Chapitre 9

Interrogation

White se réveilla avec un mal de crâne à damner un mort, le monde semblait tanguer autour de lui, il n'arrivait pas à récupérer son équilibre malgré tous les efforts du monde, alors il décida de ne pas sortir de son lit, conscient que Black devait être juste à côté de lui. Le p'tit avait tendance à s'inquiéter pour un rien, surtout quand il s'agissait de lui, mais c'était normal : il avait toujours inspiré la pitié aux autres, pourquoi cela changerait-il ?

Lâchant un grondement, il sentit le jeune homme se relever, persuadé qu'il avait dut s'assoupir pendant sa garde volontaire.

- T'est un idiot ! Lâcha-t-il sur un ton mécontent. Tu le sais pourtant que tu contrôles pas toute ta force !

- Il voulait le frapper ! Répliqua White sur un ton ronchon.

- James ne se serait pas laissé faire ! Ce n'est pas une donzelle en détresse : c'est Patriot !

Peut-être, mais il était hors de question que le blond laisse faire un tel comportement ! James avait déjà assez souffert dans son existence pour ne pas en rajouter, surtout que White était certain que cela avait un rapport avec lui. Il ne voulait pas être la cause de nouveaux tourments pour le jeune homme. En fait, c'était déjà trop tard, mais peut-être quand faisant marche-arrière, il pourrait diminuer les problèmes de James ? Ah ouais ? Et comment il allait faire maintenant qu'il était lancé ? Grondant de nouveau, il se passa les mains sur le visage, cherchant frénétiquement une solution, en voulant au beau p'tit cul du blond qui hantait ses nuits.

Black sembla capter ses pensées, soupirant de lassitude en se levant, faisant les cent pas autour du lit. Lui aussi devait se dire qu'ils étaient dans la merde, mais ça aurait pu être plus dramatique : leurs parents auraient pu découvrir la vérité et là, aller savoir comment ils auraient réagi ... Bon, leur mère aurait été cool, mais leur père ? Ça, c'était autre chose ! Maintenant, ils étaient ici et White était si près de séduire James qu'il ne pouvait quand même pas s'arrêter en si bon chemin ! Et puis, fallait pas oublier qu'il était là pour se venger de Loki aussi ...

- Tu vas mieux ? Questionna la voix de Bucky.

White répondit par un autre grondement, gardant un bras devant ses yeux. Il sentit Black se déplacer, quittant la pièce et comprit que c'était l'heure de l'interrogatoire alors il s'y prépara, se disant que dire la vérité était une bonne chose.

- Nous pourrions te mettre aux arrêts pour ce que tu as fait. Assena directement le Soldat.

- Il attaquait mon supérieur. Répliqua avec un sourire le blond.

- Votre supérieur est Steve Rogers, Captain America, dernier Avengers fondateur.

Peut-être, mais pas le premier d'entre eux ... Soupirant, White posa son regard vers l'homme, se demandant ce qu'il attendait de cet entretien. Il voulait lui faire la morale parce qu'il était fidèle au mauvais mec ? Sans doute, mais ça marcherait pas d'essayer de lui faire changer d'allégeance. Il était ainsi fait : faisant toujours le contraire de ce qu'on attendait de lui, c'était un peu dans sa nature la plus profonde.

- Je me suis engagé chez les Avengers pour me venger de Loki. Marmonna-t-il. Je travaille dur sous les ordres de Patriot, je commence à le connaître alors je lui fais plus confiance à lui qu'a Captain ...

- Mais s'il le décidait, ta carrière d'Avengers serait compromise.

Remarque tout à fait normale, mais cela le fit sourire davantage :

- Alors je fondrai mon propre groupe de héros ! J'ai pas besoin de vous pour me venger ... Et vu ce qui vient de se passer entre Rogers et son fils, je suis sûr de pouvoir débaucher son fils !

- Je ne me risquerai pas à une telle entreprise. Avertis Bucky.

