Et si tout était différent

Chapitre 66

Compte à rebours

Le lendemain, James se leva à l'aube retrouver les aurors afin d'organiser la surveillance aiguë pour le séjour de Harry à l'hôpital. Dans la suite de la matinée, il dût argumenter pour faire taire et céder Dumbledore qui vint plaider pour la garde de Harry durant les prochaines vacances, prétextant qu'une protection lui serait prodiguée au 4 Privet Drive. Il balaya la conversation parasite et renvoya le vieux sorcier qui l'empêchait de faire son travail. Il regarda d'un air narquois son ancien directeur quand celui-ci quitta son bureau.

Au dehors, le soleil brillait sur les cimes londoniennes. Les rayons solaires se reflétaient sur les bâtiments vitrés de la city. Les affaires moldues étaient organisées sans le moindre nuage noir inhabituel. L'air était chaud, étouffant et pollué. Dans les rues londoniennes, rien ne témoignait des évènements néfastes qui venaient d'avoir lieu dans le monde magique. La vie parvenait encore à suivre son cours.

Cinq jours ! Le compte à rebours avant la vérité avait sonné. James ne pouvait s'empêcher de craindre la réaction de son fils. Des cris, des pleurs, un silence, un éclat de rire, toutes les réactions avaient été imaginées par James. Il essaya de se concentrer sur Voldemort mais il n'avait rien trouvé en une année et ce n'était sûrement pas en un jour, malgré l'aide massive des autres aurors, que les choses allaient changer. James donna un coup rageur dans la paperasse autour de lui. Voldemort était introuvable, il allait devoir avouer toute la vérité à Harry et ses meilleurs amis pouvaient voir et parler avec son propre fils.

Je vais perdre la tête

Il était plongé dans ses réflexions, affalé dans son fauteuil, le regard perdu sur Londres. Il se souvenait comme si c'était hier de ses balades londoniennes avec ses meilleurs amis. Être lui et pouvoir se promener librement lui manquait. Rome n'avait pas le charme londonien qui plaisait tant à James. La capitale italienne était un tas de ruine, de vestiges antiques. Les églises primitives et temples païens devenus chrétiens longeaient les rues accompagnés de fontaines, de colonnade. Les touristes flânant, les moldus et leirs petites brosses dans la terre, les vespas polluaient l'air déjà si chaud et étouffant. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand il vit passer le bus à impériale rouge flamboyant. L'Angleterre était sa maison, son enfance. Une fascination pour le rouge, typiquement Gryffondor, des bus, des boîtes aux lettres, des cabines téléphoniques l'habitait depuis si longtemps. Les moldus anglais lui plaisaient. Ils aimaient leur invention. Les lumières de Picadelly Circus n'existaient pas à Rome. La folie londonienne lui parlait. Aucun parc n'enjolivait la ville ritale. Le mont Palatin était très naturel mais habité par des vestiges de pierres rouges photographiés par des moldus étrangers. Il ne valait pas la beauté de Hyde Park ou St-James Park.

Il sursauta en entendant quelqu'un toquer à la porte. Il fut surpris en voyant Kingsley débarquer dans son bureau. Soudain inquiet pour Harry en se souvenant que l'auror était de garde en début d'après-midi, il reprit son rôle cassant l'échange entre Londres et lui. En se retournant vers lui, il fut abasourdi en voyant les aiguilles braquées sur le six. Il fronça légèrement des sourcils réalisant qu'il avait passé les quatre dernières heures à rêvasser en regardant par la fenêtre.

-Alors ? demanda-t-il en se tournant vers Kingsley, mal à l'aise.

-Je vous apporte la liste des mangemorts arrêtés hier.

-Merci. Tout s'est bien passé pendant la surveillance de Potter ?

-Aucun problème.

-Il a eu des visites ?

-Dumbledore, Lupin, Tonks et le couple Weasley sont passés. Ses camarades sont de retour à Poudlard. À demain.

