Akan: Retour dans le présent non! Mon but était de montrer la vie de James également durant les années où il n'était pas auprès d'Harry. De plus, Ravenna ne dit rien à Harry, à James oui!
Et si tout était différent
Chapitre 52
Réveil difficile
James ! Réveille-toi ! Allez, t'as assez dormi ! Debout ! James ! Tu me manques !
Résonnant dans sa tête, James chassa la voix de Neve Nere. Un mal lui vrillait le crâne. Son esprit était brumeux, comme s'il avait dormi durant des siècles. Il se sentait lourd. Il se retourna et rechercha le corps de sa femme du bout des doigts. Mais au lieu de rencontrer sa peau douce, il se cogna contre un mur rugueux. Il grogna. Surpris de se trouver si près d'une cloison, il ouvrit une paupière. Ce gris devant ses yeux lui était inconnu. Dans un bond, il s'assit sur le lit rouge. Une fine couverture était sur lui. Un filet de lumière solaire s'infiltrait entre les volets. Il distingua une haute armoire, un large bureau où trônait des piles de livres. Il s'évada du regard de cette pièce chaude et sobre. Au dehors, un paysage méditerranéen s'étendait à perte de vue. L'herbe jaune contrastait avec ces hauts arbres verts. Il connaissait ce paysage. Il avait déjà dormi ici, enfant. Il quitta précipitamment la chambre de son enfance et sut exactement où trouver la maîtresse des lieux. Il s'arrêta devant le seuil du salon. Son visage se ferma.
-Hey, la marmotte, on daigne enfin se réveiller ? se moqua la femme installée dans son canapé sans quitter son livre des yeux.
Il ne répondit pas. Il voulait savoir pourquoi il était ici et où se trouvait sa femme et son fils. En y repensant, son ultime souvenir était Voldemort pointant sa baguette contre lui. Son cœur se serra. La peur l'enveloppa. Il s'avança lentement. Parcourant la pièce du regard, il reconnut l'endroit de ses premières vacances avec son père. Les vieux tableaux, les vieilles photos... Une accrocha son regard. Il fixa la femme qui lui souriait. Ses yeux, identiques aux siens, le suivait avec amour. Face à sa mère, il craint le pire pour sa femme et son fils ; que la malédiction frappe à nouveau. Il prit place dans le fauteuil rouge.
-Qu'est-ce que je fais là ?
Enfin, elle daigna quitter son livre et s'intéresser à lui.
-Ravenna, la supplia-t-il.
-J'ai décidé qu'il était temps de te pousser à connaître et accepter ton destin.
-Et Harry ? Lily ?
-Harry est chez sa tante, si j'ai bien compris.
-Quelle tante ? Je n'ai jamais eu de sœur et Pétunia déteste Lily et tout ce qui touche à la sorcellerie.
-La sœur de ta défunte épouse, avoua alors Ravenna, redoutant la réaction de son filleul.
-Quoi ? Je ne te crois pas ! Tu mens ! s'écria-t-il. Lily ne peut pas être morte, pas elle aussi, murmura-t-il.
De désespoir, il enfouit son visage dans ses mains, priant pour que tout cela ne soit qu'un cauchemar.
-Il y a vraiment une malédiction qui tue les gens que j'aime, n'est-ce pas ?
-Elle ne tue pas. Elle te fait vivre des évènements tragiques.
-Pourquoi ? Comment le sais-tu ?
-Une prophétie a été faite il y a mille ans sur toi. Je sais qu'il s'agit de toi car avant ta naissance, ta mère et moi avons été témoin d'une seconde prophétie. Un millénaire te sépare de Godric Gryffondor, James.
-Je dois tuer Voldemort, murmura-t-il sous forme de question dont il connaissait la réponse. Ce n'est pas Harry.
-Harry ? Pourquoi ton fils serait-il concerné ?
-Une prophétie a été faite juste après sa naissance. Elle parlait d'un enfant né fin juillet. Il s'agissait soit de Harry soit d'un autre enfant. Voldemort pensait qu'il s'agissait de mon fils.
-C'est pour cette raison que vous viviez cachés à Godric's Hollow, dans la maison de ton ancêtre ?
