Et si tout était différent
Chapitre 2
Des vacances ? Non un véritable enfer !
L'été était horriblement chaud. L'apprenti sorcier était occupé à tondre la pelouse sous le regard vigilant de sa tante. Il sentait le soleil couchant lui caresser le visage. Il ferma les yeux et soupira. Il y a quelques semaines, Voldemort faisait son grand retour et lui, le survivant était là entrain de couper l'herbe du jardin des Dursley. Il continua rageusement de faire son travail. Il ne voulait pas s'attirer les fougues de son oncle et de sa tante et au moins leurs tâches ménagères bien qu'elles soient désagréables lui occupaient l'esprit. Le soir, lorsqu'il se retrouvait seul dans sa chambre, il revoyait les images du cimetière où Voldemort renaissait en juin dernier. Les images du labyrinthe dansaient devant ses yeux. Il entendait encore la discussion entretenu avec Cédric pour savoir lequel devait toucher le portoloin. Il aurait dût faire le fière et refuser de le prendre à deux. Tout était de sa faute. La voix glaciale du mage noir ordonnant à Pettigrew de tuer Cédric résonnait dans sa tête. Ce sale rat, ce traître, il l'avait épargné lorsque son parrain et Remus avait voulu venger ses parents. Il avait fait le noble et voilà la manière dont il était remercié. Il lui offrait la vie et lui aidait Voldemort à retrouver ses pouvoirs. Tout était de sa faute. Sa tristesse qui l'habitait était de la faute de Peter Pettigrew. A cause de lui, il vivait depuis 14 ans chez les Dursley qui le détestaient. Ses parents étaient morts à cause de sa lâcheté. Son parrain avait été enfermé durant 12 longues et pénibles années à Azkaban jusqu'à ce qu'il réussisse et doive passer sa vie à se cacher. Même Remus, un des meilleurs amis à son père, avait tout perdu, ses meilleurs amis, ceux qui comptaient le plus, ceux qui l'avaient aidé quand il en avait le plus besoin. Dans son lit alors que le jeune homme tentait de s'endormir il voyait Voldemort renaître, son corps reprendre forme. Les mangemorts réapparaître les uns après les autres. Il sentait encore les sensations dans son corps, les émotions qui s'emparaient de son âme alors qu'il combattait contre le puissant mage noir. Dans la nuit, il tremblait de peur, de colère, de haine, de courage, d'envie de vengeance. A chaque fois qu'il revoyait les personnes tuées par Voldemort sortir de la baguette, il espérait voir son père sortir. Cependant à chaque fois son espérance de le voir était vain. Il revoyait sa mère, jamais son père comme si ce dernier n'était pas mort. Harry Potter secoua la tête chassant ses terribles souvenirs qui reviendrait le hanter le soir venu. Il donna un coup rageur avec la tondeuse. Concentré sur ce qu'il faisait, il ne vit pas le petit chat blanc qui le regardait. Une lueur scintillait dans les yeux du félin.
Une fois son travaille finie, Harry monta rapidement se doucher avant d'aller faire le souper. Il ferma la porte de la salle de bain et soupira. Il se dévêtit de ses habits trop grands pour lui. Il tourna le robinet et laissa couler l'eau fraîche sur son corps. Il ferma les yeux et profita de cet instant de paix. Il fit le vide dans sa tête. Une fois douché, séché, habillé, il descendit faire le repas. Il se dépêcha de manger, de faire la vaisselle, de tout nettoyer pour que les Dursley n'ait rien à lui reproché avant de monter dans sa chambre. Il claqua la porte avant de prendre la gazette du jour et de lire les nouvelles encore plus désolantes que précédemment. En effet, le ministère de la magie refusait de croire au retour de Voldemort. Harry et Dumbledore étaient tout deux traités de fous. Il sourit en lisant l'interview de l'aurore personnelle du ministre. D'ailleurs, pour Harry son rôle n'était plus réellement d'être aurore mais d'être le petit toutou du ministre. L'adolescent eut un petit sourire en lisant les quelques mots que le journaliste avaient réussi à recueillir.
