N.B. : Je tiens à remercier spécialement ma chère cousine Myriam qui a récemment fêté son anniversaire le 6 janvier. Encore bonne fête, cousine, et merci pour tous tes excellents commentaires depuis le début de cette saga X Files. Je remercie également tous les visiteur(e)s invisibles qui lisent et apprécient cette histoire. Au plaisir de vous retrouver et bonne lecture! France
Forêt Navajo
Mardi : 11h.38 A.M.
La violente secousse sismique le fit trébucher face contre terre et le rideau de pluie l'aveugla. Péniblement, Paul tenta de se relever mais une masse sombre le plaqua au sol comme au football. Sa tête heurta le tronc d'un arbre mort. Une douleur cuisante à la nuque accompagnés d'éclairs rouges dansèrent devant ses yeux exorbités.
La créature se jeta sur lui, un flamboiement jaunâtre brillant dans ses yeux verts et un effroyable rugissement jaillit de sa gorge.
À moitié assommé, Paul remarqua que l'étrange créature qui l'attaquait dégageait une puanteur d'égout mais aussi de quelque chose d'autre, odeur sauvage et néanmoins désagréable de noisettes pourrissantes. L'une des lourdes pattes de la bête s'éleva et Paul l'esquiva du mieux qu'il put. Les griffes de la bêtes ouvrirent des sillons profonds dans l'immense tronc d'arbre comme s'il s'agissait de papier mâché. Ses mains repoussèrent la créature hideuse et s'enfoncèrent dans la toison de son crâne épais.
« De la fourrure! pensa-t-il horrifié. Mon Dieu! Je touche la fourrure d'une bête qui n'existe pas dans notre monde! »
Dégoûté, Paul sentit sous ses doigts des os massifs derrière la boîte crânienne de cet espèce de "morlock ".
Il repoussa de nouveau cette tête de loup-garou sans le moindre effet. Et, s'il n'avait pas trébuché contre l'arbre mort, la chose lui aurait ouvert la gorge d'un seul coup de dents.
Griffes dehors, l'énorme patte de la créature s'abattit sur ses épaules. Il tenta de lui échapper mais se retrouva prisonnier d'une poigne puissante qui le secoua comme s'il n'était qu'une poupée de chiffons.
Les lourdes mâchoires du monstre s'ouvrirent en claquant.
- Salopard! Haleta Paul en se débattant de toutes ses forces.
Déterminé à se défendre, il enfonça son pouce dans l'un des yeux de la bête. Celle-ci poussa un rugissement de douleur tandis que de son autre patte, elle déchirait son chandail.
Le jeune homme rentra le ventre tant qu'il put mais l'une des griffes du monstre ouvrit une longue entailles brûlantes sur son buste; du sang s'écoula sur son pantalon, ses chaussures de sport et tomba en gouttes écarlates sur l'herbe. Le loup-garou lâcha un cri triomphant, souleva sa proie et la jeta contre un séquoia géant.
Choqué, Paul se cogna douloureusement la tête. Des étoiles dansèrent sous ses yeux. Il tenta de reprendre la positions assise mais s'aperçut avec horreur qu'il avait du sang partout. Luttant tout de même pour se relever, il vacilla mais tint bon. Pas question de laisser ce démon le tuer sans lui faire avaler ses dents.
Comme si elle avait lu en lui, la créature s'élança vers le jeune homme pour l'attaquer.
Bien qu'affaibli par ses blessures et sa fièvre récente, Paul ramassa péniblement un bout de bois effilé comme un pieu dans l'intention de se protéger du monstre avant qu'il ne lui bondisse dessus.
- Oh, Sindy… Vickie… murmura-t-il en lui-même. Je vous demande pardon, mes chéries. »
Le visage dégoulinant de sueur et de sang, Paul ferma les yeux, tenant fermement son arme improvisée et attendit le choc en haletant bruyamment.
« S'il devait mourir, il ne le ferait pas tout seul », songea-t-il en serrant les mâchoires.
Déterminé à se défendre, il bomba le torse et inspira profondément.
- Hé!… Laisse-le tranquille, sale bête!
La vision embrouillée par la douleur et le sang, Paul sursauta lorsqu'il crut reconnaître cette voix.
