Akan et Tsuky: Merci pour vos commentaires. Bonne lecture et bonne semaine!


Et si tout était différent

Chapitre 61

Parce que tu es mon fils (1)

James regarda Harry prendre la fuite, fier de lui avoir évité une nouvelle blessure. Sa fierté s'éteignit rapidement lorsqu'il vit le regard prédateur du crapaud rose. Il déglutit. Il devait trouver une excuse. Il venait de flirter.

-Nous voilà enfin seuls, Vincenzo, susurra-t-elle.

-En effet, déglutit-il.

Et si je lui lançais un sort ?

Quand elle posa sa main baguée sur son torse, il recula vivement.

-Dolorès que faites-vous ?

-Je vous touche, répondit-elle en avançant ses doigts vers les boutons de sa chemise.

-Il doit y avoir un malentendu, la coupa-t-il en attrapant sa main entreprenante.

-Comment ça ? Il y a une alchimie entre nous. Je le sais, vous le savez.

-Une alchimie ? Bien sûr que je la sens passer, ajouta-t-il après s'être remis de la surprise. Mais j'aurais plutôt nommé cette alchimie fraternelle plutôt que sexuelle, expliqua-t-il ne réalisant pas qu'il venait de parler de sexualité avec la face de crapaud. Vous êtes un peu comme une grande sœur pour moi, un modèle, argumenta-t-il en la voyant se vexer.

-Tu as raison, concéda-t-elle à sa grande joie. Gardons notre relation telle qu'elle.

-Je crois qu'il est préférable que je rentre chez moi.

-Retrouver votre femme, grogna Ombrage.

-Je ne suis pas mariée. Oups, pourquoi j'ai dit ça ?

-Votre petite amie ?

-Non plus. Mon petit ami. Pourquoi j'ai dit un truc pareil ?

-Oh ! fit-elle déçue en réalisant qu'il était plus qu'inaccessible. J'ignorais que tu étais…

-Gay ? Ouais, peu de monde est au courant. Ma vie privée ne regarde personne donc si tu pouvais ne pas en parler Dolorès...

-Je serai muette comme une tombe.

-Merci. Si tu as besoin de moi pour quoi que ce soit, dis-moi.

-D'accord. Si tu changes de bord, appelle-moi, minauda-t-elle alors qu'il mettait un pied dans le couloir.

Ça ne risque pas d'arriver. Je préfère être gay plutôt que de sortir avec toi !

-Bonne nuit, Dolorès.

Dès que la porte se fut refermée, il soupira et grimaça.

Je sais que je dois vivre des évènements tragiques mais me faire draguer ouvertement par cette chose, c'est plus qu'horrible !

James, t'es où ? Ton fils veut attendre que t'aies fini avec Ombrage pour te parler ! Je le suis mais fais attention, Harry vient de prendre la carte du Maraudeur !

La carte ? Merde !

James jeta rapidement un sort pour modifier son nom sur la carte. Il espéra que le sort fonctionne malgré la distance. Il avança comme si de rien n'était le long des couloirs.

-Tellerino ! Que faites-vous dans mon château ? s'énerva Dumbledore.

James s'arrêta dans le hall et se tourna tout sourire vers Dumbledore.

Quoi de mieux après s'être fait dragué par Ombrage que de vexer le citronné ?

-Votre château ? J'ignorais que vous aviez participé à la construction de cette école. Vous êtes donc si vieux que cela ? se moqua James.

-Vous n'êtes qu'un petit insolent prétentieux...

Tiens ça fait un bail qu'on ne m'avait pas traité de prétentieux, ça doit être Poudlard qui me fait cette effet...

-...qui croit tout savoir. Cette école est sous ma direction et j'exige savoir ce que votre présence non désirée faisait-elle là.

-Je suis venu éviter d'avoir la main en sang à mon fils. Cette école n'est pas plus la vôtre. Vous êtes peut-être le directeur, Dumby mais elle ne vous appartient pas. Au contraire, elle est là pour les élèves. Vous êtes là pour superviser les choses. Vous ne servez pas grand-chose de plus. Et en effet, je sais beaucoup de chose, espèce de manipulateur !

James, tu as des spectateurs, fais gaffe à ce que tu dis.

Merci !

-Ce n'est pas parce que le ministre vous adore, Tellerino que vous êtes un sorcier puissant. Vous ne méritez pas votre place de chef des aurors et vous le savez.

