Et si tout était différent

Chapitre 63

Les inséparables

Quelques jours plus tard, James nota une différence dans le comportement de Tonks. Quand elle commença à flirter comme l'avaient prévenu Sirius et Remus, il l'arrêta tout de suite, n'étant pas intéressé par une relation amoureuse et encore moins avec la fille dont un de ses meilleurs amis était amoureux. Si Remus n'avait pas été amoureux, peut-être aurait-il accepté de rentrer dans son jeu pour qu'elle ait quelque chose à raconter lors des séances de l'Ordre.

Quelques mois plus tard, il eut la désagréable surprise de voir Ombrage l'attendre dans un bureau. Il se félicita mentalement de faire comme son père et de protéger ses dossiers. Un large sourire la défigura quand elle le vit. Elle se leva pour s'approcher.

-Mon cher Vincenzo, vous souvenez vous de la conversation qu'on avait eu dans mon bureau il y a quelques mois ?

-Oui, affirma-t-il mal à l'aise.

-J'aurais besoin d'un petit service.

-Qu'est-ce que ça a avoir avec notre discussion ?

-Et bien, j'aurais vraiment besoin de vous et si vous refusez, il se peut que quelques personnes soient au courant de votre homosexualité.

-Mon homosexualité… répéta-t-il. Que voulez-vous que je fasse ?

-Potter a créé un groupe d'étudiant…

L'armée de Poudlard.

-… Et ils arrivent à se cacher, je n'ai jamais réussi à les coincer.

-Vous pensez que je peux le faire ?

-Vous devriez pouvoir sinon je crois que j'aurais la langue un peu trop pendante.

-Quand Potter retrouve-t-il ses petits copains ?

-Tous les mardis et jeudis.

-Je viendrai.

-Je compte sur vous.

-Bien sûr, grogna James.

Dès qu'elle eut quitté son espace vital, il se laissa tomber sur sa chaise. Il connaissait le moyen d'entrer dans la salle sur demande étant donné qu'il avait entendu à quoi les membres de l'A.P. pensaient. Il jura. Evidemment, il lui était impossible d'être la cause de la chute d'un groupe d'élève qu'il trouvait extraordinaire. S'il envoyait un message en tant que l'inconnu, Harry comprendrait que Tellerino et l'inconnu ne font qu'un. Et James préférait que son fils comprenne que l'inconnu était son père. Il espérait que Sirius ou Remus ait une solution.

Par chance, Remus proposa d'envoyer Glorfi. Un elfe de maison pouvait très bien s'y rendre sans problème. Cependant, est-ce que Harry ferait confiance à Glorfi sans le connaître ? Il en doutait. Ils décidèrent d'envoyer alors Glorfi demander à Dobby d'avertir Harry. L'elfe de Poudlard allait être d'accord pour les aider puisqu'il s'agissait de Harry.

-Glorfi, il faut que tu me rendes un service.

-Tout ce que vous voudrez, maître James.

-Il faut que tu ailles à Poudlard voir un elfe de maison nommé Dobby. Tu lui demanderas d'aller avertir Harry qu'Ombrage a demandé à Tellerino de venir l'aider pour les coincer durant leur entraînement. Il faut qu'il sorte avant que j'arrive. Dis à Dobby de leur dire que s'il doute, qu'il regarde la carte. Harry comprendra de quelle carte il est question. Tu as compris ?

-Oui maître James.

-Alors vas-y. Moi je vais aller retrouver Ombrage, soupira James.

L'elfe et son maître disparurent. James se retrouva devant l'enceinte Poudlard, résigné à prouver son statut de « chef des aurors toujours d'accord avec le ministère » et à garder sa prétendue homosexualité cachée. Il se retrouva trop rapidement à son goût devant le bureau d'Ombrage. Cette dernière l'accueillit avec un large sourire.

-Oh Vincenzo, je suis si contente de vous voir. Allons faire renvoyer ces sales petits rats.

-Je vous suis, maugréa James en se retenant de lui jeter un sort en l'entendant oser traiter son fils de sale petit rat.

