Et si tout était différent
Chapitre 62
L'inconnu
Le temps passa. La température gela. Les oiseaux cessaient de chanter dans les arbres dénudés. Dans les cieux, les ténèbres prenaient le pouvoir. La nuit se couchait tôt et se levait tard, plongeant le monde dans une noirceur profonde. Cette période morne rendait les gens grognons, excepté trois amis qui se devaient de rattraper quatorze ans de rire. Alors que les moldus annonçaient la découverte d'une nouvelle planète extrasolaire, les sorciers s'enfonçaient dans les ténèbres. Le ministère laissait Ombrage prendre de plus en plus d'importance au sein de Poudlard et Dumbledore raffermissait son pouvoir sur les membres de l'Ordre. Depuis le retour de James, Sirius ne cachait plus son manque de confiance en Dumbledore. Faisant le pitre et montrant du doigt les détails qui ne fonctionnaient pas exprès pour faire enrager le directeur rappelait à Kingsley pourquoi il devait douter de cet homme.
-Avoue Mumus que tu en pinces pour ma petite cousine, supplia Sirius.
-James fais-le taire.
-Non, répondit ce dernier après un instant de réflexion. Tu veux qu'il se taise, avoue tes sentiments.
-Vous êtes désespérant, ronchonna le loup-garou.
Les trois amis profitaient de leur samedi après-midi. Le feu dans la cheminée crépitait. Remus s'enfonça un peu plus dans son fauteuil, boudeur sous le sourire moqueur de ses meilleurs amis. Sur le canapé rouge, Sirius était affalé, les pieds sur la table basse. À ses côtés, James buvait tranquillement son chocolat chaud. Après avoir passé sa matinée à s'entraîner, il était content de s'accorder une petite pause.
Ton fils vient de devenir professeur ! pensa Neve Nere. Son amie a créé un groupe pour les élèves qui veulent apprendre à se battre. L'armée de Poudlard ! Ils recherchent un endroit où s'entraîner et comment communiquer. Tu as des idées ? Toi qui connais Poudlard comme ta poche, un endroit où ils ne devraient pas avoir de problème.
Je regarde avec Remus et Sirius.
-Tu as de la chance Mumus, je vais changer de sujet.
-Mais il est bien ce sujet de conversation, s'écria Sirius.
-Parle pour toi.
-Les enfants, on se calme !
-Dixit le plus jeune.
-Sirius ! Harry et ses amis ont créé un groupe nommé l'Armée de Poudlard dans le but d'apprendre à se battre. Ils recherchent un endroit où s'entraîner et une manière de communiquer.
-La salle sur demande !
Remus et James échangèrent un regard devant la rapidité que leur ami avait mis pour trouver la solution. Il haussa les épaules devant leur question muette.
-Mais j'ignore comment on va leur donner l'idée.
James s'empara du bloc qui se trouvait sur la table basse et écrivit un petit mot.
« Aux membres de l'Armée de Poudlard,
Vous cherchez un endroit sûr où vous pouvez vous entraîner sans risquer de vous faire prendre par Dolores Ombrage ? Ou par quiconque ? Il existe une pièce dans ce vieux château appelée la salle sur demande. Elle ne figure sur aucun plan de l'école, aucune carte aussi précise, puisse-t-elle être. Il vous suffit de trouver une description de pièce pour que vous puissiez tous y entrer même lorsque quelqu'un s'y trouve déjà. Car si quelqu'un se trouve déjà dans la pièce, vous devez pensez à la même chose qu'elle pour pouvoir y pénétrer. Elle n'apparaît qu'en passant trois fois devant le mur vierge de l'aile ouest au septième étage. Trouvez votre code, c'est le meilleur endroit où vous ne risquerez pas de vous faire prendre. La salle vous offrira ce dont vous avez besoin pour vous entraîner.
Bonne chance dans votre entreprise,
L'inconnu »
Il tendit le message aux deux autres maraudeurs.
-L'inconnu ? Tu aurais pu trouver un meilleur nom pour un super héros !
-Comment comptes-tu leur envoyer le message ? Un hibou ne sera jamais assez rapide, fit remarquer Remus, ignorant la remarque de Sirius.
