N.B. : Merci encore chère et fidèle Myriam pour tous tes clins d'œil que tu m'offres si généreusement au travers tes commentaires savoureux à souhait. Merci d'être là, belle cousine. Je remercie également toutes les personnes qui suivent cette histoire et mes délires fantastiques. Je vous souhaite une très bonne lecture à tous! France
Forêt Navajo
Mardi : 12 h. 06 P.M.
Paul fut brutalement projeté sur le sol. Il était temps! Sa ballade dans les airs lui avait donné des nausées. Une douleur cuisante le frappa à la cuisse comme un courant électrique. Il serra les dents et attendit que la douleur s'estompe. Levant les yeux, il se trouva tout à coup nez à nez avec Sally Gillis. Toujours aussi séduisante, elle était accompagnée par un groupe d'hommes vêtus de noir. Au signal de la jeune femme, les hommes de Sally s'empressèrent de le cerner.
Sally le regarda et lui lança un sourire diabolique.
- Enfin, cher docteur Stephanos. Après tout ce temps, nous sommes de nouveau réunis. Et cette fois, vous ne m'échapperez pas. Que vous le vouliez ou non, vous serez à moi.
- Vous pouvez toujours rêver! gronda Paul sèchement.
Pour toute réponse, Sally Gillis éclata d'un rire si strident que Paul ne put s'empêcher de frissonner.
D'un pas décidé, Sally s'avança, bouscula deux de ses hommes qui s'écartèrent pour la laisser passer et se dirigea vers son prisonnier.
- Vous croyez cela, Paul, répliqua-t-elle une lueur démoniaque dansant dans ses yeux marrons.
D'un geste provocant, elle rejeta ses longs cheveux blonds en arrière et colla son corps contre celui de Paul qui resta de marbre.
- Quel effet ça te fait de sentir le corps d'une vraie femme et non d'une gamine se presser contre le tien? lui chuchota Sally, collant sa bouche contre l'oreille de son prisonnier.
Pour la première fois, elle le tutoyait.
Paul sentit le corps de sa geôlière se tortiller comme une anguille contre le sien. Dégoûté, il se dégagea d'un mouvement brusque et la repoussa mais les hommes de Sally l'immobilisèrent immédiatement.
Lentement, Sally revint à la charge en se déhanchant d'une manière obscène. Un léger sourire aux lèvres, elle s'approcha de Paul, prit sa tête entre ses mains, déposa sa bouche pulpeuses contre les siennes et l'embrassa sauvagement.
Fulminant de colère, Paul se retint de réagir.
« Cette femme est complètement folle! », pensa-t-il.
De fil en aiguille, cette réflexion éveilla en lui le souvenir de sa première rencontre avec cette garce.
À l'époque, il sortait avec Véronica et le jeune couple avait prévu de se marier dans quelques mois.
Sally était infirmière dans le même hôpital où Paul faisait son internat. Il l'avait croisée à la cafétéria lorsque Sally l'avait heurté par mégarde. Courtois, Paul avait invité la jeune femme à se joindre à lui. Au début, il l'avait trouvé sympathique mais au fil des semaines, elle lui sembla de plus en plus inquiétante et étrangement obsédée. Elle s'incrustait dans sa vie personnelle, professionnelle et dans sa vie de couple. Quelques semaines après leur rencontre, elle avait commencé à téléphoner à sa résidence à son insu. Mal à l'aise, il en avait glissé un mot à Véronica.
- Cette femme est étrange, Véro. Et je te dirais même plus, je la trouve envahissante. À l'hôpital, elle me colle aux fesses. On dirait qu'elle refuse de comprendre que je suis fiancé et que notre relation est strictement professionnelle.
- Tu lui as parlé de ce que tu ressens, mon chéri? avait répondu doucement Véronica qui avait suivi son récit avec une grande attention.
- Bien sûr! S'était exclamé Paul avec chaleur. Et je te certifie que cette femme a la tête dure. Vivement que nous soyons mariés!
Les deux amoureux avaient éclaté de rire tandis que les sonneries du téléphone se succédaient. Lorsque le répondeur s'était déclenché, la voix d'une certaine Sally Gillis avait laissé un message à Paul pour lui répéter à quel point elle le trouvait génial et adorait travailler avec lui.
Paul ne lui avait jamais retourné ses appels.
Quelques années plus tard après l'assassinat de Véronica, Sally Gillis s'était manifestée à nouveau. Malheureusement pour elle, Paul s'intéressait secrètement à Sindy. À cette époque, la jeune fille et le club des « Tigres » aidaient leur nouvel ami à retrouver sa fille, Victoria, portée disparue depuis plusieurs mois. Alors que le groupe approchait du but, Sindy qui patrouillait sur une autoroute non loin de Los Angeles avait été victime d'un carambolage meurtrier. Propulsée de son véhicule, la jeune fille avait été découverte inconsciente dans une clairière.