Il la suivit le long des couloirs sombres. Il retint une remarque acerbe en la voyant prendre un détour pour se rendre au septième étage. Il réprima une grimace en voyant le concierge et la brigade inquisitoriale les attendre.

Que des fils de Mangemorts pour accepter un job du crapaud rose !

-Nous comptons sur vous, Vincenzo, susurra-t-elle avec un regard mauvais.

Mon Dieu faites que personne ne soit dans la salle sur demande, sinon je ne peux pas entrer !

Il répondit par un faux et léger sourire. Il passa devant la porte en faisant des petits pas tout en feignant de réfléchir à la manière de l'ouvrir. Il songea à une salle agréable pour réviser les BUSE à venir aux couleurs de Gryffondor. Il devina sans peine la grimace se peindre sur le visage d'Ombrage quand elle ne vit personne dans la salle. Elle jura. La salle semblait être abandonnée depuis quelques minutes à peine comme si des personnes venaient de la quitter précipitamment. L'encre sur les parchemins n'était pas encore sèche. Néanmoins aucun nom ne figurait quelque part. On y trouvait juste quelques indications sur des techniques de Quidditch. Dans un dernier grognement, elle quitta la pièce.

-Cherchez-les, ordonna-t-elle sèchement à ses petits toutous. On aurait dû les coincer et j'aurais pu renvoyer Potter.

Rêve toujours !

Sans lui laisser le temps de comprendre, il tourna les talons et se dirigea vers la sortie. Derrière lui, Ombrage le suivit. Elle vida son sac sur ces sales Gryffondors et sur ce manipulateur de Dumbledore qui voulait attaquer le ministère. N'obtenant aucune réponse, elle fit son propre monologue tout en le raccompagnant à l'enceinte.

-Au revoir, Dolorès ! La prochaine fois sera la bonne, fit-il faussement.

-À la prochaine.

Sans un regard de plus, il se téléporta au manoir. Il se retrouva nez à nez avec pas un mais deux elfes de maison. Glorfi regardait méchamment le nouveau venu qui avait osé s'introduire chez son maître.

-Glorfi n'a pas réussi à empêcher cet intrus d'entrer, maître Vincenzo, ajouta-t-il en faisant attention au nom donné à son maître.

-Harry Potter veut vous parler, coupa Dobby.

-Amène-moi à Poudlard, accepta James.

L'elfe ne se fit pas prier et dans un « plop », il apparut dans les cuisines de l'école de sorcellerie. James sentit son cœur accélérer comme à chaque fois qu'il posait ses yeux sur son fils. Dos à lui, Harry ne l'entendit pas.

-Tu voulais me voir Harry ? demanda James.

Il retint un sourire en voyant son fils sursauter.

-Je voulais avoir des explications...

-Des explications ? J'en ai tellement à te donner… C'est vague. Tu n'as pas de questions plus précises ?

-Pourquoi avoir demandé à Dobby de venir nous avertir et ne pas avoir juste envoyé votre elfe de maison ?

-Aurais-tu écouté les conseils d'un elfe inconnu ? Tu sais que Dobby veut ton bien, tu savais qu'il n'allait pas te mentir.

Le silence de Harry confirma ses dires. Sirius avait su comment convaincre son filleul.

-Vous pensez vraiment que vous auriez pu ouvrir la salle sur demande alors qu'on était déjà dedans ? coupa Hermione.

-Pas à cent pour cent, avoua James. Mais je ne voulais pas tester et risquer de vous faire renvoyer, sachant qu'Ombrage n'attend que ça, surtout toi Harry.

-Pourquoi me déteste-t-elle tant ?

-Tu affirmes que Voldemort est de retour, ce que le ministère nie. Le ministère, surtout Ombrage, refuse de voir leur monde retrouver les ténèbres d'autrefois. Il y a quinze ans, la vie était noire. La joie disparaissait peu à peu. Vous connaissez la sensation des détraqueurs, et bien la vie sous les attaques quotidiennes de Voldemort, c'était presque ça tous les jours.

-Qu'est-ce que vous en savez ? attaqua Ron. Vous étiez en Italie, dans votre petit village perdu dans la campagne.

