Et si tout était différent
Chapitre 55
Gli anni passano (les années passent)
-J'ai l'impression que c'était hier que tu commençais ta formation, déclara nostalgiquement Ravenna.
James s'arrêta sur le pas de la porte. Il se tourna vers sa marraine, surpris. Il éclata de rire. La voix grave de Vincenzo résonna dans le vestibule.
-Quelle formation ?
-Vincenzo Tellerino en a fait plusieurs ? le nargua-t-elle.
James grommela quelque chose mais ne répondit pas. Il se jeta un dernier coup d'œil dans le miroir suspendu dans le hall d'entrée. Le corps et le visage de Vincenzo lui était toujours étrange lorsqu'il se regardait dans une glace. Il retint un sourire moqueur qui se dessina légèrement sur les lèvres de sa seconde apparence. Ils quittèrent la demeure pour se rendre à la réception organisée en l'honneur des aurors fraîchement diplômés. En entrant dans cette pièce, il ne se sentit pas à sa place. Au fond lui, son cœur lui disait que cela aurait dût avoir lieu en Angleterre, il y a quatre ans. Sa marraine à ses côtés, il essaya de créer une atmosphère familiale entre eux. En voyant son chef s'avancer vers eux, il la tira vers le buffet un peu plus loin mais Cantoni l'appela. Il grimaça et cracha un juron en voyant sa marraine se tourner vers lui tout sourire.
-Chef, s'étonna faussement James.
L'auror se tourna alors vers Ravenna. Un sentiment de dégoût l'étreignit quand il vit son patron faire un sourire qui se voulait dragueur à sa marraine. Il jeta un regard interrogateur à James pour l'inciter à faire les présentations.
-Je vous présente ma marraine, Ravenna Sersino. Mon patron, l'auror Cantoni.
-Enchanté, minauda-t-elle sous le regard effaré et scandalisé de James.
-Vous avez un filleul très doué, la complimenta-t-il.
-Je sais. J'en suis très fière. Après tout, j'étais sa préceptrice, ajouta-t-elle.
-Je comprends mieux pourquoi j'ai eu la chance d'avoir un élève si doué.
James leva les yeux au ciel. Qu'avait-il fait pour l'univers s'acharne ainsi sur lui ? Il avait honte en voyant Ravenna rentré dans son jeu. Leurs paroles niaises et susurrées l'écœuraient. Par chance, Cantoni fut appelé et il s'excusa plus auprès de Ravenna que de Tellerino. James se tourna rapidement vers elle, dès qu'il eut tourné les talons.
-Je peux savoir à quoi tu jouais ?
-Je te faisais gagner des points auprès de ton patron.
-Tu te laissais draguer ! s'offusqua-t-il en l'entendant se défendre en l'utilisant. On n'est pas là pour s'amuser, il y a une prophétie en jeu, rappela-t-il moqueusement.
-Je le sais. Si je suis proche de lui, je pourrai dire que de bonnes choses à ton sujet et si tu gagnes des points en Italie quand tu postuleras en Angleterre tu seras très bien recommandé. Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de flirter.
-Tu as une vie sentimentale ? Depuis quand ?
-Il est vrai que je me suis toujours interdit d'avoir de relations sérieuses étant donné que je sais que je dois mourir dans quelques années. Je ne veux pas m'attacher mais j'ai eu quelques flirts, dirons-nous. Ne fait pas cette grimace, j'ai le droit d'avoir une vie, non ?
-Pas avec mon patron, grinça-t-il.
Elle leva les yeux au ciel, désespérée. Aucun des deux ne parla. Ils évitèrent de revenir sur le sujet durant le restant de la soirée. Heureux que Cantoni les ai oublié, James réalisa qu'il fut bien le seul à les avoir effacés de ses pensées. Laura qui lui courait toujours inlassablement après depuis quatre ans, lui tournait autour. Cette attitude de sangsue le dégoûtait tellement qu'il n'osait imaginer à quoi il avait dût ressembler lorsqu'il draguait Lily.
Il grimaça lorsque Monica et Marco vinrent lui proposer d'aller boire un pot ensemble pour fêter ça. Une envie sanglante l'étreignit quand Ravenna s'enthousiasma en clamant que c'était une merveilleuse idée. Après quelques grognements, il se retrouva assis à un bar entre ses deux collègues.
-T'es un vrai loup solitaire, toi ! se moqua la jeune femme.
