Akan: non Neve Nere n'est pas thérapeutique! Mais lorsqu'il voit son maître aller mal dans son sommeil, il connaît la solution pour le calmer... C'est un chat spécial, on dira! Bonne lecture

Momographie: Désolé si c'était collé. C'est parce qu'il y avait peu de dialogues dans ce chapitre. J'ai fait beaucoup de description. Mais dans celui-ci, il y a de nouveau pas mal de dialogues donc le texte sera mieux aéré! Bonne lecture. J'espère que ca ira mieux pour les yeux.

MagaliHP: Merci pour ton commentaire. Normalement Harry finira avec Ginny sauve si une nouvelle idée se développe dans mon cerveau! Bonne lecture


Et si tout était différent

Chapitre 10

« Pourquoi m'avoir aidé ? »

Les jours passèrent et se ressemblèrent. La vie à Poudlard avait repris son cours. Le quotidien avait recommencé. Un enchaînement de devoir, manger, dormir… Les cours avec Ombrage n'avaient fait qu'empirer. Ils continuaient à lire tout simplement. Harry ne pouvait s'empêcher de temps en temps de lui répondre. La nuit, il rêvait souvent d'une porte métallique. Il savait que Voldemort voulait quelque chose en lien avec. Hermione pensait qu'il ferait mieux d'aller en parler avec Dumbledore à propos de ses rêves et de ses retenues. En effet, après chacune de ses retenues effectuées dans le bureau rose du professeur contre les forces du mal, il revenait avec la main ensanglantée. Le plus étrange était que le lendemain matin, sa main avait guérit. Il ne faisait rien, aucun pommade dessus, rien et elle guérissait seule. Plus le temps passait, plus sa main était de manière à ce que quasi aucune cicatrice ne soit, plus ses cauchemars étaient calmés, plus Harry était perdu… Parfois, il se demandait même si quelqu'un n'entrait pas dans sa chambre durant la nuit. Il ne lui restait plus beaucoup de temps pour retourner à sa nouvelle retenue dans le bureau rose.

-Harry, il faut que tu fasses attention à ce que tu dis. Ombrage te provoque. Tu ne dois plus y répondre. En un mois, tu as déjà eu trois retenues, lui rappela Hermione.

-Je sais, Mione mais c'est dur. Elle me traite de menteur, elle me provoque. C'est normal que je réagisse.

-Tu te bousilles la main en réagissant.

-Ca va, j'ai compris. Je ne dirais plus rien maintenant. Bon, j'y vais. Je ne veux pas être en retard non plus. Elle va en profiter pour me coller une nouvelle fois. Bye.

-Bye. A toute à l'heure, répondirent ses deux amis.

Il traversa les couloirs pour se retrouver à nouveau face au bureau d'Ombrage. Il soupira avant de toquer. La porte s'ouvrit rapidement et laissa voir la face d'Ombrage qui souriait.

-Vous êtes pile à l'heure, monsieur Potter. Je vais commencer par croire que vous aimez être en retenue avec moi.

Il ne répondit. Il n'allait pas lui donner cette satisfaction. Il prit place sur la petite chaise. La plume et le parchemin l'attendaient. Pourtant, le professeur tenta alors une nouvelle approche de provocation.

-Je crois que votre père était également très réputé pour les retenues, non ? Ca doit être un trait de famille d'aimer se faire coller et braver les interdits…

Alors qu'Harry allait rétorquer, des coups à la porte le rappelèrent à l'ordre. Il réussit à ne pas insulter son professeur. Il détestait quand quelqu'un osait dire quelque chose de négatif sur ses parents. Alors de la part de ce crapaud, il n'allait pas se gêner de lui rentrer dedans si elle disait un mot de travers. Il la vit faire une grimace à l'entente des coups. Elle espérait tant que le gamin allait répondre enfin à ses provocations. A contre cœur, elle ouvrit la porte. Harry ne vit pas la personne mais remarqua un sourire charmeur sur les lèvres de son professeur.