James ne put retenir un sourire. La curiosité était loin d'être un défaut dans leur cas. Une guerre approchait, plus violente que jamais. Savoir que son fils était méfiant et n'offrait pas sa confiance à tout le monde était rassurant, même si cela signifiait douter de lui.

-Je me suis renseigné. Tout comme vous, il semblerait.

-C'est normal ! répliqua vivement Harry. Pourquoi être venu en Angleterre ?

James se concentra sur ces faux mensonges qui expliquaient sa présence. Culpabilisant encore plus, il évita le regard de son fils et tenta de donner de bonnes raisons.

-J'ai voulu changer d'air. La vie à Rome me plaisait, certes, mais le souvenir de mes parents étaient là-bas, expliqua l'auror, le visage sombre. Et vu que j'avais des racines anglaises par ma mère, j'ai décidé de venir en Angleterre, pays réputé pour sa magie.

-Mais maintenant que Voldemort est de retour, vous pourriez retourner en Italie, pour ne pas vivre dans ce monde sans joie, remarqua Hermione. Qu'est-ce qui vous retient en Angleterre ?

-Une petite amie ?

Le petit sourire moqueur de Harry ressemblait trop à son propre sourire.

-Je reste parce que j'aime les challenges, on va dire. Rien ne me retient, je n'ai pas de petite amie. Non, je ne me suis pas laissé séduire par Tonks. Parce qu'elle aime mon meilleur ami qui l'aime aussi.

-Vous êtes gay ? Qu'est-ce qui ne vous plaisait pas chez elle ?

-Pourquoi tout le monde me parle d'homosexualité... C'est la tête de Tellerino ou quoi ? Non, je suis hétéro. Je sais justement reconnaître quand une femme est amoureuse ou si elle joue.

-Vous auriez pu jouer aussi ! rétorqua le rouquin.

-Je ne suis pas ce genre d'homme. Je ne pique pas les futures petites amies de mes meilleurs amis ! En plus, il n'y a eu et il n'y aura que Lily, pensa-t-il tristement. Je pense plutôt que ça l'arrangeait que je refuse ses avances. Après tout le but n'était-il pas que Dumbledore puisse avoir des infos sur moi et non pas qu'on « s'amuse » ?

-Comment vous le savez ?

-Je sais que Tonks fait partie de l'Ordre. Son changement d'attitude radicale m'a surpris. Ensuite, quand on est avec quelqu'un, on apprend à se connaître ce qui voulait dire qu'elle aurait eu plein de choses à raconter à Dumbledore.

-Quel genre de choses ?

-Les choses insignifiantes qu'on apprend l'un sur l'autre dans un couple. Le repas favoris de l'autre, ses tics…

-Dumbledore n'a pas besoin de savoir ça.

-Non, et ça ne le regarde pas.

-Dumbledore ne veut savoir qu'une seule chose sur vous, ajouta Harry.

-Quoi donc ? demanda-t-il feignant la surprise.

-Il veut savoir si l'inconnu et vous ne faites qu'un.

-L'inconnu ? répéta James. Quel inconnu ? Moi ?

-Celui qui m'a sauvé des détraqueurs ! Oubliez ce que j'ai dit.

-Oublier ? En fait, je pourrai accepter les avances de Tonks pour essayer de savoir ce que l'Ordre sait... joua James en bon comédien qu'il était devenu.

-L'Ordre ne sait rien sur lui, c'est pour ça que Dumbledore voulait que Tonks vous drague pour savoir si vous étiez l'inconnu.

-Je vais donc aller enquêter de mon côté et voir si je trouve plus d'informations que l'Ordre. Faites attention en retournant dans votre salle commune, Ombrage n'attend que le moment de vous choper, prévint-t-il en sentant son instinct paternel prendre le dessus dans cette simple phrase.

-On fera attention.

-Essayez d'être plus prudent, pour que je ne doive plus revenir vous sauvez la mise face à Ombrage, se moqua-t-il. Dobby, c'est ça ? Tu pourrais me ramener ? Je n'aimerais pas croiser Ombrage dans les couloirs pour sortir du château.

