Notes aux lectrices : Tout d'abord merci à Myriam, ma charmante sœur d'écriture, et à Frenchnuts pour vos derniers commentaires. Sachez que c'est toujours un immense plaisir pour moi de vous lire dans toutes vos mélodies.
Aussi, pour faciliter la lecture ainsi que la logique de ce récit, je me suis permise de découper le chapitre initial qui devait suivre en deux plus petits chapitres. Maintenant, je vous laisse donc à la lecture de cette première partie. Et au plaisir de vous retrouver bientôt, chères amies.
France qui vous salue ;)
Résidence de Penny et Hammed Anderson
Samedi : 21h.18 P.M.
Penny Anderson qui s'était endormie après l'attaque se réveilla quand elle entendit son mari Hammed descendre au sous-sol. Maintenant qu'il travaillait à plein temps sur le projet, il ne sortait plus de chez lui et passait la majorité de son temps dans la cave devant son nouvel équipement.
Penny n'avait jamais osé lui demander la nature exacte de ce projet. Elle avait appris à ne pas lui poser de questions sur son travail. De toute façon, il n'aurait pas voulu lui expliquer. Immédiatement après leur mariage, il l'avait avertie : jamais, elle ne devrait savoir quoi que ce soit sur son travail et son passé.
Comme une zombie, Penny se leva. Puis en silence, elle se dirigea à pas feutrés vers la cave. Elle entendait Hammed parler avec un autre homme, mais leurs voix diffuses l'empêchait de capter les mots qu'ils se disaient entre eux, sauf : test, banque de données et adepte.
Son corps se raidit sous la tension nerveuse qu'elle éprouvait. Elle fit demi-tour, alla vers la cuisine et ouvrit un tiroir. Elle avait peur maintenant. Sa main tremblait quand elle la tendit pour prendre un long couteau argenté.
Sur la route de campagne, Cathy Davis entraînait toujours Sindy et Dana vers la maison de Penny et Hammed, les obligeant à courir de plus en plus vite dans le noir.
Au même moment, Penny Anderson sortit lentement le couteau du tiroir. Elle avait l'impression d'être en dehors d'elle-même. Elle se regardait approcher de la porte du sous-sol. Elle ne se contrôlait plus. Elle vengerait Amy de l'assassin qui avait détruit le cerveau innocent de son bébé. L'épouse de Hammed avança alors sur la pointe des pieds, cachant dans les plis de sa robe de chambre le couteau à découper.
Haletante, Cathy Davis conduisit Dana et Sindy derrière la maison du couple. La fillette s'était mise à marcher plus vite et tirait vigoureusement les deux jeunes femmes par la main.
Alors qu'elle courait toutes les trois dans le noir, une image percuta soudain l'esprit de Sindy qui fut saisie d'une troublante certitude. Quelque part, non loin d'ici, un meurtre s'apprêtait à être commis. Elle jeta un coup d'œil vers Scully et lut chez son amie qu'elle pressentait la même chose. Un sérieux danger rôdait autour d'elles et la petite Cathy tentait de les prévenir.
Arrivées près de la propriété, les deux femmes et l'enfant se heurtèrent à une haute grille de métal qui entourait la résidence des Anderson. Sans se soucier des représailles qu'elle risquait de recevoir, Cathy glissa sa petite main et ouvrit la porte grillagée avec facilité.
« S'il y a un système d'alarme ici, nous allons mopper. Nous n'avons aucun mandat de perquisition », songèrent Dana et Sindy à la même seconde.
Mais la curiosité étant plus forte que la crainte, les deux jeunes femmes se laissèrent entraîner par Cathy. L'enfant qui semblait de plus en plus terrifiée les guida sans hésitation vers la porte d'entrée. Puis arrivée près de la porte, la fillette fit signe à Dana de sonner.
- Pourquoi Cathy veux-tu que je sonne à cette porte? souffla Scully mal à l'aise.
Elle regarda Sindy. Celle-ci lui signifia alors d'un mouvement de lèvres qu'elle allait jeter un coup d'œil autour de la propriété.
Dana lui répondit affirmativement d'un hochement de tête.
La mort mystérieuse d'Amy dans cette maison méritait que les deux agentes en sachent plus sur ce qui lui était arrivée. Mais Sindy et elle devaient se montrer très prudentes. C'est pourquoi, Dana décida de rester près de Cathy pour la protéger de la menace de plus en plus tangible qu'elle sentait rôder autour d'elle.
