Et si tout était différent
Chapitre 44
Natale a casa Potter (Noël chez les Potter)
Un sifflement aigu retentit. Le train cracha de la fumée. La flamboyante locomotive traversa la brume blanchâtre. À l'intérieur de ce corps métallurgique, la moindre parcelle de chaleur était recherchée. Un froid pénétrant se frayait un chemin le long des wagons. Les occupants des compartiments étaient emmitouflés dans leur cape. Inlassablement, un jeune homme tentait de faire retenir une liste sans fin de vocabulaire à son camarade.
-Sirius, fais un effort ! Ce n'est pas compliqué ! Il Babbo Natale et non pas il papa natale, ce n'est pas compliqué.
-Papa natale c'est plus logique. C'est comme « Père Noël » !
-Fais juste un petit effort !
-Mais je ne parlerai pas du Père Noël avec ta marraine.
-Elle ne parle pas anglais ? fit remarquer Remus.
-Si mais rarement. Je l'ai toujours entendu me parler en italien. Quand elle parlait avec mes grands-parents, elle le faisait en anglais.
-Alors elle pourra me parler en anglais...
-D'accord, concéda James en posant la liste de vocabulaire faite par lui-même.
-Quoi ? Où est le problème ?
-Tu ne comprendras tout simplement pas ce qu'elle et moi on se dira, rappela simplement James, connaissant la curiosité de son meilleur ami.
-Alors, on disait il Babbo Natale pour le Père Noël, répéta soudainement Sirius.
Remus et Peter échangèrent un regard amusé. Depuis que Sirius avait accepté de passer les deux semaines de vacances chez les Potter et que James avait su que sa marraine venait exceptionnellement en Angleterre, il avait décidé de lui apprendre les bases de la langue italienne. Le train passa la barrière magique et se retrouva en gare de King's Cross, quai 9 3/4. James rangea précipitamment son cahier où il avait écrit des phrases, des mots et des expressions en italien pour le cours privé offert à Sirius, et par la même occasion à Peter et Remus qui les avaient entendus parler en italien durant un mois entier.
En sortant du train, ils se séparèrent, laissant Peter et Remus retrouver leur propre famille tandis que James et Sirius partaient à la recherche de William Potter. James fut tiré par Sirius derrière une grande famille afin d'éviter de croiser les Black. Alors qu'ils arrivaient vers la sortie, ils virent enfin arriver William qui, un peu essoufflé, venait tout juste de passer la barrière. James fronça les sourcils, se demandant depuis quand son père arrivait en retard pour venir le chercher à la gare... L'unique fois où cela était arrivé était lors de la fin de sa deuxième année. Sa mamie était décédée le jour même. Son père avait dû courir entre Ste-Mangouste et King's Cross pour ne pas faire attendre son fils trop longtemps. Mais James s'était retrouvé à être presque la dernière personne sur le quai de la gare.
-On a failli attendre, se moqua James.
-Je suis désolé les jeunes, mais j'ai beaucoup de boulot ces temps…
-Ces meurtres liés aux moldus et nés-moldus ?
-Ne te prends pas la tête avec ça, James, ordonna son père, évitant de répondre à la question de son fils.
Sirius masqua un petit sourire envieux en voyant l'étreinte entre le père et le fils. Il aurait tout donné pour être à la place de son meilleur ami et avoir un père autant aimant. Il savait que James était conscient de sa chance mais que, néanmoins, sa mère lui manquait. Cependant face à lui, jamais James n'avait osé se plaindre à ce sujet. Il serra la main que lui tendit William en souriant.
-Mr Potter, salua-t-il.
-William, le contredit-il. Je t'ai déjà dit tout l'été dernier de me tutoyer alors je ne veux pas recommencer durant ces vacances.
-D'accord...
James rigola silencieusement. Tirant leurs valises, les jeunes suivirent William hors du quai. Arrivé devant le manoir Potter enneigé, un large sourire se peint sur son visage. Néanmoins, il se figea lorsqu'il réalisa qu'il allait passer son premier Noël sans sa grand-mère.
-Quand est-ce que Ravenna vient ? demanda-t-il en passant le pas de porte.
-Demain, normalement.
-Elle vient tôt dis donc ! D'habitude elle n'est pas là avant le 23 voire le 24 et là elle sera déjà là le 21 ! Que nous vaut ce privilège ?