-À demain, répondit vaguement James perturbé par le regard de Kingsley.

Il resta encore un moment au ministère sachant que ni Sirius ni Remus ne viendraient tôt au manoir. De retour, il ignora son elfe de maison qui ne réalisait pas qu'il n'avait plus rien à nettoyer vu que la demeure était étincelante. Sirius débarqua en début de soirée, seul, Remus ayant préféré passer la soirée avec sa petite amie. À 23h30 précise, James envoya son meilleur ami auprès de son fils.

Il passa l'heure à attendre son meilleur ami, impatient. Sur le canapé, il regardait la une. Les évènements du ministère n'auraient pas dû se passer ainsi, il aurait dû protéger son fils. Il accepta le chocolat chaud de Glorfi qui vint attendre les nouvelles de son jeune maître avec impatience. À minuit et demi, il ramena Sirius.

-Alors maître Sirius ? Comment va maître Harry ? interrogea Glorfi avant que James n'ai eu le temps d'ouvrir la bouche.

-Bien. Il était heureux de me voir. Remus nous a expliqué que Harry avait eu une vision de moi torturé au ministère, tu te souviens ?

-Bien sûr. Et qu'il avait essayé de t'appeler à travers le miroir.

-J'y ai bien réfléchi et en parlant avec Harry, j'ai réalisé que le seul moment où il a pu m'appeler et que je ne réponde pas c'était quand je me douchais ! Le destin fait bizarrement les choses.

-C'est parce que tu te douchais que tous ces évènements ont eut lieu ?

-Excuse-moi, Jamie, mais je ne suis pas un porc. Bref, il m'a ensuite posé quelques questions.

-Des questions ? répéta James après quelques secondes de silence.

-Il voulait en savoir un peu plus sur sa famille paternelle. Il a demandé le nom de tes parents, leur métier. Il souriait étrangement. Il est ensuite parti sur le métier d'auror. Subitement, il m'a demandé si on devait savoir faire apparaître pour l'être. Il voulait savoir la forme de mon patronus. Puis le tien.

-Le mien ? Qu'as-tu dit ?

-La dernière fois que j'ai vu ton patronus, c'était un gros félin, une sorte de puma. C'est Harry qui a vu le lion, pas moi. Mais il a compris qui tu es.

-Ça ne prouve rien. Un puma, ce n'est pas un lion. Mon patronus est un lion, un félin avec une crinière.

-Il a eu un bon professeur pour lui enseigner tout ce qu'il sait sur les patronus Remus n'a pas omis de lui dire qu'un patronus pouvait changer de forme.

-Il ne t'a rien dit d'autre qui pourrait sous entendre qu'il a compris ?

-Rien. Mais il semblait vraiment heureux. Tu dois lui dire et ne pas avoir peur. Il sera trop heureux pour t'en vouloir.

-Je l'espère.

-Dans cinq jours, il sera là.

-Ouais, concéda James en se mordant la lèvre, peu rassuré. J'ai tellement la trouille. Il va rester avec moi pendant deux mois !

-Arrête de t'en vouloir autant. Tu avances dans tes recherches ?

-Rien. J'ai passé mon après-midi à rêvasser en observant le Londres moldu.

-Et tu crois que c'est comme ça que tu vas attraper Voldemort ? rigola Sirius.

-J'ai essayé en le recherchant, je n'ai rien trouvé alors maintenant je le laisse venir. Sérieusement, il va faire rapidement parler de lui. Pour l'instant, on ne va pas s'alarmer. Il faut prendre les choses comme elles viennent. Harry sera bientôt là et j'ai la trouille. Le reste, ça m'importe peu.

-Ton destin, Jamie ? se moqua Sirius.

-C'est Harry, c'est mon fils. C'est pour lui que je me suis battu, que j'ai accepté ce que voulait Ravenna. Pour toi aussi, Siri, ne sois pas jaloux, ajouta-t-il devant son air boudeur.