- Viens, Cathy, lui murmura-t-elle avec douceur. Éloignons-nous d'ici et ne dérangeons pas ces gens. Sindy et moi allons plutôt te ramener chez toi. C'est dangereux de rester ici.
Et d'un geste rassurant, Scully tendit sa main vers la fillette. Mais celle-ci bondit tout à coup en arrière avec l'agilité d'un chaton et évita sa main. Puis, d'un immense effort de volonté, Cathy essaya de parler, mais sans succès. Frustrée de cet échec, elle secoua les bras en émettant de petits cris rauques.
Déambulant dans leur maison qu'elle considérait comme une prison, Penny s'approcha de la porte entrouverte du sous-sol. Le souffle court, elle remarqua que son époux discutait avec un homme étrange, mais elle ne distingua que sa longue silhouette dans la pénombre. Son visage, dissimulé par une tranche de ténèbres ne lui permettait pas de l'identifier. Cependant, quelque chose dans son attitude lui donna l'impression qu'il était âgé. Puis, Penny sentit une agaçante odeur de cigarette dans l'air. Et soudain, elle entendit le ton des deux homme monté d'un cran. La jeune femme se pencha pour mieux voir. Maintenant, les deux hommes gesticulaient en chuchotant avec animation. Elle était certaine qu'ils se disputaient, mais elle ignorait à quel sujet. Ensuite, le vieil homme jeta rageusement sa cigarette et l'écrasa avec force dans un cendrier. Une fois encore, Penny perçut des chuchotements colériques juste avant que le vieil homme ne sorte précipitamment par la porte arrière du sous-sol.
Le visage durcit par la colère, Hammed retourna à son travail. Penny ne fut guère surprise de constater qu'il avait rangé son équipement informatique le long d'un mur, dans des placards métalliques fermés à clé. Les instruments, les écrans, les ordinateurs, et les rangées de boutons et d'interrupteurs brillaient dans la lumière et lui semblèrent à la fois magnifiques et terrifiants.
Hammed lui tournait le dos et était penché au-dessus d'une console. Quelque chose n'allait pas. Il avait enlevé le panneau supérieur de la console et en tripotait les files.
Penny s'arrêta au bas de l'escalier et le regarda travailler en retenant sa respiration. Il était tellement absorbé par sa tâche qu'il ne l'avait pas entendu descendre. Tout à coup, une haine puissante la submergea. La rage qu'elle ressentait lui fit tourner la tête et elle vacilla légèrement. Elle était de nouveau à l'extérieur d'elle-même, spectatrice de ses actes. Penny se vit lever son couteau à deux mains, bien haut au-dessus de sa tête.
« Elle le lui enfoncerait en diagonale, dans le cœur. Il n'y aurait pas de sang », pensa-t-elle froidement.
Pendant ce temps, Dana qui surveillait toujours la résidence des Anderson vit subitement un éclair de terreur passé dans les yeux de Cathy. Affolée, la fillette lui pressa la main avec force.
De son côté, dissimulée derrière un buisson, Sindy semblait sous l'emprise d'une légère transe. Un drame se préparait. Frissonnante, elle remarqua une silhouette mystérieuse qui s'engouffrait silencieusement dans les bois ténébreux.
S'approchant une fois de plus de la demeure des Anderson, Cathy détourna la tête et jeta un regard désespéré vers Dana. Mais subitement effrayée, elle revint se blottir contre la jeune femme en tremblant. Dana qui analysait rapidement la situation entoura l'enfant d'un geste protecteur. Plus aucun doute ne planait dans son esprit. Un danger réel et immédiat les menaçaient elle et la fillette.
« Un mandat de perquisition s'impose, songea-t-elle le cœur battant. Et si nous voulons sauver cette malheureuse enfant du danger qui la menace, nous devons vite fouiller cette maison et demander du renfort avant qu'il ne soit trop tard. »
Comme si elle avait capté ses pensées, le visage de Cathy se plissa. Elle fixa ses grands yeux noirs dans les yeux écarquillés de Scully. L'intensité de ce regard la fit frissonner d'appréhension. Et encore plus lorsqu'elle vit la fillette se détacher d'elle, courir vers la porte principale et se jeter contre elle. Puis, sans plus attendre, Cathy sonna et se mit à cogner de ses deux poings contre le bois épais.
Penny naviguait toujours dans un état second. À mille lieues de la réalité, elle n'entendit pas la sonnette ni les coups donnés contre la lourde porte. Comme dans un brouillard, elle descendit l'escalier à pas feutrés et s'élança sur son mari, le couteau pointé vers ses épaules voûtées.