James éclata de rire. Premièrement car il était bien plus puissant que ce pensait Dumbledore, deuxième parce qu'il méritait sa place, les Potter devenaient toujours chef des aurors et dernièrement car il était convaincu que Dumbledore lui parlait ainsi car Maugrey était jaloux de son poste.

-Voilà donc le problème, vous venez plaidoyez pour votre petit-ami ? demanda James avec un sourire railleur.

-Je ne vois pas de quoi vous parlez.

-Oh oui, vous voyez de quoi je parle. Ce n'est pas votre petit-ami ? Juste votre amant ? Vous n'êtes plus ensemble ?

-Ma vie privée ne vous regarde pas.

-Toujours amants ? ricana l'héritier de Gryffondor. L'image que j'ai réellement vu, me dégoût un peu, je l'avoue. Vous imaginez tous les deux me donnent des cauchemars. Mais c'est plutôt mignon de voir comment vous venez défendre Maugrey, expliqua-t-il en songeant à la réaction des trois adolescents.

-Je ne défends pas Alastor, répliqua Dumbledore qui ne savait plus quoi répondre devant tant de vérité.

-Si vous le dites. Avouez quand même que vous ne me connaissez pas. Vous me détestez parce que je ne suis pas vos idées…

-Vous rirez bien moins lorsque Voldemort attaquera.

-Tu riras moins quand tu verras que tes plans ont échoué. Je ne suis pas vos idées à vous mais je n'ai pas dit que je ne suivais pas celle de Potter. Vous voyez Dumbledore, si au lieu de me juger ou de croire sur parole les idiotes de votre amant, vous vous apercevrez vous-même que je ne suis peut-être pas si débile et inoffensif que vous voulez le croire, expliqua sincèrement James.

-Pour les italiens, vous êtes peut-être un sorcier « puissant », mais ici en Angleterre vous n'êtes rien Tellerino. Et arrêtez vos insinuations sur ma vie privée, répondit un Dumbledore passablement énervé à la grande fierté de James.

-Détrompez-vous, même en Angleterre mon niveau de magie est plus élevé comparé à la moyenne. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais y aller…

-Que faisiez-vous dans ce château ? Vous ne m'avez toujours pas répondu et j'exige une réponse.

-Je faisais votre boulot. Apprenez à le connaître, votre château. À plus. Oh, et au passage, pas d'inquiétude, je saurais rester discret à propos de votre relation intime avec Maugrey, promit James avant de quitter le hall.

Il traversa tranquillement le parc, sachant que les trois adolescents voulaient venir lui parler. Il devina le bruit de la porte s'ouvrir et se refermer. Un sourire aux lèvres, il attendit.

-Attendez ! Monsieur Tellerino ! S'il vous plaît !

Monsieur Tellerino ? C'est étrange.

Il continua jusqu'à la grille là où ils ne seraient plus visible depuis le château avant de se tourner vers eux.

-Bonsoir jeune gens. Vous n'avez pas un couvre-feu ?

-Pourquoi avez-vous échangé la plume au début de ma retenue ? lança Harry.

Ses émeraudes le scannèrent. Ce regard perçant le déstabilisa quelques instants.

-Je croyais que c'était clair. Je t'ai évité une nouvelle marque sur la peau.

-Comment saviez-vous que j'étais en retenue et pourquoi m'avoir aidé ?

-Parce que tu es mon fils, je déteste savoir que tu te fais charcuter la main à cause d'elle. J'ai des sources assez importantes, Harry, si tu permets que je t'appelle par ton prénom. Je sais que tu réagis un peu trop aux provocations d'Ombrage. Ces retenues archaïques n'auront aucun effet sur toi. Au contraire, tu seras peut-être plus motivé à ne pas lui faire plaisir. C'est comme ça que réagirait tout Gryffondor qui se respecte, que je réagirais… Elle continuera à te torturer la main jusqu'à que tu sois un bon chien bien docile.

-Vous faites autant partie du ministère qu'elle. Pourquoi seriez-vous différent ?

-Je viens de t'éviter d'avoir la main en sang, tu veux une autre réponse pour te dire que je suis différent d'elle ? Je ne suis pas sûr, entre nous, que les arguments de ton directeur lors de ton audience aient réellement eu un effet sur l'assemblée. Alors que mon idée du transeo veterea était plutôt bonne.