-Mon cher Vincenzo, quel bon vent vous amène ? susurra-t-elle.

-Je devais vous parler. Vous avez un moment ?

Elle tourna la tête vers Harry qui attendait toujours sans rien faire et lui jeta un regard noir. Elle réfléchit puis se poussa pour laisser entrer son visiteur.

-J'ai un élève qui est en retenu mais entrez seulement. Je suis toute à votre écoute.

Tellerino jeta un coup d'œil à Harry. Il croisa son regard et la même sensation qu'il n'était pas si mauvais le prit comme lors de son audience. L'adolescent était étonné de la présence de l'auror.

-Potter, salua-t-il avant de lui tourner le dos. Harry n'eut même pas le temps de lui répondre.

-Potter, vous savez ce que vous avez à faire, n'est-ce pas ?

-Oui professeur.

L'adolescent prit alors sa plume. Il la posa sur son parchemin. Mais alors qu'il voulait écrire, il vit la main de l'auror qui lui tournait toujours le dos lui piquer sa plume. Il regarda médusé l'homme sortir une nouvelle plume et la lui mettre en main. Il ne comprit pas ce qui se passait. Tellerino venait de lui enlever la plume qui le faisait pisser le sang. Cet homme était vraiment surprenant. Il l'observait ahurit pas son geste. Il lui avait tourné le dos et avait joué l'être froid pour lui éviter la torture. Ou alors, la nouvelle plume était pire que l'ancienne. Harry le vit se tourner vers lui avec un petit sourire en coin.

-Et bien Potter, faites votre boulot, non ?

Harry acquiesça. Oui, il avait du boulot. Mais à quoi jouait cet homme. D'abord, il fait croire qu'il est comme tous ses petits chiens du ministère et maintenant il lui rend service. Il posa sa plume et commença à écrire espérant que l'encre soit rouge et qu'Ombrage ne voit pas la supercherie, même s'il n'avait rien fait. A sa grande surprise, l'écriture fut rouge sang mais aucune douleur à la main ne le prit. Il leva la tête vers l'homme. Celui-ci discutait à voix basse à son professeur. Il décida de faire sa punition tout en essayant d'écouter ce que Tellerino avait de si important à raconter. Sa main écrivait machinalement. Il avait tellement l'habitude de cette punition qu'il ne devait même plus réfléchir. Il put essayer d'écouter leur conversation. Il garda la tête basse pour ne rien laisser entrevoir et la leva de temps en temps. Soudainement, son professeur éclata de rire. Il vit l'auror lui répondre par un faux sourire. Elle posa sa main sur son bras. Harry eut envie de vomir. Elle le draguait ouvertement devant lui.

-Le pauvre, songea Harry, dragué par un crapaud rose.

Mais quel ne fut pas le choc de l'adolescent en voyant l'auror lui faire un sourire charmeur. Certes, l'homme semblait crispé, voire dégoûté mais il donnait l'impression de la draguer. Harry grimaça. Par chance, il n'entendait pas ce qu'ils racontaient. Il devait lui dire des choses qui plaisaient à son professeur car elle était aux anges. Soudainement, elle s'avança vers lui. Doucement, ses pas l'approchèrent de son corps musclé. Il eut un mouvement de recul et Harry devina même du dégoût dans ses yeux. Pourtant, il réussit à garder son sourire charmeur. L'adolescent voulait rire. A quoi jouaient ces deux là ? Il retenait son sourire alors que la face de crapaud s'approchait dangereusement de l'auror qui semblait réfléchir à milles allures pour se débarrasser d'elle. Il jeta un coup d'œil à l'adolescent qui les observait sans retenu mais qui baissa les yeux lorsqu'il croisa le regard de l'auror. Il reprit son travail. Il entendit alors son nom par l'auror. Il leva discrètement les yeux et vit Ombrage reculer. Elle s'approcher de l'adolescent.

-Le message a pénétré Potter ?