J'attire les évènements tragiques, pourquoi m'attacher aux gens si pour les voir m'être enlevés, pensa-t-il amèrement.
-J'ai toujours été comme ça, répondit-il faussement.
-Quelle chance que ta marraine était là pour réussir à te convaincre de venir fêter ton statut d'auror confirmé ! argumenta Marco.
James ne répondit pas. Ravenna avait usé de sa promesse pour le faire accepter. Elle avait osé lui rappeler sa promesse de suivre toutes ses instructions. Tous les gens qu'il aimait souffraient, sauf elle. Elle le faisait souffrir par sa conviction de faire ce qui est juste pour l'humanité. Il chassa ses mauvaises pensées et tenta de suivre le conseil de l'héritière de Serdaigle. Il devait s'amuser comme quelqu'un de 26 ans. Il trinqua avec un grand sourire.
Lorsque le liquide jaune et alcoolisé coula le long de sa gorge, il se revit des années auparavant dans un pub anglais avec ses meilleurs amis. Il but avec entrain sa bière pour le souvenir qu'était la vie de James Potter. A présent, il devait se construire une vie pour Vincenzo Tellerino. Sans réaliser ce qui se passait, il s'entendit éclater de rire. Il ne compta plus le nombre de verre qu'il avait bu. C'est le retour de son accent british qu'il demanda un scotch whisky. Ses deux compères également alcoolisés, ne firent aucun commentaire sur ses paroles soudaines en anglais.
-Je n'en reviens pas que Laura ait réussi les examens finaux, s'étonna encore et encore la jeune femme.
-Oh Sirius, il faut que tu m'aides parce que je peux plus de la voir cette blondasse.
Les deux autres aurors échangèrent un regard avant d'éclater de rire sous l'œil interrogateur de Tellerino. Ils ne firent aucune remarque sur le nom utilisé. Vexé, James leur lança un regard noir.
-Trouve-toi une fille. Si tu es pris, elle comprendra peut-être, si elle peut comprendre quelque chose, que tu es inaccessible, lui conseilla Marco. Là-bas, la petite brune, elle est mignonne non ?
-Ca ne va pas la tête, je ne vais pas aller la draguer. D'ailleurs, j'irai draguer aucune fille !
-T'es gay ? s'écria la jeune femme.
-J'ai une tête à être gay ? rugit-il désespéré. Peut-être avec cette tête, ajouta-t-il pensive en se pointant du doigt. Mais je ne le suis pas, je suis le pure hétéro, se reprit-il.
-Alors qu'est-ce qui te retient ?
-Lily, répondit-il comme si la réponse la plus évidente.
Monica et Marco échangèrent un regard amusé. Voir Vincenzo saoul était amusant même s'il racontait des choses étranges, lançaient des phrases en anglais et les appelaient par des autres noms. Ivre, James oubliait qui il était censé être. Partagé entre lui-même et Vincenzo, il parlait au passé sans le réaliser.
-C'est ton ex Lily ?
-C'est ma femme !
Les surprenant, il déclara cela avec force et montra sa main gauche pour prouver ses dires. Mais lorsqu'il posa ses yeux bleus sur son auriculaire, il n'y vit pas son alliance. Le choc lui rappela qu'il n'était pas James mais Vincenzo en ce moment et que Lily n'était plus là.
-Ca aurait dût être ma femme, se reprit-il. On était ensemble mais elle a eu un accident, expliqua-t-il.
-Désolé, on l'ignorait, s'excusa Marco mal à l'aise.
-Vous ne pouviez pas savoir.
-Faudrait passer à autre chose, mon pote.
-Alors ça c'est bien un truc de mec, coupa la seule femme présente. Passer à autre chose, changer de filles. C'est tellement masculin.
-Tu penses que c'est bien de rester accro à une femme qui n'est plus là ?
-Ca montre qu'il tenait vraiment à elle. Ce n'est pas comme toi, depuis les cinq ans que je te connais, tu dois d'être fait la moitié de la gente féminine sorcière de Rome.
-Sirius numéro 2, s'esclaffa James dans un rire alcoolisé.
Les deux autres ne dirent plus rien. L'alcool lui faisait dire de drôles de choses !
-Je plains quand même le mec qui t'a demandé ta main, se moqua Marco.
-Il n'est pas comme toi. Il n'a pas peur de s'engager, lui.
-T'es fiancée ? répéta James.
-Ouais depuis un peu plus d'un mois maintenant. Tu l'ignorais ? Tout le département ne parlait plus que de ça la semaine où je l'ai annoncé.