Un petit sourire apparut au coin des lèvres de James. Il claqua des doigts et le papier disparut.
-Maintenant, on attend les prochaines informations de Neve Nere !
Idée magnifique ! Ils se posent maintenant plusieurs questions. « L'inconnu ! Comment nous surveille-t-il ! »
-Les jeunes ont adoré l'idée mais voudrait savoir comment je suis au courant de ce qu'ils préparent.
-Mes idées sont toujours bonnes, se vanta Sirius provoquant une grimace chez ses amis.
-Ne répondons rien, murmura James. Narcissique, Sirius.
-Et si tu ensorcelais de faux gallions ? Un que Harry contrôlerait et des autres pour qu'il puisse recevoir ses messages ? proposa Remus. Tu dois pouvoir le faire non ?
-Facilement.
Neve Nere combien sont-ils ?
28, pourquoi ? Vous avez une nouvelle idée ?
Oui !
C'est ça, ne me dis rien !
James fit apparaître 28 faux gallions. Il leur jeta un sort en latin. Puis, d'un simple regard il entaille le bout de son doigt. Une goutte rouge tomba sur le 28ème gallions qui prit une couleur dorée. Les sorts jetés, James écrivit l'explication pour les étudiants qu'il tendit ensuite à ses complices.
« Hey la jeunesse, c'est de nouveau moi, l'inconnu…
J'ai réfléchi à votre problème de moyen de communication. La solution a été plus dure à trouver que pour la salle sur demande. J'y ai été tellement souvent dans cette salle que j'y ai pensé rapidement. Le système que je propose est très simple. Je vous ai envoyé 27 pièces argentées et une dorée. Seul un membre de l'armée de Poudlard peut lire le message écrit sur les 28 pièces. Ombrage ou tout autre professeur, adulte ne verra qu'une pièce banale. La pièce dorée est celle destinée à Harry Potter. Cette pièce est celle qui transmet les informations aux autres. Les pièces grises peuvent envoyer un message mais uniquement à la dorée. Il suffit de penser à ce que l'on veut dire en tenant la pièce contre sa paume droite pour que le message soit envoyé. Pour Harry, si tu veux envoyer un message privé, il suffit de penser d'abord à la personne à qui tu t'adresses puis le message. Seul Harry Potter peut l'utiliser. J'espère que les explications sont assez clairs et que ça marchera. Je n'avais jamais pratiqué un sort pour créer de telle pièces !
L'inconnu »
-L'idée de la salle demande était la mienne, fit remarquer Sirius.
-Oh excuse-moi. Tu aimerais que j'écrive « Sirius a trouvé l'idée rapidement ? ». L'inconnu c'est un surnom pour nous trois.
-On est aussi l'inconnu ? demanda Sirius comme un enfant.
-Vous êtes le cerveau. Moi, je ne suis que l'image.
-Je suis ému, c'est la première fois qu'on me traite de cerveau !
-C'est bon les gamineries ? On a un message à envoyer !
-Oui Remus, répondirent à l'unisson les deux amis.
James renvoya le message.
Ils ont adoré l'idée mais se demandent comment tu les espionnes !
Tu es un parfait petit espion !
Merci !
-Ils ont adopté les gallions !
Le travail des maraudeurs accompli concernant l'Armée de Poudlard, ils purent reprendre leur discussion sur la vie amoureuse de Remus.
-Mais arrêtez les deux célibataires !
-Remus, pourquoi crois-tu qu'il nous arrive de dormir ensemble ?
-Parce que vous ne faites pas de cauchemars dans ces cas-là ?
-C'est notre couverture. On dort ensemble, parce qu'on sort ensemble…
-Sirius, tais-toi ! Je vis très bien ma vie de célibataire. Laisse-moi hors de ta vie de détraqué sexuel !
-J'ai… commença-t-il.
-Je crois qu'il est temps qu'on aille à la réunion de l'Ordre, Sirius, coupa Remus.
-Comme ça, tu pourras voir Tonks, répliqua Sirius qui eut droit à un regard noir.
