N.B. Tout d'abord, je tiens à remercier ma cousine préférée, Miriamme, qui inlassablement m'encourage de ses commentaires. Cette fic n'aurait jamais été publiée sans toi, chère cousine. Je remercie aussi les lecteurs et lectrices invisibles qui ont eu la gentillesse de placer ce roman-fic dans leurs favoris ou en follow. Cela me touche beaucoup. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et amusez-vous… France-Éna

Temple Celtique

Lundi : 19h.40 P.M.

Aidés de Sindy et Dana, Paul et Mulder profitèrent amplement des bienfaits thérapeutiques de la source chaude. Tout le monde en bénéficia d'ailleurs, même Éclair.

Une fois que le groupe se fut bien restauré, Mulder s'adressa à Paul en le regardant droit dans les yeux.

- Je crois qu'il est temps que tu nous racontes ton histoire, Paul.

Sindy leva la tête et dévisagea tendrement son amoureux.

- Fox a raison, mon ange, l'encouragea-t-elle d'une voix douce. Le moment est venu pour toi de nous raconter ce qui s'est passé le jour de tes douze ans. Il frissonna et elle lui pressa la main. Courage… le réconforta-t-elle. Je reste près de toi. Je ne te lâcherai pas.

Elle l'attira vers elle, le blottit contre sa poitrine et caressa ses cheveux sombres en fermant les yeux pour savourer sa présence et se souvint:

Quand Paul lui avait lâché la main en se laissant tomber dans le vide pour la sauver, la souffrance ressentie dans son corps avait été effroyable.

Remarquant que son visage se décomposait, Paul entoura Sindy de ses bras et la serra fort.

- Bon, puisqu'il le faut, se résigna-t-il dans un soupir. Je vais essayer de vous raconter mon histoire mais j'ignore si je parviendrai à la mener à terme car je suis conscient que c'est loin d'être un cadeau que je vous fais.

- Tu y arriveras, Paul, l'encouragea Dana. Si j'ai réussi, tu le peux aussi.

Le jeune homme déglutit et pressa Sindy contre lui. Elle l'étreignit et l'embrassa légèrement sur les lèvres. Ému, il riva son regard dans le sien et débuta son histoire.

- Nous vivions en Grèce à cette époque. C'était le jour de mon douzième anniversaire. Naturellement, j'étais excité. Mes parents, aidés de mon frères et ma sœur, avaient organisé une chasse au trésor. On m'avait donné un plan avec différents itinéraires. Et moi, je devais décoder les indices afin de dénicher mes cadeaux. J'arrivai dans une boutique de jouets. Hélas, j'entendis la voix d'un voyou du quartier qui se plaisait à imposer sa loi aux plus jeunes. Cette journée là, il était accompagné de deux copains qui n'étaient guère plus brillants que lui.

« - T'es foutu, mec, me dit le chef de la bande en me regardant avec un certain respect doublé de tristesse. T'en fais pas, quand nous en aurons fini avec toi, nous t'apporterons des fleurs ».

« - Coupe-toi les oreilles et fais des choux-fleurs avec! », lui ai-je répliqué en m'efforçant de garder mon sang froid.

En réalité, j'avais une fichue trouille. Alors, j'ai pris mes jambes à mon cou et j'ai foncé vers le port où mon père amarrait son voilier. Lorsque je suis passé à la hauteur du parc des jeunes, le chef de la bande et ses deux copains ont débouché à grand fracas devant moi et me bloquèrent le passage. Déterminés à me foutre une raclée, ils se sont précipités dans ma direction. J'ai bifurqué vers le trottoir, les évitant de peu et je me suis dirigé vers le musée national qui se dressait non loin du petit port de mer. Finalement, j'ai réussi à semer ces voyous et à atteindre la marina. Épuisé, je suis monté dans le voilier de mon père et…

La voix de Paul se cassa. Il avala sa salive avec difficulté sous les regards inquiets de ses amis. Ses yeux gris devinrent humides et il pressa la main de Sindy très fort. Enfouissant son visage dans les cheveux soyeux de la jeune fille, il laissa échapper quelques sanglots. Attristés, ses camarades gardèrent le silence.