Une semaine plus tard, après une recherche minutieuse, John et Frank avaient réussi à prouver à la commission d'enquête que leur collègue avait été agressée sur la route par un camion remorque. Le poids lourd avait violemment frappé sa voiture de patrouille qui avait fait plusieurs tonneaux pour terminer dans un fossés.
Alertés par le cri d'une femme qui venait de découvrir la jeune fille évanouie près de son véhicule, John et Ponch s'étaient empressés d'accourir pour lui administrer les premiers soins. Le cœur rempli de tristesse, les deux policiers avaient remarqué que leur collègue et amie avait des blessures multiples. Les plus graves étant une commotion cérébrale et une vilaine fracture à la clavicule. Sindy avait été hospitalisée à l'hôpital de la Pitié, le même établissement où Paul travaillait. Leur ami n''étant pas de garde ce soir là, Dan et Keven avaient pris l'initiative de lui téléphoner d'urgence pour le prier de s'occuper du dossier de Sindy.
- S'il te plaît, mon frère! avait supplié Keven. Au nom de ses parents et de notre amitié, occupe-toi de son dossier. Les autres médecins ignorent le don de Sindy et ils risquent de tout bousiller en l'envoyant chez les maboules. Keven s'était tut un instant avant d'ajouter d'un ton plus grave. Tu sais de quoi je parle, n'est-ce pas, Paul?
Le cœur battant, Paul avait acquiescé. Depuis peu, il savait que Sindy avait des dons particuliers. Parfois, ses comportements pouvaient sembler bizarres. S'il fermait les yeux et qu'une crise survienne en son absence, sa meilleure amie risquait de se retrouver enfermée dans l'aile psychiatrique. Paul s'était donc empressé de rouler jusqu'à l'hôpital. Dès son arrivée, il avait fait pression auprès de l'administration de l'hôpital et de son collègue médecin pour se charger du cas de Sindy. Cela n'avait guère plu à Sally qui avait assisté à l'altercation des deux collègues. Pressentant l'attirance qu'éprouvait Paul vis à vis Sindy, Sally avait contesté l'initiative du docteur Stephanos en déposant une plainte contre lui mais Paul avait refusé de se laisser intimider.
Folle de rage, Sally s'était jurée de se venger. Elle voulait cet homme depuis la première fois où leurs regards s'étaient croisés. Elle le désirait. Elle souhaitait le posséder corps et âme. Et par Lucifer! Elle n'avait aucunement l'intention de se laisser évincer par cette gamine délicate.
Une gifle au visage tira brutalement Paul de ses songes. Il lâcha un cri de douleur et remarqua avec colère que Sally portait une chevalière à l'annuaire droite. L'énorme bague l'avait blessé à la joue. Sally sourit et se serra plus étroitement contre le corps viril de son prisonnier. Écœuré, il se raidit lorsque l'index soigneusement manucuré de la jeune femme alla cueillir les perles de sang qui coulaient comme de longs filets sur sa joue. Avec une langueur qui ne présageait rien de bon, Sally porta son doigt vers sa bouche et le lécha goulument.
- Maintenant, chéri, susurra-t-elle d'une voix mielleuse, tu vas assister en direct à la capture de ta charmante dulcinée.
Sur le point d'exploser, Paul voulut lancer une réplique cinglante mais Sally l'interrompit. Elle claqua des doigts et un homme lui remit un coffret d'allure très ancienne. La femme souffla dessus.
Une épaisse poussière jaunâtre dégageant une puanteur d'égout et de soufre se souleva au-dessus de la tête de Sally et enveloppa le visage de Paul comme un brouillard. Cette poussière dense déclencha une violente quinte de toux chez le jeune homme. Ensuite, un phénomène bizarre se produisit. Un écran géant s'élargit dans l'esprit de Paul et celui-ci ressentit au travers celle qu'il aimait la terreur qu'elle allait bientôt éprouver lorsqu'elle serait confrontée aux deux monstres qui la hantait depuis sa plus tendre enfance : Dave Collins et Georges Stanek.
La gorge nouée par la terreur, Paul déglutit. Sindy avait le don. Et parfois, ce foutu don jouait en sa défaveur. Fou de rage, il maudit son impuissance à secourir celle qu'il aimait. Si seulement il pouvait contacter Mulder et Dana. Hélas! Il soupçonnait que ses deux amis se débattaient dans le même bain que lui.
*** À SUIVRE ***
J'espère que ce petit chapitre aura su vous plaire. N'hésitez pas à me partager vos impressions. Cela est toujours aidant pour nous, les auteur(e)s. Au plaisir de vous lire!
