Merci chère Myriam de continuer de m'encourager de tes commentaires qui ont le don de me faire sourire et de me motiver à poursuivre cette longue saga X filienne. Et bon! Puisque tu me le suggères si gentiment, je remercie les E.T. qui me lisent de ne pas m'avoir encore enlevé. Ne vous offusquez pas! Je ne suis qu'une petite québécoise à l'imagination un peu trop fertile. Et enfin, je vous remercie tous, lectrices et lecteurs invisibles. Puisse la suite de ce roman-fic vous divertir ou vous faire trembler... France

Manoir de Georges Stanek

Dimanche : 22h.02 P.M.

Georges Stanek aboya des ordres à ses domestiques afin qu'ils accélèrent la préparation de la cérémonie à venir. Une orgie battait déjà son plein dans la maison, histoire de mettre de l'ambiance, songea-t-il avec un sourire glacial. Il se dirigea vers la fenêtre donnant sur la forêt et le cimetière. Il sentait qu'ils approchaient, aussi terrifiés que cet été là. Cela l'excita. Il devait trouver le moyen d'attirer ces petits agneaux dans son antre. C'était la seule façon de détruire la porte qui protégeait leur monde.

Frontière de la forêt navajo

Dimanche : 22h.25 P.M.

Juste après la crise de larmes de Scully, Mulder avait insisté pour qu'elle s'accorde quelques heures de sommeil. Sarah et Keven encouragèrent la belle rouquine à venir dormir auprès d'eux tandis que Mulder lui ordonnait fermement :

- Tu dois te reposer, Scully. Pendant ce temps, Paul et moi assurerons la garde.

- Mais, Mulder!… riposta Scully, rejetant inconsciemment une mèche rebelle qui lui tombait dans les yeux.

- Fox a raison, Dana, la coupa doucement Paul. Tu auras besoin de toutes tes forces pour libérer Cathy de cette banque de données qui la maintient prisonnière demain matin.

- De plus, continua Sarah, Keven et moi nous nous sentirons davantage en sécurité si tu restes avec nous. Au moins, toi, tu as une arme. Et s'il arrive quelque chose de fâcheux, tu sauras comment réagir.

Scully hésita un instant en se mordant la lèvre inférieure, puis se décida.

- Bon, c'est d'accord pour le temps de repos, accepta-t-elle en dévisageant Mulder et Paul. Mais à une condition. Si vous n'en pouvez plus, vous venez me chercher. Je vous relayerai.

- Et moi, je me porte volontaire pour accompagner Dana, les prévint Sindy. Si vous le souhaitez, nous vous remplacerons, fit elle en jetant d'un mouvement vif le bois mort qu'elle venait de ramasser dans le feu.

Aussitôt, une pluie d'étincelles oranges s'éparpilla dans le ciel tels des papillons multicolores virevoltant dans la nuit.

- C'est d'accord, acceptèrent Mulder et Paul à l'unisson. Si nous sommes trop épuisés, nous vous appellerons. C'est promis, les filles.

Les six amis échangèrent un sourire, puis Mulder s'avança vers Scully et la serra dans ses bras. Épuisée, la jeune femme lui rendit son étreinte.

- Merci, Scully, de nous avoir raconté ton histoire, lui chuchota Fox à l'oreille. Ta confiance m'a beaucoup touché.

- Je suis contente de l'avoir fait, Mulder, renchérit Dana avec sincérité.

Puis, ce fut au tour de Paul de se manifester et de la prendre dans ses bras.

- Tu n'es plus seule à porter ce fardeau, Dana, lui souffla-t-il. Nous sommes avec toi.

- Je sais… Merci, Paul.

Les yeux pétillants, Sindy s'avança vers elle et la serra longuement. Scully lui rendit son étreinte.

- Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi, Cinnie. Ne change jamais. Reste toujours telle que tu es... Je t'aime, ma grande.

Incapable de retenir ses larmes, Sindy rougit. Depuis toute petite, elle rêvait de vivre une relation de complicité avec une sœur. Et aujourd'hui, l'univers lui en offrait une. Elle étreignit Dana plus fort.

- Moi aussi, je t'aime, murmura-t-elle doucement. Tu es comme la sœur que je n'ai jamais eue. Merci d'être là et merci pour ta confiance, Dana.

Les deux amies restèrent encore un moment dans les bras l'une de l'autre, savourant cet instant d'intimité fraternelle. Puis, elles se donnèrent la bise avant de se séparer.

Le cœur allégé, Dana rejoignit Sarah et Keven qui l'accueillirent chaleureusement près de leur tente. Épuisés, tous les trois se glissèrent dans leurs sacs de couchage. Mais auparavant, Dana ausculta Cathy, vérifia si son arme était en ordre et déposa son Magnum 1076 à ses côtés. Mieux valait garder son revolver à sa portée, juste au cas où…

Durant ce temps, à l'extérieur, Sindy se dirigea vers Mulder et Paul pour leur souhaiter une bonne garde. Fox la serra contre lui et lui ébouriffa les cheveux.

« Comme elle lui rappelait sa sœur, Samantha! » Songea-t-il avec nostalgie.

Mais ce n'était pas seulement pour cette raison qu'il l'aimait autant. D'une manière différente de ce qu'il éprouvait pour Scully, il ressentait aussi une complicité de cœur pour sa cousine et cela lui suffisait.

- Repose-toi, grenouille, la taquina Mulder en souriant. Et ne profite pas du fait que tu as la tente pour toi toute seule pour mijoter des mauvais coups.

- Excellente idée, Mulder! rigola Sindy en lui lançant un clin d'œil espiègle. Et que dirais-tu , si j'organisais une surprise party à faire trembler toutes les créatures démoniaques qui nous surveillent dans cette forêt?