« Le ministre a déjà répondu aux questions concernant la rumeur comme quoi Vous-Savez-Qui serait de retour. Mon avis n'importe guère de savoir ce que je pense de la rumeur. La communauté magique se doit d'écouter ce qu'elle pense être le plus juste. Personnellement, je peine à croire les propos d'Albus Dumbledore. Fou, comme le prétendent certains, je le pense aussi. Je pense en effet, qu'il est temps pour le directeur de Poudlard de laisser sa place à quelqu'un d'autre. Mais cela ne tient qu'à moi. Quant au jeune Potter, je ne pense pas qu'il soit fou, attardé ou quoi que ce soit. Il a grandit sans ses parents, il a subit beaucoup d'épreuves depuis son entrée dans le monde magique qu'il ne connaissait pas avant ses onze ans, il est regardé comme une bête sauvage, il faut donc comprendre que lorsque Dumbledore l'a pris sous son aile pour l'aider, pour le protéger, le directeur l'ait un peu manipulé et transmis certaines de ces idées peut-être mêmes. Harry Potter est un adolescent et un sorcier avec de grands talents magiques qui a juste donné sa confiance à un vieux sorcier complètement sénile ».
Harry éclata de rire. Cet auror prenait sa défense alors qu'il venait clairement de dire que Voldemort n'était pas de retour. Les sorciers devaient écouter la bonne personne ? Pourtant, le sorcier qui clamait haut et fort la vérité n'était nul autre que Dumbledore et lui-même. Il traitait Dumbledore de fou mais pas lui. Il le croyait manipulé par son directeur mais c'était lui qui était complètement sous l'emprise du ministère.
-Et si c'était un mangemort ? murmura Harry.
Il pourrait jouer un double rôle, donner des informations à Voldemort. Cet auror intriguait l'adolescent. Il voulait en parler avec ses amis mais ceux-ci lui avaient expliqué dans leur dernière lettre qu'il était déconseillé de s'écrire sur ordre de Dumbledore car il se trouvait quelque part mais ne pouvait expliquer où. Ses amis lui manquaient mais comme chaque année, il se retrouvait là tout seul, enfermé comme un prisonnier chez les Dursley. Il voulait se battre, ne pas laisser le temps à Voldemort de prendre du pouvoir. Il continuait à feuilleter le magazine qui ne lui apportait guère beaucoup d'informations intéressantes. Il se coucha et essaya de s'endormir. A peine, fut-il parti dans le pays de Morphée qu'il revit la scène du cimetière en juin dernier. Comme à chaque fois, il espérait voir sortir son père de la baguette du mage noir. Hélas, jamais il n'arrivait, comme s'il n'avait pas été tué cette nuit-là. Il revoyait en boucle le passage où les dernières victimes apparaissaient. Il se réveilla en sursaut au son de son réveil. Il resta un instant immobile dans son lit, les bras derrière la tête. Il ne comprenait pas pourquoi son père n'était pas sorti. Serait-ce possible qu'il ne soit pas mort ? Aurait-il été tué d'une autre manière qu'avec le sortilège de la mort ? Pleins de questions bouillonnaient dans sa tête. Il voulait des réponses. Sirius ou Remus devaient sans doute pouvoir l'aider ou même Dumbledore mais il lui était interdit d'écrire à quiconque. Il entendit son oncle se lever tout en râlant. Il se prépara rapidement pour lui faire son petit déjeuner avant qu'il ne descende. En bas, il mangea vite un petit quelque chose. Vernon Dursley ignora royalement son neveu qu'il lui donna son repas. Aucun bonjour, aucun merci ne vint briser le silence. Le restant de la matinée se passa de la même manière pour Harry. Personne ne vint lui parler. Il ne pipa mot. Il se sentait invisible. Il exécutait ses tâches ménagères sans rien dire. De toute façon, il n'avait pas d'autre choix que d'obéir. Le monde des sorciers était occupé à penser à autre chose qu'à lui. La preuve ni ses amis, ni son parrain ne lui avait écrit. Ils écoutaient Dumbledore. Pourtant, il avait tant besoin de parler à quelqu'un.