Les deux membres de l'Ordre du Phénix prirent congé. James soupira. D'un pas lourd, il monta s'entraîner songeant que la vie drôle et amusante n'était vécue qu'avec Sirius et Remus. Sa magie grandissait, il le sentait. C'est avec soulagement qu'il descendit dîner quand Glorfi l'appela. Son corps était en feu. Pourtant, voulant être sûr de pouvoir protéger son fils et ses amis, il s'en demandait toujours plus. Il mangea distraitement. Ses pensées étaient loin. L'elfe de maison ne fit aucun commentaire. Son maître souriait à nouveau mais il savait que la peur de la réaction de Harry le hantait encore. Glorfi ne fut guère surpris en remarquant que son maître restait assis sur les hautes chaises du bar américain vers lui tandis que l'elfe rangeait. James se plongea dans sa lecture. La présence de la créature l'aidait dans sa solitude.
Quelques heures plus tard, Glorfi chassait la poussière inexistante au salon. James était assis en tailleur sur le canapé, dos à la porte. Plongé dans son livre, il entendit vaguement la porte grincer, les pas peu silencieux de son meilleur ami et sentit peu après l'accoudoir s'affaisser. L'absence de bruit du chiffon de Glorfi prouva à James que l'elfe venait de saluer d'un petit signe de la main le nouveau venu.
-Sérieusement, tu comprends quelque chose à ce que tu lis ?
-Si je me concentre bien, ouais.
-Range ce bouquin, Jamie. J'ai l'impression d'être avec Mumus étudiant.
-Sauf que la situation est différente, fit remarquer James en se tournant vers son meilleur ami.
-Tu essaies toujours de trouver une solution si Voldemort devait entrer dans la tête de Harry ?
-Ouais, approuva James. Pour l'instant, je suis convaincu que Voldemort n'est pas conscient des images envoyées à Harry. S'il s'en rend compte, Dieu seul sait ce qu'il pourrait faire. Remus n'est pas là ?
-Je l'ai laissé à la maison. Merci, ajouta-t-il en souriant à l'elfe de maison qui était directement venu lui amener une limonade. Il était avec Tonks.
-Sérieux ?
-Non. S'il était vraiment seul avec elle, c'est la première chose que je t'aurais dit. Tu veux un coup de main ?
-Tu parles latin maintenant ? nargua James.
-Les livres en anglais courant tu connais ?
-Courant ? répéta-t-il moqueur.
-Ouais, l'anglais utilisé à notre époque. Tu serais capable de me refiler de vieux textes anglais du XIIIème siècle. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour t'aider à aider Harry...
Plongé dans leur lecture, le silence se fit présent. À la fin de chaque page lu, Sirius poussait un soupir. Avec patience, James sut se retenir de le faire taire mais au bout du dixième soupir, il se retourna brusquement vers son meilleur ami.
-Tu en as marre ?
-Je n'ai jamais dit ça.
-Je t'entends soupirer.
Pour toute réponse, il obtint un sourire d'excuse.
-Tu restes dormir ?
-Ouais. J'ai passé les trois dernières nuits comme si j'étais à Azkaban. Alors une bonne nuit sans souvenirs ne me ferait pas de mal. Et toi ?
-Les mêmes nuits que ces quatorze dernières années. Kingsley qui m'annonce la mort de mon père, Ravenna qui m'apprend celle de Lily, ton emprisonnement, l'abandon de Harry. Je m'entends lui promettre que je ferais tout ce qu'elle voudra et que jamais je n'irais en Angleterre sans son autorisation. J'imagine Harry qui m'envoie paître quand j'aurais, si je l'ai un jour, le courage de tout lui dire.
-On rajoute les cauchemars de Harry.
-Ouais.
-Le réveil à 5h30.
-Ouais.
-Comment tu fais pour tenir éveillé ?
-Je l'ignore.
-On va dormir ?
-T'es fatigué ?
-On est fatigué ! Une bonne nuit sans entendre mes parents qui me disent mes quatre vérités et sans voir ton cadavre me ferait du bien.
Sans dire un mot de plus, ils montèrent se coucher. Chacun de son côté, ils s'endormirent en songeant à la nuit sans songe qui allait s'en suivre. Néanmoins, au milieu de la nuit, la voix stridente de Neve Nere réveilla James qui ne prit plus la peine de poser des questions pour se rendre à Poudlard où son fils avait sans aucun doute un nouveau cauchemar.