Comme si la nature l'avait prise au mot, Sindy trébucha sous l'effet d'une secousse sismique et perdit l'équilibre.

Vif comme l'éclair, Paul l'attrapa au vol et la tint fermement contre lui, dardant son regard gris dans celui de sa compagne. Consciente du contact de ses mains sur ses hanches, un puissant trouble l'envahit. L'impression étrange que l'âme du jeune homme enlaçait la sienne pour la blottir solidement dans le nid de son cœur la saisit. Elle hoqueta de surprise, tentant de reprendre son souffle. Ses jambes défaillirent tandis que son corps devenait aussi brûlant que la braise qui rougeoyait devant elle. Puis Sindy sentit sa tête tourner comme si elle était ivre. Tremblante, elle rougit violemment et lutta pour se ressaisir.

« Voyons, Sindy, s'exhorta-t-elle sévèrement. Ce n'est pas le moment de te laisser impressionner par un petit tremblement de terre de rien du tout. Détends-toi et respire par le nez, ma vieille. »

Nerveuse, elle s'humecta les lèvres, consciente des mains de Paul qui l'encerclait toujours. La force virile qu'il émanait stimulait ses glandes et provoquait des sensations à la fois délicieuses et effrayantes dans son corps.

Confrontée à cette émotion inhabituelle, Sindy prit peur. Avalant sa salive avec difficulté, elle se racla la gorge pour dissimuler son malaise.

Paul ne fut pas dupe et saisit tout de suite ce qui se passait. Pour la première fois, Sindy prenait conscience du désir qui s'éveillait en elle au contact de sa virilité. Il l'observa discrètement et décida d'en rester là pour l'instant.

- Ça va, Cinnie? S'enquit-il avec douceur. Tu n'as pas de mal?

- Je vais très bien, bafouilla—elle troublée. Je suis simplement fatiguée. Je crois que je vais aller m'étendre un moment, annonça-t-elle en se dégageant lentement des bras de son compagnon qui l'examinait sans la quitter des yeux. Au bout de quelques secondes, il la relâcha.

Le processus était bien en cours, pensa-t-il. Et si tous deux survivaient à cette aventure démente, Sindy serait enfin prête à répondre à son appel.

- Chérie? Attends un peu, s'il te plaît, lui lâcha-t-il en la regardant gravement.

Au son de sa voix, la jeune fille s'immobilisa et se retourna vers lui.

- Qu'est-ce qu'il y a, Paul? s'enquit-elle inquiète.

- Tu sais… la prévint-il la bouche soudain sèche. Qu'importe ce qui arrivera plus tard, tu peux toujours me faire confiance… Mais si jamais les choses tournaient mal, rappelle-toi qu'il vaut mieux te fier à ton intuition...

Intriguée, Sindy fit demi-tour, revint vers lui et riva son regard sur le visage fatigué de son compagnon.

« Ma chérieViens! La pria-t-il d'une voix enrouée en lui tendant les bras.»

Une nouvelle fois, il l'attira contre lui et l'embrassa passionnément. Tremblante, Sindy se pressa contre sa poitrine et lui rendit son baiser.

« Je t'aime, mon amour. Ne l'oublie jamais », lui chuchota-t-il à l'oreille.

- Moi aussi, je t'aime, rétorqua-t-elle saisie d'une timidité soudaine. Elle effleura sa joue assombrie par une barbe naissante et souffla : Jamais je n'ai éprouvé cela avant toi.

Paul sourit tandis qu'elle l'embrassait sur le coin des lèvres. Puis revenant aux affaires pratiques, elle renchérit :

« Au fait, messieurs. Montrez-vous très prudents, d'accord? »

- Promis, cousine, répondit Mulder en lui lançant un clin d'œil. Maintenant, va te reposer. Paul et moi avons hâte de jaser entre hommes.

- D'accord, approuva Sindy, une lueur espiègle dansant dans ses yeux émeraudes. Je vous laisse à vos importantes confidences, messieurs, conclut-elle en se dirigeant vers sa tente.

Une fois à l'intérieur de son abri de toile, la jeune femme vérifia son arme, mit le cran de sécurité et se glissa dans son sac de couchage. Épuisée, elle s'endormit. Malheureusement, au bout d'un certain temps, elle commença à rêver et à s'agiter.

Confortablement assis près du feu de camp, Mulder jeta un sourire de garnement vers Paul.

- Alors, vieux, plaisanta-t-il. Je mettrais ma main au feu que tu ne l'as pas encore fait. N'est-ce pas?

Les yeux pétillants, Paul éclata d'un léger rire et laissa errer son regard au delà de la cime des arbres qui se découpait sous les étoiles.

- Et bien, mon frère, répliqua-t-il tranquillement, si je te disais qu'en ce moment je prends le temps d'apprivoiser ma rose. Il s'interrompit avant d'ajouter innocemment: Et toi? Quand comptes-tu apprivoiser la tienne?

Surpris, Mulder demeura bouche bée, puis finalement éclata de rire.

- Paul Stéphanos! s'exclama-t-il en lui lançant une bourrade amicale. Là, tu viens de m'avoir. Malheureusement, je suis incapable de te répondre pour l'instant. Peut-être un jour le pourrais-je, mais pas ce soir.

Un demi sourire flottant sur ses lèvres, Paul hocha la tête.

- Je te comprends, Mulder, l'approuva-t-il avec philosophie. Mais si tu permets, j'aimerais te partager une chose que la vie m'a apprise; quand tu reconnaîtras ta rose, cueille-la, arrose-la, prends-en bien soin et surtout ne la laisse pas s'échapper car notre passage sur cette terre est bien éphémère.

