Et si tout était différent

Chapitre 37

Même pas peur

-Mamie, m'ennuie, gémit le petit garçon.

La vieille sorcière, occupée, ignora le bambin qui se tenait sur le seuil du salon. Au dehors la pluie tombe à grosses gouttes. La température était basse malgré qu'on fût déjà en été. Il était donc impossible pour l'enfant d'aller s'amuser dehors. Il était confiné à l'intérieur et ne savait que faire. Des amies de sa grand-mère, les harpies comme il aimait les appeler, devaient venir prendre le thé, ce qui signifiait qu'il allait devoir trouver une occupation, seul. Il passa une main dans ses cheveux d'un noir de jais et soupira.

-Mamie, répéta-t-il avec plus d'insistance.

-Qu'est-ce qu'il y a, James ?

Elle se retourna vers son petit-fils. Sa petite frimousse la faisait fondre mais elle devait ne pas céder à tous ses caprices, choses qu'elle faisait trop souvent.

-Ze sais pas quoi faire. Veux zouer dehors mais c'est mouillé !

-Et bien va jouer avec tes jouets dans ta chambre, proposa-t-elle.

-Non. Veux zouez dehors !

-James, cesse de faire tes caprices, veux-tu ? Tu vois très bien qu'il pleut. Tu vas jouer dans ta chambre et tu restes sage ! Maintenant va jouer !

Il traîna des pieds et monta dans sa chambre. Il s'assit sur la moquette claire et regarda ses jouets venir vers lui. James ne le réalisait même plus lorsqu'il faisait de la magie soudainement. Cela lui arrivait de temps à autre. Il ne contrôlait rien. Il voulait juste ses jouets et ceux-ci venaient à lui. Lorsqu'il jouait dehors et que son ballon était bloqué dans les buissons, il le voyait ressortir tout seul, sans n'avoir rien eu à faire. La plupart du temps cela arrivait lorsqu'il était seul. Cependant son père avait remarqué que sa magie agissait sans qu'il ne la contrôle. Pourtant, ses grands-parents ne se doutaient pas que plusieurs fois par mois, leur petit-fils faisait de la magie inconsciemment.

Il prit ses duplo et commença à les assembler. Il prit son lionceau en peluche et le cala sur ses genoux. Seul à la maison avec ses grands-parents et l'elfe de maison, James passait beaucoup de temps seul pour jouer. Enfant unique, il n'avait pas de frère ou de sœur avec qui jouer et ses grands-parents n'avaient plus la santé pour courir dans le jardin avec un bambin de cinq ans ou encore pour venir s'accroupir pour assembler les briques en plastique afin de créer une haute tour. Il adorait quand son papa rentrait du travail et venait jouer avec lui. Mais durant la journée, le temps lui paraissait long. Il se demandait parfois ce que les autres enfants faisaient. Il était difficile pour un enfant si jeune et si seul de s'amuser dans une si grande maison. Parfois, il retrouvait Glorfi et l'aidait à mettre la table et autres tâches ménagères. Par chance, dans quelques semaines, il allait commencer la petite école. Il se réjouissait !

Il entendit la sonnerie retentir et soupira. Il détestait quand les amies de sa mamie venaient. À chaque fois, il avait droit au pinçage de joue. Il se leva et garda son doudou dans sa main avant de descendre le plus lentement possible, recherchant à retarder la douleur pour ses joues. Il s'arrêta au sommet de l'escalier et inspira profondément pour se donner du courage. Il étala un sourire hypocrite et enjoliveur sur son visage avant de descendre vers les invitées.

-Bonjour, murmura-t-il de sa petite voix enfantine, jouant sur la timidité, le rendant encore plus attendrissant.

-Oh mais qui voilà ? C'est le petit James !

-Mais qu'il a grandit !

-Qu'il est mignon !