Touchée par son désarroi, Sindy entoura Paul de ses bras et le berça doucement contre elle.

- Ça va aller, chéri. N'aie pas peur, je suis tout près de toi.

- Je sais, mon ange, approuva-t-il d'une voix rauque en effleurant ses cheveux et son cou.

Il fit un gros effort pour ravaler ses larmes et s'obligea à continuer son récit.

Dana qui se rappelait à quel point cela lui avait été pénible la veille encouragea son ami du regard.

- Vas-y, Paul, l'incita-t-elle avec douceur. Fais un effort. De toute façon, tu sais très bien que nous sommes tous passés par là.

« Oh, oui! Il ne le savait que trop… »

Toutefois, avant de se replonger dans ses terribles souvenirs, le jeune homme souleva la main de Sindy, la porta vers ses lèvres et baisa longuement sa paume pour se donner du courage. Il avait besoin de sentir sa complicité et de puiser dans cette force. C'était le seul moyen qu'il trouvait pour poursuivre dans cette lancée.

« - Là où tu es, je suis, mon ange » lui répondirent ses yeux qui s'arrimèrent aux siens.

Ragaillardi, Paul ferma les paupières et plongea.

- Je crois que je me suis endormi, reprit-il. Je me souviens que non loin du voilier de mes parents, une énorme statue de pierre du légendaire Ulysse s'élevait et dominait le port de mer de toute sa hauteur. Je ne sais pourquoi, mais depuis mon enfance cette statue m'avait toujours terrifié.

À un moment, j'ouvris les yeux et je ne pus m'empêcher d'observer le monument de cet homme mythique qui avait parcouru les mers, affronté le chant des sirènes sans se jeter dans les sombres océans et combattu le cyclope qui avait dévoré ses amis sous ses yeux.

Se rappelant son étrange rêve lorsqu'il se débattait dans la rivière, Paul jeta un coup d'œil subtil vers Sindy.

« Son esprit lui avait-il lancé une mise en garde? Un démon cherchait-il à lui enlever celle qu'il aimait?… »

La main douce et chaude de Sindy serra la sienne. Une fois de plus, elle avait capté son angoisse.

- C'est un piège, chéri, le rassura-t-elle. Ils essaient de te distraire. Mais je suis toujours près de toi et je n'ai aucune intention de t'abandonner. Allez, Paul! Laisse surgir tes souvenirs. Nous sommes tous là pour te soutenir.

Paul soupira, hocha la tête et revint à son récit.

- J'ignore si j'ai été victime d'un cauchemar ou d'un rêve éveillé mais j'ai ressenti une vague d'air chaud caresser mon visage et repousser mes cheveux en arrière. En levant les yeux, je… Il hésita une fraction de seconde, déglutit et poursuivit courageusement: j'ai vu en face de moi l'énorme tête d'Ulysse se transformer en cyclope. Plus grand que dans un gros plan de cinéma, il remplissait mon champ de vision et m'observait d'un air mauvais avec son unique œil injecté de pus et de sang. Le souffle chaud qui m'avait ramené à la réalité venait du mouvement qu'il avait fait pour se baisser… le cyclope ne ressemblait plus du tout à Ulysse. Il avait le front bas et fuyant. Des touffes de poil comme du crin de cheval se dispersaient partout sur son nez aussi rouge que celui d'un vieil ivrogne. Son œil injecté de veines éclatées sortaient hideusement de sa tête.

Je le revois clairement. Il portait une hache sur ses épaules et au bout de quelques secondes, il l'avait accoté au sol et s'appuyait sur son manche. Terrifié, j'ai remarqué que le dessus du fer de sa hache avait ouvert une partie du quai longeant le voilier de mes parents. Le cyclope souriait mais son expression n'avait rien de joyeux.

De ses gigantesques dents jaunâtres, une puanteur de petits animaux se putréfiant dans un sous-bois me coupa le souffle.