- Je sais, admit Mulder d'un ton réfléchi. J'avoue qu'il m'arrive parfois de me dire que j'ai trouvé ma rose mais une partie de moi craint de la reconnaître. J'imagine que cela viendra en son temps, comme toi avec Sindy.

Pensif, Paul jeta un œil vers la tente où dormaient Dana.

Depuis l'arrivée de Scully et Mulder à Los Angeles, il les avait bien observés et retrouvait une part de lui dans certains comportements de Mulder. Après la mort de Véronica et la disparition de Vickie, il avait pris la décision de cadenasser son cœur mais Sindy était entrée dans sa vie, changeant tout cela malgré lui.

Mulder et Dana n'étaient pas indifférents l'un à l'autre avait remarqué Paul et c'était sans doute cela qui rendait leur amitié si spéciale. Mais les deux agents, trop absorbés par leur quête de la vérité ne remarquaient pas à quel point ils avaient besoin l'un de l'autre pour évoluer et avancer.

- Hou! Hou! Tu rêves, mon vieux? le taquina Mulder en souriant.

- Oh, pardon, s'excusa Paul. Je réfléchissais à ce que tu viens de dire à propos de la rose que tu as peut-être trouvée mais que tu as peur de reconnaître. Dans le fond, c'est exactement ce que j'ai vécu avec Sindy. Cela m'a demandé beaucoup de temps et de courage avant de m'avouer qu'en plus de son amitié, je souhaitais son amour. Et si je désirais son amour, c'est parce que dans le fond j'étais déjà amoureux d'elle. Mais cela m'effrayait.

Intéressé, Mulder s'approcha de son ami et mit du bois dans le feu. Il écouta les bruits de la nuit et s'assura en fouillant l'obscurité qu'aucune créature ne les menaçaient.

- Mais qu'est-ce qui te faisais si peur, Paul? s'enquit-il enfin après quelques minutes de silence.

Le jeune homme haussa les épaules en signe d'ignorance.

- Je ne sais pas. Un tas de trucs, sans doute, hésita-t-il, cherchant comment formuler le fond de sa pensée. Tu sais, Fox. Je me souviens avoir éprouvé mes premiers sentiments amoureux pour ta cousine suite à l' accident qu'elle a eu sur la route, alors qu'elle patrouillait. Tu te rappelles?… Le fameux carambolage?…

Mécontent, Mulder serra les lèvres.

- Comment oublier cette horreur? siffla-t-il entre ses dents. La pauvre gosse a failli y rester. C'était juste avant qu'elle ne retrouve Vickie. Je me souviens que lors de son entrée à l'hôpital, tu as pris l'initiative d'être son médecin traitant malgré le règlement qui interdisait à un médecin de soigner un membre de sa famille ou une personne très proche de lui.

En veine de confidences, Paul hocha la tête.

- Je ne te l'ai jamais dit, Mulder, avoua-t-il d'une voix rauque, mais si j'ai enfreint le règlement à l'époque, c'est parce que j'éprouvais déjà une inclination très forte pour Sindy. Mais je refusais de le reconnaître. Quand les ambulanciers l'ont amenée aux soins intensifs, je n'étais pas de garde mais j'ai tout de même pris l'initiative de la prendre sous mon aile parce que j'ai eu peur de la perdre, soupira-t-il en fixant le sol pour cacher ses larmes. Et si cela n'avait pas été de ton amitié et de votre support à tous, reprit-il en se ressaisissant, je serais passé à côté de quelque chose d'important et je n'aurais pas eu la chance de vivre notre belle histoire d'amour. Alors, ne t'étonne pas si je te dis que je t'en dois une, mon frère.

Mulder éclata de rire tout en donnant un léger coup de coudre dans les côtes de son ami.

- Mais amoureux comme tu l'es, s'enquit-il, comment fais-tu pour tenir, vieux? Toi et Sindy, vous vivez ensemble, vous dormez ensemble, vous vous câlinez… Comment fais-tu pour résister? Es-tu un saint ou quoi?

- Oh, non! rigola Paul. Je suis loin d'être un saint. Si tu savais toute la maîtrise que ça me demande. Mais une petite voix me dit que cela vaut la peine d'attendre car je veux que lors de sa première fois, ma "rose" se sente totalement prête, tu comprends?

- Ah! Ah! sourit Mulder en sortant son sac de graines de tournesol. Je savais bien, mon vieux, que tu étais un incurable romantique.

Il laissa tomber une généreuse portion de graines de tournesol dans sa main et en offrit une seconde à son ami.

« Au fait, reprit Mulder en croquant sa première graine. Puis-je te poser une autre question, Paul? »

- Bien sûr.

- Comment trouves-tu cela de vivre avec une femme qui possède le don de clairvoyance? J'imagine que cela ne doit pas être de tout repos?

- Je n'ai jamais porter attention à ça, Mulder, admit Paul avec sincérité. Ce qui compte pour moi c'est que ma relation avec Sindy demeure authentique. Bien sûr, cela demande une bonne dose de communication, de l'humour, du respect, de la confiance, etc. C'est ce que je voulais te signifier tout à l'heure quand je te parlais d'apprivoiser et d'entretenir ta rose.

Courir après la vérité, c'est bien. Mais pas au détriment de tout le reste. Écoute-moi bien, mon petit vieux, continua le jeune homme en appuyant bien sur chacune des syllabes de sa phrases. Tu as l'immense privilège de travailler avec une partenaire formidable qui ose te suivre dans des zones troubles et dangereuses. De plus, l'amitié qui vous unie tous les deux est aussi spéciale que celle que Sindy et moi vivons ensemble. Alors, quoi qu'il arrive, mon frère, garde toujours cela en tête.