-Oui. Mais s'il ne s'agit pas de Harry, pourquoi Trelawney a-t-elle fait cette prophétie ?
-Que disait donc cette prédiction exactement ? demanda Ravenna, réalisant que tant que James parlait et réfléchissait, il n'avait pas encore assimilé la mort de sa jolie et jeune épouse.
-Qu'un enfant né fin juillet aurait le pouvoir de vaincre Voldemort et qu'il serait marqué… Ça ne peut pas être moi, mes deux seules cicatrices viennent de mes meilleurs amis.
-Jusqu'au 31 octobre dernier, tu n'étais pas marqué.
James ouvrit grands les yeux. Comprenant sa question muette, elle fit apparaître un miroir d'un geste de la main. Il ne fit aucun commentaire sur sa magie sans baguette.
-Enlève ton t-shirt, ordonna-t-elle.
Sans comprendre, il obéit. Elle plaça alors le miroir devant lui. Au niveau de sa clavicule gauche, là où le sort de la mort l'avait touché, était tatoué un long serpent noir. La bouche ouverte en un O, il observa le reptile fictif se balader sur sa clavicule.
-Le sort de la mort t'a touché à cet endroit précis. Tu y as survécu car tu devais être marqué et que l'heure de ta mort ne pouvait avoir lieu.
-Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait avoir lieu ?
-Parce que je suis encore en vie. Ton combat final qui plongera le monde soit dans la lumière soit dans les ténèbres aura lieu quand il n'existera plus d'héritier de Serdaigle et de Poufsouffle. Mais dans le dernier cas, l'ultime héritier a été tué il y a longtemps.
-Tu veux dire que tu es l'héritière de Serdaigle ? Voldemort serait celui de Serpentard ?
-En effet. Pour t'expliquer depuis le début, une prophétie a été faite par la fille de Rowena Serdaigle, Helena. Suite à une forte dispute, Gryffondor et Serpentard se sont mis à se battre. Serpentard tua les deux fondatrices de manière accidentelle. Il n'eut jamais de vainqueur car ils moururent en même temps. Leurs sorts se croisèrent. C'est dans ce bain de sang que les trouvèrent leurs enfants. C'est là qu'Helena fit une prédiction. Elle annonça que ce combat qui ne finit pas, prendrait fin dans un millénaire, soit aujourd'hui, à travers leurs descendants. Celui qui gagnera plongera le monde soit dans le chaos soit dans la lumière. Elle annonça que le plus jeune, toi, serait marqué et que des évènements tragiques t'arriveront. À travers ces épreuves, tu as appris ce qu'était la tristesse, mais aussi le bonheur car l'être humain, lorsqu'il a quelque chose et ne réalise pas sa chance, c'est lorsqu'il perd ce qu'il aime qu'il comprend que la vie est unique. Lorsque ta mère a su qu'elle allait bientôt mourir, elle a compris que c'était pour tes épreuves.
Elle se tut pour lui laisser le temps d'assimiler ce qui venait de lui être annoncé. Elle sentit son cœur se serrer en voyant son visage plus pâle que jamais. Le regard vide, il semblait si triste.
-Je veux voir mon fils, murmura-t-il.
-Tu ne peux pas !
-Pourquoi ? rugit-il.
-Car pour le monde sorcier, James Potter est mort.
-Pardon ?
-Tu es mort pou le reste du monde. Je suis la seule personne à te savoir vivant. Il est vrai que j'ai refusé de venir à ton mariage et que je n'ai pas remis les pieds en Angleterre. Je n'avais pas très envie de mourir de la main de Voldemort alors que tu n'es pas prêt à combattre.
-Je me défends très bien !
-Il ne faut pas que se défendre mais aussi attaquer. J'ai entendu parler de ton premier combat contre Voldemort. Pour le battre, il faut savoir bloquer les sorts de magie noire, ce que tu ne sais pas encore faire. Il reste encore qu'il ne connaît que la magie avec baguette. Celle sans baguette et la vieille magie ne l'ont jamais intéressé. Ça sera ton point fort.
-Comment vais-je apprendre tout ça ?