-Quand tu auras débarrassé la table et nettoyer la cuisine, tu pourras faire ce que tu veux de ton après-midi, expliqua la tante Pétunia au déjeuner.
Heureux de pouvoir sortir de cet enfer, Harry se dépêcha de laver. Il n'oublia pas de rester efficace car il savait que si sa tante avait quelque chose à redire, son moment de détente était perdu. Par chance, elle ne trouva rien à redire. Il sortit discrètement de la maison. Il marcha sous le soleil de juillet. Il ne réfléchissait pas où il allait, il laissa ses pas le guider. Il entendit un bruit dans un buisson derrière lui. Il se retourna vivement. Sa main agrippa sa baguette qui était dans sa poche, prêt à jeter un sort. Mais il vit juste un chat blanc ou peut-être même un chaton tellement il était petit qui le regardait avec ses grands yeux. Il miaula avant de partir dans le buisson. Harry sourit face à cet adorable animal. Il secoua la tête ne comprenant pas pourquoi il avait ainsi pris la fuite. L'adolescent continua alors son chemin. Il s'arrêta à un terrain de jeux. Il s'assit sur une balançoire et se balança lentement. Il observa des enfants jouer et rire à côtés de lui. Leurs parents les surveillaient avec tendresse. Un pincement au cœur, lui rappela que jamais lui n'avait connu ça. Il n'avait même pas de parents.
-Oh t'as vu le zolie chat là ? cria un gamin à ses copains en tendant le doigt vers un petit félin.
Harry regarda dans la direction qu'il montra mais n'eut pas le temps de voir l'animal car ce dernier avait directement pris la fuite suite aux cris de l'enfant. L'adolescent eut juste le temps de voir un éclair blanc. Il fronça les sourcils.
-Serait-ce le même animal que tout à l'heure ? se demanda Harry pour lui-même. Tu deviens parano Harry ! Pourquoi un chat t'aurait-il suivit ! Ce n'est qu'un vulgaire chat qui joue.
Pourtant, il n'était pas convaincu. Le ciel se couvrit. Le vent souffla violemment. Tandis que les parents ramenaient leurs enfants chez eux, Harry restait assis profitant de son moment de liberté même s'il devait se terminer sous la pluie. Il ferma les yeux et profita de la fraîcheur du vent. Il ouvrit les yeux et se mit directement sur ses gardes quand il entendit un bruit venir de derrière lui. Il se retourna et se retrouva face à Dudley, son énorme cousin et sa bande.
-Alors Potter, tu as fini de nettoyer la maison ? se moqua ledit cousin.
-Oui, ta maison est propre Dudlinouchet, répondit Harry en reprenant le surnom que lui donnait la tante Pétunia que son fils détestait qu'elle utilise devant ses amis.
-Arrête de m'appeler comme ça Potter, menaça le gros garçon.
-Sinon quoi ? Tu vas me taper ? Je suis mort de peur, Dudlinouchet !
-Tu devrais pourtant Potter…
Dudley et ses copains encerclèrent Harry qui ne bougea pas d'un millimètre. Il n'avait pas peur des coups. Il sourit en voyant que Dudley n'osait pas réellement l'attaquer et que sa bande attendait son accord pour le ruer de coups.
-Tu as peur Dudlinouchet ? Tu as peur que j'en parle à mon parrain, peut-être ? susurra Harry en souriant, fière de voir que l'effet qu'avait Sirius sur sa famille.
-Tu ne lui as pas dit que tu faisais les tâches ménagères de la maison ? Ou c'est qu'il s'en fout que tu sois notre petit esclave ? fit remarquer son cousin.
-Il a autre chose à faire, je ne lui ai rien dit. Mais s'il venait à l'apprendre, je pense qu'il vous ferait une petite visite. Alors n'imagine pas ce qu'il te fera si tu oses me toucher. Peut-être un nez assortit à ta petite queue en tire bouchon !
Alors que Dudley alla le frapper, la pluie commença à tomber en trombe. La bande partit en courant. Harry marcha d'un pas rapide pour se mettre à l'abri. Il retrouva son cousin sans ses copains vers un sous-voie.
-Alors Dudlinouchet, où sont passé tes petits copains ? se moqua-t-il.