En évoquant ce souvenir, Paul trembla dans les bras de Sindy. Il la prit par la taille et la serra fort. Un sanglot rauque s'échappa de sa gorge.

Le cœur de Sindy chavira. Le souffle chaud et les larmes du jeune homme parcoururent son cou et lui donnèrent la chair de poule. Elle lui rendit son étreinte.

- Ça va aller, chéri. Prend ton temps. Tu te débrouilles très bien. En nous partageant ta rencontre avec l'horreur, ton fardeau va s'alléger.

Elle attrapa le thermos que Scully lui tendait, versa de la tisane à la camomille dans une tasse de plastique et encouragea Paul à boire quelques gorgées. Docile, il obéit à la jeune fille qui caressait tendrement ses épais cheveux noir coupés court.

« C'est très bien, le réconforta-t-elle doucement. Cette tisane va t'aider à relaxer. »

- Merci, ma douce. Lâcha Paul en l'embrassant longuement sur le front.

Un sourire affectueux éclaira le visage de Sindy.

Mulder et Scully se dévisagèrent. Tous deux ressentaient qu'une « force inconnue » tournoyait autour de leur groupe et les nourrissait.

« Cela signifie sans doute, songea Fox, qu'une chose épouvantable va bientôt se produire et nous aurons besoin de toutes les énergies nécessaires pour nous sortir de ce marasme. »

Et tandis que Mulder ruminait ses sombres pensées, Paul frissonna et blottit son corps contre celui de Sindy qui le massait pour l'aider à se détendre. Il inspira longuement et reprit son récit.

« - Je vais te dévorer a grondé le géant d'un ton caverneux. Le jeune homme trembla mais s'obligea à poursuivre. Je me souviens comme si c'était hier de sa voix. Elle avait les sonorités de rochers s'entrechoquant pendant un tremblement de terre. Et le monstre a ajouté : « À moins que tu me rendes ma poule, ma harpe et mes sacs d'or, je vais te bouffer jusqu'au trognon, petit morveux! »

Le souffle porteur de ces mots fit voler et claquer ma chemise comme un voile dans la tempête. Mort de trouille, je me suis recroquevillé sur le pont du voilier familial. Puis, j'ai senti mes yeux sortir de ma tête et mes cheveux se dresser sur ma nuque. L'odeur de charogne qui émanait du géant me donna la nausée et provoqua chez moi une envie de vomir.

Le cyclope éclata de rire, passa sa main autour du manche de la hache et la dégagea du trou qu'il avait ouvert sur le quai…

Paul s'interrompit et leva une main tremblante pour essuyer la sueur qui coulait abondamment sur son visage. Sindy arrêta son geste et tamponna délicatement son front et ses tempes avec son mouchoir.

Puis, continua-t-il, le géant a élevé sa hache dans les airs. Je me souviens clairement du son qu'elle produisit à ce moment là : un bruit sifflant et menaçant. Je compris alors que le cyclope avait l'intention de me fendre en deux comme une bûche.

Ma terreur était si intense que je ne parvenais plus à bouger. Qu'est-ce que cela pouvait faire? me demandais-je apathique. Je somnolais et tout cela n'était qu'un rêve. Une voiture ou un voilier finirait bien par démarrer ou un piéton par traverser le quai en courant et je me réveillerais ».

« - Tout juste, Auguste! a grondé le cyclope, son unique œil pissant le sang. Et tu te réveilleras en enfer, môme! »

J'ignore pourquoi mais au dernier moment, alors que la hache du monstre atteignait l'apogée de sa course et s'y arrêtait, j'ai su qu'il ne s'agissait nullement d'un rêve… ou que si c'était un rêve, ce rêve pouvait tuer.

J'essayai de hurler mais je fus incapable d'émettre le moindre son. Je me revois en train de rouler sur le pont pour éviter la lame de la hache qui se dirigeait droit sur moi. Le bruit de cette arme tranchante qui redescendait emplit l'air de son sifflement. Incapable de crier, j'ai vu le sourire du cyclope se transformer en une grimace de meurtrier. Ses lèvres se retroussaient tellement qu'elles exhibaient des gencives d'un rouge hideux et brillant.