-Je vais te les apprendre. J'ai passé vingt ans à feuilleter des bouquins, à faire un tri, à faire des résumés… Je t'ai mâché le boulot. Mais ainsi tu pourras continuer ta formation d'auror, ou plutôt la reprendre. Mais je t'expliquerai cela plus tard, le coupa-t-elle. Comme je te le disais, malgré ma non-présence, je t'ai surveillé.
-Comment ?
-Chaque fondateur était lié à un animal. Tu as Neve Nere. Voldemort a un serpent. Moi j'ai un aigle. Il a volé au-dessus de ta maison durant quelques temps. C'est comme ça que j'ai su que tu étais papa. Quand Voldemort est arrivé ce 31 octobre, j'ai été averti. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé... Diego a vu trois reflets verts. Quand je suis arrivé, tu étais inconscient dans le salon. Une partie de ton t-shirt était brûlé et le serpent commençait à apparaître sur ta peau. Je suis juste montée voir ce qu'il en était. Ta femme était étendue devant le lit du petit qui me regardait en pleurant. Une fine cicatrice en forme d'éclair ornait son front. Je suis désolée, ajouta-t-elle en plaçant sa main sur la sienne.
-Une cicatrice ?
-J'y ai pas mal réfléchis ces derniers mois et je crois que sa mère s'est sacrifiée pour lui. Voldemort en avait après lui. Le sacrifice est une vieille magie…
-Qui donne une haute protection. C'est la mort de Lily qui a sauvé Harry ?
-Oui, c'est mon hypothèse. Le sort a ricoché sur lui pour frappé Voldemort qui a été réduit en poussière. Mais il n'est pas mort. C'est toi qui dois le tuer. Il est toujours vivant mais n'a plus de forme corporelle. Tu dois apprendre pour avoir la puissance de le vaincre.
-Pourquoi Harry est-il chez Pétunia et pas chez son parrain ?
-Sirius est en prison. Il est accusé de vous avoir vendu à Voldemort.
-Mais il s'agit de Peter !
-J'entends les choses à travers le résumé d'un aigle alors voilà ce que j'ai compris. Dumbledore affirme que le gardien du secret était bel et bien Sirius. Il est également accusé d'avoir tué Peter et douze moldus. Les aurors n'ont trouvé qu'un morceau de doigt de Peter. Sirius a clamé que Peter a provoqué une explosion qui a tué ces moldus, s'est coupé le doigt et s'est transformé en rat.
-Je dois aller dire que c'était Peter mon gardien du secret ! J'avais fait exprès de donner une lettre à Dumbledore dans le cas où je devais mourir où j'expliquais qui était le gardien du secret.
-Ce n'est pas comme si Dumbledore était quelqu'un de confiance, fit-elle remarquer.
-Qu'en sais-tu ? Tu ne le connais.
-Oh si, j'en sais des choses sur cet homme. Je te les expliquerai plus tard.
-Quand je serai revenu d'Angleterre. J'accepte que tu m'apprennes à me battre contre Voldemort mais avant, je vais chercher mon fils et libérer mon meilleur ami.
Il se leva mais sentit une force l'asseoir. Ravenna se releva pour lui faire face. Le regard sévère, elle le toisa.
-Tu peux rêver de quitter ce pays, tant que je serais vivante, on fera les choses à ma manière, à présent. On a attendu assez longtemps.
-Tu crois vraiment pouvoir me forcer à rester ici ?
-Tu sais ce qu'est le serment inviolable, n'est-ce pas, James ?
-Bien sûr. Il faut être trois personnes.
-Un elfe de maison peut remplacer la troisième personne.
-Je ne ferai aucun serment !
-D'accord, accepta trop rapidement Ravenna. Alors prépare-toi à voir tous les gens que tu aimes mourir mais en plus refuser de les venger. N'as-tu pas envie de voir mourir le sorcier qui a tué ton père, ta femme ? Tu es mort pour tes amis, même pour ton fils. D'ailleurs, si tu retournais en Angleterre, tu ne pourrais accomplir la prophétie et ton fils serait tué à son tour. Tu veux la mort de ton unique enfant ?
-Que veux-tu que je promette ?