James se laissa faire par les trois sorcières qui le serrèrent contre elles, l'observèrent… Il garda un visage neutre. Il fut soulagé en les voyant passer de l'autre côté de la porte pour se diriger vers le salon pour prendre le thé. James agrippa son chat qui tentait d'entrer dans la même pièce que les sorcières.

-Fais pas ça, Neve Nere! Les harpies sont dans le salon.

Il plaça le félin sur son épaule et entra dans la cuisine. Il s'assit sur une chaise et regarda l'elfe de maison préparer les tasses de thé.

-M'ennuie, Glofi… Tu zoues avec moi ?

-Glorfi le ferait avec plaisir, maître James, mais Glorfi doit faire le thé pour la grand-maman de James et ses invitées. Dès que c'est fait, Glorfi m'occupe de toi. Maître James veut amener leur thé ?

-Non ! répondit rapidement James. Elles pincent ma zoue, ajouta-t-il en montrant sa peau rougie.

-D'accord, alors Glorfi va leur apporter cela et après Glorfi revient vers toi.

Sur ce, il quitta la pièce, laissant le gamin seul dans la cuisine. Ses yeux marrons observèrent les objets diverses, cherchant quel serait sa prochaine bêtise. Il vit le sucre sur l'étagère. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il se leva, tira sa chaise et posa un pied dessus. Seulement, il fut coupé par le bruit de la porte qui s'ouvrit sur Glorfi, qui fronça les sourcils en comprenant que James allait refaire une bêtise. Ce dernier se remit droit rapidement et sourit pour attendrir l'elfe.

-Ai rien fait !

-Maître James n'a pas eu le temps, répliqua la créature en remettant la chaise à sa place.

Il poussa James avant de le porter pour le déposer sur la chaise. Il tenta de se donner un air sévère mais ses yeux globuleux faisaient rire l'enfant.

-Si James veut rester dans la cuisine, il reste calme ! Tu promets ?

-Zuis oblizé de promettre ? demanda-t-il en grimaçant.

-Oui, parce que Maître James est un bon garçon qui tient ses promesses !

-Mais pouquoi ze dois être calme ?

-Parce que c'est la règle pour rester dans la cuisine où il y a des choses dangereuses…

-Danzereuses ? coupa James surpris. Mais pou toi aussi est danzereux ?

-Glorfi fait attention. C'est pour cette raison qu'il est préférable que Maître James reste sage !

-Ze promets d'être saze si ze peux rester avec toi.

-Marché conclu.

Il tendit sa main à James qui la serra.

-A quoi on zoue ?

-Que veux-tu faire ?

-Sais pas. On doit être discret à cause des hapies. On fait zocolat ?

-Tu veux faire du chocolat ? répéta l'elfe surpris qui avait parfois de la peine à comprendre le bambin qui ne formulait pas les « R » et qui prononçait « Z » au lieu du « G » et du « J », par exemple.

-Vi ! Mousse Zocolat !

-De la mousse au chocolat, comprit enfin Glorfi. Tu veux faire la recette de ta maman, c'est ça ?

Le gamin hocha la tête en signe d'affirmation.

-Tu vas chercher le livre où est écrit la recette ?

Il courut chercher l'ouvrage culinaire où Lisa avait rajouté les ingrédients pour un délicieux désert chocolaté. James aida du mieux qu'il put l'elfe qui évita de lui demander de faire des choses qui pourraient être dangereuse. Il le surveilla avec attention lorsqu'il battit la crème, de peur que James, curieux comme il était, ne mette ses doigts dedans. Après un moment, la mousse fut prête et James se mit sur la pointe des pieds pour la mettre dans le frigo.

