Notes : Tout d'abord, je veux remercier Zacky Vengeance Lover, Miriamme et Anonyme pour vos commentaires. C'est pour vous et grâce à vous que je continue cette longue saga. Merci aussi à ceux et celles qui ont mis cette histoire dans leur Follow ou leur Favori. Cela me touche beaucoup. La cinquième partie se termine avec ce chapitre un peu plus calme que les précédents. Comme ça, tu pourras souffler, chère cousine Miriamme car la prochaine et avant dernière partie, ça sera pas tout à fait de la tarte. Alors, attelez tous vos tuques, mes ami(e)s. Hé! Hé! De toute façon, avec le vent qui souffle en fou dehors, pas vraiment le choix. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et au plaisir du relire. Je dédie ce chapitre au vingtième anniversaire des X Files et à tous les nostalgiques qui ont adoré cette super série. France-Éna
Manoir de Georges Stanek
Lundi : 20h.34 P.M.
Installé confortablement dans sa grande bibliothèque, Georges Stanek fit signe au vieil homme qui marchait lentement vers lui d'éteindre sa cigarette.
Un sourire arrogant se dessina sur le visage du vieil homme qui souffla un nuage de fumée bleutée à la face de son hôte.
Georges s'obligea à garder une expression neutre mais au fond de lui, une rage meurtrière l'envahit. Une envie folle d'arracher le cœur à ce vieil imbécile et de le faire dévorer par ses lynx le tenaillait mais il se maîtrisa. Le succès de la grande cérémonie qui approchait en dépendait.
D'une démarche posée, il se dirigea vers un mur tapissé de livres rares. Il actionna un mécanisme. Une porte secrète pivota et s'ouvrit sur un long corridor de pierre éclairé par des torches. Suivi du vieil homme qui fumait des cigarettes, il franchit le seuil de la porte coulissante et la referma avec précaution derrière lui.
Les deux hommes marchèrent quelques mètres dans cet étrange labyrinthe et d'un commun accord, ils s'arrêtèrent à un croisement avant de s'enfoncer dans les ténèbres.
Georges prit une torche accrochée au mur et l'alluma avec son briquet pour s'éclairer. Sans dire un mot, l'homme à la cigarette imita son hôte. Les deux hommes se dirigèrent vers un grand escalier en pierre qui semblait s'enfoncer sous la terre. Au loin, ils entendirent des voix qui psalmodiaient une litanie dans un langage inconnu des mortels.
Sans se consulter, les deux hommes s'arrêtèrent et attendirent plusieurs minutes en tendant l'oreille. Une odeur de moisi et d'humidité flottait dans l'air mais ils s'en fichaient.
Telle une meute de hyènes affamées, Georges et l'homme à la cigarette ressentaient les peurs profondes et les angoisses du club des Tigres qui approchait de plus en plus de leur territoire. Gloussant intérieurement, cette perspective les excitait.
« Enfin, se dit Stanek, un rictus découvrant ses dents de carnassier, il pourrait se venger de ces enfants qui, autrefois, avaient osé lui mettre des bâtons dans les roues. Venez à moi mes petits agneaux. Je vous attends et cette fois, vous ne m'échapperez pas. »
L'écho de pas résonnant sur la pierre humide le sortit brusquement de sa rêverie.
Georges et le vieil homme levèrent la tête en même temps. Un sourire se dessina sur les lèvres de Stanek mais le vieil homme garda un visage de marbre.
Quatre silhouettes, dont deux hommes et deux femmes, se joignirent à eux. Une expression sinistre durcissait leurs traits tandis qu'ils allumaient leurs cierges noirs avant de disparaître dans l'abîme.
Temple Celtique
Lundi : 21h.16 P.M.
« Une odeur de renfermé et de moisi lui serra la gorge, éveillant en elle un puissant sentiment de claustrophobie. Les ténèbres épaisses l'obligèrent à marcher les bras tendus afin de détecter les obstacles risquant de lui barrer la route.
Soudain, elle remarqua six mystérieuses silhouettes assises autour d'une table ronde. Chacune tenait un cierge allumé qui projetait sur la voûte de pierre des ombres de gargouilles en rut.
