Chapitre 6

Situation compromettante

Ce n'était pas possible, une telle chose ne pouvait pas être possible. James avait beau se répéter ça, il devait bien admettre que le poids sur ses genoux avait augmenté jusqu'au point d'en devenir insupportable. White était redevenu un être humain et il était complètement nu, le blond ne savait pas où regarder ni quoi faire, tirailler entre l'idée de le jeter au loin ou de trouver un truc pour recouvrir cette nudité dévoilée non seulement à leurs yeux mais également à ceux des journalistes derrière les vitrines.

- Je te laisse sans voix, Blondinet ? Sourit White, toujours sur ses genoux.

James fut enfin capable de réagir, poussant l'homme et le faisant tomber au sol avant de se jeter par-dessus le canapé, mettant un meuble entre lui et cette étrange personnalité. Francis eu le réflexe de balancer sa veste a l'exhibitionniste qui eut au moins la décence de se couvrir. Helsa se mit à rire, se renversant sur le fauteuil en agitant les jambes.

- T'est trop mignon comme ça ! Dit-elle à James toujours réfugier derrière le canapé. Quoi, t'a jamais vu un mec à poil ? Aller, fait pas ton timide et dit nous plutôt comment tu le trouve ! Je dirais a Eliab s'il a encore ses chances où pas avec toi !

White se releva, continuant de se dissimuler sous sa veste, s'excusant auprès de Francis en lui assurant qu'il la nettoierait avant de la lui rendre. Bien sûr, l'archer lui dit de la garder, James lui ne pouvait pas détacher son regard du blond. Ce mec était juste … Parfait ! Ses muscles parfaitement sculpter, cette peau qui semblait possédé un halo naturel et puis … Merde alors, pourquoi se sentait il aussi bizarre ? Il ne pouvait s'empêcher de le trouver sexy, même dans cette manière qu'il avait de plaqué ses cheveux en arrière en riant avec Helsa qui le complimentait sur la taille de …

- Non mais de quoi vous parlez là ?! Hurla James.

La jeune femme se tourna vers lui, haussant les sourcils de surprise, White faisant de même. Il n'aurait pas su dire comment il avait pu perdre le contrôle de lui-même à ce point, lui habituellement si calme, il tenta de recouvrer son indifférence en vain, mais il était toujours là, sous son regard et James n'arrivait pas à détacher son regard de lui.

- Bah, j'ai pas le droit d'apprécier un homme à sa juste valeur ? Demanda Helsa, incertaine. Ho, tu as décidé de te comporter en grand frère protecteur ? Ou bien … Tu es jaloux qu'on ait pu nous aussi se rincer l'œil ?

- Bon, moi, je vais dans une cabine. Intervient White. Ramené moi des vêtements, ok ? J'ai pas envie de me balader les fesses à l'air trop longtemps …

Il s'écarta à reculons, trébuchant sur des meubles mais réussissant à atteindre les cabines tandis que le meneur réussissait peu à peu à reprendre contenance, prenant appuis sur le dossier en soupirant un bon coup. Putain, elle était toujours aussi chiante ! Un vrai démon, comme d'habitude.

- Ça va ? S'enquit Francis.

- Oui, ça va, juste que je m'attendais pas à avoir un mec à poil sur moi …

- Puceau. Ricana Helsa.

- Ferme là ! Merde, mais tu te rends compte de ce que t'a fait ?

- Je t'ai fait comprendre qu'au plus profond de toi même, tu es Gay ?

Il l'aimait, mais à cet instant précis, il avait envie de la tuée et lui dédia un regard glacial.

- Qui lui rapporte des vêtements ? Intervient Francis.

- Je vais y aller ! Proposa la jeune femme en se levant.

- Non, tu ne bouges pas ! S'énerva James. Tu as déjà foutu une belle merde là ! Alors n'en rajoute pas une couche !

- Tu te rend compte que tu parles très mal à une diplomate ?