Harry ne sut que répondre. Sa main ne saignait pas. Elle allait comprendre que quelque chose n'allait pas. Il posa son regard sur sa peau. Il fit de grands yeux. Du sang coulé de sa nouvelle écorchure. Il n'avait rien sentit. Il avait cru que la plume de Tellerino n'allait pas le blessé. Mais en fait, il s'était habitué à la douleur. Il ne comprit pas comment c'était possible.

-Oui, professeur, répondit-il d'une petite voix.

-Sortez alors.

Il ne se le fit pas prier. Il sortit en trombe de la pièce en jetant sans homme. Il sentait le regard de l'auror dans son dos. Dehors, il regarda à nouveau sa main mais il n'y avait plus rien, plus la moindre trace de sang. L'écorchure avait disparu. Tellerino avait fait quelque chose il en était sûr. Il monta en courant dans la tour de Gryffondor. Il emprunta les passages secrets. Il entra dans la pièce et ne dit rien à Ron et Hermione qui le stoppèrent. Ils voulurent savoir pourquoi il était si pressé.

-Je dois parler à Tellerino. Je vais chercher ma cape et la carte des maraudeurs pour savoir quand il va quitter le bureau d'Ombrage, murmura Harry avant de se dégager.

Ron et Hermione échangèrent un regard. Ils n'avaient rien compris, excepté les mots « parler », « Tellerino », « bureau d'Ombrage »… A leur côté, Neve Nere qui attendait son maître ouvrit de grand yeux. Il resta figé un instant. L'animal observa son maître redescendre, ressortir immédiatement de la salle commune suivit de ses meilleurs amis. Le félin miaula avant de partir à leur suite.

-Harry, attends nous, crièrent Ron et Hermione.

Harry s'arrêta net au milieu du couloir. Trop surpris, les deux autres lui foncèrent dessus. Ron grommela. Harry sortit la carte et pointa sa baguette dessus.

-Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Les trois amis observèrent la carte. Dans le couloir du bureau d'Ombrage, Tellerino marchait. Le nom de l'auror sur la carte était un peu floue.

-Qu'est-ce qu'il faisait là ? demanda Hermione pendant qu'ils descendaient pour le croiser.

-Je l'ignore. C'est pour ça que je veux lui parler. Il est entré alors que je n'avais pas encore commencé à écrire. Il était étrange. Il m'a snobé et m'a tourné le dos. Sans que je comprenne quoique ce soit, il a prit la plume qu'Ombrage m'avait donné et qui utilise mon sang pour écrire et il m'a mit une nouvelle plume qui écrit en rouge sans encre. Il a dit qu'il avait quelque chose à dire à Ombrage mais je n'ai rien entendu. A la fin, elle le draguait ouvertement et lui répondait par des sourires charmeurs. Beurk, j'ai cru que j'allais gerber sur place. Puis, il a rappelé à Ombrage que j'étais là. Elle a voulu voir ma main pour voir si le message avait pénétré comme elle dit. Et là, sans que je comprenne comment, ma main saignait. Je suis sortit, il y avait plus rien. C'est lui qui a fait quelque chose de louche.

-Pourquoi t'aurait-il aidé ? s'étonna Ron.

-Je l'ignore. Mais il est vraiment glauque. Déjà lors de mon audience et avant surtout, il était gentil avec moi. Je ne le comprends pas et c'est pour ça que je veux lui causer.

Les trois amis descendirent en courant tout en gardant un œil sur la carte. Ils s'arrêtèrent au coin d'un angle. Ils virent Dumbledore arrivé alors que Tellerino était dans le hall d'entrée. A coup sûr ces deux là allaient se voir. Ça n'annonçait rien de bon. Les fouineurs se cachèrent près à écouter ce qui allait être dit.

-Tellerino ! Que faites-vous dans mon château ? tonna la voix grave du vieux directeur.

