Disclaimer: Tout pour Christ Carter, Rick Rosner et Stephen King dans cette histoire croisée ou cross over. Ces personnages ne m'appartiennent pas mais l'histoire, si. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et bien du plaisir.

Frontière de la forêt Navajo

Mardi : 14h.45 P.M.

À quelques kilomètres du manoir de Stanek, Paul s'affaissa. Quatre hommes masqués le saisirent sous les aisselles et le remirent debout sans ménagement.

Sally Gillis lui maintenait toujours la tête et l'obligea à regarder ce qu'il refusait de voir.

Il sentait son épuisement et sa peur mais elle continuait de se battre contre ces fous furieux qui l'attaquait sur tous les plans.

« Tiens bon, Sindy! » murmura-t-il en lui-même. Peu importe... Tout ce que je te demande c'est de tenir bon. » Une gifle le ramena à la réalité. Du sang gicla de son nez. Fou de rage, Paul cracha au visage de Sally qui ne parut guère s'émouvoir. Elle sortit un mouchoir de sa poche et s'essuya la figure.

- Hum… Tu as du caractère, toubib. J'adore! Dis donc… Toi et moi pourrions enseigner l'art de l'amour à ton amie. Elle est si près, maintenant. Qu'en dis-tu, chéri? Sally se plaqua contre le torse de son prisonnier et le caressa sans vergogne.

Dégoûté, Paul voulût se raidir mais les hommes de Sally le frappèrent brutalement. Sous le choc, il se recroquevilla en grognant de douleur.

- Espèce de sale vipère! Jura-t-il entre ses dents, le souffle coupé. Si vous touchez à un cheveux de mon amie, je vous tue, que ce soit dans ce monde ou dans l'autre!

Amusée, Sally éclata d'un rire gras qui n'augurait rien de bon.

- Pauvre fou! Tu ne vois pas qu'il est déjà trop tard pour ta sale petite pimbêche. D'ailleurs, le maître a de grands projets pour elle. Accepte cette idée et regarde le tableau.

Un sourire mauvais se dessina sur le visage de la sataniste qui se tourna vers ses hommes. Emmenez-le, qu'il puisse voir le spectacle. Ça lui servira de leçon et il comprendra que nul ne s'oppose à la volonté du Maître.

D'un seul mouvement, les hommes de Sally le tirèrent en direction d'un groupe qui se battait sauvagement. Un personnage plutôt charismatique s'avança vers le médecin et lui administra un solide coup de pied au bassin avant de le forcer à se mettre à genou, la tête renversée vers l'arrière.

- Maintenant, toubib, ricana le type à son oreille, écoute ce qu'on te dit et regarde le spectacle. Je te jure que t'auras pas le temps de t'ennuyer et nous non plus.

Sur ces mots, Dave Collins tourna les talons et disparut de son champ de vision. C'est à ce moment là que Paul la vit se battre, frêle silhouette au prise avec une meute de loups affamés qui se serrait autour d'elle. Comprenant l'inégalité de cette lutte, des larmes brûlantes lui montèrent aux yeux et sa gorge se noua d'angoisse en songeant à la souffrance et la peur qu'éprouvait sans doute son amie.

Frontière de la forêt Navajo

Mardi : 14h.46 P.M.

Sindy savait qu'elle ne tiendrait plus longtemps. Les effets de la drogue ralentissaient ses réflexes. Pourtant, elle continuait de résister tout en cherchant un échappatoire vers la forêt. Trébuchant contre les racines et les branches, elle luttait à la fois contre ses faiblesses et les hommes en noir qui lui bloquaient le passage. Sa vie et celle de ses amis ne tenaient qu'à un fil. Si Collins, Stanek ou leurs adeptes la rattrapait, elle ne donnait pas cher de leurs peaux à tous les quatre.

La jeune femme fonça droit vers la rivière. Surgissant de nulle part, un homme masqué bondit vers elle et voulut la saisir à bras le corps. Sindy pivota et le frappa d'un solide coup de pied au tibia. L'homme perdit l'équilibre.

- Connarde! cracha-t-il dans un juron.

Sindy n'en fit pas de cas. Elle avait d'autres chats à fouetter. Elle descendit vers le cours d'eau en haletant. Un de ses pieds glissa sur une pierre humide. Elle essaya d'agripper une souche d'arbre, échoua et dégringola en culbutant, sa chevelure châtain roux ondoyant sur ses épaules.