-Pourquoi faites-vous ça ? Vous me prenez pour un fou et…

-Je n'ai jamais dit que tu étais fou. Jamais je n'oserais dire ça.

-Non, bien sur, le ministère me croit sain d'esprit. Je n'ai pas raconté de mensonges récemment selon vous ?

-Selon moi, tu as dit la vérité. Ce que pense le ministère n'est pas ce que je pense.

-Quoi ?

-Je n'ai jamais dit que tu avais menti, Harry. Dans toutes les interviews, j'ai sauvé mon poste lorsqu'on me posait la question « est-ce que Voldemort est de retour » et répondant « le ministre a déjà répondu à la question ». Voilà ce que j'ai dit. Je n'ai pas donné mon avis. Je te crois Harry Potter. C'est envers Dumbledore que je n'ai pas confiance.

-Pourquoi ? Vous venez d'Italie, que peut-il vous avoir bien fait pour ne pas avoir confiance en lui ? C'est un des plus grands sorciers d'Angleterre et même du monde, argumenta la jeune fille.

-Être un grand sorcier ne rime pas avec le bien. Je sais des choses sur Dumbledore…

-Qu'il serait le petit ami de Maugrey ? coupa Harry.

-Entre autre. Mais ce n'est qu'un petit détail plus que dégueulasse. Je ne supporte pas ces manières de vouloir de tout savoir, de croire tout savoir…

-Vous pensez aussi tout savoir, l'interrompit le rouquin que James devina être un Weasley.

-C'est vrai, je l'avoue. Sauf que j'avoue aussi que cette connaissance ne fait que m'éloigner des êtres qui me sont chers… expliqua-t-il.

James croisa le regard vert de Harry. Une tristesse profonde se refléta dans son regard. Son cœur se serra. Harry était à deux pas de lui. Il pouvait ouvrir ses bras et tout lui dire. Il voulait tout lui dire. Tout savoir l'avait éloigné tant d'année de Sirius, Remus et encore aujourd'hui de Harry.

-Faites partie de l'Ordre du Phénix, proposa soudainement Hermione. Vous avez dit croire au retour de Voldemort, pourquoi ne pas venir vous battre avec l'Ordre ?

-Pour la simple raison que je refuse de suivre les ordres d'Albus Dumbledore. Je sais ce que fait l'Ordre. J'ai les infos mais moi je n'en donnerai pas. Je ne partagerai rien avec Dumbledore.

-Ce n'est pas valable comme raison. Juste parce que vous n'aimez pas quelqu'un ? contredit-elle.

-Sérieusement, vous croyez réellement que l'Ordre du Phénix aurait envie de moi ? Maugrey me déteste juste parce que je lui ai pris son poste, Dumbledore parce que je sais des choses et que lui ne sait rien de moi, ensuite vous trouverez ça vraiment logique que l'auror chargé de retrouver Sirius Black fasse partie d'un Ordre secret avec lui ? Si vous voulez bien m'excuser mais je crois qu'il est l'heure pour moi de vous laisser.

-Vous ne pouvez pas partir comme ça ! s'écria Harry, provoquant un pincement au cœur chez James en voyant son fils qui lui demandait de rester. Vous êtes paradoxal. Vous savez plus de chose que ce que les gens pensent. Pourquoi êtes-vous venu m'aider ? Vous ne pouvez pas être gentil et être aussi mystérieux !

James ne sut que répondre à cela. Il ne pouvait pas répondre à Harry, pas encore. Pourtant il le voulait tant. Il aurait tant voulu pouvoir l'aider. Comment aurait-il pu lui dire qu'il voulait l'aider car il était la chair de sa chair ?

-Tu dois apprendre Harry à faire des choses de ton âge, profite de t'amuser. Tu as quinze ans. Amuse-toi avec tes amis. D'accord, dehors une guerre se prépare et Ombrage ne vous apprend rien. Mais prend les choses avec le sourire. Rigole des méthodes archaïques qu'elle utilise. Laisse là vous apprendre des sorts pour enfants et entraîne-toi à côté, si c'est ça que tu veux. Mais ne passe pas ton temps à vivre dans l'idée d'une guerre. Profite de ta jeunesse. Rigole, la vie est faite pour rire. Si tu restes dans le sérieux tout le temps, la vie perd son sens et tu n'auras même plus l'envie de te battre, tu n'auras plus d'espoir, expliqua James en reprenant les même arguments que William leur avait dit à Sirius et lui-même.

Harry éclata de rire, le prenant au dépourvu.