- Venu ici en vacances pour s'amuser à nos dépends ! Si je le pouvais, je te renverrais dans ta chambre en te privant de repas ! Arrête de faire des âneries … Le Shield n'attend qu'une merde de ta part pour te tomber dessus …

- Et mon père n'attend que ça pour s'autoriser le droit d'intervenir directement ici … Est ce que je dois lui dire d'embarquer le blondinet avec lui s'il vient te chercher ?

Il ne put plus supporter les réflexions de la jeune fille, décidant de la fuir en attrapant des vêtements au hasard et en les apportant à son allié sous le rire ironique de cette peste qui semblait s'amuser de la situation. Il hésita malgré tout à franchir les portes de la cabine d'essayage et se demanda s'il ne suffirait pas de balancer le tout par-dessus le bois.

Il voulut lui signaler sa présence, mais fut saisi par une poigne puissante et tirer à l'intérieur de l'espace affreusement petit, se retrouvant plaqué entre la paroi et le corps de White.

- Est ce que je te fais de l'effet où bien c'est juste mon imagination mal placée ? Demanda l'homme contre sa joue.

- S'il te plais, y a les paparazzi dehors ! Gémit de désespoir le pauvre meneur.

- Aller, dit moi : c'est mon esprit dérangé qui se laisse porter par des fantasmes où bien y a quelque chose en moi qui t'inspire autre chose que du dégoût et du mépris ?

Ils avaient tous décidé de le foutre dans des situations compromettantes ? Ils c'étaient donné le mot, c'était pas possible qu'on le foute aussi souvent dans la merde en si peu de temps ! Pourquoi fallait-il que cela se passe aux yeux de tous ? Et qu'allait en penser son père ? Cet homme si respectable et parfait qu'il s'offusquait dès qu'on sortait un peu de ce qu'il définissait comme le « sens moral ».

Ses yeux bleus rencontrèrent ceux de White qui était bien trop près de lui, ses sens dupliqués par le sérum coulant dans ses veines lui firent redécouvrir l'odeur de cet homme, il pouvait entendre les battements de son cœur malgré le martellement continu provoqué dans sa propre poitrine et réalisa que la fréquence cardiaque de cet homme était aussi élevée que la sienne … Non, plus élevé …

- Est-ce que je te plais ? Demanda James a cet étrange homme.

Cela sembla déstabiliser son interlocuteur qui marqua une légère hésitation, faisant réaliser à James qu'il était au moins entrain de reprendre le dessus sur cette situation qui en devenait frustrante. Voir cet homme perdre une partie de ses moyens était une petite revanche sur ce qu'on lui faisait subir pendant cette journée désastreuse qui ne faisait pourtant que commencer.

- C'est une question piège ? Finit par demander White, incertain.

- Elle est simple, non ? Alors, pourquoi ne peux-tu pas simplement répondre ? Est-ce que je te plais ?

James repoussa son vis-à-vis contre l'autre côté de la cabine d'essayage, inversant leurs rôles et réussissant à faire perdre son sourire à l'arrogant qui ne semblait plus savoir où se mettre. Lui qui se foutait si bien de sa gueule, il se retrouvait maintenant dans le rôle de la proie et, au final, n'était-il pas le mieux placer pour ça ? Nu et offert au chef d'équipe qui aurait même pu profiter de la situation pour exiger plus que de simples baisers de pacotille.

Non, mais à quoi pensait-il ? Ces deux nouvelles recrues avaient une plus que mauvaise influence sur lui destiné à suivre le même chemin que son père, celui du sens moral et de l'honneur, il devait être blanc comme neige et se montrer fière, fort, puissant … Lâche et cruel … Mauvais amis, mauvais mari, désastreux père … James réalisa que même s'il avait suivi docilement le chemin le menant à l'image « Steve Rogers », il était indéniable qu'il ne pouvait pas oublié ses véritables sources, celui qu'il considérait toujours comme son vrai père dans son cœur : le playboy charmeur, le couillon de première … L'ami fidèle, le seul et l'unique … Celui qui se sacrifierait volontiers pour le monde entier ? Tony Stark …

Un sourire marqua les lèvres du blond, le genre qui sembla inquiéter son interlocuteur.

- Tu ne veux pas répondre ?