Il laissa ensuite l'elfe finir ses tâches ménagères pour aller retrouver ses jouets. Il ne descendit que lorsqu'il entendit son père arriver. Comme à chaque fois, il dévala les escaliers, malgré le regard noir de son père qui lui répétait sans cesse de faire attention et de descendre avec prudence. Il sauta dans ses bras et fut fier de lui dire qu'il avait préparé une surprise avec Glorfi. Par contre, il se renfrogna lorsqu'il vit que son père allait saluer les sorcières qui s'extasièrent à nouveau sur le bambin, qui grimaça sans gêne. James ne cacha pas son soupir de soulagement lorsqu'elles quittèrent la demeure ou sa fierté face aux commentaires pour le désert préparé. Il raconta dans tous les détails sa journée à son papa qui l'écouta avec attention. Il continua de parler jusqu'à ce qu'il fut l'heure d'aller au lit. Ces moments là, James les adorait car c'était les seuls moments où il pouvait profiter d'être avec son papa.

Le lendemain, comme tous les matins, William était déjà parti lorsque James se réveilla. Le petit fut plus qu'heureux de constater le retour du soleil. Il voulut sortir immédiatement mais il fut retenu par sa grand-mère qui lui rappela les dernières recommandations.

-Ze veux sortir, mamie…

-Et tu vas pouvoir sortir, Jamie mais je veux que tu fasses attention et que tu n'ailles pas trop près de la piscine, d'accord ?

-Vi, ze sais. Pas près de l'eau, répéta James.

Il joua toute la matinée et ne rentra que pour dîner. Il disparut hors de la maison dès qu'il put pour retrouver son ballon et autres jouets. Il était si occupé à s'amuser qu'il sursauta lorsqu'il entendit son nom crié.

-James !

Il se retourna pour voir le visage énervé de sa grand-maman.

-Vi mamie ? demanda-t-il, innocemment.

-Que t'avais-je demandé ce matin ? Quelles étaient les recommandations ?

-Les quoi ?

-À quoi t'avais-je dit de faire attention ?

-À piscine.

-Et tu ne trouves pas que tu es trop prêt de la piscine en ce moment ?

Il leva les yeux vers elle et secoua la tête pour dire non. Il avait pourtant fait attention. Elle prit par le bras d'une manière brusque et sévère. Il se laissa faire incapable de résister. Elle le monta dans sa chambre et l'assit sur son lit.

-Tu resteras dans ta chambre jusqu'à ce que tu aies compris que tu ne dois pas jouer près de la piscine et que tu dois écouter ce qu'on te dit. Ce n'est pas la première fois depuis qu'il fait chaud et que je te vois traîner autour du bassin, et je t'ai souvent dit d'aller jouer ailleurs. Tu ne veux pas écouter, tu assumes la punition.

Elle sortit en claquant la porte, laissant James tout seul dans sa chambre. Il sentit les larmes monter. Il n'avait rien fait pour être puni. Il savait que parfois il dépassait les limites, néanmoins aujourd'hui il avait fait attention. Il chercha son doudou mais ne le trouva nulle part dans sa chambre. Il comprit qu'il était dehors près de la piscine. Il l'avait lâché lorsque sa mamie l'avait traîné à l'intérieur. Il le vit par la fenêtre. Une perle salée coula le long de sa joue. Il s'assit par terre et mit sa tête entre les genoux. Il vit alors apparaître devant lui son doudou. Un large sourire se dessina sur ses lèvres. Il le prit et le serra contre lui. Il s'avança vers son coffre à jouet et oublia ce qui venait de se passer.

Il ne vit pas les heures s'écouler. Cette punition n'était pas si terrible vu qu'il jouait tranquillement. Il avait oublié qu'il était censé réfléchir aux évènements de la journée mais son esprit les avait mit de côté ! Il releva la tête vers la porte quand trois coups furent donnés. Il la vit s'ouvrir et s'entrebâiller pour laisser passer William, qui pénétra dans la chambre de James. Il sourit à son fils avant de s'asseoir sur le lit et de lui faire un signe de tête pour lui faire comprendre qu'il devait venir s'asseoir pour discuter. James, sans oublier sa peluche, s'avança vers lui. Il s'assit sur le lit et baissa la tête. Lorsqu'il faisait des bêtises, sa grand-maman le racontait toujours à son papa qui venait lui donner sa punition finale ou lui faire un sermon.