- Merci pour ta franchise, vieux, reconnut pensivement Mulder. Cette discussion m'a fait du bien. Je te revaudrai ça.

- Hé! Hé! s'esclaffa Paul, interrompant son camarade. Tu oublies que c'est moi qui t'en dois une, mon frère.

Touché plus qu'il ne l'aurait cru, Mulder leva les yeux au ciel, contempla les étoiles en réfléchissant aux propos que Paul venait de lui partager, puis jeta un coup d'œil vers la tente où Scully se reposait.

Son ami n'avait pas tort, songea-t-il. Dana et Sindy non plus d'ailleurs. Et tout à coup, Fox réalisa qu'il n'y avait aucun mal à s'accorder un peu d'intimité dans la vie. Après tout, n'était-ce pas cette complicité avec Scully qui l'avait sauvé nombre de fois?

Un hurlement de terreur transperça soudain le silence de la nuit.

Mulder sortit de sa rêverie et sursauta. La mine sombre, les deux hommes se levèrent et bondirent vers la tente de Sindy. Une fois de plus, celle-ci venait d'entrer en plein cauchemar.

Sur le point de s'assoupir, Dana Scully se redressa. Une forte intuition lui criait que Sindy avait besoin d'elle. Quittant rapidement son sac de couchage, elle prit son arme, sa lampe de poche et enjamba Cathy avec précaution.

- Keven!… Sarah!… les pressa-t-elle en tendant son second revolver à Keven. Prenez cette arme. Mulder et Paul ont besoin de moi. Vous deux, restez dans la tente avec Cathy.

- Mais que se passe-t-il? demanda Sarah d'une toute petite voix.

- Je l'ignore, mais je vais aller voir. Vous deux, restez ici. Ne vous séparez pas. Je reviens aussi vite que possible.

Scully rampa vers l'ouverture de la tente, fit glisser la fermeture éclair et sortit dans la nuit.

Les silhouettes de Mulder et Paul qui couraient vers la tente où dormait Sindy se dessinèrent devant elle telles des ombres chinoises. Dana s'empressa de les rejoindre…

« Des bruits de coups et des hurlements lui glacèrent le sang. Sous ses yeux écarquillés par l'horreur, une multitude de corbeaux fonça sur ses compagnons en leur administrant de violents coups de bec, partout sur leurs visages et leurs corps.

La terre se déchira, s'ouvrit et de longues flammes oranges et pourpres jaillirent de l'abîme en lui léchant les pieds. Cernée par le feu, Sindy se retrouva devant un visage démoniaque qui se dessinait au travers les flammes. Son rire machiavélique lui transperça les tympans. Horrifiée, elle frissonna malgré la chaleur torride qui lui brûlait la gorge et les poumons.

Devant elle, un chemin tortueux s'étendait à perte de vue dans le désert. La rêveuse remarqua les malheureux qu'on avait crucifié la tête en bas. Puis, en observant de plus près, elle reconnut Mulder, Dana et Paul. Folle de terreur, Sindy tenta de hurler mais aucun son ne franchit ses lèvres. Le souffle court, elle essaya d'avancer vers ses camarades pour les délivrer mais une main squelettique encercla sa cheville et la tira dans les sables mouvants tandis qu'autour d'elle, des lacs et des rivières débordaient, crachant des centaines de cadavres d'enfants.

« - Ils les ont eu, Sindy! sanglota Sarah en hurlant de désespoir. Ces monstres nous ont enlevé nos petites filles! »

« - Prêtresse Tia Atât Ra! Courbe la tête et écoute-moi, coupa soudain la grande déesse d'un ton sévère, interrompant les pleurs de Sarah. Choisis, maintenant... UNE VIE POUR UNE VIE! »

Les mains plaquées sur son visage, la jeune fille en larmes se détourna pour ne plus entendre cette voix d'outre-tombe et comprit avec effroi qu'on l'avait enfermé dans un endroit humide et sombre.

Non loin d'elle, une masse lourde et visqueuse rampa dans sa direction mais les ténèbres épaisses l'empêchaient de fouiller l'obscurité. Son cœur battant à tout rompre, Sindy fit un mouvement pour s'enfuir mais s'aperçut qu'elle était prisonnière dans une cage suspendue dans le vide.

À sa gauche, une lueur fantomatique éclaira un visage émacié. C'était celui de Keven. Terrifiée, Sindy remarqua les solides chaînes qui retenaient son malheureux camarade. De longues seringues transperçaient ses bras et ses jambes. Suffocant d'horreur, la jeune fille se creusa la cervelle pour trouver l'incantation magique qui les protégeraient, elle et ses compagnons, mais la drogue qu'on lui avait administrée paralysait son corps et son esprit, l'empêchant de lutter contre les horrible petites bestioles froides et visqueuse qui frôlaient ses cuisses. Incapable de reculer, elle se raidit lorsqu'elle entendit un sifflement continu semblable au crachement d'un serpent prêt à l'attaque.

Le dégoûtant reptile se leva au dessus d'elle, disparut subitement et se retrouva face à Keven. Féroce, l'animal cracha son venin sur la figure blême de son ami. Telle une cire chaude, le visage de Keven fondit en longues coulées lépreuses, puis se transforma.

Folle de terreur, Sindy se retrouva face à la bête. Puis, celle-ci se confondit à l'horrible croque-mitaine de son enfance qui enlevaient sans vergogne les fillettes et les garçonnets, les entraînant dans un puits profond, noir et froid pour se livrer à des actes innommables.