« Nom de Dieu! Fiche le camp d'ici, Cinnie! » voulut-il crier, mais aucun son ne sortit de sa gorge.
Défiant la bête, la jeune femme leva les deux bras au ciel et encouragea la créature à la regarder.
Plus tôt, elle avait été terrassée par une terrifiante vision.
Paul, Dana et Mulder étaient en danger. Et peu de temps après, elle avait entendu leurs cris désespérés.
- Hé!… répéta-t-elle avec arrogance. Regarde-moi, saleté!
Intrigué, Paul remarqua qu'elle tenait quelque chose dans ses mains. N'arrivant pas à identifier ce que cela pouvait être, il pria pour que le plan de Sindy fonctionne.
Flash back
Trente minutes plus tôt
Guidée par une intuition, Sindy avait fouillé dans son sac à dos et trouvé son vieux lance-pierres tout au fond. D'une main fébrile, elle s'en était emparée, se disant qu'elle pourrait toujours s'en servir comme arme si cela s'avérait nécessaire.
Forêt Navajo
De retour au moment présent
Le moment était enfin venu de sauver Paul de cette horrible bête. L'énorme caillou qu'elle tenait dans sa main gauche brillait de mille feux. Blanc et lisse, il semblait redoutable. Tremblante de peur, la jeune fille savait qu'elle devait agir vite. Ce caillou était sa dernière chance;
« Peu importe! lui souffla la voix de son guide. Il s'agissait de n'avoir besoin que de celle là. »
C'est alors qu'une chose inexplicable se produisit. Sa vision acquit une froide clarté et tous les éléments de la nature lui apparurent d'une précision absolue dans ses trois dimensions. La jeune femme maîtrisait chaque nuance colorée, chaque angle, chaque intervalle d'espace. Les battements accélérés de son pouls ralentirent et la panique qui l'habitait s'évanouit. Elle n'éprouvait plus que la simple convoitise du chasseur quand il est sûr d'atteindre son but. Les tremblements hystériques qui avaient agité sa main cessèrent pour laisser place à une saisie ferme et assurée. Elle inspira profondément et eut la sensation que ses poumons ne se rempliraient jamais complètement. Elle se tourna vers la gauche, attendant que la tête du démon tombât exactement au milieu de la fourche de son lance-pierres et du V étiré des deux gros élastiques.
La tête du monstre s'encadra dans la fourche de son arme improvisée.
-Il n'est pas question de te servir des tripes de mon amoureux comme déjeuner, lança-t-elle en regardant la créature d'un air presque serein. Je ne le permettrai pas.
Elle cacha l'un des yeux verts du monstre avec le cuir, puis lâcha les deux gros élastiques, tirant avec autant de souplesse et de naturel que les jours où elle s'était entraînée, adolescente, à viser sur de vieilles boîtes de conserve.
Et tandis que la jeune femme s'apprêtait à tirer, une pensée traversa l'esprit de Paul qui ignorait ce qui l'attendait :
- Je t'en prie, ma chérie… grommela-t-il entre ses lèvres. J'ignore ce que tu mijotes. Mais si ton plan échoue, nous serons foutus et je ne veux pas crever dans cette forêt immonde, prisonnier entre l'arbre et l'écorce. »
Heureusement pour lui, la jeune fille ne manqua pas sa prise. Un œil rond, le seul encore valide s'ouvrit au-dessus du museau de la bête. Sindy l'avait frappée à moins de deux centimètres de l'œil droit qu'elle avait visé.
Le cri assourdissant du loup-garou – un cri presque humain où se mêlaient surprise, douleur, peur et rage résonnèrent dans la forêt. Les oreilles de Paul teintèrent. Puis, le trou noir parfaitement rond disparut, inondé de sang. Un sang qui ne coulait pas simplement mais jaillissait de la plaie comme jaillit l'eau d'une conduite forcée. Le jet noya le visage et les cheveux du jeune homme qui ne put s'empêcher de pousser un cri de dégoût.
Les yeux flamboyants, Sindy s'avança d'un pas rapide vers le monstre qui avait eu le malheur d'attaquer son compagnon.
Témoin de cette scène, Paul s'écria :
- Tue ce monstre, ma chérie. Ne le laisse pas s'échapper!
« - Idiot! Tu ne vois pas qu'elle n'a plus de munitions," se moqua cruellement une voix qu'il ne put identifier.