Dans des gestes devenus habituels, James berça Harry et chassa les visions. L'adolescent se blottit contre lui. C'était comme dans un rêve de sentir son fils contre lui. Le félin reprit sa place sur son lit. Son regard jaune dardant ses maîtres. Quand James se releva, il ébouriffa une dernière fois la tignasse digne des Potter de Harry. Il s'approcha ensuite de Neve Nere qui ouvrit légèrement les yeux en sentant une main passé dans son pelage.
-À bientôt, mon Neve Nere.
Au prochain cauchemar de Harry ou tu reviendras me faire des câlins que je mérite avant ?
Tu crois vraiment les mériter ? Tu te la pètes un peu non ? N'est-ce pas, J'me-la-pète ?
Tu as de la chance d'être mon maître et que je suis fatigué, sinon tu aurais eu droit à un bon coup de griffe mérité. Maintenant va dormir, sinon demain tu auras une tête de zombie, même si c'est le cas un peu tous les jours…
Bonne nuit, J'me-la-pète
Il jeta un dernier coup d'œil en direction de l'adolescent plongé dans les bras de Morphée avant de se téléporter dans sa chambre. Il retint un juron en voyant son meilleur ami étalé sur le lit, prenant par la même occasion toute la place. Une grimace se peigna sur son visage quant il vit le filet de bave qui s'échappait de la bouche entrouverte de Sirius. Sans la moindre délicatesse, il le poussa et put enfin profiter de ses derniers instants de sommeil.
C'est fatigué par son manque de repos et son entraînement qu'il arriva au ministère. La vision de Sirius profondément endormi le nargua alors qu'il buvait son second café de la journée. Ses recherches n'avançaient pas. Il commençait à en avoir marre de ne voir aucun résultat. Sa mauvaise humeur apparut réellement quand le ministre lui avoua avec fierté qu'Ombrage avait créé un nouveau décret interdisant la formation d'un groupe. Il espéra alors que son fils ait gardé son même attrait pour le contournement des règles et qu'il continue l'Armée de Poudlard.
En rentrant ce soir-là, il décida d'aider son fils en lui trouvant des livres aptes à les apprendre quelque chose. Il avait assez lu durant toutes ces années pour connaître parfaitement sa bibliothèque et ne pas passer trop de temps entre les rayons. De plus, une réunion ayant été prévu pour le soir même au 12 Square Grimmaurd, Sirius et Remus n'allaient pas passer avant plusieurs heures. Il tomba sur un vieux livre ayant appartenu à son père. Le même livre qu'il avait lui-même réutilisé pour s'aider lors de sa formation d'auror. À l'intérieur, des notes écrites de la main soigneuse de son père et de sa propre main étaient rédigées. Il le mit de côté en songeant qu'ainsi ce vieux grimoire aura fait les trois générations. Il trouva rapidement le dernier livre qu'il cherchait. Spécialisé sur la défense contre les forces du mal, il ignorait d'où il sortait mais se souvenait y avoir lu quelques sorts et que son père en faisait souvent référence. Il écrivit rapidement un mot à son fils. Il ajouta une liste de sort utile et qu'ils trouveraient sûrement à la bibliothèque de Poudlard.
«Cher Harry Potter,
J'ai trouvé ces deux livres de défense contre les forces du mal dans mes vieilles affaires. Je pense que tu pourras trouver de nombreux sorts et autres techniques de combats intéressants à enseigner à l'armée de Poudlard. J'ai pris le soin de te « mâcher » le travail, j'ai en effet déjà mis en couleur les passages importants. Evidemment, je te conseille d'aller voir à la table des matières ce qui pourrait t'intéresser toi (ce que je juge moi intéressant ne le sera peut-être pas pour toi !). De toute façon, j'imagine que si tu montres ces bouquins à ta meilleure amie Hermione, elle va en profiter pour les lire ! Ce sont de vieux livres qui ne se trouvent certainement plus dans le commerce. Mais ils donnent une bonne base pour la défense contre les forces du mal. D'ailleurs, un des deux livres étaient une lecture obligatoire pour les aurors en formation ! J'ai ajouté une courte liste de sorts qui peuvent vous être utile et qui ne sont pas dans les livres mais que vous trouverez à la bibliothèque. Je n'ai pas plus de livre à te conseiller ou même à t'envoyer, mes propres livres de cours sont dans un état lamentable… Je ne suis pas expert dans la magie avec baguette mais plutôt celle sans baguette et la magie ancienne. J'espère que ça vous sera utile en cas d'attaque dehors mais que ça ne vous poussera pas à jouer les héros !