-Je viendrais t'aider avec Harry en cas de problème. Mais vu l'heure, je crois qu'il serait temps que t'ailles dormir pour que tu sois opérationnel demain, auror de pacotille.

-J'ai un diplôme, moi, nargua James tandis qu'ils montaient dormir.

-Tellerino a un diplôme, le mort.

-Criminel innocent.

-Frangin maudit.

-Fils indigne.

-Traite à ton sang…

Glorfi observa les deux amis traverser le couloir s'insultant faussement dans de grands éclats de rire.

-De pire en pire, si mon maître voyait ça, murmura-t-il en songeant à William avec un sourire nostalgique.

Toute la semaine fut rythmée par l'interrogatoire des mangemorts, la recherche de Voldemort, la protection des moldus, de Harry, la peur de l'arrivée de ce dernier. Le temps passait au pas de course, au grand dam de James qui aurait voulu retarder le moment de sa rencontre avec Harry le plus longtemps possible. Il essayait de se souvenir de lui à seize ans mais son adolescence et celle de son fils étaient différentes.

Prêt pour accueillir Harry Potter ? Gna gna… C'est aussi écrit sur le visage de Tellerino que j'ai la trouille, râle-t-il quand le vendredi soir, jour précédent l'arrivée de Harry, Kingsley posa lui posa la question.

-James, tout va bien se passer ! Il n'est même pas encore là, arrête de stresser autant, s'énerva Sirius, ce soir-là.

-J'ignore quoi faire. Ce n'est plus le bébé d'un an et trois mois que j'ai connu.

-L'adolescent que tu as sauvé la semaine passée c'était un bébé ? Non, c'est un ado, un jeune adulte et tu as très bien agi. Harry est capable de comprendre la raison de ton absence et ce que cela implique. Tu n'as pas peint sa chambre en rouge hein ? s'inquiéta soudainement Sirius.

-Pourquoi ? Evidemment que j'ai fait une chambre aux couleurs de Gryffondor, c'est l'héritier.

-Il déteste le rouge !

-Quoi ?

-Sa couleur préféré c'est le vert.

-Je ne pouvais pas le deviner. Il va penser que Tellerino a voulu faire une chambre aux couleurs de sa maison. Ce qui est vrai. Tu crois qu'il est préférable que je change tout ?

-Tout changer ce soir ? Il n'arrive pas demain après-midi ?

-Et alors ? Je ressemblerai à un zombie et il aura une chambre qui lui plaira.

-Je t'embête Jamie. J'ignore la couleur préféré de Harry et le rouge sera parfait.

-Et s'il n'aimait pas ?

-Il ne te le dira pas ! Il n'est pas pénible. C'est un palace cet endroit comparé à où il vivait avant.

-Ça m'aide beaucoup. Me rappeler que mon fils a eu une enfance horrible me rassure.

-Soit tu cesses de stresser pour rien et tu viens dormir, soit tu restes ici en stressant inutilement et seul et je vais dormir. Que choisis-tu ?

-Je stresserais en silence.

-Parfait.

Le lendemain quand Sirius se réveilla, son meilleur ami avait disparu. Il soupira. Il le trouva rapidement en pleine entraînement défoulant. Plus bas, l'elfe nettoyait encore et encore. À regret, il dut les abandonner à leur nervosité pour aller faire acte de présence au QG de l'ordre. Avec difficulté, James laissa partir son meilleur ami. Il regarda les aiguilles faire le tour du cadran.

Que pense Harry de tout ça ?

Il était un inconnu pour l'adolescent. Il devait sans doute préféré aller au QG de l'Ordre plutôt que de venir ici avec un auror étranger.

Je ne dois pas être l'auror, mais le père.