Paul croisa le regard de Sindy, puis subitement, il comprit. À cet instant, si son cœur ne lui avait déjà appartenu, il aurait été instantanément conquis.
Une fois de plus, elle avait tendu son lance-pierres, ses doigts refermés sur le cuir dissimulaient le fait qu'il était vide.
- Tue cette saleté, mon ange! cria Paul en se hissant maladroitement contre le tronc de l'arbre qui l'abritait.
Son jeans et son caleçon étaient imbibés de sang. À cette minute même, le jeune médecin n'avait aucune idée de la gravité de ses blessures puisque la douleur qu'il ressentait demeurait tolérable.
Se dressant face à lui, la créature hésitait comme si elle se demandait si elle devait s'enfuir ou rester là.
À quelques mètres de l'énorme monstre, Sindy sourit. Un sourire doux, plutôt charmant… à la condition de ne pas regarder ses yeux.
- Tu n'aurais jamais dû toucher à mon petit ami, saleté, gronda-t-elle sourdement. Maintenant, je t'ordonne de retourner d'où tu viens,
L'incertitude quitta le regard vide du démon. Il les croyait maintenant. D'un mouvement souple, il pivota sur lui-même, plongea dans une des fissures provoquée par le tremblement de terre, puis se transforma pendant l'opération. La forme de son crâne s'allongea comme de la cire chaude. Sa silhouette changea et durant l'espace d'un instant, Paul crut voir qu'elle était réellement la forme de ce monstre. Son cœur s'arrêta dans sa poitrine tandis qu'un hoquet bloquait sa respiration.
- Je vous tuerai tous! gronda une voix d'outre-tombe. Cette voix épaisse, sauvage, nullement humaine fit frissonner Paul et paralysa Sindy une fraction de seconde. TUERAI TOUS!… TUERAI TOUS!… TUERAI TOUS!…
La puissance de ces mots s'estompa, se brouilla, s'éloigna… et finit par se fondre avec le rugissement de la rivière qui se gonflait sous la violence de la pluie et du vent.
Revenant enfin à la réalité, Sindy, le cœur battant la chamade, prit conscience du drame qui venait de se dérouler. Cet horrible démon avait failli tuer l'homme qu'elle aimait!
Incapable de se retenir plus longtemps, elle courut vers Paul et se jeta dans ses bras en sanglotant. Épuisé, Paul pleura aussi en la serrant contre lui. Dégoulinant de pluie, le jeune couple tremblait de froid et de peur. Pourtant, leurs lèvres se joignirent. Sans se soucier de la douleur provoquée par ses blessures, Paul la plaqua étroitement contre son torse. Sindy remarqua alors les profondes entailles sur le buste de son compagnon. Effrayée, elle pâlit.
- Mon Dieu! Mais tu es blessé! s'inquiéta-t-elle en se détachant de Paul.
Elle observa ses traits tirés par la fatigue et la douleur, s'accroupit près de son sac qu'elle venait de déposer sur le sol et commença à fouiller dedans. Enfin, elle sortit la trousse de secours. Mais Paul l'arrêta doucement d'un geste de la main et saisit ses deux poignets. Une fois de plus, il se pencha à sa hauteur et couvrit son visage et ses lèvres de baisers. Il ne pouvait se résigner à la laisser partir. Il l'étreignit sans cesser de l'embrasser et de caresser ses cheveux. Les joues baignées de larmes, la jeune fille se colla contre sa poitrine et lui rendit ses caresses et ses baisers. Dire qu'à peine cinq minutes plus tôt, elle avait cru mourir de peur quand le monstre s'était sauvagement jeté sur son bien-aimé. Mais dieu merci, Paul était toujours là et bien vivant!
- Mon ange… souffla-t-elle entre deux baisers. Sois raisonnable… Laisse-moi soigner tes blessures.
Paul soupira comme un gamin que l'on prive de dessert et à regret, il détacha ses lèvres de celle de Sindy.
- C'est d'accord, ma chérie, lui accorda-t-il, un demi sourire éclairant son visage. Il hésita avant de baisser les yeux pour examiner les entailles ensanglantées de son buste. Je crois que j'ai eu beaucoup de chance. Mes blessures sont superficielles mais il faut les désinfecter.
