Et si tout était différent
Chapitre 51
Harry James Potter
James jouait négligemment avec un stylo. Toutes ses pensées étaient tournées depuis quelques temps vers sa femme et son futur enfant. Harry devait être là pour le 25 juillet, mais on était le 31 et il n'était toujours pas né. Sirius les avait charriés en disant que le petit allait naître le même jour que son père, le 23. Il regarda le ciel ensoleillé. Enfermé dans son bureau, il attendait qu'une mission lui soit confié ou d'avoir des nouvelles de Lily. Quand Sirius entra avec fracas, il espéra qu'il venait l'avertir qu'il avait reçu un message de Ste-Mangouste mais hélas, il vint seulement le chercher pour une nouvelle mission. Grommelant que quelqu'un d'autre pourrait très bien le faire, James le suivit, priant le ciel que son fils ne naisse pas pendant ce laps de temps.
De retour de mission, une secrétaire lui sauta littéralement dessus.
-Monsieur Potter, Ste-Mangouste a envoyé un message concernant votre femme, minauda-t-elle.
Brusquement, James s'arrêta. Son cœur s'accéléra. Figé sur place, il mit quelques instants à réaliser ce qui venait de lui être dit. Sans un mot, il ressortit en courant. Il dépassa toute la queue à la réception à qui il demanda le numéro de chambre de sa femme. Il traversa les couloirs, essayant de ne bousculer personne.
-Lily, s'écria-t-il en ouvrant la porte.
-Ce n'est pas trop tôt ! Ça fait plus de deux heures que je suis ici avec des contractions des plus douloureuses, répliqua la jeune femme en lui lançant un regard meurtrier.
-Je suis désolé, j'étais en mission.
-Je m'en fiche. Ton fils semblait vouloir t'attendre car il parait que je ne suis toujours pas prête pour accoucher.
James esquissa un léger sourire. Ils n'eurent plus à attendre longtemps car à peine quelques minutes plus tard, le médicomage vint les chercher pour les conduire dans la salle d'accouchement. Durant plus d'une heure, James sentit sa main écrasée par celle de Lily qui, entre deux contractions, l'accusait de toute sa souffrance. C'est avec soulagement qu'ils entendirent le premier cri de leur bébé. La main tremblante, James coupa le cordon ombilical. La sage-femme le mit ensuite dans les bras de sa jeune maman. Le serrant contre elle, contre son cœur, Lily appuya sa tête contre le torse de James.
-Salut, Harry James Potter, murmura le jeune père, ému de voir cette petite bouille aux yeux verts.
Quelques heures plus tard, la petite famille se reposait tranquillement dans une chambre blanche de l'hôpital. Lily était blottie contre James qui portait avec délicatesse son fils. Sur sa tête se trouvait juste quelques petits cheveux sombres. Ses yeux verts étaient identiques à ceux de sa mère, à la grande joie de son père. Quelques coups discrets à la porte les firent lever la tête. Doucement, Sirius entra dans la pièce.
-Tout va bien ? demanda James, inquiet de voir son meilleur ami entrer si silencieusement.
-Ouais. Je viens voir mon filleul. Pourquoi ça n'irait pas ? Quelque chose s'est mal passée ?
-Non, tout c'est très bien passé. Lily a juste réussi à me broyer les os de la main.
-J'étais en train d'accoucher. J'avais le droit d'évacuer ma douleur sur ta main, le coupa-t-elle.
Sirius s'approcha alors de la petite famille. Son regard se posa aussitôt sur le petit être endormi.
-Tu veux le prendre ? demanda James.
-Ça ne va pas ? T'es malade ou quoi ? Je ne veux pas le casser ! s'écria-t-il sous les airs amusés de James et Lily.
-Tu ne lui feras pas mal. Il faut juste faire attention à la tête et la nuque, expliqua Lily.
-D'accord mais s'il se casse, je vous aurais prévenu.
Délicatement, James le posa dans les bras de son meilleur ami. Il échangea un regard avec Sirius pour essayer de lui faire comprendre que tout allait bien. C'est à ce moment qu'Harry choisit de se réveiller. Il ouvrit doucement ses paupières. Ses émeraudes découvrirent pour la première fois son parrain.