-Mais tu n'es pas lesbienne ?
-Tu croyais que j'étais lesbienne ? répéta-t-elle, vexée. Tu dis ça parce que t'es bourré ou tu le penses vraiment ?
-Je ne suis pas bourré, argumenta James en la pointant du doigt.
En fixant son doigt, il eut l'impression d'avoir déjà vécu ça des années auparavant. Il se revit dans leur pub préféré. Autour d'une petite table ronde, il racontait n'importe quoi devant un Sirius et un Remus hilare.
Flash-Back :
-T'es bourré Jamie !
-Je ne suis pas bourré, contredit James en le pointant du doigt.
Comme pour démentir ce qu'il venait d'affirmer, son corps tangua et il se rattrapa de justesse lui évitant une rencontre avec le sol poussiéreux. Sirius éclata de rire.
-Je t'adore Jamie.
-Moi aussi je t'aime Siriri !
-Après deux-trois verres, il est bourré.
-Il est bien plus petit que nous, fit remarquer Remus.
-Trinquons petit frère, s'époumona Sirius alors qu'il remplissait à nouveau son verre et celui de James sous l'œil désespéré de Remus.
De retour à la réalité, il explosa de rire. Il s'arrêta quand son regard fut attiré par une chevelure flamboyante. Sans réfléchir à ce qu'il faisait, il se leva et la suivit.
-Lily ?
Il posa sa main sur son bras pour la retenir. Elle se retourna surprise. Un regard bleu azur le percuta de plein fouet. Il la lâcha comme brûlé.
-Désolé, j'ai confondu.
Elle lui sourit et reprit son chemin. Au milieu du bar, il se tenait debout. Il posa son regard sur sa main dénudée d'anneau. Ses pensées nostalgiques devaient le quitter. Il devait arrêter de penser à elle, à eux. Son passé était loin désormais. Il marchait vers ses collègues, fini dans un cul sec son whisky.
-Je vais rentrer. Merci pour la soirée, ça m'a vraiment fait du bien de rire un bon coup.
-Ca va ? s'inquiéta Monica.
-Ouais. J'ai juste un peu mal à la tête. On se retrouve lundi. Ciao.
Ils le regardèrent sortir. Il quitta Rome pour se retrouver devant sa maison campagnarde. Il s'assit sur le perron et laissa sa tête tomber contre ses genoux. Les larmes coulèrent doucement. L'alcool lui avait fait oublier sa nouvelle réalité. Enivré, il était retourné dans son passé. Leurs absences lui manquaient tous les jours. Il avait appris à ne pas se focaliser dessus mais l'alcool l'avait rendu joyeux. Il y avait quatre qu'il n'avait plus réellement était heureux. Il sentit une colère profonde naître en lui. Il devait faire son deuil. Il se leva et donna un coup de pied rageur dans le pot de fleur. Au bruit des briques se brisant, il se calma. Il fixa le résultat de ses émotions gisant à ses pieds. Il tendit la main au dessus de la poterie éclatée. Les yeux fermés, James laissa sa magie l'habiter. Animés, les morceaux s'emboîtèrent naturellement pour ne former à un nouveau plus qu'un vase d'argile. Un sourire se dessina sur ses lèvres en voyant le réceptacle réparé.
James évita de raconter tous les détails de sa soirée à Ravenna. Elle n'avait pas besoin de savoir qu'elle avait appelé ses collègues, Sirius et Remus et qu'il avait cru voir Lily. De retour au travail, il s'excusa auprès de ses collègues prétextant que l'alcool lui avait fait faire n'importe quoi. Il félicita dignement Monica pour fiançailles à l'inverse de ce qu'il avait quelques jours auparavant.
Auror le plus réputé, il était demandé sur les affaires les plus délicates. La puissance de ses sorts n'était égalée par personne. Cantoni ne jurait plus que par lui Tellerino par-ci, Tellerino par-là. Au point que certains aurors plus âgés en étaient jaloux. L'ancien protégé du chef, Antonio détestait être surpassé. Selon James, il devait être un cousin très éloigné de Lucius Malefoy. Tous deux étaient arrogants et prétentieux mais surtout, la chevelure blonde platine d'Antonio lui rappelait trop celle de Malefoy. Amoureux de la sangsue blonde, il ne supportait pas l'attirance qu'elle éprouvait pour l'auror si doué. Les regards hautains qu'il lui lançait le faisait revenir à Poudlard et rien pour cela, il lui en étai reconnaissant.