Dans un bruit sourd, l'elfe et le sorcier disparurent. Glorfi attendait impatiemment son maître. Soulagé de le voir revenir, il jeta un dernier regard noir à Dobby qui n'était nullement impressionné. James trouva tout cela des plus adorables. Dès que Dobby disparut, il retrouva son corps. Il raconta le soir même les détails à Sirius et Remus.

Quelques jours plus tard, James était tranquillement assis sur le lit de son meilleur ami faisant une éternelle bataille explosive avec ce dernier. Alors que le jeu de carte venait d'exploser ce qui provoqua un éclat de rire chez James, ils furent coupés par une voix désespérée.

-Sirius ? Sirius ? Tu es là ?

Le miroir sortit, Sirius poussa en rigolant James sur le côté afin d'éviter que Harry puisse le voir. Avec un grand sourire, il fit face à l'adolescent.

-Harry ! Qu'est-ce qui t'amène ?

-J'ai besoin de toi.

-Ça va ? Tu fais une drôle de tête. Ce n'est pas grave au moins ? s'inquiéta Sirius.

-J'ai rendez-vous avec Cho pour la Saint-Valentin.

Sirius éclata de rire malgré le regard noir de James qui comprenait parfaitement l'inquiétude d'un premier rendez-vous.

-Et ? Tu es content non ? Elle t'intéresse. Tu l'intéresses. Pourquoi stresser ?

-Je n'ai aucune idée de quoi faire. Je ne sais même pas où l'amener. Il faut que tu me conseilles.

-Ahlala, les super conseils de Sirius le séducteur. Fais-moi confiance, je vais tout t'expliquer et après elle tombera à tes pieds. Il y a une sortie à Pré-au-Lard pour l'occasion, j'imagine ?

-Oui. Je pense que je vais l'inviter aux Trois Balais.

-Non ! Surtout pas ! Il faut que tu l'emmènes chez Pieddodu, s'écria Sirius ignorant le soupir de désespoir du père qui redoutait les conseils de Sirius le séducteur.

-Où ?

-Chez Pieddodu, Harry. Le pub des amoureux. Harry, tu dois penser comme une fille pour savoir quoi faire, savoir ce qu'une fille aimerait que tu fasses pour elle.

-Mais comment pourrais-je savoir ce qu'elle veut que je fasse ?

-Tu dois être prévenant, s'il fait froid, propose-lui ta veste…

-Mais j'aurais froid !

-Elle te réchauffera pour te remercier. Quoi ? Pourquoi tu fais cette tête ?

-Me réchauffer ?

-Si elle se colle à toi, tu auras moins froid. Je crois qu'on va reprendre depuis le début, à voir ta tête.

Je ne le sens pas du tout cette histoire !

-Soit en avance pour le lieu de rendez-vous. Tu arrives avec quelques minutes d'avance pour être sûr qu'elle ne doive pas t'attendre. Quand elle arrive, vu que c'est le premier rendez-vous, pas de baiser sur la bouche…

-Quoi ? Il faut que je l'embrasse sur la bouche ? Sirius, je ne sais pas faire ça.

-Demande à ton meilleur ami si tu peux t'entraîner avec lui et arrête de m'interrompre.

-Beurk ! Je ne veux pas embrasser Ron !

-Tu veux arriver au moment du baiser sans l'avoir jamais fait ?

-J'ai déjà embrassé Cho. Avant Noël. En fait, c'était plutôt elle qui m'avait embrassé. Pourquoi tu grimaces ?

-Ce n'est pas la fille qui doit faire le premier pas, c'est toi !

-Les théories à deux balles de Sirius le séducteur, murmura James.

-Ah !

-On reprend, tu lui fais la bise car c'est votre premier rendez-vous officiel. Ensuite, tu lui prends la main et vous vous promenez dans Pré-Au-Lard. Evite les endroits trop bondés ou une visite de la cabane hurlante... La cabane hurlante est mieux après quelques rendez-vous quand tu seras plus à l'aise pour qu'elle se colle à toi. Arrête de grimacer, Harry ! Il faut que tu sois sûr de toi, si elle sent ta peur, elle partira en courant. Vous marchez un moment dans le village, tu peux l'amener chez Honeydukes ou Gaichiffon si tu as le courage.