Au moment où il ouvrit la bouche, un froid paralysant les envahit. Dudley devint soudain très pâle et tomba à terre. Harry comprit ce qui se passait. Des détraqueurs étaient là. Il sortit sa baguette, prêt à lancer le sortilège du patronus. Il essaya de se concentrer sur un souvenir heureux malgré les cris de sa mère, la vision de la mort de Cédric, le retour de Voldemort dans sa tête. Il tentait désespérément de ne pas penser à ses tristes souvenirs. Alors qu'il ouvrait la bouche, prêt à lancer le sort, concentré sur le fait d'habiter avec Sirius, son plus grand rêve. Il vit apparaître un patronus de la forme d'un lion devant lui. L'animal chassa le détraqueur. Harry tourna la tête et vit à ses côtés, un homme habillé d'un long manteau et d'une capuche qui lui masquait le visage. Sa baguette en main, il regardait le détraqueur prendre la fuite tandis que son patronus protégeait les deux adolescents.
-Ca va ? demanda-t-il à Harry en lui tendant une main pour l'aider à se relever.
-Oui, je crois. Qui êtes-vous ? s'étonna l'adolescent.
-Un ami, même si tu en doutes avec le retour de Voldemort, la confiance est dure à donner.
-Vous me croyez quand je dis que Voldemort est de retour ? Vous osez dire son nom ?
Harry observait l'homme en face de lui. Une puissance incroyable émanait de lui. Jamais Harry n'avait ressentit ça face à un sorcier, pas même face à Dumbledore. Un sentiment de confiance l'apaisait et l'empêchait de partir en courant ou de le menacer. Cet homme avait quelque chose qui l'attirait. Sa posture lui donnait de la prestance. Sous son manteau noir, Harry devinait qu'il devait être bien musclé.
-Bien sûr que je te crois, Harry Potter. Pourquoi n'oserais-je pas dire son nom ? Ce n'est qu'un nom ! Toi-même, tu as bien le courage de le dire. Le courage d'un parfait petit Gryffondor !
Harry aurait juré dans le ton de sa voix qu'il lui souriait. Le lion revint vers son propriétaire qui lui caressa la crinière. Le félin se tourna alors vers l'apprenti sorcier et planta son regard dans le sien. Surpris, l'adolescent ne sut que faire tandis qu'il avait l'impression d'être jugé par le patronus. L'écho du lion s'envola soudainement.
-Qui êtes-vous ? redemanda-t-il. Comment avez-vous sut qu'un détraqueur se trouvait là ? Qui l'a envoyé ? Voldemort ?
-Je ne peux pas te dire mon nom et je m'en excuse. Je te promets qu'un jour, je t'avouerai réellement qui je suis. Je te le dois bien Harry Potter. Mais pour l'instant tu devras te contenter de mon aide sans poser trop de question. Je t'ai à l'œil, voilà pourquoi j'ai été là si rapidement. Non, je ne suis pas envoyé par Voldemort pour t'espionner. Je travaille pour moi-même. J'ai une idée, je te l'avoue de qui te l'a envoyé mais ce n'est qu'une supposition alors je vais garder ça pour moi. Mais je ne pense pas que ce soit Voldemort, vu qu'aux dernières nouvelles, les détraqueurs sont encore sous les ordres du ministère.
-Le ministère ? Vous croyez que c'est le ministère qui m'a envoyé des détraqueurs mais pourquoi ? Pourquoi vous est-il impossible de me donner votre nom ? Juste votre nom ! Si justement vous savez qu'un jour vous me direz la vérité…
-L'espion de l'ordre du phénix arrive. Je vais te laisse avec elle. Et oui, Dumbledore te fait surveiller ! Au fait, tiens, chocolat suisse réputé pour être excellent. En voilà aussi pour ton cousin quand il reviendra à lui-même, lui expliqua l'inconnu en lui tendant deux plaques de chocolat suisse. Au revoir Harry. Je suis flatté de t'avoir enfin vu en vrai.
Avant qu'Harry ait eut le temps de dire quoique ce soit, l'homme avait disparu le laissant là tout seul complètement perdu. Il ouvrit la plaque de chocolat et mordit dedans.