« - Je te l'avais dit, fillette, qu'un jour je vous retrouverais toi et tes stupides compagnons, ricana la bête, ses yeux de braise lui lançant des flammèches ensanglantées et meurtrières dans le cœur. Maintenant, vous ne pouvez plus m'échapper. Vous m'appartenez! »

- Nooooon! hurla Sindy désespérée en se débattant pour échapper à cette poigne d'acier qui la tenait solidement à bras le corps. Lâchez-moi!

N'ayant plus d'autres choix, Paul la secoua vigoureusement pour la tirer du cauchemar infernal qui la maintenait cloîtrée dans un univers de terreur.

- Sindy! lui ordonna-t-il en la saisissant par les épaules pendant que Mulder et Scully l'observaient attentivement. Calme-toi!

Le pauvre Paul constatèrent les deux agents avec tristesse semblait à bout de nerfs.

« Je t'en prie, ma chérie, l'implora-t-il. Réveille-toi! Personne ne te fera de mal. »

Sindy battit enfin des paupières et gémit. Le venin de la terreur courait toujours dans ses veines. Claquant des dents, elle frissonna. Son corps entier tremblait. Elle ouvrit les yeux et lorsqu'elle se retrouva face au visage inquiet de Paul penché au dessus d'elle, elle se jeta à son cou, s'agrippa à lui avec l'énergie du désespoir, puis fondit en larmes. Elle avait tellement craint de le perdre.

Paul échangea un regard discret vers Mulder et Scully, serra la jeune fille contre lui et enfouit sa main dans ses boucles soyeuses en la caressant tendrement. Des larmes de rage lui brûlaient les yeux. Dieu qu'il détestait la voir dans cet état!

- Il appr… approche… bégaya Sindy, le visage caché contre l'épaule de son compagnon.

Paul qui la caressait toujours l'étreignit étroitement et l'embrassa sur la tempe en la berçant contre lui.

Intrigué par la phrase de sa cousine, Mulder lui demanda d'une voix étouffée qui ne lui ressemblait pas :

- Qui est-ce qui approche, Sindy?

Incapable de répondre, la jeune fille se nicha davantage contre Paul comme si elle désirait se fondre en lui et sanglota de plus belle.

- Pour l'amour du ciel! Arrête de pleurer, Sindy et réponds-moi! commanda sèchement Mulder, regrettant presque aussitôt son accès d'humeur. La peur et la fatigue commençaient à lui faire perdre la tête.

Comprenant que son partenaire était au bout du rouleau, Dana déposa sa main sur son épaule et exerça une légère pression pour le calmer. Puis, le regard lourd de sens, elle siffla entre ses dents :

- Relaxe, Mulder. Je vais m'en occuper, d'accord?

Péniblement, Fox avala sa salive et se détourna. Scully avait raison. Il avait eu tort de brusquer sa cousine. Ce n'était pas de sa faute si elle avait le don. Tout comme Dana et lui, Sindy s'efforçait de bien faire son boulot en plus de répondre à sa mission spirituelle de « Gardienne » et de Chaman.

Stoïque, Scully tendit une tasse à son partenaire et une théière remplie d'eau. Puis, elle fouilla dans la boîte à provision et s'empara d'un sachet de valériane.

- Va vite chauffer cette eau, Mulder, commanda-t-elle d'un ton sans réplique. Cette tisane a des propriétés calmantes qui nous seront bénéfiques à tous.

- C'est bon, Scully. J'y vais… grommela Mulder qui s'empressa de quitter la tente, soulagé de se retrouver seul.

Dès que son coéquipier eut quitté la tente, Dana s'avança lentement vers Paul et Sindy.

La jeune fille sanglotait toujours. Soucieuse de la réconforter, Scully caressa ses longues boucles soyeuses qui tombaient en cascade sur ses épaules et son dos et s'agenouilla près d'elle.

- Qui approche, Cinnie? S'informa-t-elle en glissant doucement son index sous son menton.

Légèrement réconfortée par la voix de son amie, Sindy se redressa et inspira longuement pour retrouver son calme. C'était toujours difficile pour elle de sortir de ses transes et de reprendre contact avec la réalité. Elle se racla la gorge, s'essuya les yeux et se moucha.

- Puis-je avoir un peu d'eau? souffla-t-elle d'abord en guise de réponse. Honteuse de sa crise de larmes, elle se sentait encore très mal à l'aise.

- D'accord. Tiens… Prends ça, Cinnie. Ça va te faire du bien, l'encouragea Mulder qui revenait sur l'entrefaite. Il lui tendit une tasse fumante.

- Merci, Fox, bredouilla-t-elle. Elle s'empara de la tasse qu'elle souleva d'une main tremblante pour y tremper les lèvres. Puis retenant une grimace, elle leva les yeux vers Paul et Dana. Je m'excuse pour tout le boucan que je vous ai fait endurer. Je ne voulais pas cela.

Ses trois compagnons secouèrent la tête, lui signifiant que tout cela n'avait aucune importance.

- Allons! la rassura Paul en lui massant la nuque et les épaules. Ne te fais plus de bile avec ça. Tu n'y es pour rien, mon ange.

Poussée intérieurement par un sentiment d'urgence, Dana riva son regard dans celui de Sindy et répéta sa question.

- Peux-tu nous dire qui approche, Cinnie?

Luttant pour calmer ses spasmes nerveux, Sindy ferma les yeux et réfléchit. Malgré le flou qui sévissait dans son esprit, elle percevait qu'un danger d'origine surnaturel les menaçait. Et quoi que cela puisse être, Il prenait de la force au fur et à mesure qu'il se rapprochait d'eux.

Face à cette terrible menace, les disciples de Satan n'étaient que des pions insignifiants manipulés par un chef sans scrupule.