Plus tard, Remus et Peter entrèrent dans la pièce à leur tour. C'est avec retenu que Sirius accepta de laisser son filleul passer dans les bras de Remus. Seul Peter refusa de prendre le bébé contre lui.
Ainsi, les jours passèrent tranquillement pour la petite famille. Lily s'occupait de son fils avec l'aide de Glorfi qui était heureux d'avoir à nouveau un nourrisson à la maison. Du mieux qu'il pouvait, James essayait d'être le maximum présent. Mais leur petite routine prit fin lorsqu'un soir de fin septembre, Dumbledore les convoqua à Poudlard. Intrigués et, dans le cas de James, méfiant, ils s'y rendirent. Avec nostalgie, ils passèrent les lourdes portes et longèrent les couloirs. Lorsqu'ils entrèrent dans le bureau du directeur, ce dernier les attendait en souriant.
-Mes chers enfants, les salua-t-il.
-Professeur, répondirent-ils en cœur.
Dumbledore ne fit aucun commentaire au manque d'enthousiasme de James. Après tout, jamais le jeune homme n'avait montré une réelle confiance en lui. Le vieux sorcier se doutait fortement que la réaction de James venait du fait que jamais avec William, il n'avait été très proche. Il avait pourtant essayé, lui proposant de faire partie de l'Ordre plus d'une fois.
-Bonjour Harry ! Quel âge a-t-il maintenant ?
-Deux mois, répondit Lily en souriant.
Elle posa un regard attendri sur son fils qui se trouvait sur les genoux de James à qui Harry offrait de grands sourires.
-J'ai quelque chose de très important à vous dire qui vous concerne tous les trois, ou plutôt qui concerne Harry.
Instinctivement, la main de James se resserra autour de son fils.
-En juillet, j'ai auditionné un nouveau professeur de divination, Sibylle Trelawney. Elle a su me convaincre car elle a fait une prophétie. Cette prophétie disait qu'un enfant allait naître lorsque le septième mois mourra et qu'il aura le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit.
Le visage de Lily se décomposa lorsqu'elle comprit les paroles du sorcier et le lien avec son fils unique. Son cœur se serra. Dans ses yeux, les larmes montèrent. Elle jeta un coup d'œil à son mari qui ne parvenait pas à réaliser ce qui se passait. Il se sentait inquiet pour son fils mais en même temps quelque chose le poussait à ne pas y croire, comme s'il était convaincu que ce n'était pas Harry.
-N'y aurait-il pas un autre enfant qui correspond à ces critères ? fit remarquer James.
-Le petit Londubat.
-Neville ? répéta Lily, réalisant que ce destin était soit pour son fils, soit pour le fils d'une de ses amies proches.
-Alors qu'est-ce qui vous fait dire que c'est Harry et pas Neville ? attaqua le jeune père.
-Voldemort pense qu'il s'agit de Harry.
-Voldemort est au courant de ce qui se passe lors de vos entretiens professionnels ? s'énerva l'ancien mauraudeur.
-Nous avions rendez-vous à la tête de Sanglier à Pré-au-lard mais un espion de Voldemort s'y trouvait également. Il a avertit son maître qu'un enfant allait naître et qu'il était celui qui aurait le pouvoir de le vaincre. Lorsque Voldemort a apprit qu'il existait deux enfants plausibles d'être celui de la prophétie, il a décrété qu'il s'agissait de Harry. Votre père et vous-même, James, lui avez mis assez de fois des bâtons dans les roues. Vous êtes bien plus gênant que Frank Londubat. Votre fils est donc plus capable d'être celui digne de le tuer.
-Ce n'est pas Harry, murmura James.
-Voldemort va en tout cas vous traquer.
-Comment savez-vous que Voldemort a choisi Harry ?
-Le fameux espion qui nous avait écouté et qui est le seul mangemort au courant, m'a lui-même avertit que Voldemort pense qu'il s'agit de Harry.
-Qui est-ce ?
-Pardon ? fit Dumbledore, feignant de ne pas avoir compris la question.
