N.B. Une fois de plus, merci à toutes celles et ceux qui lisez ce roman fic X Files et partagez cette belle passion. Bonne lecture! France

Forêt Navajo

Mardi : 13 h.01 P.M.

Errant dans la pénombre, Sindy naviguait entre deux mondes. La forêt où elle se cachait n'était pas tout à fait réelle mais existait à l'intérieur d'elle-même.

Dans ce lieu étrange, elle percevait leur présence et plus particulièrement celle du croque-mitaine qui la hantait depuis l'enfance. Des bruits de coups et de pas accompagnés de cris rauques approchaient, menaçants, dans sa direction. Bien qu'elle ne pût distinguer les paroles qu'ils se disaient, elle en comprenait le sens pour les avoir entendues maintes fois, éveillée ou en rêves.

- Cinnie! chuchota une voix à l'orée de la forêt.

Perplexe, Sindy fronça les sourcils et retint un frisson. Une silhouette ressemblant trait pour trait à la prêtresse de ses rêves la contemplait, immobile.

- Où suis-je? s'enquit-elle en avalant péniblement sa salive.

- Tu es toujours dans la forêt mais tu es en transe. Il y avait de la tristesse dans la voix de la jeune prêtresse. Cinnie… poursuivit l'étrange dame. Paul va être grièvement blessé, peut-être tué. Mulder et Dana aussi.

- NON! Se rebella Sindy en plaquant ses mains sur son visage. Des larmes débordèrent de ses yeux et ruisselèrent sur ses joues. Elle pouvait accepter la possibilité de sa mort. Depuis l'accident dont elle avait été victime lors d'un carambolage, elle savait qu'elle pouvait y faire face. Mais pas celle de Paul! Ni celles de Mulder, Dana, Vickie ou de ses amis. JAMAIS!

La forêt obscure qui habitait son esprit vacilla et la silhouette de la prêtresse Tia-Atet-Râ devint indistincte, irréelle.

- Non! Ne fais pas ça, Sindy, s'alarma la jeune prêtresse!

- Ils ne mourront pas! Je ne le permettrai pas!

- Alors, il faudra que tu les aides. Ici, tu te trouves dans un monde enfoui au plus profond de toi-même. Je fais partie de ce monde et je fais partie de toi, Sindy.

- Mais tu es la grande prêtresse Tia-Atet-Râ. Tu n'es pas moi.

La mystérieuse femme la contempla avec douceur, hésita, puis reprit :

- Tu sais, Cinnie, ce n'est pas moi qui t'ai amenée ici. Tu y es venue de toi-même parce que tu savais. D'ailleurs, tu l'as toujours su. Et bientôt, tu comprendras ce qui nous relie toutes les deux. Pour la première fois depuis le début de leur conversation, Tia-Atet-Râ s'approcha d'elle et l'l'observa attentivement. Dans ce monde qui existe au plus profond de toi-même, rien ne peut t'atteindre. Cette forêt où tu te caches, toi seule la connaît. Toi et moi allons passer un moment ensemble. Puis, ce sera fini car bientôt ils seront là.

- Ils seront là? frissonna Sindy qui percevait trop bien leurs cris et leurs pas se rapprochant d'elles de plus en plus.

La peur qu'elle contenait au fond d'elle se métamorphosa brusquement en pure terreur. Elle reconnaissait ces halètements et la voix du monstre. Le terrifiant croque-mitaine de son enfance se prénommait Dave Collins et il s'apprêtait à l'agripper de ses doigts crochus.

- Sindy! Tu es venue ici de toi-même parce que tu savais… lui rappela la voix d'Ellie. Souviens-toi du rite de l'abîme.

- Oh, Tia! déglutit la jeune fille. Elle se détourna et cacha son visage de ses mains tremblantes. Est-ce que c'est lui? s'épouvanta-t-elle, son cœur battant la chamade. Est-ce que c'est Dave Collins qui vient vers moi pour me livrer à son maître?

Tia-Atet-Râ ne répondit pas et Sindy comprit que l'épreuve de l'abîme commençait. Elle ne pouvait plus y échapper.

Pour la première fois depuis des lunes, elle parvint à observer Tia-Atet-Râ et reconnut avec étonnement la femme qu'elle avait été à une époque lointaine. Toutes deux avaient les mêmes yeux pairs, bien écartés, tantôt bleus comme le saphir, tantôt verts comme l'émeraude, le même menton volontaire et la même bouche finement dessinée. Leurs longs cheveux châtains comme leurs mères dégringolaient en cascade sur leurs épaules et leurs traits enjoués portaient l'empreinte de leurs pères.

En ce bref instant, la jeune fille prenait conscience qu'une part d'elle voyageait dans un passé flou tout en inventant son présent dans la réalité qui était sienne.

- Sindy! La prévint Tia-Atet-Râ d'une voix ferme. Je sais que tu es prête à prendre de grands risques pour aider tes amis et tu dois le faire. Mais Dave Collins et Georges Stanek connaissent maintenant ton statut de gardienne. Et ce que ces monstres désirent par dessus tout, c'est utiliser votre don à toi et Vickie. S'ils parviennent à te retrouver, ces monstres n'hésiteront pas à te manipuler afin que tu les mènes vers Vickie et les autres enfants.

Tremblante de peur, Sindy écarquilla les yeux et fixa désespérément Tia lorsque celle-ci passa devant elle pour s'enfoncer dans les ténèbres.

- Attends, prêtresse! supplia Sindy. Ne pars pas! Dis-moi seulement… Que puis-je fai?…

- Je suis navrée, Cinnie, la coupa Tia-Atet-Râ en s'éloignant rapidement. Ils arrivent. Sauve-toi vite, maintenant! Cache-toi! Ne les laissent pas approcher. Fuis-les comme la peste.

- Mais, Tia! S'étrangla la jeune chamane. J'ignore si je réussirai à me cacher d'eux indéfiniment.

- Mais si, Sindy. D'ailleurs, tu les fuis depuis l'âge de tes cinq ans. Maintenant, lui recommanda Tia en ancrant son regard dans le sien, écoute-moi bien, Sindy. Si jamais ces monstres t'attrapent, il sera capital que tu trouves leur point faible.

Sur ce dernier conseil, le corps de Tia-Atet-Râ s'évapora comme une nymphe dans un brouillard lumineux.

Déboussolée, Sindy cligna des yeux, puis revint à la réalité. Son cœur bondit d'angoisse lorsqu'elle capta l'écho de leurs voix. Ses ennemis avaient flairé sa présence et élaboraient une stratégie pour la cerner dans le plan astral et terrestre. La jeune chamane ignorait si elle parviendrait à lutter simultanément dans ces deux mondes. Mais sa détermination à défendre sa vie et celles de des amis la poussa à courir à toutes jambes.

*** À SUIVRE ***

Alors qu'en pensez-vous? Sindy parviendra-t-elle à fuir Stanek et sa bande. Retrouvera-t-elle ses amis? À vous de me partager vos impressions et au plaisir de vous lire, chers lectrices et lecteur.