Sindy entendit les six adeptes marmonner d'étranges incantations dans un langage inconnu. Elle frissonna de terreur et invoqua les forces de la lumière. À sa grande horreur, la lumière ne vint pas. Quelque chose d'autre absorbait l'énergie qu'elle appelait. Une forme spectrale, hideuse, inhumaine, commença à se matérialiser devant elle. Cela ne ressemblait à rien de ce qu'elle avait connu ou affronté dans ses expériences antérieures. Une peur glacée, innommable, la paralysa. Elle ne pouvait plus bouger. Elle ne pouvait plus respirer. Elle ne pouvait même plus prier malgré ses tentatives désespérées pour remonter à la surfaces. Les forces noires la tirait implacablement vers le bas. Elle fit un effort herculéen et ferma les yeux afin de pénétrer à l'intérieur de son âme pour communiquer avec elle ».
Sindy se redressa sur son séant lorsqu'un terrible cri la ramena à la réalité.
- Paul! paniqua-t-elle.
Le cœur battant d'angoisse, elle déposa sa main sur son front pour vérifier sa température. Brûlant de fièvre, il tremblait comme une feuille et son visage luisait de sueur.
Inquiète, la jeune fille s'empressa de tremper un linge de coton dans l'eau fraîche. Avec précaution, elle épongea son visage, son cou et sa poitrine pour le soulager. Puis, elle souleva la tête de Paul et lui donna à boire.
- Prends, mon ange. Je t'en prie, lui murmura-t-elle avec tendresse.
Grelottant, Paul but quelques gorgées tandis qu'elle le soutenait.
- J'ai froid… haleta-t-il d'une voix faible. Il tenta de regarder autour de lui. Où es-tu, Cinnie? Ses yeux s'emplirent d'horreur, puis il s'agita et cria : Fuis-les, Cinnie! Vite! Ne les laissent pas te toucher, ils vont te faire du mal!
Épuisé, il laissa retomber sa tête sur l'oreiller en sanglotant.
Bouleversée, Sindy le serra contre elle, caressa son front brûlant et l'épongea de nouveau avec de l'eau fraîche en lui murmurant doucement :
- Chut… Calme-toi, chéri. Je suis là, près de toi, et jamais je ne t'abandonnerai.
Très inquiète, elle leva les yeux vers Dana qui approchait.
Les sourcils froncés, Mulder la suivait.
Clignant des yeux, Sarah et Keven se redressèrent de leurs couches et jetèrent vers Sindy et Paul un regard rempli de compassion.
- Il y a longtemps que Paul est dans cet état, Sindy? Interrogea Dana en prenant son pouls d'un geste rapide et efficace.
Il frissonnait et grelottait sous l'effet d'une forte fièvre. Elle tira ses paupières vers le haut, vérifia le blanc de ses yeux et l'ausculta.
- Je l'ignore, avoua Sindy en s'essuyant discrètement les yeux. Quand je me suis réveillée, il était déjà agité et brûlant de fièvre.
Prenant soin de ne pas déranger Scully qui continuait son examenl, la jeune fille écouta son intuition et glissa ses mains au-dessus de Paul.
Inspirant et expirant profondément, elle se concentra quelques minutes et lâcha tranquillement :
« Son corps se fatigue, son esprit a besoin de repos et son âme nous demande de lui souffler notre force. »
Légèrement en transe, elle leva les yeux vers ses amis et ajouta :
« Je vous en prie. Venez. Nous devons former un cercle autour de lui en nous tenant par la main. »
Sans attendre, le petit groupe s'exécuta et entoura Paul.
« Fermez les yeux et concentrez-vous, reprit Sindy d'une voix douce. Imprégnez-vous de cette lumière étincelante. Ressentez sa force, sa chaleur et propulsez cette vie en lui. Ensemble, nous sommes le canal de ce pouvoir. »
Dana lança un coup d'œil vers Mulder.
Les yeux fermés, il semblait plongé dans une profonde méditation. À la fois mal à l'aise et intriguée, Scully demeurait à l'affût de ce qui allait se produire lorsqu'elle ressentit une puissante énergie qui l'enveloppait comme un cocon.
- Le moment est venu d'unir nos forces à celle de Paul, mes amis, déclara tranquillement Sindy.
Elle se tut un instant, puis ordonna d'une voix étrange et profonde : Envoyez-lui notre pouvoir! Tout de suite!
Abasourdie, Dana vit une lumière illuminer leurs mains et se propulser vers Paul. Sa tête roula sur son épaule en une sorte d'extase. La respiration lente et profonde de Mulder se confondit avec le grondement sourd et lointain de la source chaude.