Antonio n'était le seul auror à qui il avait donné un surnom de son passé. Le garçon grassouillet assit au premier rang lors de la séance de bienvenue le premier jour avait hérité du mauvais surnom, celui de Peter. Dès qu'il avait posé son regard sur lui, il avait ressenti une envie violente et meurtrière à son égard. Depuis, il essayait de se contenir. Le même caractère admiratif devant James. Les rares où il avait été en mission avec lui, il rentrait sous une montagne de compliments tous aussi hypocrite les uns que les autres. James étant devenu l'auror préféré du chef, Pablo faisait tout ce qu'il voulait afin d'entrer dans les petits papiers de Cantoni, croyait-il. Il profitait de lui faire toute la paperasse qu'il détestait tant. D'une certaine manière, il se vengeait de Peter sur lui.
-Pablo, tu peux remplir ces quelques documents pour moi ?
-Bien sûr, Vincenzo, répondit-il avant de prendre les documents et d'abandonner son travail pour cela.
Il ne fait vraiment pas le bon job ! Se laisser marcher sur lui pareillement, ce n'est pas possible. Oh non voilà Malefoy version italien qui arrive, s'affola-t-il en voyant la démarche hautaine d'Antonio qui le fixait l'œil noir.
Il s'échappa à la salle d'entrainement, là où il savait qu'il ne viendrait plus l'embêter. Il avait osé le provoquer une seule fois à cet endroit. James lui avait alors proposé un petit duel pour en finir avec ces enfantillages. Plus simplement que jamais, l'héritier de Gryffondor avait gagné ce combat. Depuis quand il se trouvait en plein entraînement, le perdant n'avait plus le courage de venir vers lui.
Il évitait toujours autant Laura, surnommée la poufsouffle italienne. Jamais il ne pourrait se trouver une copine à nouveau. Six ans après le départ de Lily, il s'était accordé une première nuit avec une fille rencontrée dans un bar dans la soirée. Il avait parfois la sensation d'imiter Sirius lorsqu'il draguait, flirtait et couchait avec la fille juste une nuit. Lily avait été sa seule copine, son unique. Il était une pâle et mauvaise imitation de son meilleur ami dragueur. Dès qu'il s'approchait, il réfléchissait à ce qu'aurait fait ou dit Sirius.
Les années passèrent. Il essaya de compenser l'absence de ses meilleurs amis en acceptant de temps à autre une sortie avec Monica et Marco. C'était les deux personnes avec qui il s'entendait réellement bien sur le sol italien. Cantoni lui léchait les bottes dès qu'il revenait de missions. A force, il avait envoyé balader. Il ne faisait que son travail, ce n'était pas sa faute s'il le faisait mieux que les autres. Lorsqu'il lui proposa de devenir son adjoint, il sut qu'il avait bien fait le remercier pour chaque compliment, même lorsqu'il se répétait. Sa plus grande surprise fut quand, à peine âgé de 28 ans, Cantoni lui proposa son poste de chef car il partait à la retraite. Suspicieux, James s'interrogeait. La roue tournait à son avantage. Où étaient ses évènements tragiques ?
Tous les Potter deviennent chef des aurors, pensa-t-il quand il accepta l'offre. Mais je crois avoir battu mes ancêtres en le devenant à seulement 28 ans !
Si tout se passait bien pour Tellerino, pour James l'entraînement commençait à donner un véritable résultat. Il n'utilisait plus sa baguette depuis ses 24 ans, excepté à son travail pour ne pas éveiller de soupçons. Ravenna n'osait plus lui donner de conseil car il l'avait surpassé. Le temps où il faisait tout d'un coup de main était révolu, un simple regard lui suffisait à présent. Les sortilèges qu'ils soient d'antan ou d'aujourd'hui n'avaient plus aucun secret pour lui. Sans surprises, il transformait tout ce qu'il voulait. A présent, c'était lui qui aurait donné des cours au professeur McGonagall. Les attaques ou la défense lui étaient comme un jeu d'enfant.
Parfois, au milieu d'une lecture il piquait un fou rire sous les regards étonnés de Ravenna et Neve Nere. Le visage ahuri de Sirius apparaissait dans sa tête s'il le voyait lire et lire. Il avait dût passer plus de temps plongé dans les profondeurs de la bibliothèque privée de l'héritière de Serdaigle que la Madame Pince dans celle de Poudlard. Pour être prêt à combattre, il avait également appris à soigner de multiples blessures. Il était devenu un parfait médecin de guerre. Excepté lorsqu'il devait fabriquer des potions. Il avait passé des soirées à faire et refaire des mixtures plus étranges les unes que les autres.
