Ca'ssandre: Merci pour ta review. Je suis contente que la fic te plaise. voilà le dernier chapitre du point du vue de James! Bonne lecture^^

Kira: Merci pour ta review!

kk44: Merci pour ta review. Je suis désolée de l'attente. Mais le 28 je n'ai pas allumé mon ordi! Je suis étudiante mais j'ai encore moins de temps pendant les vacances, je profite de mon fiancé et de réviser mes exa'! Oui internet est très bizarre, par chance, ma connexion ne me fait pas faux bond quand je veux publier!

A tous: Un grand merci pour tous ceux qui suivent la fic. Voilà la fin de la partie II... Je posterai le début de la IIIème partie dimanche 9 janvier afin de pouvoir reprendre un rythme de publication normale et pour avoir le temps d'avancer dans les chapitres à venir! Heureuse année 2011 à tous! Bonne lecture!


Et si tout était différent

Chapitre 67

Verità d'un padre al suo figlio (Vérité d'un père à son fils)

Quand le soleil se coucha, James entendit Glorfi arriver avec son jeune maître. Il inspira un bon coup et continua sa lecture, feignant de bien aller. Il sentit l'adolescent prendre place en face de lui. Il releva la tête quand l'elfe de maison leur apprit le souper du soir.

-J'ai préparé du filet mignon avec des tagliatelles et des petits légumes et pour le désert de la glace vanille avec du coulis de fraise.

-C'est parfait, remercia Harry en souriant.

-Glorfi est heureux de vous entendre dire ça maître Harry, sinon Glorfi vous aurait préparé autre chose, bien évidemment, répondit l'elfe avant de retourner vers ses cuisines, laissant les deux hommes ensembles.

James fixa son regard sur son fils. Un léger sourire était collé sur son visage. Il reconnaissait au ton joyeux de son elfe la fierté qu'il avait d'entendre un de ses maîtres le féliciter. Harry jeta un regard en biais au livre posé sous sa main. Un froncement de sourcil permit à James de voir qu'il avait intrigué son fils.

-Vous lisez en latin ?

-Parfois, avoua James. J'ai eu quelques cours quand j'étais jeune. Les restes d'une éducation italienne, héritière d'un empire latin. L'éducation de Ravenna !

-Ça explique aussi pourquoi à l'entrée de la maison, il y a des colonnes comme pour les temples romains.

-Comment ça ?

-Ça vous rappelle vos racines italiennes, expliqua Harry. La fontaine au milieu des fleurs, il y a une statue comme celle de l'Antiquité dessus non ?

-Tu as déjà visité, on dirait. Pour la colonnade à l'entrée ou la fontaine qui je le reconnais sont de style antique, elles ne m'ont jamais rappelé mes souvenirs romains. J'ai vu assez de fontaines à Rome pour le restant de mes jours, s'exclama James, sincère.

-Alors pourquoi avoir choisi une demeure avec des ressemblances avec la Rome antique ?

-J'ai hérité de la maison. Alors au lieu de me payer un appartement au centre de Londres, j'ai profité de venir habiter ici quand j'ai choisi de venir bosser en Angleterre.

-Hérité de ce palais ? De qui ?

-Ça appartenait à mes parents. Ne pose pas trop de question, je ne veux pas devoir te mentir. Tu n'as pas l'air satisfait de la réponse ?

-Non, c'est juste que je me demandais comment des italiens avaient fait pour se procurer une telle résidence.

-Ma mère, Lisa Parker était anglaise, avoua James. Pour la maison, elle est passée de génération en génération depuis bien longtemps. C'est pourquoi elle semble si luxueuse. Elle s'est embellit avec l'âge et les générations ont ajouté leur touche personnelle.

Par chance, selon James, Glorfi arriva avec ses mets délicieux. Il se retint de faire remarquer qu'ils n'étaient que trois à manger en voyant la quantité de nourriture.

-Qu'est-ce que Glorfi vous sert à boire, maître Harry ?

-De l'eau, ça ira.

James sourit légèrement.