Les autres amis échangèrent un regard. Tellerino était sur le terrain de Dumbledore. Il n'allait pas pouvoir lui parler comme lors de l'audience où tout le monde était contre le vieux sorcier. Mais à leur plus grande surprise, l'auror se retourna et sourit à Dumbledore. Il le nargua du regard.

-Il est sexy en fait, pour un toutou du ministère, murmura Hermione.

Les deux autres la regardèrent comme si elle était devenue folle.

-Votre château ? J'ignorais que vous aviez participé à la construction de cette école. Vous êtes donc si vieux que cela ? se moqua l'auror.

-Vous n'êtes qu'un petit insolent prétentieux qui croit tout savoir. Cette école est sous ma direction et j'exige de savoir ce que votre présence non désirée était-elle là.

-Cette école n'est pas plus la vôtre. Vous êtes peut-être le directeur, Dumby mais elle ne vous appartient pas. Au contraire, elle est là pour les élèves. Vous êtes là pour superviser les choses. Vous ne servez pas à grand-chose de plus. Et en effet, je sais beaucoup de choses, ajouta-t-il en souriant.

-Ce n'est pas parce que le ministre vous adore, Tellerino que vous êtes un sorcier puissant. Vous ne méritez pas votre place de chef des aurors et vous le savez.

Au grand étonnement des adolescents cachés et de leur directeur, Tellerino éclata de rire. Il sourit à Dumbledore. Il secoua la tête et continua à rire avant de se reprendre. Il reprit son sérieux mais garda son sourire en coin.

-Voilà donc le problème, vous venez plaidoyer pour votre petit-ami ?

Harry, Ron et Hermione furent estomaqués. Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Ils virent Dumbledore perdre toutes ses couleurs mais il ne laissa rien paraître.

-Je ne vois pas de quoi vous parlez.

-Oh oui, vous voyez de quoi je parle. Ce n'est pas votre petit-ami ? Juste votre amant ? Vous n'êtes plus ensemble ?

-Ma vie privée ne vous regarde pas, siffla Dumbledore.

-Toujours amant hein ? le provoqua l'italien en ricanant. L'image me dégoûte un peu, je l'avoue. Vous imaginez tous les deux, me donnent des cauchemars. Mais c'est plutôt mignon de voir comme vous venez défendre Maugrey.

-Je ne défends pas Alastor, rugit Dumbledore qui semblait mal à l'aise sous le regard ahuris des étudiants.

-Si vous le dites. Avouez quand même que vous ne me connaissez pas. Vous me détestez parce que je ne suis pas vos idées…

-Vous rirez bien moins lorsque Voldemort attaquera, répliqua le vieux sorcier en souriant.

-Je ne suis pas vos idées à vous mais je n'ai pas dit que je ne suivais pas celle de Potter. Vous voyez Dumbledore, si au lieu de me juger ou de croire sur parole les idiotes de votre amant, vous vous apercevrez vous-même que je ne suis peut-être pas si débile et inoffensif que vous voulez le croire.

-Pour les italiens, vous êtes peut-être un sorcier « puissant », mais ici en Angleterre vous n'êtes rien Tellerino. Et arrêtez vos insinuations sur ma vie privée, répondit Dumbledore le regardant dégoûté.

Jamais les trois adolescents n'avaient vu leur directeur parler ainsi. D'habitude, il savait être calme. Pourtant, Tellerino savait le faire sortir de ces gongs. Sûrement car il était le seul à dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

-Détrompez-vous, même en Angleterre mon niveau de magie est plus élevé comparé à la moyenne. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais y aller…

-Que faisiez-vous dans ce château ? Vous ne m'avez toujours pas répondu et j'exige une réponse.

-Je faisais votre boulot. Apprenez à le connaître votre château. A plus. Oh, et au passage, pas d'inquiétude, je saurai rester discret à propos de votre relation intime avec Maugrey, ajouta l'auror hilare.