-Le mangemort, c'est qui ? gronda James.
-Il est plus raisonnable qu'il reste anonyme.
-Je veux savoir qui c'est, murmura James, le regard sombre. Je veux savoir qui, après avoir espionné pour Voldemort, a retourné sa veste.
-Severus Rogue.
-Servillus ?
James éclata de rire. Lily sentit son cœur se serrer encore plus en pensant à son ancien meilleur ami.
-Severus Rogue, en effet. Il travaille désormais pour le compte de l'Ordre.
-Vous le croyez ? s'énerva le jeune homme.
-Ses arguments m'ont convaincu.
-Arguments qui doivent rester anonymes ?
-Il est préférable.
James lui jeta un regard noir. Dumbledore ne put nier la ressemblance entre James et William. Tous deux le regardaient de la même manière. Il hésita à trahir la confiance que Rogue lui avait donnée pour essayer de convaincre James Potter. Mais sachant cela peine perdu, il choisit de laisser son ancien élève dans l'ignorance.
-Je ne dirai rien.
-Que devons-nous faire maintenant, professeur ? s'inquiéta Lily en fusillant virtuellement son mari.
-Rester caché.
-Vivre caché ? Combien de temps ? En attendant que Voldemort nous trouve ? fit remarquer James.
-James, restons calme, tenta sa femme en posant sa main sur sa cuisse. Pour Harry, ajouta-t-elle.
-J'ai cru entendre dire que votre manoir est sous haute protection et qu'un sortilège l'empêche d'être trouvé sauf si l'on connaît l'emplacement.
-Exact.
Sans laisser le temps au vieux sorcier de dire quelque chose, il se leva et attendit que sa femme, qui salua brièvement son ancien directeur qu'elle respectait, se lève à son tour. Dans un silence pesant, le jeune couple rentra. Harry dormit sans réaliser ce qui venait d'être dit plus tôt.
Durant quelques temps, ils espérèrent que les protections du manoir suffiraient. Seul Sirius fut au courant de la situation, Dumbledore leur ayant interdit d'en parler lors des séances de l'Ordre. James était incapable de ne rien dire à son meilleur ami. Rogue, en tant qu'espion, avait préféré ne pas venir aux réunions de l'Ordre afin que son identité ne soit pas révélé. Les Potter étaient donc des privilégiés. James rentrait chaque soir du travail, plus inquiet que la veille. Lily ne pouvait aller nulle part sans Neve Nere. Le chat avait accepté de suivre Harry. Ainsi James pouvait avoir des nouvelles de son fils à longueur de journée.
Les fêtes de fin d'année furent encore plus moroses que les autres années. Depuis le décès de son père, James détestait cette période. La menace lui était sans cesse en tête. Tous les jours, il entendait parler de Voldemort. Tous les jours, il se demandait quand il allait attaquer sa maison. Vers le mois de mars, James, qui contrôlait tous les jours les protections du manoir, vit qu'une partie avait été détruite.
-Tu crois que ce sont les mangemorts qui ont détruit les protections autour du manoir ? répéta Sirius lorsque James lui confia ses craintes.
-Je pense, ouais.
-Quelqu'un a donc pu lui dire où vous habitiez. Qu'est-ce que tu vas faire ?
-Il faut que j'en parle dès ce soir à Lily.
-Tu sais où aller si vous devez quitter le Manoir Potter ?
-J'ai une idée un peu folle et une idée sérieux, avoua James.
-Les idées folles peuvent parfois être très utiles !
-Pourquoi ne pas aller se cacher en Italie ? Chez Ravenna, oui, finit James en le voyant ouvrir la bouche. Sinon j'ai une maison à l'ouest de l'Angleterre, à Godric's Hollow.
-Tu as une maison là-bas ?
-Elle était à ma mère.
-Ah je vous cherchais vous deux, s'exclama Lily en pénétrant au troisième étage du manoir. Harry s'est endormi. De quoi parliez-vous ? Vous faites une de ses têtes !
-Les protections de la maison ont faiblis. Voldemort tentent de les détruire. Faudrait qu'on déménage, avoua James.