-Il a raison, c'est excellent, murmura-t-il perdu.
Quelqu'un arriva interrompant l'adolescent dans ses pensées. Il se retourna vivement pour faire face à Mme Figg sa vielle voisine.
-Bonjour madame, salua Harry en tentant de se mettre devant son cousin pour ne pas attirer l'attention de la vieille dame.
-Bonjour Harry. Comment as-tu fait partir le détraqueur. J'ai sentit leur froid terrible m'envahir avant mais j'étais trop loin venir tenter de t'aider. Et je ne suis pas assez puissante. Je suis presque une cracmol, je parviens juste à exécuter les sorts les plus basiques.
-Vous êtes une sorcière ?
-Oui, d'ailleurs viens il faut que tu rentres chez ta tante. Je te laisse porter ton cousin, je n'ai pas beaucoup de force.
Harry aida Dudley à marcher. Son cousin commençait à reprendre connaissance mais semblait terrorisé. Il prit docilement le chocolat que lui donna son cousin. La pluie tombait sur leur tête. La vieille dame restait bien sous son parapluie tandis que les deux adolescents était complètement mouillés. Arrivé devant la maison des Dursley, la vieille dame se tourna vers Harry et lui fit un sourire encourageant.
-Vas-y tout seul Harry, je n'ai pas le droit de venir. Il ne faut pas que ta famille sache que je suis une sorcière. Dumbledore te contactera rapidement. Ne te fais pas de soucie. Je vais aller l'avertir de ce qui s'est passé.
-Attendez ! Madame Figg ! Cria Harry mais la vieille dame ne l'écoutait plus et rentrait tranquillement chez elle.
Il prit donc son courage à deux mains, après tout il n'était pas un Gryffondor pour rien. Il entra dans la maison. Sa tante lui sauta à moitié en criant comme une hystérique en voyant son fils dans cet état. Il le posa sur le divan au salon. L'oncle Vernon s'approcha de son neveu de manière menaçante. Harry commença à avoir un peu peur. Sa tante quand à elle, s'occupait de son fils adoré. Il continuait à manger le chocolat que son cousin lui avait donné.
-Toi ! Que lui as-tu fait ? rugit l'oncle Vernon rouge de colère.
-Rien, je vous le jure ! s'écria Harry. Ce sont les détraqueurs qui nous ont attaqués. Je n'ai rien fait, du tout, je vous le promets.
-C'est de ta faute quand même, toi et tes petits copains anormaux avez fait du mal à mon fils unique. Tu vas le regretter Potter…
Tandis qu'il parlait, une lettre tomba devant son neveu. Ce dernier prit l'enveloppe et ouvrit d'une main tremblante se demandant ce que le ministère pouvait bien lui vouloir.
« Cher Monsieur Harry Potter,
Comme vous le savez il est interdit aux élèves de premiers cycles d'utiliser la magie en dehors du collège Poudlard. Nous avons été informés qu'en fin d'après-midi, aujourd'hui, vous avez utilisé le sortilège du patronus ce qui vous est interdit. Je suis donc dans l'obligation de vous contacter pour faute. Vous êtes convoqué au tribunal le 19 juillet à 10h précise. Tâchez d'être présent.
Avec mes salutations les plus distingués,
Amélia Bones,
Département de la justice magique »
-Alors ? gronda son oncle plus rouge qu'à son habitude.
-Je suis convoqué par le tribunal magique pour avoir soi disant utilisé la magie. Alors que ce n'est pas moi qui ai fait partir les détraqueurs.
-Qui alors ?
-Un inconnu. Il portait un long manteau et une capuche pour ne pas être reconnu.
-Je ne te crois pas mon garçon, tout est de ta faute ! Voilà ce que je pense, tu as voulu faire du mal à mon fils…
-Non, papa, murmura Dudley. Harry n'a rien fait. Un inconnu est arrivé. Harry ne m'a pas fait de mal. Laisse le papa, s'il te plaît.
-Mais mon fils…
-Merci Dudley de me croire. Je sais que rencontrer les détraqueurs est une expérience traumatisante.