Hammed sursauta brusquement lorsque la sonnerie stridente de la porte d'entrée lui transperça les tympans. Vivement, il se redressa et s'écarta de la console juste au moment où le couteau de Penny allait l'atteindre. Elle manqua sa cible de peu et s'écrasa contre un placard métallique. Puis, elle trébucha en avant et il l'attrapa. À bout de forces et incapable de le repousser, Penny lui frappa la poitrine en sanglotant.
Sur le seuil de la demeure Anderson, Dana entoura Cathy de ses bras et l'écarta doucement de la porte. À son contact, la petite se débattit. Puis résignée, elle se laissa aller contre sa poitrine, leva son pâle visage vers elle pour finalement se réfugier dans ses bras en tremblant de tous ses membres.
Dissimulée sous la coupe des arbres, Sindy quitta prudemment sa cachette et se dirigea d'un pas souple vers l'endroit où la mystérieuse silhouette avait disparu. Puis, elle remarqua quelque chose dans l'herbe qui brillait au clair de lune. Intriguée, elle s'accroupit et fronça les sourcils. Un paquet de cigarette vide, de marque Morley, reposait sur le sol. Sa respiration se bloqua et son cœur mit à battre la chamade. Elle ramassa le détritus d'une main tremblante et le glissa dans la poche intérieure de son veston. Son intuition lui soufflait que ce paquet de cigarettes s'avérait peut-être un indice important pour leur enquête. Mais malheureusement, ses réflexions furent brutalement interrompues par un cri de terreur qui résonna dans les tréfonds de son esprit. Quelle poisse! Effrayée, la jeune femme songea à Dana et Cathy. Elle devait vite les rejoindre. Se sentant observée et n'ayant ni armes ni lampe de poche mis à part ses techniques de combat, mieux valait foutre le camp d'ici sans tarder. Juste au cas où… Sindy inspira longuement et courut, ses tennis battants le sol, tandis qu'une terreur enfantine remontait en elle, lui coupant brutalement le souffle : « le croque-mitaine approchait et revenait la chercher ».
Dana balaya les ténèbres de ses yeux bleus. Avec attention, elle écoutait les bruits de la nuit tout en caressant les cheveux soyeux de Cathy. Comme Sindy un peu plus tôt, elle s'était dissimulée, accompagnée de la fillette, derrière un buisson. Enfin, elle vit Sindy surgir des bois et se diriger vers elles. À bout de souffle, la jeune fille se plia en deux pour récupérer, les mains bien appuyées sur ses cuisses. Puis au bout de quelques secondes, elle releva la tête vers Scully et leurs regards se croisèrent.
- Nous devons vite ramener Cathy chez elle, chuchota Sindy à Dana. Je crains un danger si nous nous attardons trop longtemps ici. Mais il faudra revenir dans les prochaines heures, Dana. Quelque chose de fâcheux risque de se produire.
Scully soupira et continua de bercer l'enfant contre elle d'un mouvement rassurant.
- Je sais, Sindy. J'éprouve le même sentiment que toi. Maintenant, il nous faut vite ramener la petite. J'imagine à quel point ses parents sont inquiets à l'heure actuelle.
Et sans plus attendre, les deux femmes saisirent la main de la fillette et se dirigèrent vers la route de la ferme qui était située non loin de la résidence de Penny et Hammed.
Aussi immobile qu'une statut, Hammed garda sa main appuyée contre la bouche de sa femme. Elle essaya de s'écarter de lui, mais il resserra sa prise, l'immobilisant contre son torse. En ce moment, il ne pensait plus à Penny, mais écoutait attentivement les bruits extérieurs. La sonnerie s'était enfin tue et les coups contre la porte avait cessé. Hammed se demanda soudain qui avait pu venir chez lui dans la nuit. Alors, seulement, il repensa à son épouse. Il fallait qu'il s'occupe d'elle.
Maintenant!
Elle en savait trop.
S'empressant de fouiller dans sa pharmacie portative, il prit une seringue remplie d'un liquide transparent et la lui enfonça dans le bras.
Dana et Sindy venaient à peine de sortir de la propriété de Penny et Hammed lorsque Sindy s'arrêta brusquement.
- Attends, Dana!
- Qu'est-ce qu'il y a?
Sindy tendit l'oreille et jeta un regard vers les propriétés avoisinantes. Intrigué, Scully se demanda ce que mijotait son amie.