-Rire ? Pourquoi tout le monde me conseille de rire ?

-Tout le monde ? répéta James.

Il plissa les yeux et réfléchit.

Sirius !

Il sourit en réalisant que les paroles de son père les avaient bien plus marqués que ce qui avait été voulu. Seul son frère de cœur pouvait avoir conseillé la même chose à Harry.

-Et bien, écoute « tout le monde ». Je suis sûr que la personne qui t'a conseillé ça tient beaucoup à toi et ce n'est certainement pas pour rien qu'il t'a conseillé de rire. Sans rire, y a-t-il encore de l'espoir ? D'autres questions ? ajouta-t-il précipitamment. À la prochaine la jeunesse. Faites attention en rentrant, Ombrage serait ravi de vous avoir en retenue, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Sous leur air ahuri, il passa l'enceinte et se rendit vers Sirius. Assis sur son lit, son meilleur ami lisait tranquillement. James s'affala à ses côtés le faisant sursauter.

-On frappe avant d'entrer, maugréa Sirius avec un sourire en coin.

-Même quand on ne passe pas par la porte ? remarqua James en levant un sourcil interrogateur.

-T'as réussi ?

-À éviter d'avoir la main en sang à mon fils ? Oui. Mais j'ai dû flirter avec Ombrage pour réussir, expliqua-t-il, une grimace de dégoût sur le visage.

-Tu as quoi ?

-Je suis entré dans le jeu d'Ombrage. Je lui ai fait quelques sourires charmeurs, si on peut appeler ça charmeur avec la tête de Tellerino…

-T'es pas plus moche qu'en James.

-Sirius ! Un crapaud qui te fait du rendre dedans c'est terrifiant. Quand Harry a quitté le bureau, j'ai cru qu'elle allait me sauter dessus.

-Elle ne l'a pas fait ? s'étonna faussement son meilleur ami.

-Je lui ai dit que j'étais gay et qu'il y avait un malentendu.

-Tu as dit que tu étais gay ? répéta Sirius avec un large sourire moqueur.

-Je devais trouver quelque chose qui ferait que je sois inaccessible !

-Tout le ministère va croire que t'es gay ?

-Non, elle m'a promis de ne pas en parler ! Au moins, elle ne m'approchera plus. Je n'en reviens pas d'avoir dit que j'étais gay !

-Tu veux voir quelle sensation ça fait de l'être ? demanda-t-il avec un sourire carnassier.

-Quoi ? s'écria James en s'écartant vivement.

-Haha, tu aurais dût voir ta tête ! T'as vraiment cru que je te faisais une proposition indécente ?

-Avec toi, tout est possible, maugréa l'héritier de Gryffondor.

-S'il te plaît ! Je sais que j'étais un chaud lapin à l'école et que depuis 14 ans, ma vie sexuelle est plate mais je ne suis pas encore désespéré !

-Ce sont des détails de ta vie que tu peux garder pour toi, Sirius.

-D'accord. Je me réjouis de voir la tête de Remus quand je lui dirai que t'es homosexuel !

-Sirius !

-Tu veux aussi que je dise à l'Ordre que Tellerino est gay ? Maugrey t'apprécierait peut-être un peu plus. Quoi que t'es un peu jeune, il préfère les vieux manipulateurs.

-En parlant de ces deux là, j'ai croisé Dumbledore.

-Il devait être drôlement heureux de te voir.

-Très ! Il a surtout adoré quand je lui ai fait comprendre que je savais pour lui et Maugrey. Le plus drôle c'était que Harry et ses deux amis étaient dans le couloir adjacent et qu'ils ont tout entendu.

-Tu savais qu'ils étaient là quand tu as dit ça ?

-Ouais. Neve Nere m'a prévenu. Harry voulait me parler après l'échange de plume. Il a regardé la carte pour suivre Tellerino.

-La carte ?

-Ouais. Par chance, Neve Nere m'a prévenu assez rapidement sinon Harry aurait su la vérité trop rapidement.

-Trop rapidement pour toi, Jamie. C'est toi qui a la trouille. Harry…

-Sirius ? appela la voix la petite voix de Harry, faisant sursauter les deux compères.

Les deux amis échangèrent un regard étonné. Sirius prit le miroir. James s'éloigna légèrement pour être sûr de ne pas être vu.

-Harry ? Ça va ?

-Oui et toi ?