- Je n'en ferai rien. Admit White. Je veux être des vôtres, mais je ne laisserais pas un homme en battre un autre sous mes yeux sans agir ! Je ne suis pas comme ça !

Bucky acquiesça d'un mouvement de tête, comprenant sans doute ce qu'il voulait dire. Il se leva pour le laisser ...

Steve Rogers avait beau être le dernier Avengers fondateur présent dans cette base, cela ne lui donnait pas le droit de battre son fils !


Ils avaient raccompagné Helsa à son hôtel, elle était épuisée et dormait paisiblement, des gardes du corps prenant la suite pour la nuit tandis que les deux Avengers montaient dans le véhicule qui les ramènerait vers leur base. Ils étaient restés silencieux, ne semblant pas savoir quoi dire de toute manière.

James était incertain sur ce qu'il devait faire, torturer entre sa fidélité envers son père et le secret de la confidence qu'avait fait la jeune femme à l'hôpital. Ce qu'elle avait fait n'était pas mauvais, donc faire un rapport à ce sujet ne serait pas préjudiciable et pourtant, il n'avait pas envie de partager ce qui était arrivé, ne comprenant pas lui-même pourquoi. Cela donnerait des informations intéressantes aux Avengers, mais également à Asgard avec qui ils partageaient toutes leurs informations sur le couple royale de Taxus Cuspidata et leur "progéniture", en échange de quoi ils obtenaient du matériel inédit dans leur monde pour crée leurs armes et armures ainsi que leurs combinaisons ... Mais ça ... Était-il réellement nécessaire de le partager avec qui que ce soit ?

Ils arrivèrent trop rapidement au goût du blond qui ne savait toujours pas quoi dire lorsqu'il se retrouva en présence de son père. Il attendait, espérant sans doute obtenir de quoi enfermer la créature étrange qu'était Helsa, mais étaient-ils réellement capables de faire une telle chose ? Ses pouvoirs étaient trop grands pour espérer la maintenir captive et son caractère faisait d'elle quelqu'un de dangereux. Il le savait et toute l'affection qu'il lui portait ne pouvait pas déformer la réalité. Qu'allait-il lui dire ? Que pouvait-il faire d'autre que dire la vérité ? Mentir ? ...

- Vous étiez dans un hôpital ? Demanda directement l'homme sur un ton suspicieux.

- Une visite de routine. Annonça Francis avant que James ne puisse dire quoi que ce soit. Je pense qu'elle a utilisé ses pouvoirs, mais pas en néfaste. Nous verrons cela d'ici les prochains jours.

- Et ? Encouragea Rogers.

- Elle a fait un gros chèque ... Ils étaient satisfaits ...

Alors, il ne comptait pas rapporter ce qui avait été dit ? C'était bien ça ? James ne put s'empêcher d'être soulagé, restant stoïque devant son père en attendant la suite. L'homme sembla réfléchir quelques instants, leurs annonçant qu'il attendrait leurs rapports et retournant vers son bureau.

Les deux hommes se jetèrent un regard, ils ne pourraient pas se mettre d'accord sur le rapport à fournir sans se dévoiler au différent système de surveillance, alors James s'en tiendrait à ce qui venait de se dire : ils avaient vu ce qu'elle avait fait, ressentit ce qui s'était passé, mais n'avaient pas entendu ses paroles ... Ce n'était pas trahir que d'oublier des confidences aussi importantes ... Un peu, mais dans le registre de Steve Rogers, c'était moins qu'une trahison avec son passif, non ?

- Et pour White, on fait quoi ? Questionna Francis.

- Je vais aller le voir. Décida James. Il faut qu'on sache ce qu'il cache.

- Ok, mais si tu veux, au cas où, je reste derrière la porte.