-Je dois regarder un truc important avec elle.
-Un truc ? répéta James surpris.
C'était bien la première fois qu'il entendait son père prévoir quelque chose avec sa marraine. Habituellement, ils en restaient à la simple politesse.
-Ouais, un truc, approuva son père sans développer.
-Une surprise ? demanda l'adolescent, provoquant des rires chez son père et son meilleur ami. Arrêtez de vous moquer de moi. Depuis quand vous préparez des trucs ensemble ?
-Plus de treize ans.
James voulait continuer de poser des questions sur cette entente spéciale qui durait depuis soi-disant avant sa naissance. Quelque chose ne tournait pas rond.
-Maître William, une lettre recommandée du ministère, tendit Glorfi.
Un masque boudeur sur le visage, James observa son père lire, les sourcils froncés. Son air sérieux ne lui plut pas du tout. Ils ne s'étaient pas revus depuis septembre, il espérait que son père ne doive pas partir immédiatement. Déjà, durant le dernier été, il ne l'avait quasiment pas vu.
-Le ministre a besoin de moi, je suis désolé James mais je dois…
-…y aller ! Tu m'étonnes.
-James, j'aurais voulu profiter d'être avec toi…
-Prends-nous avec toi alors ! On sera sage, ajouta-t-il précipitamment. Et après on va au quartier chinois !
William réalisa trop tard qu'il n'aurait pas du planter ses yeux dans le regard noisette de son fils. Son visage angélique lui fit les yeux doux, et sans réellement réaliser ce qu'il faisait, il accepta. Ils quittèrent à nouveau le manoir pour se rendre au ministère. Conduits immédiatement dans le bureau du chef des aurors, James et Sirius observèrent en vitesse l'endroit où ils voulaient travailler. Ils s'assirent sans attendre sur les deux fauteuils en face du bureau.
-Je reviens le plus rapidement possible. Vous ne bougez pas d'un millimètre sinon je vous enferme chacun dans une chambre.
Il sortit avec un dernier regard méfiant vers les deux adolescents. Ceux-ci, à peine la porte fut-elle fermée, se levèrent un même mouvement. James s'approcha du bureau. Son visage se renfrogna quand il vit qu'un sort de protection contre les dossiers l'empêchait de lire quoique ce soit.
-On ne saura rien sur ces attaques. Les documents sont protégés.
-On va faire un tour alors ?
-Bonne idée !
Sur ce, ils quittèrent discrètement le bureau. Ils longèrent le mur, espérant se faire le plus discret possible. James marchait devant Sirius. Ils virent plusieurs aurors discuter entre eux. Cependant ils eurent de la peine à entendre ce qui était dit. James n'était venu que rarement avec son père au ministère et encore moins chez les aurors. Il n'en connaissait que quelques uns susceptibles de le reconnaître et de pouvoir ainsi avertir William de leur présence hors du bureau. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'après avoir vérifié si la voie était libre que James s'arrêta brusquement, surprenant son meilleur ami qui lui fonça dessus. Par chance, personne ne les remarqua.
-Pourquoi tu t'arrêtes ?
-C'est trop risqué si on continue. Je le connais, l'auror qui se tient dans les couloirs. Il travaille souvent avec mon papa. Si Kingsley me voit, on est cuit !
-Alors rebroussons chemin.
James acquiesça. Ils restèrent le long des murs. Soudain, alors qu'ils étaient légèrement appuyés contre le mur, une porte mal fermée s'ouvrit silencieusement sous leur poids. L'étonnement se lit sur leur visage et ils fermèrent rapidement la porte.
-Tu as vu ce que j'ai vu ? demanda Sirius.
-Je n'espère pas…
Ils restèrent quelques instants sans bouger, trop choqués par ce qu'ils venaient de voir. Ils recommencèrent à bouger tels des automates et reprirent place dans leur fauteuil en cuir. Leurs yeux étaient ouvert tels des soucoupes. Leur visage avait perdu toute couleur.
-C'était vraiment Dumbledore ? parla enfin Sirius.
-Avec Maugrey Fol Œil, l'adjoint de mon père, ajouta-t-il.
-Dumbledore est gay !
-Je crois que plus jamais je ne pourrai le voir comme avant… Déjà avant je ne l'aimais pas mais là… Beurk.