-Oh, normal. Que vaut un petit coucou de ta part à une heure où tu es censé dormir ? Tout va bien, j'espère ? s'inquiéta Sirius qui sentait également l'inquiétude de James comme un souffle dans l'air.

-Oui, je vais bien, ne te fais pas de soucis, Sirius. Je vais bien. On discutait avec Ron et Hermione et on se posait des questions. Et tu peux sûrement nous aider à trouver les réponses.

-Moi ? s'étonna Sirius en jetant un micro regard en biais à James qui avait les sourcils froncés. Et bien posez vos questions, j'essaierai d'y répondre de mon mieux mais je vous promets rien.

-Et bien… en fait, cet été… je ne sais pas si tu te souviens… mais il y a un jour où tu as dit quelque chose en italien. Ou… quand tu as trouvé le nom pour Neve Nere. Et… on se demandait… c'est un peu bête comme question… mais… euh… donc voilà… on se demandait si tu parlais italien ?

Sirius éclata de rire. C'est avec grande peine que James se retint de faire la même chose. Durant le bégaiement de Harry, ils avaient été anxieux.

-Vous m'appelez à 23h30 pour me demander si je parle italien ? Pour quelque chose dont vous vous êtes posés des questions tout l'été ?

-Oui, avoua Harry.

-Je me débrouille. Je n'ai jamais suivi de véritables cours mais je suis parti souvent durant les vacances d'été en Italie et là, j'ai appris sur le tas, expliqua Sirius.

-Pas de véritables cours ? Et les miens ? s'offusqua doucement James qui se prit un coup de pied dans les tibias.

-Juste en partant en vacances ? s'étonna Hermione.

-Oui, je sortais et pour discuter avec les gens que je rencontrais, il fallait bien que j'essaie d'apprendre la langue pour les comprendre. Ce n'est pas très compliqué comme langue, en fait.

Il échangea un regard avec son meilleur ami. Tous deux pensèrent à la même chose, il babbo Natale ! Le souvenir de l'apprentissage du vocabulaire créé par James pour les vacances de Noël leur était inoubliable.

-D'accord. Et je voulais te dire que j'ai beaucoup réfléchis à ton conseil.

-Mon conseil ? Tu es bien la première personne qui réfléchisse au conseil que je donne. Aïe ! Je me suis tapé le pied, expliqua-t-il en lançant un regard noir à James pour le coup dans sa cheville. Ou peut-être la deuxième, mais la première n'aurait pas dû m'écouter, ajouta-t-il en fixant James dans les yeux.

-Oui, tu m'as conseillée de rire.

Je le savais ! Ça ne pouvait être que Sirius !

-Oh ça. D'ailleurs, il paraît que tu es devenu réputé pour les retenues ? Digne descendant des maraudeurs ! Tu appliques le concept de faire des bêtises pour rire ?

-Euh… Pas Vraiment. Je ne fais pas grand-chose pour me choper toutes ces retenues. Ombrage cherche par tous les moyens à me punir. Mais pourquoi tu me conseilles de rire et de m'amuser ? Juste parce que j'ai 15 ans ? Tu es un adulte et tu aimes encore rire…

Sirius détacha son regard du miroir pour le fixer dans celui noisette de James. Tous savaient pourquoi ils avaient conseillé à Harry de rire. Ils se souvenaient trop bien de ce que William leur avait dit. Leur propre passé ne prouvait-il pas que le rire était merveilleux ? Il coupa le contact visuel avec James pour répondre à son filleul.

-Le concept de rire m'a été très utile lors que j'étais à Azkaban. Les détraqueurs te vont revivre les pires moments de ta vie. Sauf que le pouvoir du rire est tellement fort... Ce n'est pas pour rien que pour que le sortilège du patronus soit efficace, le souvenir doit être particulièrement heureux. Sauf que j'avais passé les plus belles années de ma vie lorsque j'étais à Poudlard, j'avais eu les plus magnifiques fous rires qui puissent exister. Je donnerai tout pour retrouver tout ça. Je prenais ma forme animagus et les souvenirs revenaient encore plus forts. En animagus, j'avais même les sensations qui revenaient. Si tu restes dans le sérieux trop longtemps, si tu oublies de vivre, tu perds tout espoir. Comment pouvoir avoir encore envie de se battre, si la vie est morne et triste ?