Les yeux de Paul s'élargirent brusquement. Le froid qui le paralysait fut chassé de lui tandis qu'une chaleur bienfaisante parcourait son corps fatigué. L'étau qui resserrait sa tête se relâcha. Un violent spasme le secoua, puis son corps se détendit. Ses dents cessèrent de claquer et il s'endormit paisiblement.
Poussant un long soupir, Sindy ferma les yeux un instant.
- Merci à vous, bafouilla-t-elle d'une voix tremblante. Vous pouvez maintenant détacher vos mains. Je sens que Paul va mieux. Elle regarda Dana d'un air suppliant. Tu veux bien l'examiner, Dana, lui souffla-t-elle en humectant ses lèvres desséchées?
- Bien sûr, lâcha Scully compréhensive.
Dana s'empressa de prendre la température de Paul. Sa fièvre semblait tomber. Alors, elle comprit : Quelque chose s'était vraiment passé. Elle ne pouvait le nier. Ensemble, leur groupe avait construit cette force étrange et l'avait projeté en Paul. Dana l'avait véritablement senti mais ne pouvait s'expliquer ce miracle. Le processus ou quoi que ce soit d'autres existait bien en eux et leur appartenait.
- Il est tellement pâle, déglutit Sindy, interrompant le cours des réflexions de la belle rouquine.
Retenant ses larmes, la jeune fille s'approcha de son compagnon, plongea ses doigts dans son épaisse chevelure et le caressa. Malgré sa stature imposante, il lui apparaissait si vulnérable, là, étendu à ses pieds. S'efforçant de contrôler son émotion, Sindy leva les yeux au plafond et soupira. Elle tremblait lorsque deux grandes mains massèrent ses épaules. Immédiatement, elle reconnut le toucher de Mulder.
« - Oh, Fox, gémit-elle. L'apocalypse se cache en chacun de nous. S'il savait combien je l'aime… C'est de ma faute s'il est dans cet état. Il s'est laissé tomber dans la rivière pour me sauver… »
Brusquement, la jeune fille fondit en larmes. La gorge serrée, Mulder l'entoura de ses bras et la blottit contre sa poitrine en la caressant lentement.
- Ça va aller, Cinnie, la réconforta-t-il. Paul est robuste. Il va se remettre. Après tout, nous lui avons envoyé notre pouvoir! De plus, Scully le soigne. Il est donc entre bonnes mains, je te l'assure. Mais ce qui l'aidera à guérir, c'est la force de ton amour. Alors, continue à lui démontrer que tu l'aimes autant qu'il t'aime. Un amour tel que le vôtre, c'est très rare de nos jours. N'hésite pas, petite cousine. Sers-toi de cette force.
- Mulder a raison, Sindy, appuya Dana en lui souriant avec douceur. Ta force est sa force. Alors, vas-y!
Scully qui venait de terminer son examen recouvrit doucement Paul avec un sac de couchage.
Sindy se mordilla la lèvre inférieure, hocha la tête et pressa délicatement ses paupières pour essuyer ses larmes. Puis, elle se pencha vers Paul en inspirant doucement et l'embrassa sur le front.
- C'est bon. Je suis prête à me servir de cette puissance si cela peut l'aider à guérir, répondit-elle en s'efforçant de reprendre la maîtrise d'elle-même.
Elle leva les yeux vers Mulder et Scully en leur souriant avec reconnaissance. Vous pouvez vous reposer maintenant. Je vais veiller sur lui. Et toi, Keven, lui lança-t-elle en pivotant vers lui, prends bien soin de Sarah, d'accord?
Perplexe, Keven lui répondit par un signe affirmatif.
- Tu peux en être certaine, grenouille, la rassura-t-il, sérieux.
Sindy dévisagea intensément son ami et jeta un regard énigmatique vers Sarah avant de détourner les yeux. Inexplicablement, Keven éprouva un sentiment de malaise. Il adorait Sindy. Il l'avait vu grandir mais parfois, il la trouvait vraiment bizarre.
Frappée par une intuition, Dana s'approcha de Sindy.
- Je pense que le temps est venu pour toi de passer du temps, seule avec Paul, lui conseilla-t-elle. Quelque chose se prépare. Mulder, Sarah, Keven, Cathy et moi allons nous reposer un peu plus loin. Mais nous resterons vigilants. Si tu as besoin de nous, tu nous appelles.