-C'est dégueulasse... En plus, sur le bureau et…
-Chut ! Mes oreilles sont encore innocentes !
-On n'en reparle plus jamais.
-Jamais !
La porte s'ouvrit alors sur William qui fixa avec étonnement les deux adolescents en les voyants encore assit. Par contre, quelque chose d'indéchiffrable se lisait sur leur visage. Sachant qu'ils ne pouvaient avoir lu aucuns documents présents, il ne fit aucun commentaire. Ils le suivirent en silence, silence trop spécial selon lui. Lorsqu'ils passèrent dans le couloir, ils croisèrent Dumbledore et Maugrey. James et Sirius devinrent blanc et accélérèrent le pas pour rester le plus près possible de William, qui salua Dumbledore et Maugrey mais ne s'attarda pas. L'attitude étrange des deux adolescents se dissipa de retour à la maison. Ils évitèrent cependant de reparler de ce mauvais moment.
Le lendemain avant l'arrivée de Ravenna, ils décorèrent la maison, le sapin. Glorfi leur apporta de délicieux cookies. Lorsque tout fut prêt et qu'il ne resta qu'une seule chose à faire, James sortit de son écrin la magnifique étoile dorée à poser sur le bout du sapin. Alors qu'il allait monter sur le petit tabouret pour le déposer délicatement, il se figea. Il recula et s'avança pour chuchoter quelque chose à son père sous le regard suspicieux de Sirius. William acquiesça en souriant, approuvant pleinement l'idée de son fils. James se retourna alors fièrement vers son meilleur ami qui blêmit légèrement en voyant son regard vainqueur. Il le connaissait trop bien ce regard... Il s'affichait à chaque fois que James avait réussi quelque chose. Il s'arrêta devant Sirius et tendit ce qu'il avait dans les mains. Il reçut pour toute réponse une interrogation muette.
-Vu que tu passes Noël avec nous et que c'est comme si tu faisais partie de la famille, tu es en droit de poser pour la première fois l'étoile au bout du sapin.
-Mais je croyais que c'était pour le plus jeune Potter.
-Sauf quand un nouveau membre de la famille Potter arrive ! Tiens !
Sirius fixa sa main tendu durant plusieurs secondes. Il accepta enfin le présent qui lui était offert et, après un merci plein d'émotions, déposa l'étoile à sa place sacrée. Il prit ensuite place sur le canapé aux côtés de sa véritable famille. Ils restèrent dans le silence jusqu'à ce que James se rua sur les cookies.
Dans l'après-midi arriva enfin Ravenna. James se précipita vers elle. Sirius fut surpris en réalisant qu'elle ne parlait réellement qu'en italien. Par chance, elle le salua en anglais, car malgré les cours offerts par son meilleur ami, son accent laziale et la rapidité de ses paroles étaient incompréhensibles pour Sirius.
Durant les jours qui suivirent, William et Ravenna passèrent plusieurs heures enfermées dans le bureau avec un sortilège empêchant les deux curieux d'entendre. James était plus qu'étonné de cette situation. Sa marraine détestait l'Angleterre depuis que Lisa était décédée ici. Pour une raison obscure, elle n'avait jamais été grande amie avec son père. Selon ce dernier, l'animosité venait du fait qu'ils ne pensaient pas de la même manière concernant son éducation.
En effet, Ravenna pensait que James devait recevoir des cours privés de magie à domicile. Son niveau était plus que médiocre, selon elle. Alors dès qu'elle venait et que William était au travail, chose qui arrivait de plus en plus souvent, elle en profitait pour apprendre de plus en plus de choses à son filleul.
La neige tombait encore. Le froid était présent. Un feu crépitant les protégeait. Écoutant avec attention les explications de Ravenna, James et Sirius tentaient d'assimiler le plus possible. Elle leur parla durant des heures. Elle leur proposa alors de boire un chocolat au salon, ce qu'ils acceptèrent avec grand plaisir. Il était rare pour les deux amis d'écouter sagement durant autant de temps. Elle dévisagea son filleul assit à ses côtés. Depuis quelques jours, il lui semblait qu'il était soucieux.
-Che cosa hai, James ? (qu'est-ce que tu as, James?).
-Mi domandavo solo che cosa prepari con papa. (Je me demandais seulement ce que tu prépares avec papa).