-Tu as quelque chose à me dire ?

-Z'ai rien fait ! Ze promets ! Z'étais pas vers eau.

-Quel était la distance entre toi et le bord de la piscine ?

-10 mètres ? proposa James après un silence de réflexion.

Il fronça les sourcils quand William éclata de rire.

-Pouquoi tu rigoles ?

-Parce que le problème est que ta grand-maman t'a dit plusieurs fois de ne pas jouer vers la piscine, n'est-ce pas ?

James hocha la tête ne comprenant pas où son papa voulait en venir.

-Toi, tu as écouté et fais le gentil gamin, tu as fait en sorte d'être loin de la piscine.

-Vi, z'ai fait attention.

-Sauf que pour toi le bord était à 10 mètres et que selon Mamie, tu étais à 2mètres. Il y a un grand écart.

-Combien ?

-Tu comptes ?

-Comment ?

-Tu comptes après deux avec tes doigts.

William prit la main de James pour faire le décompte.

-Après deux, il y a… ?

-Trois ?

-C'est ça, affirma le papa en relevant le premier doigt. Ensuite.

-Quatre ?

-Oui.

-Cinq ?

Il hocha la tête et continua de lever ses petits doigts.

-Sept ?

-Non. Après cinq, qu'est-ce qu'il y a ?

-Huit ? tenta James. Non ça, c'est après sept. Six ?

-Ensuite ?

-Sept et huit ?

-Oui.

-Neuf ?

-Et pour finir ?

-Dix ?

-Tu as combien de doigts qui sont relevés ?

James les compta tout en murmurant les numéros. Il se retourna vers son papa et déclara tout fier.

-Huit !

-Entre la vision de distance que tu avais et celle de mamie, il y avait huit mètres. Ce qui fait huit fois ta propre taille. Tu penses que la distance qui te séparait était plus proche de deux fois ta taille ou dix fois ta taille ? Tu as compris ?

-Vi. Deux fois ma taille ?

-Ouais. Tu comprends le problème ? Tu étais trop près sans le savoir.

-Vais avoir une punition ?

-Non. Tu ne le savais pas. Tu es trop jeune pour visualiser les distances. Et entre-nous, ta mamie, elle exagère tout quand il s'agit de toi, ajouta-t-il en prenant James par les épaules. Mais je pense que ca lui ferait plaisir si tu allais lui parler.

-Mais z'ai pas fait de bêtise !

-C'est vrai. Vous pourriez juste discuter pour vous mettre d'accord jusqu'où tu peux aller quand elle te surveille. Elle te montrera.

-Ze pourrais touzours aller dans piscine ?

-Bien sûr ! Je te l'ai dit, tu n'as aucune punition. Parce qu'entre nous, ce n'était pas une vraie punition d'être congédié dans sa chambre. Tu n'avais pas l'air de t'ennuyer quand je suis arrivé, ajouta-t-il en regardant les jouets éparpillés.

-Vi ! Demain ze peux aller dans l'eau ?

-Quand je rentrerai du travail. Tes grands-parents préfèrent que tu évites de te baigner sans moi pour l'instant mais je te promets qu'on ira se baigner.

-Vi ! Pouquoi mamie et Papy veulent pas que z'aille dans l'eau ?

-Vu que tu es encore très jeune et que tu ne sais pas encore très bien nager, ils ont un peu peur. Eux, ils sont vieux et n'ont plus la jeunesse qu'il faut pour venir jouer avec toi et te surveiller en même temps, expliqua-t-il.

-C'est danzereux ?

-Ça peut l'être. Mais tant que tu y vas quand tu y es autorisé et que je te surveille, il n'y a aucun problème.