Bonne soirée ! À bientôt !
L'inconnu »
Après une relecture, il envoya les deux livres et le mot sur le lit de Harry. D'un simple regard, le paquet disparut.
Les jours passèrent dans la grisaille et le froid. Les trois maraudeurs avaient été offusqués en apprenant que Harry n'avait pas le droit de quitter Poudlard, sur ordre de Dumbledore. Déjà qu'ils n'allaient pas pouvoir passer les fêtes ensemble, Sirius et Remus devant faire acte de présence au QG, savoir que Harry n'osait venir les faisait enrager. Sirius avait beau avoir râlé au maximum, énervant Dumbledore au plus au point, rien n'y faisait.
Les vacances venaient à peine de commencer pour les étudiants. Pourtant, dès la première nuit, Neve Nere dût appeler James, ou presque.
James ? Viens …. pas !
Quoi ?
Harry hurlait dans son sommeil mais ses camarades se sont déjà tous réveillés dans un sursaut. Il vient de se réveiller et a parlé d'une porte. Mr Weasley y serait, blessé.
J'y vais.
Il se retrouva alors devant la porte d'entrée du département des mystères. Au sol, Mr Weasley gémissait de douleur pendant qu'un serpent plantait ses crochets dans la chair. Caché sous son long manteau foncé à capuche plongeante, il propulsa le serpent au loin d'un simple mouvement de la main. Il s'approcha alors du rouquin, étendu dans une marre rouge. Il s'agenouilla. Sa main ouverte au-dessus de la plaie se mit à briller. Le venin cessa alors son ascension. Concentré, il entendit vaguement Kingsley et Maugrey transplaner derrière lui. Grâce à sa magie, le sang ne coulait plus. Il devina amplement les deux baguettes braquées contre lui.
-Il faudrait l'amener rapidement à Ste-Mangouste. Le venin ne se propage plus mais il est toujours présent et il a perdu beaucoup de sang.
La tête légèrement tournée vers ses deux collègues, il vit, malgré la pénombre, Kingsley abaisser sa baguette. L'auror s'agenouilla vers son ami. Il essaya de provoquer un contact visuel avec James mais ce dernier l'évita.
-Merci, murmura-t-il.
Sans un mot de plus ni pour James ni pour Maugrey, Kingsley tranplana aux urgences de Ste-Mangouste. L'héritier de Gryffondor se releva et se retrouva face à face avec Maugrey. Le regard interrogateur de l'auror lui donna envie de rire. C'était bien la dernière personne à qu'il allait laisser deviner son identité. Caché sous sa capuche, James lui fit un sourire narquois avant de se téléporter. Il se recoucha après avoir demandé comment les choses s'étaient déroulées pour son fils. Il savait que le lendemain il aurait droit au compte rendu fait par l'Ordre grâce à Sirius et Remus.
Le lendemain, il sut que Harry se trouvait quand même au 12 Square Grimmaurd grâce à Neve Nere. Il sut à l'avance que Sirius avait énervé Dumbledore ce qui le fit bien sourire. Mais c'est avec impatience qu'il attendit que ses meilleurs amis viennent lui parler de son fils. Il ne fut d'ailleurs pas déçu car son meilleur ami avait pu passer l'après-midi entier avec son filleul et avait donc plein de choses à raconter. James sut alors tout ce qui avait été dit à son sujet durant la réunion et par Sirius. Il devait avouer qu'il l'enviait. Il aurait tout donné pour être aussi avec Harry.