- C'est bon, décréta Sindy en hochant la tête. De fines gouttelettes tombèrent de ses cheveux dénoués par la force du vent. Je m'en occupe.
Joignant le geste à la parole, la jeune fille lui administra les premiers soins, désinfecta ses plaies et banda ses blessures afin de les garder propres et nettes. Lorsqu'elle eut terminé, elle plongea son regard dans celui de son compagnon.
- Ça va aller, mon ange? S'enquit-elle en le dévisageant d'un air soucieux.
Touché, Paul caressa sa joue.
- Oui, chérie. Ne t'inquiète pas. Je n'ai pas l'intention de me laisser abattre. De plus, tu as promis de réfléchir à ma demande… Tu te souviens? La taquina-t-il en lui lança un clin d'œil espiègle.
Sindy sourit tout en rougissant jusqu'aux oreilles.
- Oui, mon cher. Je me souviens et je n'ai rien oublié de ta demande.
- Je sais, mon ange.
Le jeune homme se tut brusquement. Un bruit sec de branches cassées claqua comme un coup de fouet et les deux jeunes gens entendirent des pas qui avançaient avec précaution. Doucement, Paul attira Sindy contre lui, l'entoura de ses bras et lui souffla tout bas. « Sais-tu où sont les autres? »
- Je l'ignore, lui chuchota-t-elle en lui jetant un regard navré. Je n'ai pas eu le temps de les trouver. Sarah, Keven et Cathy ont pu s'enfuir mais je crois que Dana et Fox n'ont pas eu cette chance. J'ai l'impression qu'ils ont été pris par cette bande de fous furieux.
- Alors, nous devons vite nous trouver une cachette, Sindy. Sinon, nous ne pourrons pas aider Mulder et Dana à sortir de ce merdier.
- Je crois que j'ai une idée, souffla Sindy en tirant doucement son compagnon par le bras. Viens! Suis-moi.
À demi accroupis, le couple se déplaça prudemment au travers les hautes herbes. Malheureusement, au bouts de quelques pas, les jambes de Paul cédèrent et il s'écroula sur le sol, essoufflé.
- Pardon, ma chérie. Il essaya de se relever mais n'y parvint pas. Son altercation avec le monstre et ses blessures l'avait affaibli plus qu'il ne l'aurait cru.
- Oh, Paul… s'alarma Sindy, désemparée. Appuie-toi sur moi. Je vais t'aider.
Elle l'entoura de ses bras pour le soutenir. Mal à l'aise, Paul fit un effort afin de garder son équilibre et éviter de se laisser tomber contre elle. La jeune fille ne s'en soucia guère et le retint avec une poigne d'acier.
- Fais attention, ma chérie, s'inquiéta le jeune homme. Tu vas te briser les reins.
- T'en fais pas, docteur, sourit-elle. J'en ai vu d'autres.
- Je sais mais…
- Ne te préoccupe pas de ça, mon ange, le coupa-t-elle. Tu es peut-être costaud mais je suis capable de te soutenir sans problème.
Paul acquiesça en serrant les dents.
- Tu es une vraie tête de mule, Sindy Cahill, la gronda-t-il affectueusement.
- Je sais, mon cher. Tu m'as déjà complimenté à ce sujet, il n'y a pas si longtemps, rétorqua-t-elle, espiègle.
Mais soudain son sourire se figea. Elle ressentait l'ombre du mal les envelopper comme une couverture gluante et oppressante. L'intensité de cette force maléfique lui coupa le souffle. Pâle comme la mort, elle pressa fermement la main de son compagnon.
- Ils sont ici maintenant. Ils s'apprêtent à nous cerner, chuchota-t-elle d'une voix tremblante.
Elle déglutit et se passa la langue sur les lèvres.
Accroupis sur l'herbe humide, les deux jeunes gens échangèrent un regard désespéré, flairant le piège qui se refermait sur eux. Cette certitude incita Paul à prendre une décision déchirante. D'une main ferme, il saisit le visage de Sindy et plongea ses yeux gris dans ses prunelles saphir.