- Reviens, sale garce! Hurla une voix en écho. De toute façon, tes amis et toi n'avez aucune chance de vous en sortir.

«Tu crois cela, salopard! »Songea-t-elle, espérant toujours échapper à cette bande de tarés. Mais le destin en décida autrement.

Des hommes couraient en hurlant de fureur. L'un des leurs venait de glisser en bas d'une pente abrupte.

Distraite par ces cris, Sindy n'entendit pas Dave Collins l'approcher.

Il la suivait depuis un moment et jubilait. Elle ne résisterait plus longtemps au sédatif. Mais comment arrivait-elle à tenir? Pensa-t-il, admiratif. Un être normal serait tombé dans les pommes depuis belle lurette.

Un sourire froid se dessina sur ses lèvres. Dave enfonça une main dans la poche de son pantalon et retira une arme blanche de trente centimètres de long incrustée sur les côtés d'ivoire véritable. Un bouton chromé brillait à l'une de ses extrémités. Dave pressa le poussoir. Une lame de vingt centimètres en jaillit. Le cran d'arrêt sauta dans sa paume.

Très excité, Collins marcha d'un pas vif. Bientôt, il tiendrait cette jolie poupée entre ses mains et elle allait en baver.

L'impression puissante qu'on la suivait l'effrayait..

Elle l'imaginait, genoux ployés, le pied prudent, un sourire figé sur son visage qui se déplaçait silencieusement vers elle. Saisie par un horrible pressentiment, la jeune femme leva les yeux et reconnut le croque-mitaine de son enfance.

Le sourire glacial de Dave s'élargit. Enfin! Après tant d'années, ils se retrouvaient face à face. La « Gardienne », s'avoua-t-il en gloussant avait grandi en beauté. « Tant mieux! Le plaisir de partager quelques jeux avec elle n'en serait que plus grand. »

- Heureux de te retrouver, « gardienne », la salua t-il. Je vois que mon sédatif t'a mise dans un sale état mais tu t'obstines à nous défier. Ça ne sert à rien. Déjà, les muscles de ton corps n'obéissent plus aux commandements de ton cerveau. Alors, pour ton bien et celui de tes amis, je te conseille de te rendre tout de suite.

En guise de réponse, Sindy se retourna vers les bois et fonça. Une réaction plus vive que ce à quoi il s'attendait. Elle faillit lui filer sous le nez mais… il y avait ses cheveux. Dave tendit la main, attrapa une de ses longues boucles ondoyantes et tira en grimaçant un sourire fétide.

La jeune femme se débattit, serrant les dents sous l'effet de la colère.

- Lâchez-moi! hurla-t-elle. Allez-vous faire foutre !

Collins éclata de rire et lui secoua la tête d'avant en arrière.

« Nom de Dieu! Qu'allait-il se passer, maintenant? »songea la jeune femme, alarmée.

- Monsieur Stanek souhaite vous rencontrer, ricana Collins avec fierté.

- La semaine des quatre jeudis, oui! grommela Sindy, ses yeux clairs lançant des flammèches.

Pour la seconde fois, Dave éclata de rire. La tenant toujours par les cheveux, il déposa la lame du couteau sur sa gorge et la traîna derrière lui. Elle trébucha, tomba sur un genou mais il la tira violemment. Son cuir chevelu la faisait souffrir. Des mèches de cheveux cédèrent mais elle s'interdit de gémir. Dave se retourna et lui lança un sourire moqueur. Profitant de ce moment d'inattention, Sindy le frappa directement aux couilles.

Le sourire de Dave s'éteignit et se changea en grimace d'angoisse. Son cran d'arrêt tomba dans les broussailles. Il abandonna sa prise dans les cheveux emmêlés de la jeune femme, non sans les tirer douloureusement une dernière fois et s'effondra en se tenant l'entrejambe. Elle remarqua une mèche de ses cheveux coincée entre ses doigts et ce qui lui restait de terreur se transforma en haine.

" Domine cette force, Sindy. Sers t'en. Mais ne la laisse jamais te dominer," lui avait conseillé un jour monsieur Wong.

Elle inspira profondément, et largua un glaviot d'une taille exceptionnelle sur la tête de Collins.

- J'espère que tu ne noieras avec, connard!