Le lendemain était la veille de Noël. Vivant seul, James ne prit pas la peine de prendre congé ce jour-là. De plus, les fêtes de fin d'années lui rappelaient trop de mauvais souvenirs. Néanmoins, il dut prendre du temps pour trouver les cadeaux, ceux de Sirius, Remus et Harry. Vers 23h, les deux maraudeurs appelèrent James pour qu'il vienne les chercher.
-Tu n'as pas décoré le sapin ? s'étonna Sirius en fixant le conifère dénudé.
-Je n'allais pas le faire tout seul.
Comprenant la réaction de leur ami, le trio commença sa tâche. Les flûtes de champagnes se remplissaient sans fin et les apéros apportés par Glorfi disparaissaient anormalement vite. Le sapin décoré, il ne restait plus que l'étoile à placer. James et Sirius échangèrent un regard entendu. Dans un même mouvement, ils se tournèrent vers Remus en lui tendant la décoration.
-Quoi ?
-C'est toi qui la met cette année.
-Moi ? Vous avez trop bu de champagne ou quoi ? C'est à toi de la mettre. C'est une tradition dans ta famille…
-Que le dernier Potter mette l'étoile, finit James. Mais je ne suis pas le dernier Potter. C'est à Harry de la mettre. Je ne la mettrai plus jamais. Sirius l'a mis quand on avait treize ans. Harry n'est pas là cette année, c'est ton tour.
-L'année prochaine, ça sera Harry, ajouta Sirius avec un regard appuyé en direction de James.
-De plus, on est une famille, peut-être pas de sang mais de cœur et ça c'est plus important. S'il te plaît Remus met cette étoile.
-D'accord.
L'étoile était à peine placée que Glorfi apparut et leur proposa un bon dessert. Sirius qui s'était gardé de la place et avait évité de manger trop au souper avait accepté vivement. Assis autour du sapin, à même le sol, ils savouraient la mousse chocolatée de Glorfi en fixant leur réussite décorative. L'elfe de maison s'était joint à eux. Le silence était coupé par les soupirs de plaisir que Sirius faisait à chaque cuillérée. Un sourire niais était collé à son visage.
-On s'offre nos cadeaux ?
-Demain.
-Jamie ! Je veux mes cadeaux ! ordonna Sirius.
-De vrais gamins !
-Un vrai gamin, corrigea James. C'est la veille de Noël aujourd'hui. C'est à Noël qu'on les ouvre donc demain !
-Tu as acheté quelque chose pour Harry ? demanda Remus tandis que Sirius grognait dans son coin.
-Acheté non, mais j'ai préparé quelque chose que je lui enverrai demain.
-C'est quoi ?
-Sirius la curiosité est un vilain défaut !
-Souviens-toi quand vous aviez treize ans, ce que votre curiosité vous a fait découvrir.
-Remus ! rugirent les deux amis en grimaçant de dégoût.
-Vous verrez demain, ajouta James. Fin de la discussion !
-Quelle autorité… se moqua Sirius.
Ils sortirent les vieux jeux de société qui n'avaient pas été ressortit depuis si longtemps. Glorfi accepta même de faire quelques parties avec eux. Le sol était jonché de cartes, de plateau de jeu…
-Tu mets la musique qu'on écoutait toujours à Noël ?
-Non.
-James, tu dois faire ton deuil, expliqua Sirius en passant un bras autour de ses épaules et profitant de regarder ses cartes. Tu n'as plus écouté cette musique depuis Noël 1976.
Sachant qu'il avait raison, James enclencha la douce mélodie de Noël. Il eut l'impression que son père était là, à ses côtés. Il en était nostalgique mais était heureux de l'entendre à nouveau afin de se rappeler de ses merveilleux souvenirs. Continuant à jouer, il retint un sourire en voyant Sirius s'énerver.
-Tu sais Siri, j'ai lancé un sort d'illusion sur mes cartes quand tu t'es penché vers moi.
-Ah, fit Sirius déçu.
James et Remus éclatèrent de rire. Vers les deux heures du matin, Remus s'endormit affalé sur le fauteuil. James retint avec difficulté Sirius d'aller lui dessiner sur le visage. Malgré leurs éclats de rire et leur manque de silence, Remus continua à dormir. Le zeste d'alcool et de mousse au chocolat les tint éveiller toute la nuit.