- Chérie… la pressa-t-il dans un souffle. Écoute-moi… Je veux que tu partes avant qu'il ne soit trop tard parce que si tu t'entêtes à rester ici pour m'aider, cette bande de cinglés risque de te capturer aussi et…
Paul s'interrompit, refusant de continuer sa phrase. Il savait qu'il devait convaincre Sindy de partir sans lui et ça lui brisait le cœur. Mais la sécurité de Vickie et de tous les autres en dépendait.
Les yeux ruisselant de larmes, Sindy secoua énergiquement la tête. Pas question pour elle d'abandonner son compagnon à ses monstres sanguinaires.
- Non, Paul. Je ne veux pas te laisser! Je t'en prie! Ne me demande pas ça, sanglota-t-elle.
Touché par son chagrin, Paul serra la jeune fille dans ses bras et l'embrassa avec fougue. Plus que tout, il désirait la garder près de lui mais cela devenait trop dangereux pour elle.
Oh, ma chérie… murmura-t-il à son oreille. Si ce n'était que de moi, je ne te demanderais pas de t'enfuir toute seule mais nous devons éviter qu'ils ne te capturent et découvrent notre secret. Je refuse que cela se produise et qu'ils s'en servent contre toi pour te vider de ton essence et te détruire. Il retint un sanglot, puis reprit d'une voix étranglée : Je ne le supporterais pas.
- Mais, chéri! protesta Sindy en retenant ses pleurs. Je ne veux pas te perdre! articula-t-elle des larmes dans la voix.
- Tu ne me perdras pas, mon cœur. Tu connais mon instinct de survie et ma force de conviction! Je tiendrai le coup parce que je sais à quel point nous nous aimons. De plus, j'ai entièrement confiance en toi et en tes dons. Tu nous retrouveras, Mulder, Dana et moi. Et nous sortirons de ce merdier tous ensemble.
Les yeux plongés l'un dans l'autre, le couple se dévisagea avec intensité mais cette douce magie s'interrompit brutalement par une vision.
Une troupe de gargouilles volait vers eux.
Le regard de Sindy s'assombrit et elle sut qu'ils étaient sur le point d'être attaqués. L'horreur qu'elle éprouva à cet instant lui noua douloureusement le ventre.
Une gargouille fendit l'air et fonça droit sur la jeune chamane. Paul réagit immédiatement et poussa brutalement sa compagne qui perdit pied sous la violence de l'impact. Soulevant des mottes de terres autour d'elle, Sindy glissa en bas d'une pente escarpée et heurta rudement le sol. Étourdie par le choc, elle leva les yeux pour se confronter à une seconde vision qui lui arracha le cœur.
Une gargouille chargeait Paul et s'emparait de lui.
- NON! hurla-t-elle, désespérée. Laisse-le tranquille, sale monstre!
Folle de terreur, Sindy ramassa une poignée de cailloux et tira de toutes ses forces sur le démon pendant qu'il soulevait Paul au-dessus de la terre ferme. Hélas! En dépit de ses efforts, elle rata sa prise. La créature qui agrippait son compagnon s'éloignait à la vitesse de l'éclair.
- Sauve-toi vite, mon ange! hurla en elle la voix de son bien-aimé. Et souviens-toi que je t'aime!
Désemparée, Sindy vit la silhouette de Paul disparaître jusqu'à devenir un point minuscule dans le ciel.
Sanglotant à fendre l'âme, elle se recroquevilla contre un arbre, couvrit son visage de ses mains et laissa jaillir ses larmes. Combien de temps elle pleura ainsi sa peur et son désespoir, elle ne le sut jamais. Les satanistes avaient réussi à les séparer. Maintenant seule, elle devait trouver le moyen de sauver Paul et ses amis.
Des minutes aussi longue que l'infini s'écoulèrent avant que Sindy ne reprenne un certain contrôle sur elle-même. Elle inspira et expira à plusieurs reprises, puis jeta un regard autour d'elle. L'épuisement ayant raison de son corps et de son esprit, elle appela Ellie mais aucune réponse ne lui parvint.
La bouche asséchée par l'horreur, Sindy comprit qu'elle était coupée de tout secours. Désormais, elle ne pouvait compter que sur elle-même.
*** À SUIVRE ***
Hé bien! Qu'en pensez-vous?… Qu'adviendra-t-il de nos héros? Que leur réserve Stanek et sa bande?… À vous la parole chères lectrices et lecteurs et au plaisir de vous lire.