L'heure venue, il inspira et expira plusieurs fois, se regarda dans le miroir afin d'être sûr d'être Tellerino avant de se téléporter à King's Cross. Une boule pesait dans son estomac. Glorfi s'était enfermé toute la journée dans la cuisine afin de préparer un repas digne de ce nom à son jeune maître. Les moldus passaient à ses côtés sans le voir. Il se rappela la dernière fois qu'il était venu ici, il y a cinq ans. Harry connaissait à peine le monde magique. Il avait tellement grandi depuis ce jour-là. Il entendait encore sa petite voix demander de l'aide aux Weasley. Il passa la barrière magique. Un drôle de sentiment l'étreignit en se retrouvant sur la gare bondée de parents. Rien n'avait changé. Il aperçut deux têtes rousses et reconnut les Weasley. D'un pas mal assuré, il s'avança vers eux en essayant d'avoir une démarche sûre de lui. Après tout, Harry serait peut-être plus à l'aise de le rencontrer entouré de ses amis.

-Bonjour. Arthur Weasley ?

L'homme le regarda surpris mais acquiesça. James distingua une lueur méfiante sur son visage.

-Vincenzo Tellerino, l'auror chargé de la garde de Harry Potter durant ces vacances. Votre fils est son meilleur ami, il me semble ? continua-t-il ignorant la froideur et son angoisse.

-En effet.

Un nouveau silence pesant se fit. James se balança d'une jambe à l'autre mal à l'aise. Pour les membres de l'Ordre, excepté les maraudeurs et les deux aurors, il était le premier des salauds. Il essaya de trouver quelque chose à dire mais la crainte l'empêcha de réfléchir.

-Vous avez déjà eu affaire à un adolescent ? demanda soudainement Mrs Weasley.

-Pas vraiment non, avoua-t-il. Ça va, j'ai déjà assez la trouille comme ça.

-Envoyez-nous un hibou en cas de problème. L'adolescence, ce n'est pas toujours facile.

-Merci, bredouilla-t-il. Saleté de Sirius. C'est ça, ça va être un jeu d'enfant ! Tu parles ! Mon œil ! Ce n'est pas toujours facile et en plus je dois lui avouer que je suis son père.

-Molly, arrête. Ne laisse pas entendre que Harry est un enfant difficile.

-Arthur, j'ai eu sept adolescents dans la maison dont quatre le sont encore et me mènent la vie difficile.

-La vie difficile, tu es en colère parce que les jumeaux ont quitté l'école avant d'avoir leur ASPIC !

-Et toi, ça ne te dérange pas ? Je te ferai remarquer que tes deux cadets sont également partis au ministère se mettant en danger.

James les écouta d'une oreille, se demanda si les choses s'étaient passées différemment et s'ils seraient devenus pareil avec Lily. Il essaya de ne pas faire attention à eux. Il fut alors attiré par l'arrivée du train et les étudiants qui en sortaient. Les mains dans les poches, raides, il essaya de paraître dans son état normal et guère stressé.

Plus que quelques secondes !

Il échangea un regard avec Harry dont les yeux reflétaient une lueur nerveuse. Il lui fit un sourire crispé. Il lui semblait qu'il se voyait vingt ans auparavant. Il dit un bref salut à Harry et ses amis put laisser le temps à l'adolescent pour qu'il puisse dire au revoir à ses camarades. Il vit son air interrogateur quand il revint vers lui.

-On va aller un peu plus loin pour transplaner, expliqua James.

-Je n'ai pas l'âge pour transplaner, coupa Harry.

-Transplanage d'escorte, souffla James. Oulala dans quoi je me suis embarqué !

Côte à côte dans un parfait silence, James jeta de temps à autres des coups d'œil discret en direction de son fils. Harry observait autour de lui en tirant sa grosse malle.

Tu aurais pu t'occuper de ses affaires, abruti de Potter Senior !

Il tourna au coin de la gare, là où William transplanait avec son fils. Retraçant les gestes de son père, James les appliqua pour le sien. Il lui tendit la main. Il le vit agrandir les yeux. Il suivit son regard et remarqua la cicatrice visible même en Tellerino. James jeta rapidement un sort d'illusion. La peur lui fit la cacher pourtant il savait que bientôt il n'aurait plus à le faire. Il sentit la main de Harry entrer en contact avec la sienne. Il se téléporta à la sortie du village.