-De l'eau ? répéta l'elfe ne surprenant pas son maître. Maitre Harry est sûr ? Il y a autre chose vous savez. Du thé froid, de la limonade…

-Alors dans ce cas, du thé froid.

Il reconnut le sourire ravi de Glorfi qui rentra à l'intérieur. Il attendit le retour de l'elfe de maison qui intrigua Harry quand il prit place à table avec eux.

-Glorfi dîne tous les soirs avec moi. Quand on vit seul dans une immense maison, on ne va pas refuser la compagnie de son elfe de maison.

-Je comprends. Je trouve ça normal. C'est un être vivant. Je ne suis pas choqué. Je pensais juste à ma meilleure amie. Elle a fondé une société pour libérer les elfes de maison. Elle trouve que leur travail est de l'esclavage. Elle serait heureuse de voir qu'un elfe de maison mange à la même table de son maître.

-Mes maîtres ont toujours été très gentils avec Glorfi. Glorfi sait qu'il a beaucoup de chance de travailler pour la famille Tellerino, avoua l'elfe en jetant un regard mal à l'aise à James qui lui sourit.

-Ma famille a toujours considéré qu'étant un être vivant, il était normal qu'il ait les mêmes droits que tout être humain. Il a donc un jour obligatoire de congé. Il est censé ne pas travailler le dimanche mais c'est quelque chose qu'il n'a jamais réussi à faire. Il se sent toujours obligé de nettoyer quelque chose. Les hommes libres et non en esclavages ont droit à un salaire. Glorfi a le droit à ce qu'il a besoin et ce qu'il veut. Il veut des vêtements, il en a.

-Mais si vous lui donnez des vêtements, vous le libérez ?

-Non, car je refuse de prendre ma liberté, expliqua Glorfi. Lorsque mon maître m'amène des vêtements, Glorfi pourrait choisir de prendre sa liberté mais il préfère travailler. Glorfi aime nettoyer, faire à manger… Glorfi aime travailler pour la famille Tellerino, avoua-t-il avec la même difficulté sur le nom de famille faux. Si Glorfi devait prendre ma liberté, Glorfi se retrouverait seul et obligé de se trouver un nouveau travail et aucune famille sorcière ne me traiterait aussi bien que ma famille.

-Je comprends. En tout cas, ma meilleure amie serait vraiment heureuse de te voir traité ainsi.

-Je n'avais jamais mangé quelque chose d'aussi bon, félicita son fils à la fin du repas.

-Je vais devoir dire à Glorfi de cesser de faire aussi bien la cuisine si je ne veux pas que tu retournes à Poudlard avec dix kilos en plus. Dumbledore serait heureux de pouvoir me reprocher de t'avoir engraissé, rigola James qui n'avait presque pas quitté du regard l'adolescent.

-Il peut dire ce qu'il veut, je ne suis qu'un élève parmi tous les autres. Il ne peut rien faire sur ma vie, il ne fait pas partie de ma famille. Essayez au moins de cacher ce petit sourire satisfait !

-Pourquoi ? Je ne vais pas cacher le fait que je trouve très juste que tu te méfies de lui, avoua James fier des paroles qu'il venait d'entendre.

-C'est parce que vous savez que c'est de votre faute si j'ai des doutes, renchérit son fils.

-Ma faute ? J'en suis fier alors. J'ai au moins fait quelque chose pour toi ! Qu'ai-je dit qui t'ais mis le doute concernant ton cher directeur si bienveillant ?

-Vous savez exactement pourquoi je dois douter de lui, à vous de me dire les raisons exactes pour que je sache si j'ai raison ou tort de me méfier de lui. Vous insinuez savoir ses raisons, argumenta Harry avec son sourire en coin typiquement Potter.

-Dumbledore ment à tout le monde. Il n'aime pas son prochain, il est égoïste et manipulateur. Tu es utile à une seule chose, débarrasser ce monde de Voldemort.

-Vous pensez que je suis le seul à être capable de détruire Voldemort ?