- D'accord, Dana, rétorqua faiblement Sindy. Mais je t'avoue qu'en ce moment j'ignore ce que l'Univers attend de moi. Pour l'instant, j'ai l'impression de n'être qu'une pauvre enquêteuse cherchant à trouver la vérité à vos côtés.
- Ne dis pas de sottise, Sindy! la gronda doucement Scully. Tu as failli perdre ton amoureux aujourd'hui. Maintenant, tu as besoin de vivre un peu d'intimité avec lui. Pour ce soir, cesse de te faire du souci. Nous sommes parfaitement capables de nous occuper de nous-mêmes. Toi, reste près de Paul et laisses-toi guider par ton intuition.
Sindy tenta de sourire et repoussa sa longue chevelure en arrière. Le cœur battant, elle se pencha au-dessus de Paul et lui effleura la joue. Une barbe naissante commençait à ombrer son visage mais cela n'enlevait rien à sa séduction, pensa-t-elle en rougissant. Malgré son état, il se dégageait de lui une virilité qui l'attirait comme un papillon virevoltant autour de l'auréole d'une lumière dorée.
« Bon sang, Sindy! Ressaisis-toi! » se réprimanda-t-elle intérieurement. « Plus tard, tu auras le droit de t'attendrir. Mais pas maintenant… Plus tard!… »
« - Si Dieu le veut! », lui souffla une voix inconnue qui la fit frissonner de terreur.
La jeune fille se secoua mentalement pour chasser son angoisse. Les yeux fixés au sol, elle lâcha d'une voix étranglée :
- Tu sais, Dana, j'aime Paul. Mais cet amour qui m'habite me fait peur. Et plus nous approchons de la montagne de l'Aigle, plus ce sentiment grandit. Elle ferma les yeux tout en caressant la chevelure de son compagnon et déglutit. Je crois que j'ai peur de l'intensité de cet amour parce qu'une partie de moi a envie de se soumettre à cette force. Depuis ma tendre enfance, des gens formidables m'ont aidé spirituellement et professionnellement à devenir ce que je suis et à faire ce que nous faisons pour sauver nos enfants des forces noires. Mais « le grand amour », je crois que je n'y étais pas préparée.
- Chère Sindy, s'attendrit Dana en haussant un sourcil. Qui peut se vanter d'être vraiment préparé « au grand amour?… »
Touchée, la jeune fille éclata d'un rire léger.
- Tu as raison, Dana. Personne ne l'est dans le fond puisque le grand amour se manifeste souvent sans crier gare; parfois sur la pointe des pieds, parfois comme un troupeau de chevaux sauvages galopant dans la prairie; ou bien, il arrive sous les traits d'un vieil ami…
Sindy s'interrompit et jeta un bref regard vers Mulder qui s'allongeait tranquillement. Puis, ses yeux revinrent vers Scully qui se détourna.
- Bon… rougit Dana légèrement embarrassée. Je vais aller voir comment se portent Mulder et Cathy. Tant qu'à toi, Sindy, allonge-toi, réchauffe Paul de ton amour et essaie de te reposer. Tu en as autant besoin que nous.
- Tout à fait, lança une voix derrière elles.
Surprises, Dana et Sindy sursautèrent d'office.
- Paul! Tu es réveillé? s'exclama Sindy abasourdie.
Le cœur battant au triple galop, elle lui prit la main et la pressa doucement. Comment tu te sens, beau gosse? le taquina-t-elle.
- Fatigué… mais je reprends du poil de la bête… Surtout depuis que Dana t'as conseillé de t'allonger près de moi pour me réchauffer. Je mettrais ma main au feu que tu connais la méthode la plus efficace dans ce cas là.
Il la lorgna effrontément malgré son épuisement.
Sentant la chaleur lui monter aux joues, Sindy rougit violemment tandis que Scully s'efforçait de retenir un fou rire, mais en vain.
- Il me semble que tu prends du mieux, mon cher Paul, se moqua Dana, s'esclaffant si fort que des larmes ruisselèrent sur ses joues parsemées de taches de rousseur.
- Paul Stéphanos! se ressaisit Sindy en gloussant. Une lueur coquine dansait dans ses yeux pairs. Tu es un incorrigible dragueur!
- Effectivement, coupa Mulder qui avait l'oreille fine.