-Mais moi, z'ai pas peur, répliqua le bambin. Z'ai zamais peur !

-Jamais ? répéta son père, avec un petit sourire, car il savait que son fils avait tout de même des peurs d'enfants et parce qu'il parlait comme un parfait petit Gryffondor si courageux.

-Zamais !

-Et quand tu m'appelles au milieu de la nuit pour un cauchemar, tu n'as pas peur ?

-Vi mais c'est différent de la piscine parce que les monstres ils veulent me manzer, expliqua James.

-Donc tu as des peurs.

-Non, ze pourrais très bien les faire partir tout seul mais ze préfère quand c'est toi qui le fait ! Z'ai pas peur.

William prit James sur ses genoux. Il plongea son regard dans les yeux identiques à ceux sa défunte épouse. Il passa ses bras autour du petit corps qui se blottit avec entrain contre son torse musclé.

-La peur n'est pas une faiblesse Jamie. Il est normal à ton âge de penser que des monstres se cachent sous ton lit et…

-C'est des serpents géants, ajouta-t-il.

-D'accord des serpents, accorda-t-il songeur. Avec le temps, tu vas dépasser ta peur. Tu auras peut-être encore peur des serpents mais ton courage dépassera ta peur. C'est ça qui devient une force, lorsque tu la dépasses. Mais n'avoir aucune peur serait plutôt une faiblesse. Il faut connaître la peur pour savoir ce qu'est le courage.

-Mais toi, tu n'as pas de peurs papa !

-Bien sûr que si, j'en ai ! J'ai peur pour toi en sachant que tu vas jouer près de la piscine sans aucune surveillance. J'ai peur de ce qui pourra t'arriver dans ton avenir, pensa-t-il amèrement en regardant James qui réfléchissait à ses paroles.

-Alors si je fais attention, tu n'auras plus peur de rien.

-Tu es mon rayon de soleil Jamie, j'aurai toujours peur qu'il puisse t'arriver quelque chose. Ne réfléchis pas trop à ça. Pense à t'amuser. Tu descends avec moi ? Pour aller parler avec ta mamie.

James hocha la tête et prit la main qui lui était tendu. Ils descendirent au salon. William relâcha sa main et le poussa gentiment vers la sorcière.

-Mamie, ze peux te parler ?

-Bien sûr mon trésor. Dis-moi tout.

-Ze te demande pardon pour avant. Z'avais pas vu que z'étais près du bord. Les prochaines fois je regarderai pour qu'il y ait plus de deux fois ma taille !

-Deux fois ta taille ?

-Entre le bord et moi ! Mais tu peux me montrer jusqu'où je peux jouer, parce que avant z'ai fait attention.

-Viens, je vais te montrer.

Ils marchèrent main dans la main jusqu'au jardin. Lorsqu'ils passèrent devant William, qui était resté appuyé à l'embrassure de la porte pour les écouter, ce dernier fit un clin d'œil à son fils. Marguerite échangea un sourire avec son fils, tout en écoutant James qui expliquait qu'il allait faire attention pour ne pas qu'ils aient peur pour lui. Il se retourna et fit signe à son papa qui les regardait depuis le bord de la terrasse. William répondit à James tout en continuer de penser aux paroles de l'enfant. Du haut de ses quatre ans, James refusait d'avouer ses peurs, il voulait déjà se montrer courageux. Il ignorait comment réagir face aux réactions purement Gryffondoriennes de James. Son courage était déjà digne de son ancêtre. Néanmoins, sans savoir ce qui l'attendait, ou ce que symbolisait le serpent, le bambin craignait déjà son futur. William soupira. Il aurait tant voulu que Lisa soit encore là pour l'aider à guider leur fils comme il le fallait. Il devait se l'avouer, sa plus grande peur n'était pas de se retrouver dans une situation périlleuse vu son métier d'auror mais de savoir qu'il puisse arriver quelque chose à son fils.