-Dumbledore le pense. Il pense que toi seul peut tuer Voldemort car Voldemort est le seul sorcier capable de se mettre en travers de son chemin pour prendre le pouvoir.

-Sauf que si je tue Voldemort, je serais capable d'empêcher Dumbledore de prendre le contrôle, le pouvoir comme vous dites.

-C'est pour cette raison qu'il essaie de te manipuler depuis le début. Il veut que tu deviennes son pantin afin qu'une fois que tu auras détruis Voldemort, il n'aura qu'à t'influencer pour t'évincer.

-Jamais je ne me laisserais faire.

-Aujourd'hui, tu ne te laisserais plus faire mais si tous les gens autour de toi, si tout le monde sorcier lui avait fait pleinement confiance, tu n'aurais pas commencé à douter.

-Je vous dois beaucoup alors.

-Oh non, tu ne me dois rien. Loin de là. C'est moi qui te dois tout. Je ne pense pas être la seule personne qui t'aies fait réfléchir.

Il vit Harry ouvrir la bouche puis la refermer quand l'elfe arriva avec les coupes en cristal. Il était heureux d'avoir pu parler de manière libre avec son fils. Il essaya de se contenir et d'arrêter de l'observer. Il profita de la simple présence de la chair de sa chair tout en jouant avec sa cuillère.

-J'ai cru entendre dire que tu voulais suivre une formation d'auror à la fin de tes études à Poudlard, entama James.

-Je voulais. Mais je ne pourrai pas entrer à l'école. Il me faut un ASPIC en potion et je ne l'aurai pas.

-Qu'est-ce qui te fait dire que tu ne l'auras pas ? s'étonna le plus âgé. Les ASPIC sont dans deux ans, il me semble.

-Pour pouvoir suivre les cours de potion niveau ASPIC, le professeur Rogue demande qu'on ait obtenu un optimal au BUSE et je sais que je me suis loupé à cet examen.

-Sacré Servillus, toujours à ne vouloir que les meilleurs élèves. Je ne suis même pas étonné. Même qu'un Potter ait de la peine en potion. C'est dans les gènes. Mais peut-être que malgré le fait que tu n'aies pas suivi ce cours là, tu pourras quand même suivre la formation d'auror. Après tout avec un nom comme le tien, ce n'est pas les aurors qui vont te refuser.

-Justement, je ne veux pas utiliser « ma célébrité » pour ça…

-Je ne faisais pas allusion à ton statue de survivant, se rattrapa l'auror. Je pensais au fait que tous les Potter ont fait une grande carrière chez les aurors, donc tu es le digne héritier pour être un auror doué.

-Comment savez-vous que les Potter ont tous été aurors ?

-Parce que c'est dans nos gènes. Ton grand-père est le plus grand auror que je n'ai jamais rencontré. Et ton arrière-grand-père avant lui faisait parti des meilleurs. Je me suis un minimum renseigné sur le fonctionnement du département des aurors avant mon arrivée, ce qui fait que j'ai pu constater qu'il y avait plus d'un Potter qui m'ont précédé.

-Et vous pensez que c'est un argument qui compte, le fait que mes « ancêtres » aient tous été aurors ? J'aurai un niveau en Potion plus que médiocre…

-Tu peux toujours demander pour suivre des cours d'appui à côté. Ton formateur peut aussi t'aider là où tu as de la peine.

-Et si mon formateur ne veut pas m'aider à m'améliorer en potion, je ne pourrais donc pas continuer ma formation. Je me serais fais de faux espoirs.

-Je ne te laisserais pas te faire de faux espoirs. Tu feras ce que tu voudras de ta vie. Normalement, les formateurs qui sont volontaires, ce n'est pas obligatoire, sont des aurors motivés à transmettre leur savoir et à enseigner au plus jeune.

-Vous pourriez être mon formateur ? proposa Harry, surprenant son père.

-Moi ? Tu me proposes d'être ton formateur ? J'aurais envie de l'être, bien sûr. J'en serais honoré.