Exhalant un profond soupir, Sindy souleva sa tasse et but une gorgée de tisane pour se détendre. Mais quand elle voulut déposer celle-ci sur le sol, ses mains tremblaient si fort que Paul dû les lui saisir avec fermeté. Doucement, il retira sa tasse, la porta vers ses lèvres et l'aida à boire une seconde gorgée. Soulagée, la jeune fille lui lança un regard reconnaissant et reprit la parole.

- J'ignore comment vous expliquer cela, se désola-t-elle en contenant un frisson. Tout ce que je peux dire, c'est que le danger qui nous menace vient rapidement vers nous sous diverses formes. Il peut même se présenter sous l'apparence d'un humain ou…

- De n'importe quoi d'autres. N'est-ce pas, chérie? la coupa Paul, dissimulant la terreur qui glaçait son corps et durcissait ses mâchoires.

Il se doutait que Sindy leur cachait probablement beaucoup de choses. La peur qui écarquillait ses yeux le lui démontrait bien assez. Et lorsque son regard croisa ceux de Dana et Fox, il comprit que les deux agents éprouvaient le même sentiment que lui.

- Tout ce que je sais, déclara Sindy le regard hanté, C'est que celui qui approche est un puissant instrument des forces noires. Il ne reculera devant rien pour obtenir ce qu'il veut.

- Et… Que veut-il? interrogea anxieusement Dana, son cœur battant à grands coups.

- Ce qu'il veut depuis le début, haleta Sindy qui se remit à trembler d'effroi.

- C'est-à-dire?… frissonna Dana d'une voix faible.

Elle songea à l'histoire qu'elle venait de raconter de même qu'au vampire qui s'était présenté sous l'apparence de son père lors de son arrivée à Los Angeles. Puis, le cours de ses pensées changea de direction et la mena à jusqu'à présent celui-ci n'avait parlé de… sa rencontre avec l'horreur.

La peur l'envahit et lui noua le ventre. Il lui tardait que le soleil se lève afin qu'elle et Paul puissent libérer Cathy. Ensuite, leur petit groupe s'empresserait de foutre le camp d'ici avant qu'il n'arrive…

- Et bien… répondit Sindy hésitante, interrompant les réflexions peu avenantes de Scully, je crois que celui qui approche désire faire de l'Univers, un enfer. Sans doute, souhaite-t-il détruire les forces lumineuses qui nous protègent et ouvrir le chemin à son maître, le prince des ténèbres. Il fera tout pour atteindre cet objectif. Mais pour cela, il a besoin de…

- Paul!… Dana!… Venez vite! hurla Keven d'un ton affolé.

Les nerfs à vif, les quatre amis sursautèrent.

Essoufflé, le jeune homme entra précipitamment dans la tente. Il semblait effrayé.

« - Cathy commence à s'agiter. Je crois qu'elle se réveille.

Il s'interrompit un instant pour reprendre son souffle, puis ajouta : Et Sarah se plaint de terribles maux de tête. Je crois qu'il est temps d'intervenir. »

À cette seconde même, Sindy et Dana ressentirent une tension chargée d'électricité autour d'elles. Puis, un élancement douloureux traversa leurs cerveaux. Luttant ferme pour chasser la douleur, les deux femmes se massèrent les tempes. Le sol trembla sous leurs pieds et la nature se déchaîna, vomissant des lames de feu qui déchirèrent le ciel, le fendant en deux tandis qu'une odeur de fumée leur montait aux narines. Une fois de plus, les sondes meurtrières balayaient la forêt, recherchant Cathy.

- Nous n'avons plus de temps à perdre! hurla Mulder en entraînant ses compagnons vers la tente de Keven et Sarah. Il faut libérer Cathy et effacer cette banque de données implantée dans son cerveau avant le lever du soleil.

Malgré la migraine qui enserrait son crâne, Scully empoigna Mulder par le bras, l'obligeant à se pencher à quelques centimètres de son visage.

- Alors, écoute-moi, Mulder. Si nous voulons sauver la petite, il nous faut agir maintenant, le pressa-t-elle, et lui injecter des doses massives de psychotropes. C'est sa seule chance!

Mulder lui fit signe qu'il comprenait.

Lorsque le groupe arriva près de la tente de Keven et Sarah, les cinq amis se figèrent, paralysés d'effroi. À environ cinq kilomètre de leur campement, un bouquet d'arbres frappé par une lame de feu s'enflamma comme de la paille séchée. Puis, une seconde boule de feu s'écrasa dans les bois, creusant un large trou dans la terre avant de repartir en grondant vers le ciel étoilé. Immédiatement après, une autre boule de flamme la suivit, se rapprochant dangereusement du campement et incendiant la cime de plusieurs arbres.

- Ils savent ce que nous voulons faire! annonça Sindy, le regard fasciné par cette scène d'apocalypse.

Dans la tente, Sarah agenouillée près de Cathy, attira l'enfant contre elle dans un geste protecteur.

Dehors, le petit groupe figé de stupeur suivit des yeux une multitude d'éclairs. Celles-ci enflammèrent le ciel, dessinant des cercles géométriques d'une terrifiante beauté. Puis, une fraction de secondes plus tard, d'autres éclairs s'abattirent plus profondément dans la forêt et balayèrent l'espace qui les entourait, rasant arbres et arbustes.

À quelques kilomètres du campement, plusieurs incendies se déclarèrent au pied d'une colline. Des éclairs passant du rouge au bleu profond, puis au violet, détruisirent une centaine d'arbres qui s'écroulèrent comme un jeu de dominos dans un vacarme d'enfer.

Au campement, le cheval de Sindy hennit de terreur.

Mue par une intuition, Sindy frappa la croupe de son cheval.