L'adolescent ne répondit pas immédiatement. Il ne vit pas non plus le regard échangé entre les deux maraudeurs. Aucun mot ne leur était utile pour se comprendre. Leurs souvenirs avaient été leur force. Leurs mains s'enlacèrent se promettant de ne plus jamais s'abandonner.

-Comment fais-tu pour rire encore aujourd'hui ? Tu es obligé de rester enfermé dans une vieille maison car tous les sorciers et moldus te recherchent pour quelque chose que tu n'as pas commis et pourtant tu as encore cette envie de rire. Comment tu fais ? demanda l'adolescent sans se rendre compte de l'émotion qui habitait son parrain.

-Je ris des choses au lieu de m'apitoyer dessus. J'ai passé un nombre d'heure inimaginable en retenue et malgré toutes mes punitions, je continuais à faire le pitre. Même mes retenues je les prenais avec le sourire. Il faut voir les choses du bon côté. Chercher l'optimisme partout.

-Tu as passé douze ans en prison Sirius, comment tu peux voir le bon côté des choses ? répliqua Ron.

-Et bien malgré le fait que j'ai passé douze ans à Azkaban, j'ai retrouvé mon filleul, mon meilleur ami, expliqua-t-il en se retenant de dire qu'il avait également retrouvé son petit frère à qui il jeta un bref regard avant de continuer. Je ne dois plus supporter les détraqueurs. Je peux à nouveau me moquer de Rogue, dit-il, provoquant un léger rire désespéré chez James. Alors pourquoi râler ? La vie est à nouveau belle !

-Belle ? répétèrent les trois étudiants d'une même voix.

-D'accord pas si belle que ça, concéda-t-il guère convaincu. Mais si on enlève Voldemort et toutes ces histoires, le fait que je sois recherché, la vie est plutôt cool !

-Je commence à comprendre où tu veux en venir... Tu arrives à concevoir l'idée de rire de tout parce que tu as rigolé quand tu étais jeune, mais nous on est jeune et on a déjà plein de problèmes…

-Harry Harry… Tu es jeune et tu as plein de problème ? Mais qui n'a jamais eu de problèmes ? On a tous toujours des problèmes si c'est ça qu'on veut voir. Tu choisis de voir tes problèmes. Sérieusement, j'aurais préféré vivre dans une famille comme les Dursley que la mienne. Je vivais dans un monde où tout était centré sur la magie noire. Toute ma famille était à Serpentard. J'étais le vilain petit poucet de la famille juste parce que j'étais un Gryffondor. Ils me détestaient. Tu n'as pas idée de ce qu'ils m'ont fait subir et pourtant ils n'ont jamais réussir à m'enlever l'envie de rire. C'est tout un art et un apprentissage de voir les bonnes choses dans la vie et de rire des mauvaises choses.

-Comment tu as fait pour l'apprendre ?

-J'avais des amis formidables, répondit simplement Sirius en fixant les noisettes de James.

-C'est toi l'ami formidable, murmura James.

-Mon père ? demanda innocemment Harry sans réaliser l'impact que le mot père sortant de sa bouche avait sur lui.

-Ouais. En effet, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans James Potter…

Dans le miroir, Harry sourit en songeant à son père. Il ne fit pas attention à la tête que faisait son parrain. En effet, les deux amis retenaient les larmes de remonter à la surface. Leurs mains serrées l'une contre l'autre. Ils se regardèrent se rappelant combien ils étaient importants l'un pour l'autre. Les yeux brillants, ils durent casser le contact visuel pour s'éviter de pleurer comme lors de leurs retrouvailles.

-Désolé. Vous m'avez rendu nostalgique à me faire parler de ça, ronchonna Sirius évitant de montrer à quel point était vraiment touché.

-Oh ! On est désolé, Sirius. On ne voulait pas te faire cet effet-là ! Mais maintenant, j'ai compris le concept de rire et je vais faire mon maximum pour l'appliquer, promit Harry. On va devoir te laisser si on veut réussir à se lever demain matin.

-Tu vois, il y a des avantages partout. Je dois rester enfermé ce qui veut dire que je peux faire la grasse matinée, nargua Sirius qui vit avec satisfaction James lui tira la langue, boudeur. Bon, bonne nuit la jeunesse. Ah et au passage un truc très drôle c'est de jeter des bombabouses sur Rogue, ajouta Sirius. Ou sur Ombrage, ça doit le faire aussi. Regardez avec les jumeaux.

-Bonne nuit Sirius.