-La maison est un peu plus loin, expliqua-t-il.

Neve Nere sauta alors de la capuche de Harry sous le regard amusé de James.

Retour à la maison ! pensa-t-il, heureux.

-Neve Nere, reste là !

C'est qui mon maître déjà, toi ou Harry ?

Vu que c'est avec moi que tu parles, c'est moi. Mais pour Harry, c'est lui.

-Ne t'inquiète pas, il ne risque pas grand-chose par ici.

-Peut-être, mais il ne connaît pas la région et il est venu me trouver parce qu'il était perdu. Il avait dû perdre ses maîtres. Je pourrai laisser sortir ma chouette ? Je n'avais pas le droit chez mon oncle et ma tante.

Je ne vais pas me perdre. Et je n'étais pas perdu, je le cherchais sur ordre d'un père inquiet !

Et j'avais raison de l'être. Tu m'as été bien utile.

-Bien sûr, il n'y a aucun souci. Tu pourras la mettre à la volière.

-La volière ?

-Ouais, dans mon domaine.

Le silence se fit à nouveau. James essaya de trouver quelque chose à dire. Il suivit le chemin sans trop réfléchir, il le connaissait par cœur. Il vit Harry hausser un sourcil d'étonnement en apprenant qu'il possédait une volière.

-Où sommes-nous ?

-Dans un petit village complètement perdu au milieu de l'Angleterre, au nord de Londres. À part le village que tu as pu voir, il n'y a rien d'autre dans les environs. Il faut une bonne heure pour se rendre à la ville la plus proche, expliqua James.

Il s'arrêta devant le manoir. Il vit du coin de l'œil l'effarement dans les yeux de Harry. Il retint un sourire connaissant l'illusion provoquée par le sort de protection. La cabane qui se présentait devant eux devait inquiéter l'adolescent. Il poussa le portail et invita son fils à entrer. Il se retourna vers Harry après avoir fermé la porte et découvrit un adolescent la bouche ouverte en un O.

-Bienvenue dans ta nouvelle maison ! s'exclama James en souriant. Au moins quelque chose qui t'aura plu ici !

-Ce n'est pas une maison ! C'est un palais ! s'écria Harry.

C'est ta maison, mon fils.

James rigola légèrement. Avant d'être coupé par l'arrivée de Glorfi, stressé et ému de se revoir son jeune maître.

-Maître Vincenzo, salua l'elfe en échangea un regard entendu avec James. Maître Harry Potter.

-Mon elfe de maison et le tien, évidemment, Glorfi. Il est dans ma famille depuis plusieurs générations.

-D'accord mais appelle moi juste Harry, demanda l'adolescent mal à l'aise.

-Bien, maître Harry, concéda Glorfi incapable d'enlever le terme maître.

-Pas besoin de dire maître. Juste Harry.

James remarqua le regard effaré de son elfe de maison. Vu son statut, il en était du devoir de Glorfi d'appeler sa famille « maître ». Appelez son maître simplement par son prénom aurait été une offense que l'elfe ne pouvait se permettre.

-Vu que tu vas habiter ici, il est normal pour lui de t'appeler maître. S'il ne le fait pas, il est censé se punir pour avoir désobéit au règlement des elfes de maisons qui est de servir également les invités de ses maîtres. Mais il lui est interdit de se punir, alors si tu pouvais le laisser te dire maître Harry, ça sera plus simple pour lui, expliqua calmement James au grand soulagement de l'elfe de maison.

-Il n'a pas le droit de se punir ? s'étonna Harry. Tu peux m'appeler maître Harry alors, ajouta-t-il après que James ait acquiescé sa question. C'est bon, je peux porter mes bagages.

Avec peine, James retint un petit sourire en entendant son fils tenter de reprendre sa valise.