-Gaichiffon ? Le magasin de vêtement ?

-Ouais, les filles, elles adorent ça. Ensuite, tu lui dis que tu as réservé une table chez Pieddodu. Il faut que tu réserves car c'est rempli habituellement, mais encore plus quand c'est la Saint-Valentin. Tu n'as qu'à envoyer un hibou. Après, vous discutez, même si ce qu'elle te raconte ne t'intéresse pas, faire semblant d'écouter. Au bout d'un moment, tu peux lui prendre la main, tu lui fais des sourires en coin, genre suggestifs. Tu lui caresses la joue et là tu peux l'embrasser. Mais il faut que tu aies été sensuel avant, plein de douceur.

-Comment je l'embrasse ?

-Demande à Ron de servir de cobaye. J'ai déjà assez servi et tu es mon filleul, je refuse de t'aider de cette manière ! Tu t'habilles comment ?

-Comme d'habitude ! Quoi ? Pourquoi tu me regardes ainsi ?

-Ça ne va pas la tête ? Tu ne vas pas mettre les habits que tu mets tous les jours !

-Je ne vais pas y aller avec mes habits de bal !

-Non, pas à ce point... Mais tu dois bien avoir des habits autres que ton uniforme.

-J'ai juste mes uniformes ou les vieux habits de Dudley. Donc la réponse, c'est mon uniforme.

-Va avec ton uniforme, mais tu mets le plus beau !

-Bien sûr ! Merci pour tous tes conseils, Sirius.

-Tu me raconteras ! Et ne t'inquiète pas, les conseils de Super Sirius le séducteur marchent à tous les coups.

-Promis, je te relaterai tout ! Dans les moindres détails !

-Non, les détails, je ne les veux pas.

-Bonne nuit, Siri.

-Bonne nuit 'Ry ! N'hésite pas à me rappeler en cas de problème.

-Les conseils de Super Sirius le séducteur marchent à tous les coups ? répéta James quand le miroir fut soigneusement rangé.

-Hey, ce n'était pas ma faute si Lily t'envoyait balader à chaque fois ! Ça marchait quand je faisais tout ça avec les filles.

-Oui mais Lily était la fille, murmura pensivement James. Pourquoi as-tu insinué à Harry qu'on se roulait des patins pour s'entraîner ? s'offusqua-t-il faussement pour ne pas montrer sa tristesse.

-Peut-être parce qu'on s'était vraiment roulé un patin durant les vacances.

-Sirius, je n'avais même pas 15 ans ! On était jeune et on faisait n'importe quoi et… Je t'ai vraiment embrassé, réalisa James.

-Ouais, mon chou. Mais même si je fais abstinence depuis quinze ans, je ne suis pas désespéré au point de recommencer.

-On faisait n'importe quoi à cet âge non ?

-Ouais. Tu verras, ton fils, il cartonnera avec mes conseils.

-Je l'espère pour lui.

-Tu te souviens d'Amy Laurens ?

-Bien sûr, elle doit être la seule qui peut se vanter d'être sorti avec nous deux.

-Et plusieurs fois !

-T'es sorti plusieurs fois avec Laurens ? En cinquième année et… ?

-En septième. La première fois, on était sage, je dirais. La seconde, c'était plutôt chaud.

-Sirius, prévint James. Je ne veux pas connaître tes histoires de cul même vingt ans après !

-Ça va, ne fait pas ton timide, Jamie. Je voulais juste dire qu'elle, elle embrassait bien. Pas comme toi !

-Et mieux que toi !

-Je préfèrerai donc mieux l'embrasser elle que toi à nouveau.

-Je crois que je vais te laisser avec tes fantasmes ce soir et choisir mes cauchemars !

-T'inquiète pas, on sera bien tous les deux, promit Sirius en regardant tristement sa main sous le rire de James.