La tête de la hache frappa le pont à l'endroit exact où je me tenais l'instant précédent. Sa lame était tellement bien effilée qu'il n'y eut presque pas de bruit mais le voilier se retrouva pratiquement coupé en deux.

Je me suis retrouvé dans l'eau à nager et me débattre. Tentant de crier à l'aide, j'ai vu le cyclope debout au-dessus de moi qui me dominait de ses six mètres. Il me regardait avec son œil grand comme un couvercle et s'avança d'un pas vers moi, provoquant un remous qui m'entraîna plus loin du quai. Me débattant contre le courant, j'ai nagé en vitesse pour atteindre la rive et j'ai entendu le chuintement de l'air chassé de mes poumons. Mes cheveux mouillés me tombèrent dans les yeux. Entre mes mèches, je remarquai des véhicules aller et venir près du quai comme si personne dans ces voitures ne s'apercevait ou ne se souciait que la statue d'Ulysse se fut animée et transformée en cyclope géant prêt à assassiner un petit garçon avec une hache de la taille d'un camion.

Pressé d'en finir, Paul serra Sindy plus fort et s'accrocha à elle comme à une bouée de sauvetage. La jeune fille l'encouragea à boire un peu de tisane avant qu'il ne reprenne son récit. Une fois de plus, Paul obéit, sa gorge aussi sèche que le désert du Sahara en plein midi.

- J'ignore comment j'y suis parvenu mais j'ai réussi à atteindre la rive et grimper sur le quai. Puis, j'ai remarqué une immense tache d'ombre qui cachait le soleil.

- Il… il était toujours là?… bégaya Dana, effrayée.

Son visage de rouquine devint livide.

Désireux de la rassurer, Mulder l'attira vers lui et la serra dans ses bras. Lui aussi était pâle. Secoué de frissons, il recommença à trembler. Dana s'en aperçut et se colla contre lui pour le réchauffer.

Les traits tirés, Keven et Sarah se rapprochèrent également l'un de l'autre et entourèrent Cathy qui dormait sagement entre eux.

- Oui, Dana… affirma Paul dans un souffle en levant ses prunelles vers elle. Ce foutu monstre était toujours là et me contemplait comme un chat s'apprêtant à dévorer une souris. Lorsque je sortis de l'eau, j'avais tellement la trouille que je suis tombé à genoux. Heureusement, j'ai réussi à me relever. Puis, je me suis mis à courir aussi vite que je le pouvais pour fuir ce monstre infernal. Je sentais la terre trembler sous mes pieds. Je claquais tellement des dents qu'elles s'entrechoquaient comme de la vaisselle pendant un séisme. Je n'ai pas eu besoin de regarder derrière moi pour savoir que la hache tenue par le cyclope venait de s'enfoncer de moitié dans le quai de la marina, à quelques centimètres à peine de mes pieds.

Enfin, j'ai quitté l'ombre du géant et je me suis retrouvé au soleil. C'est fou mais à ce moment là, je me suis mis à rire, un rire que je n'arrivais pas à contrôler. Haletant et au prise avec un douloureux point de côté, j'ai finalement risqué un coup d'œil par-dessus mon épaule.

À ma grande surprise, j'ai vu que la statue d'Ulysse se dressait sur son piédestal où elle s'était toujours trouvée, la hache sur son épaule, sa tête levée vers le ciel et ses yeux balayant la mer. Le héros mythique ressemblait à ce qu'il avait toujours été. Le voilier de mes parents que j'avais vu coupé en deux était intact. Le gravier dans lequel le cyclope avait enfoncé les pieds était parfaitement ratissé, sauf à l'endroit où j'étais tombé pendant…

- Pendant que tu fuyais ton monstre?… C'est bien cela, Paul?… le coupa doucement Sindy, rivant son regard émeraude dans les siens. Et maintenant, poursuivit-elle d'un ton affirmatif, tu réalises que ce que tu as vécu n'a jamais été un rêve. N'est-ce pas?