« J'espère qu'elle ne s'apprête pas à commettre de folie, songea-t-elle légèrement exaspérée. Je vois sur son visage la même expression que Mulder quand il est sur le point de me faire tourner en bourrique. Oh, non! Ne me dites pas que je suis tombée sur une Mulder numéro deux! Je n'ai pas besoin de ça! On dirait vraiment que c'est de famille ce petit côté délinquant dans leur façon d'enquêter. Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter ça! »
Scully terminait à peine son monologue intérieur lorsqu'elle vit Sindy se pencher et ramasser un caillou gros comme un œuf. Ensuite, la délinquante cibla une propriété tout près de la résidence de Hammed. Puis d'un mouvement souple, elle le lança et visa un lampadaire entre les deux propriétés. Un instant de silence… et les jeunes femmes entendirent le bruit sec d'un claquement contre le bois suivit d'un froissement de feuilles mortes.
Illico, une alarme se déclencha et l'écho de voix en colère brisa le silence nocturne. Quelques secondes s'écoulèrent et le hurlement strident des sirènes de police perça la tranquillité de la nuit. Puis, environ trois minutes plus tard, Dana et Sindy remarquèrent les gyrophares allumés d'une voitures de patrouilles qui se dirigeait vers les propriétés de Hammed et de son voisin.
Le visage serein comme un lac au clair de lune, Dana s'adressa à son amie sur un ton pince sans rire :
- Je constate que ton petit acte de rébellion occupera notre suspect et son voisinage pour le restant de la soirée. La police locale qui est déjà sur les lieux va certainement faire une partie du boulot cette nuit. Donc, cela nous permettra de gagner du temps. Pour ma part, j'aimerais bien tenter une seconde excursion dans la résidence du couple Anderson. Hammed et ses acolytes ne m'inspirent aucune confiance. De plus, il est clair comme le nez au milieu de la figure que sa femme le hait et qu'elle est terrifiée. Si seulement nous pouvions réussir à la faire parler.
- J'ai le sentiment que ça ne sera guère facile, soupira Sindy, rejetant inconsciemment sa chevelure vers l'arrière. Dépêchons-nous maintenant de ramener Cathy chez elle avant que Paul et Mulder ne nous collent le FBI. aux fesses, sourit-elle, une lueur espiègle dans ses yeux pairs.
Scully lui répondit par une légère grimace.
Leurs amis devaient être fous d'inquiétude. Elle en était persuadée.
Tenant Cathy par la main, les deux jeunes femmes accélérèrent le pas. Une fois de plus, elles reconduisirent Cathy chez ses parents qui les remercièrent avec soulagement. Bill Davis leur offrit même de les ramener, mais les deux amies refusèrent poliment son offre. Ne voulant pas s'attarder davantage, Dana et Sindy reprirent rapidement le chemin du retour.
Elles marchaient d'un pas vif depuis une dizaine de minutes lorsqu'elles remarquèrent une fourgonnette qui roulait lentement vers elle. Quelque peu exaspérée, Dana s'arrêta et se tourna vers Sindy en soupirant.
- Je mettrais ma main au feu que c'est Mulder et Paul qui nous cherchent. Leurs nerfs ont dû craqué en voyant que nous tardions à revenir.
- Ouais… souffla Sindy. J'ai le sentiment que ça ne sera pas facile de les amadouer. Mais nous devons leur montrer que nous sommes des professionnelles et que nous savons nous défendre.
- Sindy!… s'exclama brusquement Dana. Je crois qu'ils nous ont vu. Regarde!… La fourgonnette s'avance vers nous et semble vouloir ralentir.
Mais tout à coup, Sindy sentit la main de Dana l'agripper fermement. Les yeux écarquillés de terreur, elles se dévisagèrent. Puis, à ce moment précis, une idée similaire traversa leurs esprits.
- Ce n'est pas eux! s'écrièrent-elles d'une seule voix.
Sans perdre une seconde, les deux femmes se jetèrent sur le côté de la route pour éviter le véhicule qui fonçait droit sur elles. Trébuchant toutes les deux, elles dégringolèrent cul par-dessus tête dans une pente abrupte. Puis, sans se soucier des nombreuses égratignures sur leurs bras et leurs jambes, elles se relevèrent à demi et coururent en zigzag vers les bois pour s'y réfugier. C'est alors que Dana et Sindy entendirent des coups de feu crépiter et des balles siffler autour d'elles.
À suivre…
Selon vous, qu'est-ce qui attend nos deux héroïnes et comment pourront-elles sortir de ce guet-apens? Avez-vous des idées?…
France ;)