Ils se regardèrent avant d'éclater de rire. Quelques jours plus tard, prévenu par Neve Nere que Harry comptait appeler Sirius, les deux maraudeurs se rendirent dans la chambre au 12 Square Grimmaurd attendant les nouvelles du jeune homme.

-Remus a un rencard. Non mais nous deux, les play-boys de Poudlard on est seul et lui, il va se faire un dîner romantique avec ma petite cousine !

-Play-boys ? répéta James dubitatif.

-C'est vrai que toi à part quelques flirts, tu n'en avais que pour Lily.

-C'est cool pour Remus. Je me souviens à Poudlard, il refusait d'accepter de sortir avec les filles à cause de son problème de fourrure.

-Ce n'est pas comme si Tonks était une femme normale, remarqua Sirius. Il l'a attendu assez longtemps.

-Sirius ? Sirius ! s'énerva Harry.

Surpris par tant d'agressivité, le maraudeur s'empara rapidement du miroir.

-Oui ? Que t'arrive-t-il, Harry pour être si énervé le jour de la Saint-Valentin ? releva Sirius en souriant malgré le ton de son filleul.

-C'était un fiasco total. Je n'ai pas compris ce que j'avais fait de mal !

-Ton rendez-vous amoureux ?

-Quoi d'autre ?

-Je ne sais pas, moi ! Vas-y, raconte tout à ton parrain préféré !

-J'ai fait exactement ce que tu m'as dit, je l'ai emmené dans ce truc Pieddodu et tous ces confettis et là, elle ne m'a causé que de Cédric ! Elle me cause de son ex ! J'étais censé faire quoi ?

-Hum, je n'avais pas pensé à cette option, ça ne m'est jamais arrivé. Aïe ! s'écria Sirius en lançant un regard noir à James qui lui avait donné un coup dans le tibia.

-Samantha Simons. Tu te souviens, elle ne parlait que de moi ! grinça-t-il.

-Désolé, je me suis tapé le pied. Qu'as-tu fait ? ajouta Sirius ignorant royalement James à qui il adressa un simple regard noir.

-Je l'ai laissé parler et au bout d'un moment je lui ai demandé d'arrêter et là, elle a dit qu'elle pensait que ça me ne dérangerait pas de parler de lui, vu que j'étais la dernière personne à l'avoir vu vivant.

-Je vois. À priori, tu aurais pu faire tout parfaitement, ce que tu as sûrement fait. Elle pense encore trop à son ex.

-Je dois l'oublier et passer à autre chose, c'est ça que tu me dis ? C'était mon premier rendez-vous !

-Et pas le dernier, je te le promets. Si tu savais le nombre de râteaux que ton père s'est prit, tu te dirais que toi tu t'en sors bien.

-Merci Sirius ! Lily avait son caractère !

-Je sais, murmura Sirius en essayant de ne pas bouger les lèvres.

-Mais pourquoi a-t-il fallut qu'elle me parle de lui ?

-Parce qu'elle l'aime encore. Je ne te dis pas de passer à autre chose, si tu es vraiment amoureux, mais laisse le temps faire son œuvre. Il ne sert à rien de repasser à l'attaque, si elle pense encore à lui.

-Mes parents t'ont bien choisi comme parrain, murmura l'adolescent.

-Merci…

Ils continuèrent à discuter. Harry ne réalisa pas que son parrain échangeait des regards entendus avec James. Malgré les coups de pieds donnés, Sirius continua de raconter à son filleul les vents que James avait reçu de Lily. Le visage désespéré de James donnait des fous rires incontrôlables à Sirius qui devait trouver une excuse valable à Harry. Lorsque Molly l'appela pour venir dîner, la conversation prit fin. À contre cœur les deux maraudeurs virent disparaître le sourire de Harry.

-Simons était ta groupie ! ajouta Sirius avec un petit sourire en coin avant de descendre retrouver les membres de l'Ordre.