-Merci à toi Harry, sans toi je ne sais pas où je serais !
Les parents échangèrent un regard d'incompréhension, voilà que leur fils devenait ami avec son cousin. Où allait le monde ? Alors que les parents allaient dire quelque chose, la sonnette retentit coupant court à toute discussion. L'oncle Vernon partit ouvrit la porte qu'il referma aussitôt en voyant sur le seuil deux sorciers face à lui. Mais la porte se rouvrit pour laisser entrer l'auror Alastor Maugrey et Remus Lupin. Tous deux entrent dans le salon à la recherche d'Harry.
-Professeur Lupin et Monsieur Maugrey ! s'exclame Harry surpris de les trouver là.
-Salut Harry. Cesse de m'appeler professeur Lupin veux-tu ? Je ne suis plus ton professeur. Appelle-moi Remus !
-Nous venons te chercher pour t'amener au QG de l'ordre du Phénix, expliqua l'auror alors que son œil en verre observait tout ce qui se trouvait autour de lui.
-Le QG de quoi ?
-Le QG de l'ordre du Phénix. Nous t'expliquerons tout ça plus en détail quand nous serons là-bas, lui répondit Remus. Vas faire ta valise et rejoins nous ici dans 10 minutes.
Sans plus attendre, Harry monta préparer ses affaires. Il avait espéré durant toutes ses vacances que quelqu'un vienne le chercher pour le sortir de cet enfer. Maintenant que la liberté s'offrait à lui, il se dépêchait d'aller la retrouver. Même si la peur de se faire expulser de l'école lui tirailler les entrailles, il était heureux de quitter cet endroit. Cette lettre du ministère n'annonçait rien de bon ainsi que l'attaque des détraqueurs n'annonçaient rien de bon. Il tira sa grosse valise dans l'escalier. Maugrey et Remus lui expliquèrent qu'ils allaient quitter Privet Drive sur leur balai. Harry ne connaissant pas le QG de l'ordre devrait bien faire attention et bien les suivre. Après les explications, le moment de l'au revoir avec sa famille arriva. Mal à l'aise, Harry se retourna vers eux.
-Et bien au revoir. A l'été prochain, murmura l'adolescent, gêné de ses froids adieux devant les deux sorciers.
-Au revoir Harry, répondit sa tante sans le regarder.
Son oncle marmonna quelque chose d'incompréhensible pour tous mais qui ne devait guère être très encourageant et très amical. Harry allait sortir dans le jardin pour décoller, ne pensant pas que son cousin pourrait avoir envie de lui dire au revoir. Mais au plus grand étonnement de tous, Dudley retint son cousin par le bras et planta son regard dans le sien.
-Merci Harry de m'avoir sauvé la vie. Je t'en serais éternellement reconnaissant. Je te demande pardon parce que je n'ai pas toujours été gentil avec toi, pour ainsi dire jamais ! Excuse-moi. J'espère que tout se passera bien pour toi. Au revoir Harry et à la prochaine, s'excusa Dudley, les joues rougissantes.
Une fois sa tirade terminée, il lâcha son cousin pour le laisser partir. Cependant Harry resta pétrifié sur place. Il ne savait guère comment réagir. Jamais il ne s'était attendu à une telle réaction de son cousin.
-De rien Dudley. Mais je n'ai pas fait grand-chose, j'allais le faire quand l'autre est arrivé. Merci pour tes excuses… Bonne chance pour toi aussi, répondit Harry, sentant les larmes montés.
A la plus grande surprise des quatre adultes présents, les deux cousins s'étreignirent. Leur étreinte terminé, Dudley monta rapidement dans sa chambre et Harry passa devant un Remus et un Maugrey médusé pour aller les attendre dans le jardin. Pour la première fois depuis les 14 ans qu'il habitait là, jamais Harry n'avait ressentit la sensation de quitter sa famille. Son cousin l'avait remercié, lui avait demandé pardon. Il eut un petit sourire à la pensée que l'attaque des détraqueurs aura au moins eu quelque chose de bénéfique. Il monta sur son éclair de feu et suivit les deux autres sorciers qui le conduisirent au QG de l'ordre du Phénix.