Il attira sa femme contre lui et l'assit sur ses genoux. Elle passa un bras autour de lui et posa sa tête contre son épaule.
-Qu'allons-nous faire ?
-Il faut qu'on parte d'ici.
-Il faut en parler à Dumbledore, rétorqua Lily.
James grimaça mais ne dit rien. Il laissa son épouse descendre pour envoyer un message d'urgence au vieux sorcier. Dans l'heure qui suivit, le directeur sonna à la porte. La maîtresse de maison l'accueillit avec un grand sourire tandis que les deux maraudeurs restèrent en retrait.
-J'aurais une solution à vous proposer mais j'aimerais pour cela vous parlez en privé, commença Dumbledore en jetant un coup d'œil peu discret en direction de Sirius.
-Je lui raconterai tout après, rétorqua James.
-On sera mieux au salon pour discuter, coupa Lily en reconnaissant la voix tranchante de son mari.
Sans leur laisser le temps de discuter, elle conduisit le directeur dans le salon. Les deux maraudeurs les suivirent. Elle remarqua comment Dumbledore observait avec discrétion l'endroit. Il sourit en voyant les couloirs rouge et or se faire plus présentes.
-On retrouve l'esprit Gryffondor, lança-t-il à son ancien élève pour détendre l'atmosphère.
Lily s'empressa de répondre quelque chose après avoir lancé un regard noir à son mari qui n'avait pas daigné répondre. Depuis que Dumbledore leur avait annoncé la menace qui planait sur Harry, James était différent. Elle sentait qu'il avait peur pour leur petite famille. Il continuait à travailler toujours aussi durement. D'après Alice, malgré son jeune âge, James était un des meilleurs aurors. Il réussissait ses sorts avec une dextérité exceptionnelle. À la maison, il tentait de cacher son inquiétude, mais son regard noisette était rempli de soulagement lorsqu'il les retrouvait sain et sauf. Il continuait à rire avec ses amis, à faire le clown pour faire gazouiller son fils. Cependant, à chaque fois que le sujet de la prophétie revenait, il le chassait, prétextant que son instinct lui dictait que quelque chose clochait mais il ignorait quoi.
-J'imagine que vous connaissez le sortilège de Fidelitas ?
-Oui, répondit la jeune maman.
James, assis sur le canapé à ses côtés, avait passé un bras autour de ses épaules pour la rassurer. Sur le fauteuil en face, Dumbledore les observa derrière ses lunettes en demi-lune.
-Je me propose de vous prêter ma maison et de devenir votre gardien du secret, expliqua leur ancien directeur.
-L'idée me plaît bien, déclara James, surprenant le vieux sorcier. Mais pour la maison, nous avons ce qu'il faut, et pour le gardien du secret, c'est bon aussi.
-Quelle maison ? coupa Lily, surprise.
-La maison où ma mère habitait avant de venir vivre ici avec mon père, expliqua-t-il. J'en ai hérité.
Quelque chose le retint de développer plus sur la demeure où avait vécu Godric Gryffondor lui-même. Face à Dumbledore, il refusait de continuer à en parler.
-Pour le gardien du secret, ça sera Sirius, finit James.
-Il y a un espion parmi vos amis proches, James, rappela doucement Dumbledore.
-Vous insinuez que c'est moi ? répliqua Sirius. Je n'y crois pas. Vous pensez vraiment que je puisse être capable d'être un espion pour le compte de Voldemort ? s'insurgea-t-il devant le silence du sorcier.
-Je n'accuse personne, je rappelle des faits, se défendit le vieil homme.
-Ça pourrait aussi être vous, répliqua James.
Dumbledore le regard, surpris et désarçonné par sa réplique.
-J'ai également confiance en Sirius et l'idée de James d'aller dans cette maison que personne ne connaît me semble être une bonne idée, approuva Lily.
-Très bien. Vous n'avez plus besoin de moi. Vous pouvez déménager tranquillement et lancer le sort, remarqua Dumbledore.
-C'est ce qu'on va faire, concéda James qui entama un mouvement pour se lever.