C'était ironique, bien évidemment, il se foutait de sa gueule et pourtant, le blond se disait qu'il aurait peut-être besoin de cette surveillance, ne serait-ce que pour lui éviter de faire et de dire des conneries. Surtout de faire ... Il était sûr que son père le surveillait et qu'il serait tenté de le provoquer pour se venger de ce qu'il lui avait fait la veille. Il fallait qu'il trouve une échappatoire au guet-apens que ses parents devaient déjà préparer dans son dos ... Et White ne serait pas compliqué à convaincre, il en était sûr ... Mais c'était justement ça le problème : il ne voulait pas sortir avec lui de cette manière ... C'était mal ... Non ?

Repoussant ses pensées, il se détourna de son ami pour se diriger vers la chambre du blond.

C'était mal, oui, vouloir être avec lui simplement pour mécontenter son père. Il ne pouvait pas être ce genre de mec ... Comme son père, en l'occurrence, avec sa mère pour le garder lui et allant voir à côté. S'il devait être avec White, se serait par ce qu'ils le veulent tous les deux et pas simplement pour faire enrager l'homme. Il devrait trouver autre chose pour échapper à l'emprise de ses parents.

Le blond était assis au bord de son lit, semblant hésiter à descendre, il sourit en se tournant vers lui.

- Tu viens m'interroger toi aussi ? Questionna-t-il avec un sourire provocateur. Sa sera plus agréable avec toi. Vas-y, poses-moi tes questions.

- Répondras-tu ou bien tenteras-tu de tout éluder comme d'habitude ? Répliqua James.

- Un peu des deux. Admit White.

James prit le temps de récupérer une tablette, il y en avait toujours une dans toutes les pièces, et chercha l'image que lui avait montré Francis, tendant l'appareil à l'homme en lui demandant des explications. Il fut surpris en voyant toute la fierté de White disparaître tandis qu'il prenait l'appareil. Il était sceptique.

- Tu t'attends à quel genre de réponse ? Questionna le grand homme.

- Que tu m'expliques cette crevasse. Répondit James en fronçant les sourcils.

Un sourire soulagé apparu sur ses lèvres.

- J'ai pris trop d'élan ! C'était ...

- Ce n'est pas une marque de pied. L'interrompit James. C'est autre chose ... White, cacherais-tu quelque-chose ?

- Oui ...

Au final, il ne s'était jamais caché à ce sujet ... C'était ça le plus rageant : qu'il soit à la fois sincère et peu confident. Comment lui faire cracher quelques vérités qu'il voulait taire ? Lui faire dire ses secrets et la vérité ? ... Quel vérité ? Quels secrets ? Qu'attendait-il de lui ?

- Est c'que tu me mens ?

- Jamais. Assura l'autre.

- Mais pourquoi me caches-tu des choses ?

- L'ignorance n'est pas une si mauvaise chose que ça ... Tu veux savoir un truc sur moi ?

Il voulait tout savoir de lui, apprendre à le connaître pour peut-être tenter quelque chose. Il s'était déjà laissé tenter à l'embrasser, alors pourquoi pas aller plus loin ? Il ne voulait pas se servir de lui, mais si ce dernier voulait le séduire, pourquoi ne pas se laisser faire en voyant comment les choses évolueraient ?

- Qu'est c'que tu me caches ? Demanda-t-il, espérant la vérité.

- J'ai beaucoup de chose à cacher. Admit White en se tournant vers lui. Tu veux que je te dises un de mes secrets ?

- Tu vas vraiment m'en dire un ?

Il s'était penché vers lui, leurs visages étaient proches l'un de l'autre, trop proches d'après James qui ne fit pourtant rien contre ce rapprochement. Il aurait pu le repousser, mais n'en voyait pas l'intérêt, malgré le fait qu'ils étaient sûrement surveillés.

- Je suis prêt à tout pour toi. Murmura White contre ses lèvres.