Paul hésita, hocha discrètement la tête et lâcha d'une voix lointaine :

- À l'époque jusqu'à tout à l'heure dans la rivière, j'ai préféré croire que toute cette histoire n'était qu'un cauchemar ou une crise de quelque chose. C'est curieux mais aujourd'hui je me souviens qu'en regardant de plus près, je n'ai remarqué aucune empreinte de pas et aucun quai défoncé à coup de hache. Il n'y avait que moi, un pauvre petit garçon terrifié qui venait d'être poursuivi par des voyous plus grands que lui et qui se réveillait d'un rêve bref (mais particulièrement réaliste et effrayant) dans lequel un cyclope homicide voulait le massacrer.

« - Merde », me suis-je dit avec un rire incertain, restant planté là comme un dingue, attendant de voir si la statue d'Ulysse allait ou non se remettre à bouger – ne serait ce qu'un clin d'œil ou passer sa hache d'une épaule à l'autre, voir descendre de son piédestal pour me courir après. Mais bien entendu, rien de tout cela ne s'est produit.

« Bien entendu… »

« De toute manière, qu'est-ce que j'en avais à foutre? » ai-je pensé en ricanant comme un fou.

« Un rêve?… Un cauchemar?… Rien de plus… »

Cependant, comme l'avait remarqué Socrate ou un type comme ça, s'en était trop et j'éprouvai le besoin de retourner à la maison pour me calmer. Et bien que cela eût été plus rapide de couper par le centre-ville, je préférai éviter la proximité de la statue d'Ulysse en faisant un grand détour. Et plus tard dans la soirée, alors que j'allais au lit, j'avais déjà presque oublié cet incident. Je dis bien presque... conclut-il en déglutissant.

- Jusqu'à aujourd'hui… hein, Paul? clama Mulder sans sourciller.

Le médecin soupira et serra de nouveau Sindy dans ses bras, craignant que le monstre ne l'arracha à lui. Blottie contre son torse, Sindy remarqua tout de suite qu'il était brûlant de fièvre.

Le visage décomposé par la terreur et l'angoisse, Paul murmura dans un souffle :

- Oui, Fox. Tu as raison. Tous mes souvenirs sont remontés quand je me débattais dans la rivière, s'effondra le jeune homme, laissant couler la terreur refoulée depuis l'enfance par une pluie de larmes.

Pleurant aussi, Sindy serra son compagnon dans ses bras et le caressa doucement.

Touchés, Mulder, Scully, Keven et Sarah s'empressèrent de rejoindre Sindy et entourèrent Paul pour le réconforter. Telle une vague poussée par la marée, le processus continuait implacablement sa route et...

Une scène étrange troubla l'esprit de Sindy.

« Une petite fille d'environ cinq ans rampait dans un labyrinthe de pierre, noir et étroit. La peur l'étouffait, l'empêchant de respirer. Le terrible croque-mitaine la cherchait et elle le fuyait désespérément. Fou de rage, le monstre hurlait et menaçait de la… »

Le film se déroulant dans son esprit se dissipa subitement comme de la fumée et disparut. Sindy se secoua pour revenir à la réalité. Ce n'était pas le moment de se laisser emporter par ses visions. Paul avait besoin d'elle comme Mulder avait besoin de Dana. De plus, leur groupe devait se restaurer et se reposer pour reprendre des forces sinon la bête ne ferait d'eux qu'une seule bouchée et leur bande n'atteindrait jamais la montagne de l'Aigle pour sauver ses enfants.

- Ça va, Sindy? interrogea Dana, inquiète, ses beaux yeux bleus scrutant sa camarade avec attention.

Sindy, sensible au corps ferme et musclé de Paul qui tremblait contre le sien sursauta légèrement. Elle dévisagea Scully tout en continuant de masser son partenaire et répondit lentement:

- Rassure-toi, Dana. Ça va aller, sourit-elle avant de s'interrompre.