-Niente, répondit-elle un peu trop précipitamment. (Rien).
-Non ti credo. Fa sempre, non siete molto amico. (Je ne te crois pas. Depuis toujours, vous n'êtes pas très amis).
-Niente che ti guarda. (Rien qui ne te regarde).
-Per favore dimmi ! (S'il te plaît, dis-moi !).
-Un giorno ! (Un jour !).
-Quando ? (Quand ?)
-Quando sarà il momento. Mi scusa ma non posso. (Quand ce sera le moment. Je m'excuse mais je ne peux pas).
-Perché ? Mi concerne ? (Pourquoi ? Ca me concerne ?)
-Da una certa maniera, si, ti concerne. Ma habiamo prometto a tua madre di non parlargliene avanti tuoi 18 anni. Per favore, James, non mi domanda niente. Vorrei ti spiegare tutto ma ho fatto questo promesso que che tu avrai una infanzia delle più normale. (D'une certaine manière, oui, ca te concerne. Mais nous avons promis à ta mère de ne pas t'en parler avant tes 18 ans. S'il te plaît James, ne me demande rien. Je voudrais tout t'expliquer mais j'ai fait la promesse que tu aurais une enfance des plus normales).
-Perché... (Pourquoi...)
-Non dico più. Ne ho detto abbastanza. (Je ne dis plus rien. J'en ai dit assez).
Sirius les écouta et tenta de les comprendre mais la vitesse du dialogue l'empêcha de saisir les détails. Mais à l'air mécontent de son meilleur ami, il n'avait toujours aucune réponse. Il fut même étonné de la répercussion de leurs paroles. En effet, James était appuyé contre le canapé, le visage sombre tandis qu'à son côté Ravenna n'osait pas le regarder. Sans rien dire, James se leva et se dirigea vers les escaliers. Préférant ne pas rester seul avec la sorcière, Sirius voulu le suivre mais une mais s'agrippa à son bras. Il se retourna et lança un regard surpris.
-Veille sur lui mais ne vous attachez pas l'un à l'autre, ordonna-t-elle.
-C'est trop tard pour ça. Je le considère comme mon petit frère.
-Vous ne pourrez pas rester comme deux frères toute votre vie…
-Parce que j'apporte la mort aux gens qui m'entoure, coupa James tandis que Sirius ouvrait la bouche. Après maman, papy, mamie, qui sera le prochain ?
-James, commença Ravenna mais il avait déjà quitté la pièce. Sirius... Va verso tuo fratellino. (va vers ton petit frère).
-Fratellino ? répéta Sirius.
-Ton petit frère. Quand il parle de toi et qu'on parle en italien, il utilise le mot fratellone, pour dire grand frère.
-Je croyais qu'on ne devait pas s'attacher l'un à l'autre, si on s'appelle ainsi…
-C'est trop tard non ? Tu l'as dit toi-même, James est ton petit frère.
-Pourquoi ne devrions-nous pas être proches ? Vous voulez vraiment me faire croire que ces morts sont à cause de lui ? Je suis prêt à mourir…
-Tu ne mourras peut-être pas. Tu es peut-être justement trop prêt à mourir pour lui. Maintenant va le retrouver. Je ne te dirais rien de plus. Vous êtes trop jeunes.
Sirius lui jeta un dernier regard avant de tourner les talons. Il comprit qu'il ne pouvait plus rien en tirer maintenant. Ses yeux fixaient le feu qui semblait grandir comme par magie. James lui avait toujours peint une femme étrange et puissante mais jamais il n'avait imaginé qu'il disait quelque chose de si vrai. Il quitta la pièce le cerveau en ébullition. Appuyé sur la rambarde d'escalier, James l'attendait. Ils marchèrent en silence jusqu'à la chambre rouge et or. Il jeta des coups d'œil en direction de son meilleur ami dont le visage tentait de masquer ses émotions. Ils s'assirent côte à côte sur le lit mais restèrent dans un silence complet.
-Tu ne vas pas croire à cette idée de malédiction ? parla enfin Sirius.
James ne répondit pas tout de suite, continuant de fixer le cadre sur sa table de chevet, une des rares photos de ses deux parents et de lui-même bébé.