Au milieu de la nuit, l'alarme sonna. James se réveilla en sursaut. À ses côtés, Sirius grogna. Il essaya de retenir la source de chaleur mais l'héritier de Gryffondor n'eut aucune peine à se défaire de sa poigne endormie. Il entendit quelques grognements incompréhensifs. Un sourire se dessina sur ses lèvres, une alarme venait de siffler à ses oreilles et pourtant Sirius ne bougeait pas. Depuis l'attaque des détraqueurs, James avait placé un sort afin d'être avertit si les détraqueurs quittaient à nouveau leur poste. Il se téléporta dans les alentours d'Azkaban après avoir enfilé son costume de super héros.

Pour la première fois, il faisait face à la prison qui avait abrité son frère de cœur. Sur le côté ouest, un trou béant dans le mur laissait passer les mangemorts. Un air glacial lui transperça le cœur, il se concentra sur les souvenirs les plus précieux qu'il avait afin de pouvoir empêcher Voldemort de rallier ses troupes.

Mon premier vole sur un balai avec papa, mon premier baiser échangé avec Lily, les premiers pas d'Harry qui avançait les bras tendus et les yeux grands ouverts. Les fous rires avec Sirius…

Il lança un sort et une barrière invisible se plaça entre les détenus et les mangemorts. Ainsi, la prison était à nouveau reconstruite provisoirement et plus aucun prisonnier ne pouvait s'en réchapper. En voyant le charme les empêcher de fuir, les mangemorts réalisèrent que James était là.

Notre première balade dans la forêt interdit sous nos formes animales, le « oui » de Lily à notre mariage, le rire aboiement de Sirius, la mousse au chocolat de Glorfi

Il para facilement les quelques sorts lancés par les vils sorciers. Néanmoins sa concentration magique baissa. Ses pensées étaient focalisées sur ses meilleurs souvenirs afin de ne pas laisser le pouvoir des détraqueurs l'affaiblir. Il stupéfixa d'un geste quelques mangemorts.

Les émeraudes de Lily, la sortie à Londres avec Sirius et Remus, les vacances à la mer

-On se replie, cria un Mangemort.

James leur lança un dernier sort. Un juron s'échappa de ses lèvres en les voyant déguerpir. Le froid des détraqueurs étreignait son cœur. Il détestait ce sentiment de faiblesse.

-Qui êtes-vous ?

Surpris, il se retourna et se retrouva nez à nez avec deux aurors. Il sourit sous sa capuche songeant qu'il en avait fallut du temps au ministère pour arriver sur les lieux.

-L'inconnu.

Sa réponse déplut aux deux aurors qui le regardèrent suspicieusement. Tellerino avait sûrement dû être appelé en urgence. Ignorant les questions insipides de ses deux employés, il se téléporta après un dernier petit signe de la main.

Il se sentit comme réchauffé en arrivant dans sa chambre. Il fut surpris de voir Sirius assit dans le lit et non plus en train de baver sur le matelas. Emmitouflé dans les couvertures rouges, il jouait avec le pingouin en peluche de James qu'il lui avait lui-même offert pour ses treize ans.

-Comment va Biboundé ?

-Il a été réveillé par un hibou très casse-pied qui a toqué à ta fenêtre jusqu'à ce que je daigne lui ouvrir.

-Le ministère ?

-Ouais. Azkaban aurait connu une brèche ce soir ?

-Ouais. Voldemort reconstruit ses troupes.

-L'inconnu les a laissé faire ?

-L'inconnu ne s'était jamais senti aussi faible qu'au milieu de tous ses détraqueurs, avoua James en s'asseyant sur le bord du lit. Je suis tellement…

-Désolé ? Tu as ressenti le froid que j'ai ressenti pendant douze ans, mais maintenant je suis bien plus reconnaissant envers la chaleur et le bonheur qui m'habitent. Je ne t'en veux pas. Loin de là. Alors arrête de t'en vouloir.

-Facile à dire.

-T'es vachement têtu quand tu veux, ronchonna Sirius en passant son bras autour de ses épaules. Ta prison était juste différente de la mienne mais on était tous les deux dans la même merde. Le résultat est le même : on est incapable de dormir seul sans faire un seul cauchemar. Maintenant, va faire ton job ! Moi je vais aller attendre qu'on daigne me réveiller au QG. Après tout, j'imagine que je vais entendre parler de toi.

-Comme d'hab. À plus, Siri !