Mulder qui la connaissait bien comprit qu'elle était soucieuse.

« Si on allait manger et se préparer pour la nuit, reprit-elle vivement. Je suis certaine que ça nous ferait beaucoup de bien. Qu'en pensez-vous? »

- Bonne idée, approuva Scully. On va allumer un feu, boire, manger et relaxer. Après tout, nous le méritons. Elle pivota vers Paul et Mulder. Messieurs! Faites-moi le plaisir de vous nourrir avec du bouillon chaud et des protéines. Ensuite, dodo... Et je vous défends de discuter les ordres de votre médecin. D'accord?

Paul et Mulder échangèrent un regard qui en disait long.

- D'accord, docteur Scully, lâchèrent-ils en chœur. Cependant, renchérit Mulder, nous avons besoin de votre chaleur corporelle, gentes dames. Nous sommes frigorifiés.

Dana et Sindy soupirèrent tandis que Keven et Sarah pouffaient de rire. Parfois, ces deux hommes se comportaient comme de grands gamins.

- C'est bon, les gars! répliqua Scully en dissimulant un sourire. Nous prendrons soin de vous si vous promettez de bien vous tenir. Elle plongea ses yeux dans ceux de Fox. Et toi, mon cher Mulder, ironisa-t-elle. Je t'avertis tout de suite. Défense de profiter de la situation en me parlant de tes extraterrestres. Nous nageons suffisamment dans le paranormal comme ça. Mon travail c'est de te réchauffer. Toi, c'est de dormir et de récupérer.

- Entendue, ma belle Scully, la taquina Mulder. Ça sera comme tu veux. C'est toi le maître. Euh… La maîtresse plutôt.

Il cligna de l'œil et lui jeta un sourire charmeur.

Découragée, Dana ferma les yeux en exhalant un profond soupir. Elle savait qu'il adorait lui mettre les nerfs en boule et se jura de rester calme, très calme.

Pendant que Scully s'efforçait de ronger son frein pour ne pas sauter à la figure de son incorrigible partenaire, Sindy examinait le visage fiévreux de Paul.

- Chéri, l'avisa-t-elle avec fermeté. Les conseils de Dana sont aussi valables pour toi. Tu dois t'hydrater, manger et dormir pour reprendre des forces.

- D'accord, grelotta Paul en lui lançant un faible sourire. Mais à la condition express que nous dormions toute la nuit blottis l'un contre l'autre. Les yeux brillants de fièvre, il la dévisagea avec tendresse. Tu comprends… j'ai besoin de sentir tes ailes m'envelopper, mon ange.

Le cœur battant la chamade, la jeune fille sentit son regard se brouiller. Leurs deux visages tout près l'un de l'autre se frôlèrent. Tenant la tête de Paul entre ses mains, Sindy lui souffla la musique qu'il adorait entendre :

- Je t'aime, sourit-elle.

- Moi aussi, mon ange, murmura-t-il d'une voix vibrante.

Pressés l'un contre l'autre, ils échangèrent un long baiser. Les yeux fermés, Paul goûta à la douceur de ses lèvres, puis il effleura ses cheveux et caressa sa joue. Elle fit de même. Il soupira. Elle avait de la chance que ses énergies soient basses, pensa-t-il avec humour, sinon…

- Sinon quoi, mon ange? s'enquit innocemment la jeune fille en rougissant. Sans le vouloir, elle avait lu en lui.

Une lueur intense illuminant ses prunelles, Paul la dévisagea et répondit simplement.

- C'est à toi de voir, ma chérie.

Troublée, Sindy n'osa souffler mot et s'empressa d'aider son compagnon à se lever pour l'amener se restaurer avec les autres.

Ensuite, ils iraient tous dormir pour reprendre des forces avant la grande confrontation.

*** À SUIVRE ***

Que croyez-vous que mijotent Stanek et ses acolytes?… Si vous avez des idées, n'hésitez pas à m'en faire part. Cela me fera plaisir d'échanger avec vous.