-Pas tout de suite, je n'ai même pas encore seize ans mais quand j'aurais l'âge d'entrer à l'école des aurors... Sauf si vous pensez retourner en Italie prochainement…

-Non, je ne compte pas retournez en Italie prochainement. Plus jamais. Ma maison c'est ici, auprès de toi. Je n'ai jamais formé quelqu'un. Quelqu'un comme Kingsley serait plus apte à te former correctement…

-Kingsley est formateur ?

-Oui, depuis longtemps. Je pensais que tu le savais vu qu'il fait parti de l'Ordre et qu'il a formé Tonks.

-Non, je ne suis pas au courant de grand-chose concernant l'Ordre. Et cessez de me parler comme si c'était normal que vous soyez au courant de ce que fait l'Ordre, exigea Harry tout en rigolant.

-J'essaierai de faire attention à ce que je dirais durant ces deux mois alors. Tu auras sûrement l'occasion de demander à Kingsley s'il accepterait de te former lorsque tu verras tes amis dont les parents font partie de l'Ordre.

-En effet. Formé par un Potter, il pourra former lui-même un Potter.

-Tu ne seras pas le premier Potter qu'il formera, répondit l'auror qui l'avait entendu.

-Pardon ?

-J'ai appris par hasard, si je peux appeler ça un hasard vu qu'il s'agit de moi-même, qu'il avait été le formateur de James Potter, ton père, lorsqu'il était en formation.

Harry continua, à la grande joie de James, de lui poser des questions sur son métier. Le temps passa et il fut trop tard pour aller faire la visite de la demeure que James avait prévue. Il rigola avec son fils et oublia le stress qu'il avait de tout lui avouer. Il alluma discrètement une torche d'un clignement de paupière.

Quand ils montèrent se coucher, James dut s'avouer que c'était une des meilleures soirées de sa vie. Il entra en dansant dans sa propre chambre avec un large sourire. Il sursauta en voyant son meilleur ami en pleine lecture tout en caressant son chat roulé en boule.

-Tu lui as tout avoué ? demanda Sirius sans quitter le magazine des yeux.

-Je n'ai pas eu l'occasion, marmonna-t-il.

-Je ne te crois pas !

T'as passé la soirée avec lui ! s'exclama le chat en se relevant.

-Vous vous êtes donné le mot ou quoi ?

-Je ne comprends rien à ce qu'il dit !

Sirius ne me comprend pas.

-Je n'ai pas eu le temps de lui faire visiter le manoir. Je voulais tout lui avouer devant l'arbre généalogique, expliqua James.

-Demain, au plus tard, Jamie, ordonna Sirius. Je débarque dans l'après-midi. Imagine la tête de mon filleul s'il me voit arriver chez Tellerino.

-Débarque. Je lui aurai dit.

-J'ignore à quelle heure ça sera. Les jumeaux Weasley me collent. Ton fils a eu la bonne idée de leur dire que j'étais un des maraudeurs et depuis ils veulent que je les aide pour leur magasin de farces et attrapes.

-Arrête, tu dois adorer ça. Je connais le maraudeur qui dort en toi, il adore ça. En plus, s'ils t'adulent, de quoi tu te plains ?

-J'ai toujours eu des fans, se vanta Sirius. Qu'est-ce que ton chat fait à ma place ?

À sa place ? C'est ma place ! C'est moi qui dors ici, nargua l'animal en fixant le sorcier de ses billes jaunes. Dis quelque chose James !

James éclata de rire.

-Je dors sur le côté gauche du lit. Pour le reste vous vous débrouillez. Je sais, ajouta-t-il précipitamment en voyant Sirius ouvrir la bouche, vous ne vous comprenez pas. Je m'en fiche. Neve Nere ne prend quasiment pas de place, c'est un chat. Par contre toi, Siri, tu bouges alors évite de frapper mon chat et par la même occasion mes tibias. Bonne nuit.

James ignora les regards outrés de ses deux compères pour se faufiler dans la salle de bain. Quand il en ressortit, il retint un grognement en voyant son meilleur ami dormir faussement en diagonale et Neve Nere être blottit sur son coussin. Il ignora les deux squatteurs et tenta de se trouver une petite place.