Sans attendre de réponses du vieux sorcier, il sortit. Harry, Ron et Hermione espéraient vraiment pouvoir discuter avec Tellerino. Sa discussion avec Dumbledore avait encore plus éveillé leur curiosité. Par chance, leur directeur monta rapidement les marches derrière lui et disparu dans le château. Ils regardèrent la carte pour s'assurer qu'ils ne risquaient pas de se faire prendre. Harry sourit en voyant que Neve Nere les avait suivi.

-Reste dedans et sois discret, ordonna-t-il.

Pour toute réponse, l'animal miaula. Il rigola et lui donna une dernière caresse. Ils sortirent et coururent derrière l'homme qui marchait passablement lentement, comme s'il s'attendait à être suivit.

-Attendez ! Monsieur Tellerino ! S'il vous plaît, attendez, crièrent les trois amis.

Près de la sortie, alors qu'ils n'étaient plus visibles du château, l'auror s'arrêta et se retourna. Il esquissa un sourire devant les adolescents essoufflés.

-Bonsoir jeunes gens. Vous n'avez pas un couvre-feu ?

-Pourquoi avez-vous échangé la plume au début de ma retenue ? interrogea Harry en plongeant son regard dans le sien mais l'auror coupa rapidement le contact visuel.

-Je croyais que c'était clair. Je vous ais évité une nouvelle marque sur la peau.

-Comment saviez-vous que j'étais en retenue et pourquoi m'avoir aidé ?

-J'ai des sources assez importante, Harry, si tu permets que je t'appelle par ton prénom…

L'adolescent accepta d'un signe de tête.

-Je sais que tu réagis un peu trop aux provocations d'Ombrage. Ces retenues archaïques n'auront aucun effet sur toi. Au contraire, tu seras peut-être plus motivé à ne pas lui faire plaisir. Elle continuera à te torturer la main jusqu'à que tu sois un bon chien bien docile.

-Vous faites autant partie du ministère qu'elle pourquoi seriez-vous différent ?

-Je viens de t'éviter d'avoir la main en sang, tu veux une autre réponse pour te dire que je suis différent d'elle ? Je ne suis pas sûr, entre nous, que les arguments de ton directeur lors de ton audience aient réellement eu un effet sur l'assemblée. Alors que mon idée du transeo veterea était plutôt bonne.

-Pourquoi faites-vous ça ? Vous me prenez pour un fou et…

-Je n'ai jamais dit que tu étais fou.

-Non, bien sur, le ministère me croit sain d'esprit. Je n'ai pas raconté de mensonges récemment selon vous ?

-Selon moi, tu as dit la vérité. Ce que pense le ministère n'est pas ce que je pense.

-Quoi ?

-Je n'ai jamais dit que tu avais mentit, Harry. Dans toutes les interviews, j'ai sauvé mon poste lorsqu'on me posait la question « est-ce que Voldemort est de retour » et répondant « le ministre a déjà répondu à la question ». Voilà ce que j'ai dit. Je n'ai pas donné mon avis. Je te crois Harry Potter. C'est envers Dumbledore que je n'ai pas confiance.

-Pourquoi ? Vous venez d'Italie, que peut-il vous avoir bien fait pour ne pas avoir confiance en lui ? C'est un des plus grands sorciers d'Angleterre et même du monde, contredit Hermione.

-Être un grand sorcier ne rime pas avec le bien. Je sais des choses sur Dumbledore…

-Qu'il serait le petit ami de Maugrey ? remarqua Harry.

-Entre autre. Mais ce n'est qu'un petit détail. Je ne supporte pas ces manières de vouloir de tout savoir, de croire tout savoir…

-Vous pensez aussi tout savoir, coupa Ron.

-C'est vrai, je l'avoue. Sauf que j'avoue aussi que cette connaissance ne fait que m'éloigner des êtres qui me sont chers…

La fin de la phrase ne fut dite que d'un murmure à peine audible. Harry peina à comprendre. Cependant, il vit un voile de tristesse dans les yeux sombres de l'italien lorsqu'il croisa son regard. C'était la première fois qu'il découvrait les véritables émotions de l'auror. Il jouait tout le temps. Lorsqu'il « draguait » Ombrage, il jouait la comédie, lorsqu'il parlait à Dumbledore avec son air prétentieux, ce n'était pas lui, non plus. Soudainement, Harry le perçut sous un nouvel angle. Cet homme l'avait intriguée dès leur première rencontre mais quelque chose d'inexplicable le touchait, comme s'il se sentait lié à l'auror.