Il était d'ailleurs en pleine concentration pour comprendre ce qu'il faisait encore faux à bientôt 31 ans pour rater une potion. Il grogna en voyant la drôle de couleur qu'elle prenait. Il jeta un regard interrogateur à Ravenna surpris de la voir à ses côtés. Cela faisait maintenant plusieurs années qu'elle avait cessé de se mêler à son apprentissage.
-Je peux te parler un instant.
-Ouais, répondit-il en relisant sa page pour trouver son erreur.
Elle esquissa un sourire en le voyant lire si assidûment. Il n'était plus le jeune homme allergique au livre et dépressif qu'elle avait obligé à accepter son destin. Il était devenu l'héritier digne de la puissance de Gryffondor. Sa dépression avait disparut de son visage. Une volonté de fer l'avait transformé. Son intolérance livresque était devenue une dépendance. Elle lui prit le vieux grimoire des mains.
-J'ai à te parler sérieusement, James. De toute façon, tu n'as plus besoin de tout ça. Tu es prêt. Il reste plus qu'à attendre que Voldemort refasse surface.
-Bien sûr que non. Il me reste encore plein de choses à apprendre, à maîtriser.
-Ces quelques petits détails, tu pourras les maîtrises en Angleterre. Voldemort n'est pas encore là. On va encore rester en contact. J'ai une idée concernant la pierre mais je dois encore faire des recherches. Dès que j'en saurais plus je te dirai. Maintenant je crois qu'il est surtout temps pour toi de ... dégager de chez moi, finit-elle après une brève hésitation.
-Quoi ? s'étonna-t-il choqué par la fin de ses propos.
-Il y a dix ans quand on a fait le serment inviolable, j'ai dit que tes promesses auront été accomplies quand je te dirai de dégager d'ici. Tu es libre. Tu as fait, bien mieux que ce que j'osais espérer, ce que j'attendais de toi. Tu peux retourner en Angleterre, James.
Etonnement, il ne dit rien. Il rêvait de ça depuis une décennie mais aujourd'hui il avait peur. Avant de s'endormir ses pensées avaient été si souvent tournées vers la Grande-Bretagne. Il avait essayé d'imaginer à quoi pouvait ressembler Harry à 4 ans, à 8 ans, à 10 ans. Bientôt, son fils irait à Poudlard. Son ultime souvenir était celle d'un bébé d'un an et trois mois. Il se détourna de Ravenna pour ne pas qu'elle puisse voir la crainte dans son regard.
-Quand veux-tu que je parte ? demanda-t-il feignant une fausse assurance.
-Il faudrait que Tellerino postule en Angleterre et qu'il se trouve un remplaçant pour son poste en Italie, proposa-t-elle.
-Je vais aller préparer tout ça.
Sur ce, il se leva. Elle le suivit du regard. Il allait lui manquer. Elle avait vaincu si longtemps seul que la présence de James lui avait fait un grand bien. Ils étaient peut-être rarement ensemble mais voir ses affaires trainer lui rappelait qu'elle n'était pas seule. Le voir monter dans sa chambre dans cet état lui fendit le cœur. Elle ne pouvait pas monter. Même après 10 ans, leur relation n'était pas assez proche pour partager les craintes.
Neve Nere vit son maître prendra la fuite dans sa chambre. Il le suivit rapidement. James se dirigea vers son lit. Assit en tailleur, il prit les trois cadres sur sa table de chevet. Ses yeux embués se posèrent sur la photo de James, Sirius et Remus prise par Peter, peu avant l'éclatement des maraudeurs. Ses noisettes glissèrent sur les émeraudes pétillantes de Lily. Enlacés, les jeunes mariés lui souriaient. La dernière image représentait son bébé qui rigolait. Les perles salées coulèrent. Il avait peur.
Ils te pardonneront quand tu leur expliqueras. Harry sera heureux d'avoir enfin retrouvé son père. James, s'inquiéta le félin devant le silence et les larmes de son maîtres. Je suis là. Glorfi rentre avec nous.
D'une main, James le prit contre lui. La présence de l'animal le rassura. Dans un parfait mutisme, les deux compères réalisèrent peu à peu que leur espoir se réalisait. Ils rentraient chez eux.