- C'est juste qu'il me semble que la réponse est évidente, surtout vu la distance qui nous sépare : rien ne doit t'échapper.

En effet, il ne pouvait pas nier qu'il savait à quel point il pouvait plaire à cet homme, ils étaient trop proches l'un de l'autre, mais c'était l'irrégularité des battements de son cœur qui en devenaient presque obsédante.

Je crois que je craque pour toi. Finit par admettre James.

Mais pas à cause de son physique … Pas que en tout cas, sinon, il le dévorerait de son regard, ce n'était pas le cas, c'était tout ce qui éveillait ses sens qui l'intéressait.


Pourquoi cela ne l'étonnait-il pas de voir son père dans le hall où on le voyait pourtant si peu ? Il avait l'impression que les images qu'il avait pu entrevoir concernant leur petite sortie ne lui plairait pas et c'était déjà préparé à cette confrontation qui serait inévitable. James prit cependant son temps, donnant ses directives à ses alliés, rappelant que le lendemain, ils devaient continuer à faire la nounou et qu'il fallait des volontaires, Francis en était, admettant que cette journée était marrante au final …

James finit par ne plus savoir quoi faire pour éviter son père et décida d'abandonner là cette lutte silencieuse, il s'approcha de lui, l'interrogeant du regard. Le meneur des Avengers lui fit signe de le suivre d'un mouvement de tête. Qu'il garde le silence était plutôt mauvais signe d'après le fils qui s'exécuta malgré tout, restant sur ses gardes.

- Puis-je savoir, par le plus grand hasard, ce que tu fous avec White ? Demanda Steve sur un ton contenu.

- Ce que je fous avec lui ? Interrogea James en fronçant légèrement les sourcils. Pourrais-tu préciser ta question ?

- J'ai vu les images de votre shopping avec Helsa … Qu'est c'que tu es allé faire dans cette foutu cabine ? Où il était nu, qui plus est !

- La réponse que t'attend, c'est que je l'ai baisé, c'est ça ?

Son père écarquilla les yeux, choc, surprise et d'autres émotions traversèrent son visage tandis qu'il tentait d'encaisser ce coup vicieux venant de la part de sa chair et son sang. Il décida de continuer sur sa lancée.

- Par ce que, si c'est pas moi qui l'ait baisé, c'est lui qui m'aurait baisé et ça doit pas être reluisant, n'est-ce pas, père ? Que préférez-vous, père, que je l'ai baisé ou que ce soit le contraire ?

- Putain, James ! Hurla son père.

- Ou bien vous préféreriez-vous que je vous dise la vérité en assurant qu'il n'en est rien et que je lui ai juste donné les vêtements ?

Captain America ne semblait plus savoir comment agir, continuant de changer d'expression avant de se stabiliser sur le soulagement, mais continuant de contenir cette colère qu'il portait en lui. Il lui fallut quelques instants supplémentaires avant de pouvoir enfin prendre la parole :

- Ne refais plus de telle chose : cela nuit à ta réputation …

- Non père, cela vous mécontente … Avez-vous peur à ce point que je ne sois pas « normal » ?

- James …

Steve ne semblait pas savoir quoi répondre à cela, s'agitant devant lui en tentant de garder contenance mais n'y parvenant pas. Bien sûr que oui, il ne supporterait pas que son fils soit « anormal », c'était admettre qu'il pouvait l'être lui-même … A moins qu'il ne mette cela sur le compte de Tony Stark qui l'avait élevé et probablement perverti pendant ces premières années d'existence.

- Ta mère et moi avons discutés ensemble. Finit par dire l'adulte.

James ne put cacher sa surprise, fronçant les sourcils en essayant de se souvenir de la dernière fois qu'une telle chose était arrivée, il n'en avait rien résulté de bon. En réalité, ce couple n'était pas fait pour s'entendre, mais la moralité déformée de son père les avait enchaînés l'un à l'autre et les voilà uni jusqu'à ce que la mort les sépare !

- Nous pensons qu'il est temps de te trouver une fiancée. Annonça son père d'une voie tranchante.