-Ma mère est morte parce qu'à ma naissance, un surplus de magie a explosé et a détruit sa propre magie, la condamnant à une mort certaine. C'est ma magie qui l'a tuée. Quand mon père est rentré ce 20 novembre, je dormais dans ses bras froids. J'étais dans ses bras quand elle est morte, tuée par ma magie…
Sirius, ne sachant que répondre à ses paroles, lui qui n'avait jamais été doué pour les discussions avec fortes émotions, passa son bras autour de ses épaules et le tira contre lui. Il prit un paquet de mouchoir pour en tendre un à son meilleur ami qui garda sa tête appuyé contre son torse.
-Mon grand-père a eu une crise cardiaque le jour de mon anniversaire, devant moi, alors qu'on mangeait le gâteau, juste avant que je ne souffle mes bougies. Ma grand-mère est partie le rejoindre le jour où je revenais de Poudlard. Je reviens ici et le jour-même elle meurt. La mort me suit. Tu as entendu Ravenna, elle ne le nie pas.
-Elle est dans son monde. Tu le dis toi-même, en Italie, elle vit dans un petit village perdu d'à peine 500 habitants.
-Alors qu'est-ce qu'ils me cachent avec mon père ?
-Quelque chose qui ne te concerne pas.
-Non, elle n'a pas nié que ça me concernait. Si les gens que j'aime doivent mourir, qu'ils me le disent afin que je puisse aller vivre comme un ermite...
-James, tu n'amènes pas les gens à la mort. C'était des coïncidences. Jamais je ne laisserai la mort m'éloigner de toi, fratellino, promit-il en provoquant un petit sourire chez James grâce au surnom. Si quelque chose de spécial doit t'arriver, je serai là pour t'aider du mieux que je pourrais.
-Et si tu meurs par ma faute.
-Je ne mourrai pas et ce ne serai pas ta faute. Tu es un enfant normal, tu n'es pas maudit ou quoi que ce soit d'autre...
-J'aimerais te croire mais… J'ai l'impression que quelque chose m'attend. Je ne sais pas comment l'expliquer mais c'est comme si mon cœur voulait me prévenir de quelque chose, quelque chose qu'ils connaissent, quelque chose lié à mon ancêtre.
-Ton ancêtre, James ? appela-t-il devant le silence de celui-ci.
-Je suis l'héritier de Gryffondor, avoua abruptement James.
-Pardon ?
-J'ai le sang de Godric Gryffondor qui coule dans mes veines par ma mère. Mon père m'a fait promettre de ne le dire à personne car soi-disant je serai en danger…
-Je le garderai pour moi. Tu es vraiment… ?
-Ouais. Remus le sait aussi. Vous êtes les deux seuls personnes à le savoir avec mon père, et je présume, Ravenna. Je l'ai dit à Remus l'année dernière quand on a su pour son problème de fourrure. Comme ça on était quitte, je connais son secret et lui le mien. Mais Peter ne sait rien.
-Je ne dirai rien à personne, je te le promets. Ça restera un secret entre nous. Je ne dirai même pas à Remus que je suis au courant. Sei mio fratellino, voglio solo proteggerti e aiurtarti, ti promesso di dire niente mai. (tu es mon petit frère, je veux juste te protéger et t'aider. Je te promets de ne jamais rien dire).
Yeux dans les yeux, ils se regardèrent. James esquissa un léger sourire en sachant que désormais Sirius était au courant et était là pour le soutenir dans ces mystères.
-Neve Nere est au courant, murmura-t-il contre le torse de son meilleur ami.
-Ton chat ?
-Ce n'est pas un simple chat. Il est lié à moi. Je le comprends, je peux lui parler par télépathie. Il est là pour m'aider en tant qu'héritier.
-J'ai toujours su qu'il n'était pas net, cet animal. Tu en connais beaucoup des chats qui boivent du lait avec du miel ou même du chocolat ?
Ils restèrent enfermés dans la chambre jusqu'à l'heure du souper. Assis dans le lit flamboyant, appuyés contre le mur, ils ne dirent un mot. Sirius garda son bras serré autour des épaules de James qui se logea contre lui. Neve Nere entra par la fenêtre entrouverte et vint se coucher sur les jambes de son jeune maître. Ces heures passées en silence, dans la confiance mutuelle scella encore plus fortement leur amitié, chacun réalisant la chance de s'être rencontré ce fameux jour.
