le dire… le cajole Kise. Pour me remercier de t'avoir dégoté des tenues aussi cool, hm ? »

Himuro se racle la gorge, embarrassé, jette des regards furtifs au blond. Kise comprend aussitôt que sa proie va craquer.

« Ouais, j'ai… effectivement dormi par terre, explique Himuro. Mais au bout d'un moment, j'étais de trop, si tu vois ce que je veux dire.

— Je le savais ! triomphe Kise.

— Tu le savais ? fait Himuro, étonné. Moi, j'étais… eh bah… plutôt surpris.

— Kagacchi t'a jamais rien dit, alors ?

— Non… Mais maintenant que j'y pense… J'ai toujours pris pour acquis qu'ils étaient proches, complices… Y avait un truc entre eux mais je croyais que c'était une bromance basée sur le basket et l'amour de la nourriture.

— C'est ce qu'on a tous cru, soupire Kise, fataliste.

— Mais on dirait qu'ils se sont trouvés encore un autre centre d'intérêt.

— Je me demande pourquoi ils le cachent. Ils assument pas, tu crois ?

— Peut-être… Je sais même pas quand ça a commencé. Tu sais que Taiga peut se montrer plutôt secret…

— Ouais… Pareil pour Minecchi.

— Quand on y réfléchit, ils ont pas mal de points communs, constate Himuro.

— C'est vrai ! Ah, il faut absolument que je sache comment tout a commencé !

— Pourquoi ? demande Himuro.

— T'es pas curieux ? se scandalise le blond.

— Eh bien… Peut-être un peu.

— On va tout découvrir. Kurocchi et moi, on est sur le coup ! affirme fièrement Kise.

— Kuroko ? répète Himuro, puis un pli sérieux apparaît entre ses sourcils. Alors c'est avec lui que tu mènes l'enquête ?

— Appelle-moi Sherlock Holmes ! » conclut Kise, grand sourire aux lèvres.

À ces mots, la même expression se dessine sur le visage de Himuro. Un sourire plus sombre, qui alarme aussitôt le blond. Himuro se recule sur son siège et hoche la tête d'un air satisfait :

« Figure-toi que moi aussi je mène ma petite enquête de mon côté, déclare-t-il. Je savais très bien ce que tu attendais de moi en m'amenant ici. J'ai vu clair dans ton manège. Mais me prêter au jeu était une excellente façon de découvrir ce que toi, tu savais. Appelle-moi Moriarty, Sherlock ! » conclut Himuro, triomphant.

Ébahi, Kise le regarde en clignant des yeux.

« Mais alors… bredouille-t-il. Tout ce que tu m'as dit… c'était faux ?

— Absolument ! Je suis parti au milieu de la nuit comme je l'ai dit, et je ne suis jamais entré dans cette chambre ! En revanche… Comme toi et Kuroko, je soupçonne qu'il se passe un truc pas net, et j'ai su ce matin que vous vous intéressiez de près au sujet également.

— Comment ? » demande Kise de plus en plus abasourdi.

Un sourire arrogant sur les lèvres, Himuro sort son téléphone et le met sous le nez du blond.

« Kise-kun a flairé quelque chose, lit Kise sur l'écran. Je suis presque sûre qu'il va tenter une approche. Sois sur tes gardes. C'est signé Momoi ! s'exclame-t-il.

— Ma partenaire d'enquête, oui », dit Himuro d'un air content de lui en croisant les bras sur sa poitrine.

Kise ne sait pas s'il doit être vexé de s'être fait avoir comme ça, ou être admiratif. Un peu des deux, suppose-t-il. Mais puisqu'ils sont maintenant quatre sur l'enquête, autant partager les informations pour le bien commun.

« Mais alors, s'empresse-t-il de demander, vous n'êtes pas plus avancés que nous ? Et qu'est-ce qui vous a donné envie d'enquêter ? »

Himuro hausse les épaules.

« On sait tous qu'il s'est passé un truc l'été dernier. Taiga est bizarre, Aomine est bizarre. Enfin, plus que d'habitude, quoi. Momoi aussi l'a remarqué, et on veut juste savoir pourquoi notre meilleur ami respectif ne nous dit rien. »

Kise hoche la tête en l'écoutant :

« Je comprends… C'est logique. Alors on devrait unir nos forces ! »

Un fin sourire joue sur les lèvres de Himuro, qui conclut :

« C'est ce que je crois aussi. »

Kise le fixe quelques instants, il y a quelque chose qui continue de le turlupiner.

« Tu as dit que tu voyais clair dans mon manège, mais… »

Himuro rougit et détourne le regard.

« J'ai dit que je savais ce que tu mijotais, pas que ça fonctionnait pas, marmonne-t-il.

— Ah bah quand même ! » s'exclame Kise, soulagé.


Pendant que Kise menait l'enquête de son côté, Kuroko a passé la journée à observer attentivement les faits et gestes de ses deux lumières. Ils sont allés faire un basket. Ça lui a paru comme d'habitude. Ça se chamaille, ça va trop vite pour lui, ça transpire beaucoup trop. Mais les deux fauves avaient l'air très heureux. Hmm… Plus que d'habitude, d'ailleurs, peut-être.

Et alors qu'il assiste Kagami en cuisine pour la préparation du dîner, Kuroko ne peut pas s'empêcher d'être impatient de savoir ce que Kise a découvert de son côté. Il est persuadé qu'ils sont tout proches de la vérité. Et quelle qu'elle soit, il a comme l'impression que ses deux lumières ont besoin de son aide pour débloquer quelque chose. Parce qu'il n'est certain que d'une chose : les fauves dissimulent un secret, et Kuroko a besoin de savoir pourquoi. Aussi, quand il reçoit un message de Kise l'invitant à passer chez lui, précisant que c'était urgent, il n'hésite pas et laisse tout tomber, s'excusant auprès de Kagami et disant qu'il viendrait dîner plus tard. Kise a peut-être appris quelque chose, et quoi qu'il en soit, c'est le moment pour eux de mettre au point un véritable plan d'attaque.