Chancelante, Sindy pivota et s'enfuit.

Fou de rage, Dave se releva avec précaution, tenant ses testicules meurtries entre ses mains. Il se pencha, ramassa le cran d'arrêt et se lança d'un pas mal assuré sur ses traces. Sa lèvre supérieure tremblait.

- Cela ne sert à rien de t'évader, gardienne, couina-t-il. Tu ne tiendras plus longtemps. Tout comme tes imbéciles d'amis, vous êtes cuits.

Au pas de course, Sindy s'efforçait de garder la cadence mais un point de côté l'obligea à se réfugier derrière un tronc d'arbre pour récupérer. Elle étouffa un gémissement. Son cœur battait la breloque. Terrifiée, elle entendait toujours le souffle de Collins et ses cris de rage.

- Montre-toi, gardienne! Que tu le veuilles ou non, tu es foutue. Aussi bien te résigner tout de suite.

- Pas question de t'offrir ce plaisir, trouduc! Haleta Sindy qui sentait avec effroi les muscles de son corps s'engourdir.

Elle se redressa lentement et se dirigea vers un sentier escarpé menant vers la plage. Peut-être dénicherait-elle une embarcation? Elle avança d'un pas hésitant mais s'écroula, frappée par une vision.

« Prisonniers des entrailles de la terre, des gens suffoquaient sous une poussière aride.

La terreur et l'horreur s'infiltraient dans le cœur d'une enfant perdue dans les ténèbres.

Étouffant un sanglot, Sindy tendit les bras vers la fillette mais se heurta à un mur de verre. Impuissante, elle cogna contre la paroi dans l'espoir de la détruire avant qu'il ne soit trop tard. Un profond désarroi se reflétait sur le visage blême de l'enfant.

« - Bientôt, ils s'empareront de moi, Sindy. Et c'est de ta faute! »

« - Noooon! C'est faux! Sanglota la jeune femme. Vous voulez me tromper! Vous n'êtes pas Vickie mais une simple illusion. »

« - Tu crois cela, Cynthia? lui reprocha une voix. Ma fille représente tout pour moi. Si elle meurt, tu seras la seule responsable. »

« - Taisez-vous! s'écria Sindy en larmes. Partez et laissez-moi tranquille! »

Luttant de toutes ses forces pour chasser ces voix démoniaques, la jeune femme se prit la tête entre les mains et serra. Du sang coula sur ses tempes et ses joues telles des perles couleur safran. Puis, incapable de résister, elle s'étala sur le sol boueux; paralysée, vaincue, presque inconsciente.

Lorsqu'elle s'éveilla, des mains brutales la saisirent et la relevèrent sans ménagement.

Témoin impuissant, Paul fulminait de rage. Quelqu'un avait drogué sa compagne et la malheureuse tenait à peine sur ses jambes.

Savourant son triomphe, Collins s'avança vers Sindy.

Paul reconnut l'homme qui l'avait frappé plus tôt. Ses mâchoires se durcirent et ses yeux gris se glacèrent lorsque Sally le força à regarder Dave agripper les cheveux de Sindy et renverser brutalement sa tête vers l'arrière. Ses mains parcoururent le corps de la jeune femme qui grimaça de dégoût.

Elle se tortilla pour se libérer et jeta un regard de défi vers son agresseur.

- Lâchez-la, sale porc! rugit Paul sur le point d'exploser.

D'un mouvement brusque, il s'efforça de se dégager des hommes qui le maintenaient fermement. Une série de coups de poing dans les côtes, au visage et à la poitrines lui coupèrent le souffle et il s'écroula sur le sol, cherchant sa respiration.

- Laissez-le tranquille! s'écria Sindy en retenant ses sanglots. Ne lui faites plus de mal. Elle déglutit et inspira profondément. Je suis prête. J'accepte de vous suivre. Mais cessez de vous en prendre à lui.

- Non, Sindy!… hoqueta Paul. Ne te sacrifie pas pour moi.

- Comme c'est charmant, se moqua Dave. Vous faites une belle paire de nouilles tous les deux! Maintenant, suivez-moi! Monsieur Stanek désire vous voir ainsi que vos amis, Mulder et Scully.

Le cœur battant, Paul et Sindy échangèrent un bref regard juste avant qu'on ne les traînent de force vers l'imposant manoir..i

A SUIVRE...