Je vais chasser. Bonne nuit !

Neve Nere bondit hors du lit, laissant ainsi plus de place à James. Ce dernier sourit en sentant Sirius bouger et retourner de son côté du lit. Couché sur le dos, il songea à ce qu'il l'attendait le lendemain.

-T'inquiète James. Tout se passera bien, murmura Sirius, comme s'il avait deviné les pensées de son meilleur ami.

-Je l'espère. J'ai tellement la trouille. Je repousse ce moment depuis si longtemps.

-Fais-moi confiance, tout se passera bien.

-Je l'espère, répéta-t-il.

James sentit la main de son meilleur ami agripper la sienne. La pression le rassura. Il devina sans peine malgré la pénombre le sourire rassurant de son frère de cœur.

-Grazie Siri. (Merci Siri)

-Assumi il tuo coraggio di Gryffondor. Buona notte fratellino. (Assume ton courage de Gryffondor. Bonne nuit petit frère).

Il fallut un temps interminable à James pour réussir à s'endormir. Il changea de position plusieurs fois. Les ronflements de Sirius le narguèrent. Le lendemain quand son réveil sonna, il eut l'impression de ne pas avoir dormi de la nuit. Il se leva, pestant comme tous les matins contre les jambes de Sirius qui bloquaient les siennes. Dehors, le soleil se levait à peine et les oiseaux commençaient à chantonner. Il grogna tandis qu'il enfilait son training et montait dans la pénombre les marches qui le menèrent au troisième étage là où il s'entraînait quotidiennement. Lorsqu'il revint dans sa chambre, il trouva le lit fait et désert. Un simple mot était posé dessus. Surpris, il s'avança.

« Fratellino,

Ne t'inquiète pas du moment fatidique. Profite de faire de découvrir le manoir à ton fils. Il comprendra la raison de ton absence autant que Remus et moi l'avons compris. Je viendrais en fin d'après-midi, si j'arrive.

Siri. »

Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il avait presque oublié que son fils était dans la même maison. Il se doucha rapidement et descendit prendre son petit déjeuner. Prenant place au bar, il attrapa les Corn Flakes chocolatés que lui tendait Glorfi. Il songea à Harry tout en mangeant. De la manière que son fils l'avait fait le soir avant, il joua avec sa cuillère.

Plus jamais je ne dors avec Sirius ! Il m'a donné des coups de pied toutes la nuit et pourtant j'étais de ton côté, s'énerva le félin.

On s'habitue. C'est plutôt désagréable de se réveiller avec les jambes emmêlés et de l'entendre continuer à ronfler, je l'avoue.

Pourquoi vous dormez ensemble ?

Pour éviter d'avoir des cauchemars ou dans le cas d'hier soir de trop stresser.

Je vais me dégourdir les pattes avant de venir écouter le magnifique récit que tu vas faire à ton fils !

Il jeta un coup d'œil amusé à Neve Nere qui se léchait les babines. Il se leva pour se prendre un jus de fruit et s'assit sur le marbre froid de la cuisine à côté de Glorfi qui nettoyait un évier pourtant propre aux yeux de James.

Harry arrive, Jamie. Redevient Tellerino sauf si tu lui avoues tout maintenant !

Merci !

Juste au moment au Harry arrivait, James se retrouva dans sa seconde identité. Il sourit à son fils malgré l'accélération des battements de son cœur.

-Bonjour, salua Harry.

-Maître Harry. Que voulez-vous pour votre petit déjeuner ? Des tartines avec de la confiture de fraise et des Corn Flakes chocolatés ? s'écria l'elfe sans laisser le temps à James de saluer son fils.

Il leva les yeux au ciel en entendant Glorfi proposer ce que lui-même aimait prendre à son petit déjeuner. Son fils avait sûrement d'autres habitudes.

-Les deux ?

La proposition donna envie d'éclater de rire mais il se retint.

-Va pour les deux ! accepta Harry avec un grand sourire.