Il dévisagea Paul d'un air espiègle. Surtout, lâche pas, vieux, l'encouragea-t-il. Courtise cette jeune donzelle jusqu'à ce qu'elle fonde comme neige au soleil ».
Riant aux éclats, Keven et Sarah approuvèrent Mulder.
Les yeux levés au plafond, Sindy sifflotait pour se donner contenance. Puis, ses camarades s'approchèrent de Paul, heureux de le retrouver parmi eux.
Temple Celtique
Lundi : 21h.58 P.M.
Vêtue d'une simple combinaison, Sindy s'allongea près de Paul pour le réchauffer. Il avait encore froid et sa chaleur lui redonna vie. Sindy se faisait encore beaucoup de souci pour lui. Il le savait. Elle se pressa contre sa poitrine et commença à le frictionner pour activer sa circulation.
Un sourire béa se dessina sur le visage de Paul. Il adorait le contact de sa peau contre la sienne. Cela le détendait. Il la serra fort.
Malgré le bien-être qu'il éprouvait, cela ne l'empêcha guère de se confronter à un dilemme.
« Pouvait-il se permettre de lui demander cela maintenant ou devait-il attendre? Un mois plus tôt, il avait promis à Vickie d'essayer. Et ce soir, alors qu'il ignorait s'ils survivraient au lendemain lui parut approprier à ce qu'il fonce. »
Sindy ne s'en souvenait peut-être pas mais aujourd'hui, il était certain de l'avoir déjà rencontré dans l'invisible. Elle devait avoir près de onze ans et lui vingt ans. À l'époque, il n'avait guère porter attention à cela. Comme la plupart des jeunes de son âge, il étudiait et avait une petite amie. Cependant, une nuit après que lui et sa copine eurent fait l'amour, il avait entendu une magnifique voix d'enfant lui chanter une mélodie céleste et cette voix lui avait soufflé :
« Chaque fois que nous serons séparés, mon chant te guidera jusqu'à moi. »
Paul sursauta et sortit de sa rêverie. Il hésita, puis chuchota d'une voix douce :
- Chérie?…
- Mmmmm… marmonna-t-elle sur le point de s'endormir.
Rassemblant tout son courage, il se racla la gorge et décida de ne pas y aller par quatre chemins. Il avait trop peu de temps pour cela. Quelque chose se préparait. Une espèce de tension électrique se figeait dans l'air et il était terrifié. Seul, l'amour apaisait ses craintes.
- Si nous sortons vivants de cette aventure, serais-tu prête à envisager de m'épouser ?
Stupéfaite, la jeune fille ouvrit brusquement les yeux. Paul l'avait prise de court. Elle ne s'attendait vraiment pas à ce genre de déclaration. En tous les cas, pas aussi rapidement. Elle, qui passait facilement pour une adolescente espiègle, une flic dure à cuir, une apprentie chaman, se faisait demander en mariage! Certes, elle adorait et respectait Paul mais de se lancer dans une telle odyssée exigeait de prendre le temps d'y penser sérieusement. Le don qu'elle portait en elle n'était guère de tout repos. Paul l'avait déjà rassurée là-dessus mais quand même.
Mal à l'aise, Sindy se réfugia dans l'humour et posa sa main sur le front de son compagnon.
- Hum, marmonna-t-elle. Tu n'as pourtant aucune poussée de fièvre et tu ne délires pas!
Paul dissimula un sourire. Il connaissait suffisamment Sindy pour savoir que derrière son masque d'humour, elle était troublée. Bon signe! songea-t-il décidé à ramener sa charmante compagne sur la terre ferme.
- Oh non, Sindy. J'ai toute ma tête et je sais très bien ce que je fais en te demandant de m'épouser si nous sortons vivants de ce merdier. Je t'aime depuis longtemps et je ne veux pas te brusquer. Mais si tu acceptes de prendre le temps de penser à ma demande, je me considérerai comme un homme heureux. Vois-tu, je souhaite prendre soin de toi et je crois que c'est réciproque. De toute manière, partager ton chemin de vie serait pour moi un grand privilège.
Le jeune homme se tut un moment pour reprendre son souffle et laisser à Sindy le temps d'intégrer sa demande.
« Alors?… reprit-il en la regardant droit dans les yeux et en souriant. Es-tu d'accord pour prendre le temps d'y songer, ma chérie?