-Appelle ton elfe de maison, nous avons besoin d'une tierce personne.
-Glorfi ? Glorfi est ici ?
-Oui.
Entendant son prénom, l'elfe apparut. Un large sourire s'afficha sur son visage où ses yeux délavés s'embuèrent à nouveau. Il serra son maître contre lui. James se sentit si soulagé d'avoir avec lui une partie de son passé.
-Glorfi, on a besoin de toi pour un serment inviolable.
L'elfe hocha la tête en signe d'affirmation. Tremblant, James serra la main qui lui était tendue.
-Me promets-tu de rester en Italie et de ne pas te rendre en Angleterre jusqu'au jour où je te dirai de partir et d'aller en Angleterre ?
-Je le promets, dit-il avec hésitation.
-Me promets-tu de suivre mes instructions ?
-Je le promets.
-Me promets-tu de ne pas prendre contact avec quiconque lié à ton passé ?
-Je le promets.
-Lorsque je te dirai de dégager, tes promesses auront été accomplies.
Une lumière entoura leurs mains. Lorsque que leurs peaux se quittèrent, il sentit le poids de la culpabilité tomber sur ses épaules. Il se laissa tomber sur le fauteuil. Dans ses mains, il cacha sa tête. Les larmes commencèrent à couler lorsqu'il réalisa qu'il s'était engagé à ne rien faire pour aider son meilleur ami, pour assumer son rôle de père... Il pensa à sa Lily, morte par sa faute, comme ses parents et ses grands-parents. Une main se voulant être rassurante se posa sur son épaule mais dans un geste rageur, il la repoussa. Il entendit le reniflement de Glorfi et le vit à travers ses propres larmes retourner dans la cuisine. Avec soulagement, il remarqua que Ravenna avait quitté la pièce.
Soudainement, il sentit un poids sur ses genoux. La petite patte féline se posa sur sa main. En relevant la tête, il croisa ses yeux jaunes.
Tu m'as manqué, James, pensa Neve Nere.
Tu m'as parlé pendant que j'étais inconscient ?
Oui. Tous les jours. Six mois sans toi, c'est long.
Six mois ?
On est le 17 avril. Presque six mois depuis... Arrête, James !
Arrêter quoi ?
Arrête de culpabiliser ! Je le vois dans tes yeux. Tu te sens responsable de la mort de Lily…
Je dois vivre des évènements tragiques ! Sans moi, elle serait en vie !
À quoi est-ce ça lui aurait servi d'être en vie si elle n'est pas heureuse ? Elle était heureuse. C'est par amour qu'elle a sauvé son fils, expliqua Neve Nere.
Fils que j'ai abandonné !
Tu le retrouveras !
Quand ? Un enfant a besoin de ses parents. Harry n'a plus rien par ma faute. A cause de moi, il ne peut même pas être avec son parrain car par ma faute, Sirius est en prison. C'est un véritable cauchemar.
Je sais que c'est dur. Sirius me manque même s'il me donne un horrible surnom. La sagesse de Remus, la douceur de Lily, le rire de Harry me manquent. Tout cela manque aussi à Glorfi. On est tous les trois tristes mais on est ensemble. On est tous les trois. Quand on retournera en Angleterre, on les retrouvera. Tu retrouveras ton fils et quel que soit son âge, il te pardonnera. Tu lui expliqueras.
Comme si Harry pouvait un jour pardonner à un père qui l'a abandonné si je ne peux même pas moi, me pardonner de ne pas être auprès de lui...
Pour l'instant, tu as fait la promesse à Ravenna de rester en Italie et de lui obéir. Tu dois apprendre à utiliser toutes tes capacités magiques.
Je dois me préparer pour accomplir mon destin, j'ai compris.
L'animal se blottit contre son maître. Le silence se fit. Seul le bruissement de l'air entre les feuilles au dehors empêchait le silence. James resta immobile. Assis en tailleur, il fixa sa liberté perdue qui courait dans la forêt autour de la maison. Son regard était vide. Sur son visage, les perles salées coulaient. Tout l'après-midi, personne ne vint le déranger. La chaleur de Neve Nere était son fil pour s'accrocher et ne pas sombrer.