-Tu vas bientôt devoir aller t'entraîner, remarqua Sirius à 4h45.
-Je m'entraînerai cet après-midi. Je serais incapable de m'entraîner.
-Jamie, les français ont gagné, déclara Sirius dont les yeux se fermaient tout seul. (1)
-Quoi ? C'est l'Irlande qui a gagné le dernier championnat, rétorqua James pensant qu'il parlait soudainement de Quidditch.
-Pourquoi tu me parles de l'Irlande ?
-Qu'est-ce que la France a gagné ?
-Hein ?
-C'est toi qui vient de dire ça !
-Moi ? Ah bon !
Allongé tant bien que mal à deux sur le long canapé, les maraudeurs s'endormirent.
-Mets un réveil, bougonna Sirius.
-Mmh, répondit James en faisant apparaître son réveil.
Le lendemain, le réveil strident les réveilla brusquement. James les regarda partir avec un petit sourire moqueur alors qu'il restait confortablement couché sur le canapé. Entre deux bâillements, James prépara le paquet pour son fils. Il regarda avec nostalgie sa vieille collection qu'il avait lue des centaines et des centaines de fois. Il connaissait encore aujourd'hui tous les dialogues. Avec un pincement au cœur, il les emballa dans un papier rouge et or avant de le faire disparaître sous le sapin du 12 Square Grimmaurd.
«Cher Harry Potter,
Tout d'abord, un Joyeux Noël ! Je pense que tu dois être surpris d'avoir reçu un tel cadeau, de vieilles BD. Je ne savais pas trop quoi t'offrir... Des fringues ? Je ne connais pas ta taille et tes goûts... Des livres ? Tu n'es pas aussi studieux, me semble-t-il ! Un nouveau balai ? Je ne pense pas que tu veuilles te séparer de ton éclair de feu ! Alors j'ai réfléchi à ce que j'aurais aimé recevoir, moi à ton âge. Tu n'as peut-être jamais entendu parler des aventures de John, le chasseur de vampire mais à mon époque c'était très à la mode… J'espère que ça te plaira et que tu prendras autant de plaisir que moi à les lire. Bonne lecture (ce n'est pas d'ailleurs pas la seule lecture que je t'ai conseillé, il me semble… Honte à moi de ne t'offrir que de la lecture. Je me rattraperai à ton anniversaire). Encore un Joyeux Noël. Que la lumière t'accompagne chaque jour malgré les jours ténébreux qui s'annoncent…
L'inconnu »
-Tu lui as offert tes bd des aventures de John, le chasseur de vampire ?
-Oui, Sirius. Je te rappelle que je lisais tout le temps ça et je voulais un truc que j'avais moi-même lu.
-On aurait dû lui dire alors que son père adorait lire ça ? demanda suspicieusement Remus.
-Vous auriez pu.
-Mais j'ai quand même parlé de toi. Il en profite pour poser les questions qui le turlupinent à ton sujet. Je lui ai raconté l'histoire de l'étoile sur le bout du sapin. Et…
-Et ? répéta James en interceptant l'échange visuel entre Sirius et Remus.
-Je lui ai demandé s'il n'avait jamais souhaité que tu sois vivant. Je tâtais le terrain. Jusqu'à ses onze ans, il ne rêvait que de ça. Puis, il s'est fait des amis, une seconde famille. Il avait grandit et avait compris que tu étais mort. Mais l'année dernière, face à Voldemort, leurs baguettes ont été liées par un fil d'or…
-Un fil d'or ?
-Ouais. Dumbledore le sait mais n'en a pas parlé. Les dernières personnes tuées par Voldemort sont alors sortis de la baguette sauf toi. Tu n'es pas sorti de la baguette parce que tu n'es pas mort. Harry espère quelque chose avec ça, je crois.
-Mais entre espoir et réalité, c'est différent. Il espère que je sois vivant mais comment réagirait-il si j'étais vivant et que je l'avais abandonné ?
-Ce n'est pas un « et si » vu que tu es vivant et que tu n'as pu être avec lui. Il verra ta tête rempli de culpabilité et il te pardonnera.
-Si seulement !
-Il te pardonnera, James.