Incapable de lui résister, Sindy lui rendit son sourire, inspira profondément pour ralentir les battements anarchiques de son cœur et lança dans un souffle :
- Je te promets d'y réfléchir, Paul. Tu peux me faire confiance.
Ému, Paul la pressa contre lui et ferma les yeux.
- Merci, ma chérie, murmura-t-il en effleurant ses lèvres avec les siennes.
Au ton de la voix de son compagnon, Sindy constata qu'il était épuisé. Elle l'attira contre elle, caressa sa nuque et lui donna un léger baiser sur le front.
- Maintenant, mon ange, dors… lui ordonna-t-elle. Tu en as besoin. Repose-toi. Lâche prise. Cette nuit, c'est moi qui veillerai sur toi.
Bercé par la mélodie de sa voix, Paul obéit. Il ferma les yeux et s'endormit dans les bras de son amoureuse.
Comme promis, Sindy veilla. Elle relaxa son mental pour se ressourcer mais garda sa conscience alerte.
Quelques mètres plus loin, blotti contre Scully qui le réchauffait, Mulder éprouva soudain le besoin de parler.
- Dis, Scully? Est-ce que tu as la trouille?
Dana exhala un long soupir, hésita, puis se décida à répondre:
- Oui, Mulder... fit-elle pas très à l'aise. Depuis une semaine que nous sommes à Los Angeles, j'ai la trouille. Mais je tiens à résoudre cette enquête et j'essaie de le faire au mieux. Et toi?… s'enquit-elle en lui jetant un regard en coin. Est-ce que tu as la trouille?
- Tu parles! Je suis vert, plaisanta Fox à demi.
Il changea brusquement de sujet et ajouta :
« En tous les cas, j'espère que Cinnie dira « oui » si Paul ose lui faire sa grande demande. Mais connaissant ma cousine, elle aura besoin de temps pour y réfléchir. »
- C'est normal, Mulder, lâcha Scully, sérieuse. Une femme ne peut considérer ce genre de demande à la légère. De plus, Sindy est encore bien jeune et inexpérimentée. Considérant que Paul a déjà été marié et qu'il est père d'une fillette de huit ans, cela peut lui sembler impressionnant.
Intriguée, Dana observa Fox.
« Pourquoi cet intérêt soudain pour cette hypothèse de mariage entre Paul et Sindy? Est-ce que tu me caches quelque chose, Mulder?
Fox secoua la tête.
- Non, Scully. Je te le jure sur la tête de ma mère. J'ignore pourquoi cette hypothèse de mariage entre Paul et ma cousine me semble soudain si importante. Peut-être suis-je guidé par mon instinct de protection ou peut-être cela doit-il en être ainsi. Je ne sais comment t'expliquer ça, mais j'ai la conviction que dans notre groupe... notre noyau... ils sont le premier maillon de la chaîne, la porte donnant sur un nouveau monde, une nouvelle conscience. Et nous, nous faisons partie de cette chaîne. Désormais, nos vies ne seront plus jamais les mêmes. Est-ce que tu en as conscience, Scully?
Dissimulant mal son trouble, Dana haussa les épaules.
« Dieu du ciel! songea-t-elle la gorge nouée. Je ne sais pas trop, Mulder. Ton hypothèse me fait peur car si elle est juste, je me demande dans quel sens nos vies seront différentes?... Et puis, d'où vient cette puissance qui nous lie les uns aux autres? Dans quelle direction veut-elle nous mener?…"
Percevant son trouble, Mulder caressa la chevelure rousse de Scully et murmura à son oreille :
- Je sais, Dana. Nous sommes dans une drôle de galère. Mais nous devons nous accrocher et garder la foi. Les enfants d'aujourd'hui tout comme les enfants que nous avons été, hier, méritent que nous combattions pour eux.
Le regard océan de Scully dévisageant les traits de son partenaire s'intensifia soudain.
« Oui… lui souffla la voix de son intuition. Mulder avait raison, Tous les enfants de la planète méritaient de vivre dans un monde de paix. C'était leur ultime combat. L'aube d'un nouvel acte était maintenant sur le point de commencer. »
*** À Suivre ***
À votre avis, quel sera le nouvel acte dans ce long combat des Tigres? Comment Mulder, Scully, Sindy et leurs ami(e)s parviendront-ils à se sortir de ce marasme? Si vous avez des idées, n'hésitez pas à me les communiquer… Je suis ouverte aux suggestions. Merci et à bientôt!