-Faites partie de l'ordre du phénix, proposa Hermione. Vous avez dit croire au retour de Voldemort, pourquoi ne pas venir vous battre avec l'ordre ?

-Pour la simple raison que je refuse de suivre les ordres d'Albus Dumbledore.

-Ce n'est pas valable comme raison. Juste parce que vous n'aimez pas quelqu'un ? contredit la jeune fille.

-Sérieusement, vous croyez réellement que l'ordre du phénix aurait envie de moi ? Maugrey me déteste juste parce que je lui ais pris son poste, Dumbledore parce que je sais des chose et que lui ne sait rien de moi, ensuite vous trouverez ça vraiment logique que l'auror chargé de retrouver Sirius Black fasse partie d'un ordre secret avec lui ? Si vous voulez bien m'excuser mais je crois qu'il est l'heure pour moi de vous laisser.

-Vous ne pouvez pas partir comme ça ! s'écria Harry dont la tête était un tourbillon d'interrogations. Vous êtes paradoxal. Vous savez plus de chose que ce que les gens pensent. Pourquoi êtes-vous venu m'aider ? Vous ne pouvez pas être gentil et être aussi mystérieux !

Un silence se fit après les propos de l'adolescent. Harry n'en pouvait plus. Il voulait comprendre ! Il en avait marre qu'on lui cache tant de chose, déjà un mystérieux inconnu savait beaucoup de choses à son sujet et maintenant cet homme. En face de lui, Tellerino plongea son regard dans le sien et Harry ne sut comment définir ce qui se reflétait dans ces yeux. Il semblait vraiment triste, mal à l'aise, désolé même. Harry ne comprenait rien à cet homme.

-Tu dois apprendre Harry à faire des choses de ton âge, profite de t'amuser. Tu as 15 ans. Amuse-toi avec tes amis. D'accord, dehors une guerre se prépare et Ombrage ne vous apprend rien. Mais prend les choses avec le sourire. Rigole des méthodes archaïques qu'elle utilise. Laisse là vous apprendre des sorts pour enfants et entraîne-toi à côté, si c'est ça que tu veux. Mais ne passe pas ton temps à vivre dans l'idée d'une guerre. Profite de ta jeunesse. Rigole, la vie est faite pour rire. Si tu restes dans le sérieux tout le temps, la vie perd son sens et tu n'auras même plus l'envie de te battre, tu n'auras plus d'espoir.

Au grand étonnement de l'auror, de Ron et Hermione, Harry éclata de rire. Il regarda Tellerino comme s'il venait de dire une chose particulièrement drôle.

-Rire ? Pourquoi tout le monde me conseille de rire ?

-Tout le monde ? répéta l'auror. Il plissa les yeux et sembla réfléchir. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Harry crut qu'il avait deviné qui lui avait déjà conseillé de rire. L'italien lui-même laissa échapper un rire.

-Et bien, écoute le « tout le monde ». Je suis sûr que la personne qui t'a conseillé ça, tient beaucoup à toi et ce n'est certainement pas pour rien qu'il t'a conseillé de rire. Sans rire, y a-t-il encore de l'espoir ? D'autres questions ?

Les trois amis hochèrent la tête en signe de négation. Harry avait envie de pleurer. Pourquoi était-il encore plus perdu.

-A la prochaine la jeunesse. Faites attention en rentrant, Ombrage serait ravi de vous avoir en retenue.

Ils le regardèrent partir sans dire un mot. Il passa l'enceinte de l'école et transplana. Les adolescents restèrent un instant interdits avant de remonter dans leur salle commune sans un mot.