-C'est donc clair, Sirius sera votre gardien du secret dans votre nouvelle maison, répéta le vieux sorcier en quittant la pièce.
Il remercia Lily de son sourire bienveillant. Lorsqu'il quitta la pièce, le couple Potter et Sirius discutèrent de la nouvelle marche à suivre. Quelques jours plus tard, ils avaient quitté le manoir Potter. Avec nostalgie, James dit un ultime au revoir à ses souvenirs d'enfance. Il eut un pincement au cœur en voyant Glorfi qui tentait de cacher ses larmes. L'elfe de maison avait toujours vécu dans cette demeure. Sa mélancolie s'envola quand James pénétra dans le cottage à Godric's Hollow. Il songea à défunte mère qui avait vécue quelques temps entre ses murs. Il essaya de masquer son émotion afin d'aider Lily et Harry à s'installer et à s'habituer à leur nouvelle maison.
Puis, quand ils se furent accommodés à leur nouveau domicile, il fut question du sortilège de Fidelitas, chacun ayant sa propre idée sur la meilleure solution. La jeune femme était convaincue qu'il fallait au moins mettre Dumbledore dans la confidence sur le gardien du secret. James était persuadé que la personne la plus apte à les protéger et à être capable de donner sa vie pour Harry était Sirius. Ce dernier pensait lui avoir trouvé une idée, celle du bluff.
-Lorsque Voldemort comprendra que vous êtes caché grâce au sortilège de Fidelitas, il saura que c'est moi. C'est trop évident. Qui ignore que James et moi sommes comme deux frères ?
-Il marque un point, concéda Lily. Mais on pourrait le dire à Dumbledore.
-C'est du bluff, Lily ! Personne sauf nous trois et le gardien du secret ne doit savoir qui que ce soit !
-Alors comment fait-on pour savoir qui choisir en Remus et Peter ? répliqua James, mal à l'aise de devoir choisir parmi ses deux amis.
-Le plus évident serait de choisir Remus. On sait qu'avec ce qu'on a fait pour lui, il ne pourrait pas vous vendre à Voldemort. Mais le fait qu'il soit un loup-garou pourrait aussi être un moyen de pression pour qu'il dise où vous êtes. Alors que Peter, qui penserait que vous puissiez choisir Peter ?
-Personne, grommelèrent les deux amoureux à l'unisson.
-Peter et moi, on se cache. Dans tous les cas, Peter a tellement la trouille qu'il vit déjà à moitié caché. Si je me cache aussi, Voldemort pensera que je suis le gardien du secret. Ils commenceront par me traquer moi. S'ils devaient me trouver, je feinterais de ne rien vouloir dire. Je ferais semblant d'avoir quelque chose à cacher. Ainsi, Peter sera plus en sécurité et donc votre secret aussi. Et Dumbledore n'a pas besoin de tout savoir, ajouta-t-il en voyant Lily ouvrir la bouche.
-J'allais juste te dire que l'idée est bonne. Je me sentirai plus en sécurité ainsi.
-Tu es prêt à prendre tous ces risques pour nous ? C'est ta vie que tu mets en danger, Sirius.
-T'inquiète, fratellino, je ne le fais pas pour vous mais pour mon filleul préféré, expliqua-t-il en souriant.
-Ton seul filleul…
L'idée de Sirius de jouer un coup de bluff fut donc acceptée par les Potter. Ils proposèrent donc l'idée à Peter, qui accepta avec réticence. Les mois passèrent avec lenteur et répétition. Lily et Harry ne sortaient plus. James avait essayé de travailler le plus longtemps possible. Il n'avait pas été surpris que Maugrey refuse de les voir retourner en mission. Dumbledore devait sûrement être derrière cela. Après tout, la première mission que James avait eu était grâce au directeur de Poudlard qui voulait savoir les qualités sur le terrain du jeune sorcier. Mais rester enfermé dans un bureau rendait les deux hommes fous. Kingsley avait plaidé pour eux afin qu'ils puissent refaire une toute petite mission mais Maugrey refusa, au point que les deux aurors avaient décidé de cesser de retourner au bureau jusqu'au jour où ils seraient de nouveau autorisés à aller en mission. À leur grande surprise, Maugrey avait été le premier à les encourager à mettre leur formation entre parenthèses. Cela prouvait une fois de plus l'importance de Dumbledore dans ses décisions.