Le miroir rangé, Sirius s'appuya contre le mur côte à côte avec James. Aucun des deux ne dit un mot, leurs mains toujours scellées. Aucune parole ne pouvait décrire ce qu'ils ressentaient.

-Si t'étais gay, je crois que j'aurais été capable de te sauter dessus.

-Quoi ? s'étonna James.

-Je ne suis pas à ton goût peut-être ? s'offusqua faussement Sirius.

-Tu pourrais l'être. T'as juste quelque chose en trop pour me plaire.

-Je suis vexé ! Je viens de te faire ton apologie à travers un miroir à ton fils et toi, tu refuses de coucher avec moi.

James tourna un regard perplexe vers son meilleur ami qui lui rendit un sourire triste avant d'éclater de rire.

-Quoi ? Pourquoi tu fais cette tête d'étonné ? Je suis Sirius. Le détraqué sexuel, expliqua-t-il hilare.

-Qu'est-ce que je ferais sans toi ? s'exclama James en rigolant.

-Rien. On voit le résultat d'ailleurs. Je m'absente durant douze ans pour aller faire un tour en prison avec ma chère cousine. Quand je reviens, tu es mort puis ressuscité, tu as fait un serment stupide avec la seule personne qui ne peut pas être touchée par la malédiction qui plane au dessus de ta tête et tu as fait de la chirurgie esthétique. Alors en effet, sans moi, tu ne fais rien. Dis-le Jamie que je suis indispensable ? quémanda Sirius en faisant sa tête de chien battu.

-Tu es indispensable Sirius, répéta James.

-Je sais !

-Et narcissique en plus !

-Je sais. C'est pour ça que tu m'aimes.

-Entre autres, ouais, avoua James.

Ils restèrent assis dans le silence. Ils leur semblaient être à nouveau adolescents. Combien d'heure avaient-ils passés côte à côte sans dire un mot ? Ils se comprenaient et n'avaient pas besoin de mots. Ils n'étaient pas justes deux amis, ils étaient comme deux frères.

-Entre autres ? C'est quoi les autres ?

-Tu es déjà trop narcissique pour que je te les dise.

-Ton ami, c'est moi. Tu sais, je suis ton ami. Quand tout s'embrouille, en vadrouille. Loin, très loin de ton lit douillet, rappelle-toi ce que ton vieux pote disait : Oui je suis ton ami, chantonna Sirius. (2)

James fronça les sourcils et tourna la tête surpris vers son meilleur ami.

-Arrête de regarder la tivù. (3)

-Pas de ma faute si tu as l'écran magique moldue ! Tu vas te lever à 5h30 ?

-Il le faut… J'ai un destin ! soupira-t-il.

-Tu ne dors pas ici alors. Je ne veux pas de réveil à 5h30.

-Tu dors ! Tu ne l'entends pas ! Toi, tu ronfles ! Reste de ton côté du lit cette fois, détraqué sexuel.

-T'as la peau si douce ou plutôt un tee-shirt si doux que j'ai envie d'aller me blottir contre.

Chacun se coucha de son côté gardant inconsciemment leurs mains serrées de la même manière que 28 ans auparavant quand ils s'étaient retrouvés à l'hôpital, scellant leur amitié. Dans un clignement de paupière, James se retrouva prêt pour dormir. Il ferma les yeux. Dans les secondes qui suivirent, il sentit le pied de Sirius remonter le long de sa cheville.

-Sirius ! s'écria James en retirant vivement sa jambe.

-Quoi ? Cesse de faire ta vierge effarouchée, Jamie !

Un soupir lui répondit. Les yeux fermés, chacun de son côté essayait de s'endormir. Dans les ténèbres de la nuit, les cauchemars venaient les hanter. Les souvenirs d'une dizaine d'années d'emprisonnement les possédaient. Depuis quelques temps, ils avaient compris que lorsqu'ils s'endormaient ensemble, leur esprit interdisait l'arrivée de ces vieux songes.

-Sirius, ti voglio bene. (je t'aime) (4)

-ti voglio bene anch'io Fratellino. (Je t'aime aussi petit frère).


(1): Titre du chapitre est la réponse au titre de chapitre 10!

(2): chanson de Toy Story 1, Je suis ton ami.

(3): Tivù: nom italien pour la TV.

(4): Ti voglio bene = Je t'aime (pour un ami, un parent, un enfant...). Ti amo = Je t'Aime avec un grand A, pour l'amour de sa vie