-Non, c'est le travail de Glorfi, répliqua l'elfe en souriant. Le vôtre, maître Harry, est de passer de bonnes vacances. Pour le reste, c'est Glorfi qui le fait avec beaucoup de plaisir. C'est toujours une grande joie pour Glorfi de servir les invités de son maître.

-Je vais te montrer ta chambre, coupa James. En espérant que tu aimes le rouge. Je massacre Sirius si ce n'est pas vrai !

-D'accord.

Ils longèrent le petit chemin dallé afin d'entrer dans l'immense demeure. Essayant de faire abstraction de son cœur qui battait la chamade, James tenta de garder un air impassible. Il jeta un coup d'œil à son fils qui suivait du regard les longues colonnes de style antique et dont les émeraudes s'émerveillèrent en entrrant dans le vestibule lumineux. La même odeur de propre gratta le nez de James, odeur qui ne quittait plus la maison depuis l'annonce de la venue de Harry et de l'elfe de maison minutieux. Ils montèrent à l'étage supérieur. Le maître des lieux s'arrêta devant une porte de la nouvelle chambre de son fils. Il l'ouvrit et le laissa découvrir sa nouvelle résidence. L'émerveillement se lit sur son visage. Il resta d'abord figé quelques instants avant de se reprendre.

Ça a l'air de lui plaire, ouf !

-Si vous aviez fait vos études à Poudlard, j'aurai parié que vous auriez été un Gryffondor quand on voit les couleurs !

Tu n'as pas idée.

-Je sais que toi, tu es un Gryffondor. Je vais te laisser t'installer. Le souper sera prêt pour 19h. Je te ferai visiter le reste de la maison après manger, d'accord ?

-Pas de problème, accepta Harry en souriant.

James laissa alors l'adolescent seul. Il referma la porte et s'appuya contre le mur en soupirant. Il retint un éclat de rire rassuré en entendant le « wahoo » de Harry de l'autre côté de la paroi claire. La tête en arrière, il peinait à croire que son fils se trouvait chez lui. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il se ressaisit de son mieux et descendit rejoindre l'elfe de maison qui était au four et au moulin.

-Tu sais que Sirius ne mange pas avec nous ce soir ?

L'elfe sursauta et se retourna en fronçant les sourcils vers son maître.

-On ne va jamais manger autant. L'ogre, c'est Sirius !

-Glorfi le sait maître James… Vincenzo, maître Vincenzo, se reprit rapidement Glorfi. Mais Glorfi voulait être sûr que maître Harry ait assez à manger.

Tu peux dire à Glorfi que Harry a un appétit de moineau, pire que le tien, Jamie, se moqua Neve Nere qui passa avec agilité par la chatière.

Va chasser !

Mes trophées te manquent ?

Non, répliqua James en grimaçant.

Comment tu te sens ?

Un peux anxieux, je l'avoue. Pour l'instant, je crois que ça se passe plutôt bien.

T'as juste été le chercher à la gare. Me regarde pas avec ces yeux de tueur ! Tu m'ouvres la porte de ta chambre, je vais aller faire un petit somme dans mon lit.

D'accord mais je te rappelle que c'est mon lit.

Tu peux le partager.

Entre toi et Sirius… soupira James.

Pardon ? s'étonna le félin.

Oublie !

James monta dans sa chambre suivit de l'animal. Il se changea rapidement en grimaçant lorsqu'il se vit dans la glace en Tellerino. D'un geste rapide la main, il prit le vieux grimoire posé sur sa table de cheveux. Il sourit en voyant Neve Nere endormi dans les couvertures rouges. Il tendit inconsciemment l'oreille en direction de la chambre de Harry mais il n'entendit rien. Les derniers rayons du soleil l'accueillirent sur la terrasse. Installé confortablement sur la chaise, il essaya de ne pas trop penser à l'adolescent et tenta de se concentra sur les mots latins. Ses bras entouraient sa jambe pliée et appuyée sur la chaise. Il ne pouvait s'empêcher de se poser la question de ce que faisait son fils.