Au moins, James pouvait profiter de sa petite famille et essayer de leur faire oublier la menace qui planait sur leur tête. Peter vint rarement leur rendre visite. Quand il repartait, James et Lily s'interrogeaient toujours sur son étrange attitude. Ils avaient beau le rassurer, lui dire qu'il ne risquait rien, que Sirius prenait tous les risques, sa peur persistait. Par chance, James pouvait souvent se relaxer grâce à son meilleur ami qui venait de temps à autres. Exaspérant la maman, Sirius faisait le pitre avec Harry, lui promettant de lui apprendre mille et un tours à faire à ses futurs professeurs.
Tristement, James s'était fait à l'idée qu'il n'irait pas faire la première récolte de bonbon de son fils pour Halloween. Il était tranquillement assis à même le sol en face de Lily. Entre eux, Harry jouait avec ses jouets, qui émettaient des sons différents. Les deux parents suivaient des yeux leur petit garçon qui rigolait sans avoir conscience du danger qui planait au-dessus de sa tête. Il se mit sur ses petites jambes et apporta à sa maman un de ses jouets.
-C'est pour moi ?
Harry hocha la tête. Ses yeux étaient grands ouverts, prêt à découvrir tout ce qui était sur son passage. Dans sa petite potelée, il tenait fermement son chien noir en peluche. Partout où il partait explorer, son fidèle compagnon l'accompagnait.
-Papa !
Il se retourna et courut vers James. Mais avant d'arriver à destination, ses petites jambes flanchèrent. Deux bras forts l'empêchèrent de tomber. Il se nicha contre le torse musclé de son papa. Ses émeraudes avides de nouvelles découvertes passaient de son père à sa mère. Son pouce dans la bouche, il partit à l'aventure vers la tignasse de James avec son autre main, sous les rires de James et Lily. Le son d'un rapace au-dessus de leur maison retentit.
-C'est moi qui suis paranoïaque ou il y a souvent des rapaces ou je ne sais quelle oiseau qui tourne au-dessus de notre tête ?
-Il y a souvent des oiseaux, ouais. Mais ne t'inquiète pas Lily, ils n'ont certainement rien à voir avec Voldemort. Ce serait plutôt si on avait des serpents autour de la maison qu'il faudrait s'inquiéter, ajouta-t-il en souriant.
Harry, comme ennuyé par la conversation de ses parents, bailla longuement. Il ferma les yeux.
-Je crois qu'il est l'heure pour le petit bonhomme d'aller se coucher, déclara Lily en se levant.
Elle prit son fils dans ses bras et, après avoir embrassé James, monta coucher Harry. James resta perdu dans ses pensées sans bouger. Il se mit debout dans un bond lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir avec fracas. Il s'avança prudemment, baguette en main, redoutant ce qu'il allait découvrir. Face à lui, Voldemort en personne le narguait de son sourire venimeux.
-Mauvaise cachette, Potter. C'était encore plus simple que tout ce que j'avais pu imaginer. Où est le bébé ?
-Il n'est pas là.
Mais les pleurs de Harry retentirent à l'instant.
-Lily ! Prends Harry et va-t-en ! Il est là ! Cours ! Je vais le retenir !
-Tu vas mourir cette fois, Potter. Tu as peut-être eu beaucoup de chance les autres fois mais aujourd'hui, tu seras mort.
-Dans tes rêves ! Stupéfix !
D'un simple mouvement du poignet, Voldemort se protégea du sort et répliqua à la suite. James, inquiet pour sa femme et son fils, ne se protégea pas assez rapidement. Le sort vert le frappa de plein fouet. Il fut propulsé par la puissance du sort contre le mur derrière lui. Une douleur aiguë lui martela la clavicule. Sa dernière sensation fut un gout métallique dans sa bouche lorsque son corps rencontra le sol froid. Il perdit connaissance alors que toutes ses pensées étaient tournées vers Lily et Harry.