- Sauve-toi, Éclair! Lui ordonna-t-elle, toussant et battant énergiquement des bras tandis que des larmes brûlantes lui montaient aux yeux et dévalaient sur ses joues noircies par la fumée.

L'animal hésita, regarda sa maîtresse en secouant énergiquement la tête, puis se résigna à lui obéir.

Piaffant d'impatience, il s'élança en longues foulées gracieuses et s'enfuit dans la direction opposée aux flammes, vers le Grand Canyon, pour disparaître dans la nuit.

Pendant que l'étalon s'éloignait sous les yeux ébahis de Mulder et Keven, un nouveau rayon de lumière déchira les cieux. Cette fois, le rayon lumineux fondit sur la Vallée de la Mort, frappant systématiquement tout ce qui se trouvait sur son chemin.

Dana et Paul qui venaient tout juste d'entrer dans la tente s'empressèrent de sortir de leurs trousses plusieurs seringues qu'ils remplirent et alignèrent sur le sol.

- Vite! J'ai besoin de ton aide, Paul, le pressa Dana en lui tendant deux petites seringues. Essaie de piquer Cathy à l'intérieur de la cuisse. C'est la méthode la plus facile.

Paul approuva d'un signe de tête et jeta un rapide coup d'œil vers Cathy qui s'agitait de plus en plus en gémissant.

Sarah qui serrait encore la fillette dans ses bras se plia en deux, serrant sa tête entre ses mains. Un cri de douleur s'échappa de ses lèvres.

Aussitôt, Keven la tira vers lui, l'éloignant de Cathy et des rayons de lumière qui balayaient la forêt. Puis, à sa grande horreur, il constata que les rayons lumineux approchaient dangereusement de leur campement.

Profitant de la diversion provoquée par Keven, Mulder et Sindy se penchèrent au-dessus de Cathy qui se débattait comme une forcenée et la maintinrent solidement sur le sol.

Soucieuse de calmer l'enfant, Sindy lui caressa le front en lui parlant doucement tandis que Paul et Dana s'activaient à chercher la veine dans sa cuisse. Enfin, ils la trouvèrent et se préparèrent à lui administrer la drogue.

Mulder qui détestait les piqûres grimaça en voyant l'aiguille argentée frôler la cuisse de Cathy. Heureusement, la petite fille commençait à devenir passive sous les caresses apaisantes de Sindy.

Dana fut la première à enfoncer l'aiguille dans une des veines de Cathy.

Le visage concentré, Paul attendit quelques secondes, piqua la fillette sur son autre cuisse et lui injecta 50 cc. d'un produit appelé dopamine ayant pour fonction de bloquer l'action de ses neurotransmetteurs.

Sous l'influence de la drogue, le bras de Cathy fléchit et échappa à Mulder.

De son côté, Dana qui surveillait la fillette du coin de l'œil s'empara d'une troisième seringue sur le sol.

- Mulder, tiens là! lui ordonna-t-elle.

Elle releva la jupe sale de Cathy et cette fois-ci la piqua en haut de la cuisse droite.

Mulder afferma sa prise mais la fillette lui échappa brusquement des mains et se jeta sauvagement sur Scully.

Luttant contre la douleur qui s'infiltrait dans son cerveau et le centre de son corps, Scully fut incapable de se défendre contre l'assaut de l'enfant. Et tandis qu'elle se débattait pour se dégager des griffes de Cathy, un puissant rayon de lumière illumina l'intérieur de la tente et toucha Sindy.

Propulsée dans les airs, celle-ci tomba sur le sol et se cogna violemment la tête. Assommée, elle vit nombres d'étoiles avant de perdre conscience.

Bondissant à nouveau sur Scully, Cathy enfonça ses ongles dans sa gorge qui se mit à saigner. Toussant et suffocant, Dana lâcha la seringue, attrapa péniblement les poignets de Cathy et essaya de les écarter de son cou.

Des éclairs meurtriers tournoyèrent dans les yeux de la fillette. Scully comprit alors que l'enfant allait la tuer. Heureusement pour elle, Mulder et Paul tirèrent Cathy vers eux, l'obligeant à lâcher prise.

Pesant de tout son poids, Mulder jeta la fillette par terre et l'immobilisa.

Le visage ruisselant de sueur, Paul reprit son souffle et piqua l'enfant sur sa cuisse gauche pour lui administrer une dernière dose de psychotrope. Il attendit une quinzaine de secondes tout en étudiant le comportement de la petite fille.

- Ça va, Mulder, tu peux la laisser maintenant, intima-t-il en soufflant bruyamment. La drogue va bientôt agir.

Soulagé, Mulder roula sur le côté et rejoignit Scully qui se redressait lentement. Il la soutint avec douceur.

- Ça va, Dana? s'enquit-il d'un ton inquiet.

- Ouais… Je crois. Marmonna Scully en levant une main tremblante vers sa gorge. Je m'en sors avec quelques égratignures. Mais au moins, je m'en sors. Elle riva ses yeux bleu dans ceux de son partenaire et désigna une trousse de secours. Donne-moi un tampon propre s'il te plaît, Mulder?

Fox s'exécuta et entreprit lui-même de désinfecter la blessure de Dana. Ensuite, avec délicatesse, il plaça un petit pansement sur sa plaie.

- Voilà, docteur Scully. Grâce à ton vieux Mulder, tout est sous contrôle. Maintenant, reste à voir comment va réagir Cathy, grommela-t-il en observant l'enfant qui marchait avec difficulté.

- En tous les cas, annonça Keven, si cela peut vous rassurer, ça devient plus calme dehors.

Il jeta un bref coup d'œil à l'extérieur, puis son attention revint vers Sarah. Il la dévisagea affectueusement et constata qu'elle semblait se remettre.

