Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .
Résumé : Ahmed apprend qu'Osman a choisi de ne pas consommer son premier halvet. [Magnificent Century : Kösem]
Note de l'auteur : Cet OS est une réponse au défi 189 de la page Facebook Bibliothèque de Fictions. Les règles étaient : cent mots minimum, inclure les mots "unique", "tunnel", "arrêt", "réservé" et "maintenir".
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (45/50) + Prénom 202 : Osman + Scorpion : Osman II + Osman II
Comment on consomme un halvet
-Vous m'avez fait demander, Majesté?
Ahmed sourit à son fils, demande à son pasha de s'éclipser afin de le laisser seul avec l'aîné de ses enfants, puis fait signe à son prince de venir s'asseoir à ses côtés. Le sehzade obéit sagement.
-Ta mère m'a dit qu'elle avait envoyé une concubine pour ton premier halvet. Sourit le sultan. C'est un grand pas en avant.
Osman ne répond pas mais acquiesce.
-Cependant, il semblerait que rien ne se soit passé.
-Non, il ne s'est rien passé.
-N'était-elle pas à ton goût ?
L'adolescent se redresse, les joues en feu.
-Majesté ?!
-Nous sommes entre nous, Osman.
-Meleksima est parfaite, Père.
-Alors pourquoi ?
C'est oublier que son fils est assez réservé, très timide en réalité, et assez pudique.
-Tu ne sais pas comment on fait ?
Ce qui était censé être une plaisanterie voire une question légitime et bienveillante met le concerné encore plus mal à l'aise.
-Je sais comment on fait… Murmure-t-il après un temps d'arrêt
Sauf qu'il se refuse à formuler cela. Comment dire sans honte et sans gêne qu'il s'agit simplement de maintenir son érection dans le « tunnel » sacré d'une femme, de le visiter jusqu'à ce que les français appellent « la petite mort » ?
-C'est juste que… Mehmed m'a confié, le jour même, qu'il avait des sentiments pour Meleksima. Je ne me voyais pas le trahir…
Le padichah frotte son épaule.
-C'est tout à ton honneur, Osman. Mais même s'il l'aime, Mehmed ne saurait jamais être avec Meleksima. Quand tu l'as secourue, tu as aussi payé le marchand pour éviter une esclandre. Même si elle réside dans mon harem par pur souci logistique, d'un point de vue légal, Meleksima est ta concubine.
-Je le sais…
-Alors c'est qu'il y a autre chose.
-Je ne me sens pas prêt…
Cela a été confessé dans un souffle, une voix si faible que l'adulte s'étonne de l'avoir entendue et comprise.
-Si cela doit arriver… je veux que ce soit unique. Parce qu'on le voudrait tous les deux. Pas parce qu'on me l'envoie pour me faire plaisir. Je n'en veux bien évidemment pas à Mère. C'est dans la logique des choses, et elle n'aurait pas pu mieux choisir. Le problème vient de moi, uniquement de moi… Je ne suis pas très normal, je crois…
Ahmed s'en veut. Beaucoup. Il oublie toujours qu'Osman n'a que treize ans. Certes, lui, à son âge, il régnait déjà. Il l'avait conçu avec Mahfiruze. Sauf que les circonstances sont différentes : lui, il n'avait aucun autre héritier que son frère, la dynastie était fragile. Son fils, lui, n'a pas encore ce poids sur les épaules, et s'il venait à ne pas avoir d'enfants, il a pléthore de frères pour prendre sa suite : Mehmed, Murad, Bayezid, Kasim, Ibrahim… Puis son oncle Mustafa. Lui, il a dû grandir vite. Son garçon, lui, peut encore prendre le temps de profiter de cette époque bénie.
-Tu es normal, Osman. Tu es encore jeune. Et vouloir qu'un moment aussi important de ta vie se fasse quand tu te sentiras prêt, que cela se fasse parce que tu aimes et non par devoir, c'est un choix tout à fait respectable.
-Meleksima me plaît beaucoup, pourtant…
Il sent la conversation glisser. Son petit prince grandit, c'est indéniable. Maintenant, il faut le rassurer, et lui expliquer, sans le choquer, qu'entre les rêves et la réalité, il y a une énorme différence et que non, les songes ne sont pas non plus une preuve d'une quelconque perversité…