Pourquoi lui dire une telle chose ? Ils se connaissaient depuis si peu de temps ! Comment être sûr que ce qu'il disait été la vérité ? Prêt à tout pour lui ? En tout cas, il ne semblait pas lui mentir ... Mais et lui, s'il cédait à la tentation, était-ce par ce qu'il le voulait ou était-ce juste pour mécontenter son père ? Il ne savait plus, perdu en cet instant. Il voulait l'embrasser, il en rêvait, mais était-ce pour les bonnes raisons ?

Oui ... Il était charmé par cette étrange personnalité, par les secrets qui l'enveloppaient, par ses étranges manigances ... Et pourtant ... Même en étant persuadé d'être dans le juste, il ne combla pas la distance les séparant, elle était pourtant si maigre ... Son souffle contre sa joue éveillait tous ses sens et son odeur était si enivrante ... James posa sa main contre son torse, serrant ses doigts sur sa verste militaire.

- Tu veux que je fasse le premier pas ? Questionna White toujours contre sa bouche. Tu n'aurais aucun tord ...

- J'veux pas qu'on dise que tout est de ta faute. Admit James. Je l'aurais cherché ... Mais ... Est c'que je ferais ça pour les bonnes raisons ? ... Je ...

Il n'acheva pas sa phrase, le grand l'attrapant pour l'attirer à lui, lui volant ses lèvres pour les embrasser, sa langue passant sur sa bouche et il ne put plus résister, l'accueillant avec délice, répondant au baiser qui n'avait rien d'innocent. C'était quelque chose de savoureux, délicieux et tellement agréable qu'il eut du mal à le laisser partir, allant chercher ses jumelles et il comprit que White était sa plus grande tentation.


Tony était en train d'essuyer ses mains pleines d'huile en remontant de son atelier. Il ne fut qu'à demi-surprit de voir une meute de chat qui tournait autour d'Alexiel, ronronnant en se frottant aux jambes de la jeune fille qui était assise contre un mur. C'était étrange, mais depuis quelques jours, elle n'allait pas vraiment bien. Les animaux essayaient de la réconforter en vain : elle ne pouvait pas se remettre de l'absence prolongée de son jumeau.

- Il te manque, n'est-ce pas ? Questionna le brun en s'approchant de son enfant.

- Oui. Admit-elle en soupirant. J'aime bien sortir avec David, mais Jack ...

C'était sa moitié à elle, un morceau d'elle-même. Certes, ses pouvoirs auraient pu la rapprocher de son frère ainé et c'était le cas : le duo de loup était très souvent ensemble, mais lorsqu'il fallait la réconforter, c'était Jack le plus doué. Il trouvait toujours les mots pour qu'elle se sente bien, malgré son caractère difficile. Il leur arrivait de dormir ensemble, même à ce jour, il aimait dormir dans sa fourrure et elle aimait posé son museau sur son ventre.

- Tu veux qu'on aille le voir ? Demanda Tony à sa fille.

Elle releva la tête et il eut l'impression de voir ses oreilles de loup se redresser. Bien sûr, ce n'était pas le cas, mais elle pouvait être si expressive lorsqu'elle le voulait ... Ou bien c'était lui qui pouvait décrypter la moindre expression de son visage ? Il l'avait mise au monde, donc c'était sûrement ça.

- Helsa revient demain, on ira voir comment se passe les négociations à Jotunheim. Proposa-t-il.

- Ha, oui ... Marmonna-t-elle.

Elle eut une étrange réaction, remettant sa tête dans ses mains, les coudes contre ses genoux, soupirant et faisant réaliser au brun que quelque chose n'allait pas.

- On ne devrait pas y aller, on risque de faire échouer leur mission. Fit elle remarquer.

- Tu as peut-être raison ...

Oui, quelque chose n'allait vraiment pas et il était curieux de savoir quoi, priant pour que ce ne soit pas un problème de cœur ... Mais il semblait que c'était le cas, sinon, les animaux ne seraient pas aussi attentifs à ses soins. Il mettrait à jour cette affaire, bien évidemment, il était son père et se devait de découvrir rapidement ce qui n'allait pas.