- Comment tu te sens, ma puce? Lui demanda-t-il avec empressement.

L'esprit encore embrouillé, Sarah se massa le contour des yeux en secouant sa jolie tête.

- Mieux. La douleur est enfin partie.

- Dieu soit loué! Sécria Keven en serrant son épouse contre lui.

Il l'embrassa sur les lèvres et se croisa les doigts, souhaitant intérieurement que tout se passe bien.

Après qu'il eut laissé Cathy sous la garde de Mulder, Paul s'approcha de Sindy qui reprenait peu à peu conscience.

Étourdie, la jeune fille se redressa avec précaution, porta une main derrière sa nuque et grimaça lorsqu'elle sentit une grosse bosse dans son cuir chevelu.

- Heureusement que j'ai la tête dure, grommela-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Mon père me l'a toujours dit.

Attendri, Paul la déshabilla des yeux.

- Il a tout à fait raison, ma chérie, blagua-t-il. Une vraie tête de mule, oui!

Puis, redevenant sérieux, il se pencha au dessus d'elle, palpa son cuir chevelu et sentit la petite bosse. Sindy tressaillit mais n'émit aucune plainte.

« Ça va aller, Cinnie. Ce n'est pas grave. Avec de la glace, tout rentrera dans l'ordre.»

- Merci pour tes sages conseils, toubib, déclara Sindy d'un ton ingénu. Je m'en remets à toi.

- C'est la meilleure chose que tu puisses faire, sourit Paul en tendant à la jeune fille une compresse de glace qu'elle prit entre ses mains en soupirant. Puis, d'un geste désabusé, elle appuya la compresse à l'arrière de son crâne.

- Au moins, ça va me rafraîchir les idées, philosopha-t-elle avec humour.

Mulder pouffa de rire.

Une lueur espiègle dans ses prunelles océanes, Dana lui balança un coup de coudre dans les côtes.

- La ferme, Mulder! se moqua-t-elle.

- D'accord, Scully. Comme tu veux, l'imita Fox en roulant exagérément des yeux.

Mais brusquement, il s'interrompit, observa Cathy et invita ses amis à faire de même.

Debout face à eux, l'enfant vacilla, avança maladroitement de quelques pas et tourna sur elle-même.

- Elle va nous tuer? interrogea Sarah d'une voix effrayée.

Keven lui frotta le dos pour la rassurer.

- Non, répondit Paul avec assurance. Les psychotropes que Dana et moi avons administrés à Cathy entraîne une paralysie partielle et une perte de contrôle sur ses muscles. Elle est incapable d'obéir à leurs ordres quels qu'ils soient.

Scully approuva son confrère d'un hochement de tête. Puis intriguée, elle se joignit aux autres et suivit la petite fille des yeux.

Une fois de plus, la fillette tenta d'avancer vers le groupe des Tigres, son besoin de tuer toujours programmé dans ses cellules nerveuses. Mais engourdie par les effets de la drogue, elle tomba, se releva, puis trébucha vers l'avant.

Souffrant de la voir droguée comme une souris de laboratoire, les six amis s'écartèrent et lui laissèrent de la place pour manœuvrer.

Cathy s'arrêta brusquement. Les jambes écartées, elle réussissait encore à garder un équilibre précaire. Maladroite, elle porta les mains à sa tête et essaya de parler, mais seul un léger cri s'échappa de ses lèvres.

Bouleversés, les Tigres sentirent des larmes picoter leurs yeux juste au moment où une boule de feu les ramena à la réalité.

La boule de flamme fonça près de leur tente, puis disparut en tournoyant vers le ciel. À quelques mètres de leur abri, un incendie se déclara.

Réagissant sur le champ, Mulder, Dana, Keven et Sindy bondirent avec un extincteur et éteignirent les flammes avant qu'elles ne se propagent.

Derrière eux, Sarah poussa un cri de surprise, se jeta sur Cathy et serra l'enfant terrorisée contre sa poitrine.

Nom de Dieu! La foudre frappait encore le campement.

Heureusement, Paul arriva à la rescousse. Il bondit sur Sarah et Cathy, les allongea par terre et les couvrit de son corps pendant que Mulder, Keven, Dana et Sindy combattaient les multiples incendies qui se déclaraient autour des tentes.

Paniquée, Cathy sanglotait convulsivement mais Sarah et Paul comprirent rapidement qu'elle n'était pas blessée.

En revanche, la foudre frappa de nouveau près de la tente, cherchant toujours Cathy.

Conscients du danger, Paul et Sarah se consultèrent du regard. Ils devaient éloigner Cathy du campement en attendant que les psychotropes agissent dans son organisme. C'était la seule façon de la sauver. Une fois l'enfant hors d'atteinte, les « visiteurs » cesseraient peut-être de les bombarder.

N'écoutant que leur courage, les jeunes gens sortirent dehors.

- Il faut que tu cours, Cathy, ordonna fermement Sarah en la prenant par la main. Paul fit de même et tous les trois traversèrent le campement, mais la clairière cernée par le feu leur coupait toutes retraites.

Pendant ce temps, autour des tentes, Mulder, Dana, Sindy et Keven continuaient vaillamment de combattre les incendies.

Au manoir, alors que l'orgie battait toujours son plein et que les prisonniers hurlaient sans espoir de secours, un sourire de carnassier se dessina sur le visage de Georges Stanek. Le grand moment qu'il attendait depuis si longtemps approchait enfin.

*** À SUIVRE ***

D'après vous, qu'est-ce qui attend nos héros?… S'en sortiront-ils vivants? Qu'en pensez-vous?… Je vous laisse imaginer la suite… Niark! Niark! Niark