Il observa son fils du coup de l'œil, stressé. Habillé de manière simple, en pantalon noir et petit pull bleu, Harry prit place à l'endroit où il était quelques instants auparavant. Il se voyait à quinze ans à travers son fils. Il pouvait sentir le regard de Harry sur lui.

-On la fait cette visite des lieux ? coupa Harry dans ses réflexions.

-Bien sûr, dès que tu as fini de déjeuner, on y va, accepta-t-il en sentant le stress monter encore plus.

James sentit le regard de Glorfi. Il y répondit par un simple échange visuel. Harry se leva pour ranger ses affaires mais avant d'avoir pu faire quoi que ce soit, Glorfi lui avait déjà mis une claque sur la main pour l'empêcher de faire le moindre mouvement. Un rire amusé ne put être contenu de la part de James.

-Prêt pour tout visiter ?

-Ouais, je suis prêt à tout découvrir !

James sentit ses entrailles se serrer. Découvrir ! Que pensait réellement son fils ? Il devina l'état de son elfe de maison en voyant l'assiette échapper des mains de l'elfe. Inconsciemment, il fit léviter la vaisselle qui revint se poser sur l'évier.

-On y va ?

Harry accepta joyeusement. Il se leva dans un bond du haut tabouret. Le corps tremblant, James essaya de paraître le plus normal et impassible possible. Il lui montra le salon où photos et souvenirs qui auraient dû faire comprendre la vérité à Harry avaient reçu un sort d'illusion. Le visage illuminé de son fils lui faisait plaisir. Il ne pouvait s'empêcher de se demander si le sourire si typiquement Potter allait se faner ou éclore d'autant plus en apprenant la vérité. Il passa ensuite à la salle de bal qui, selon ses propres souvenirs d'enfant, n'avait quasiment jamais été utilisé. Le parquet était brillant, les miroirs reflétaient l'angoisse du père et l'émerveillement du fils.

-C'était la salle de bal, ajouta-t-il devant le froncement de sourcils.

Ils passèrent ensuite à la salle à manger où Harry aurait dû fêter ses anniversaires et Noël. Les émeraudes longèrent la baie vitrée tandis que d'une main il caressa la longue table en bois. En sortant, ils se retrouvèrent là où ils avaient passé la soirée.

-La terrasse, la piscine, tu as déjà vu donc pas besoin de s'attarder.

Ils se promenèrent ensuite dans le jardin. James le connaissait par cœur pour y avoir couru partout enfant. Mais en cet instant ce n'était pas la mélancolie qui l'habitait mais un stress grandissant. En passant devant la fontaine, il se revit se promenant ici même avec Lily vingt ans auparavant, rigolant avec son meilleur ami. Tout cela était si loin.

-Qui est la déesse représentée ?

-Athéna, la déesse de la sagesse, de la guerre, des artisans et des écoles, expliqua-t-il en gardant une voix neutre malgré les tremblements menaçants.

Il ne put retenir un sourire en se souvenant du rire si propre à Sirius quand il avait appris le nom romain de la déesse, Minerve, surnommant alors la déesse « McGo ».

-Ça ne vous dérange pas de vivre tout seul dans un endroit aussi grand ? demanda soudainement Harry alors qu'il continuait de se balader.

-Ça va. Je n'ai pas trop le choix. J'ai surtout la chance d'avoir eu Glorfi et Neve Nere et maintenant d'avoir retrouvé Sirius et Remus. On s'y habitue. Je crois qu'il va être plus simple pour nous deux si tu me tutoies. Après tout, on va cohabiter durant deux mois. Et je suis ton père.

-D'accord, j'essaierai de faire attention à ne pas te vouvoyer, répliqua Harry en rougissant.

James essaya de trouver quelque chose à raconter. Mais chacun de ses souvenirs aurait été contourné. Il ne pouvait raconter son enfance en se faisant passer pour Tellerino. Il sourit en arrivant devant les balançoires de son enfance.

-Pourquoi avez-vous grandit en Italie ? Ce coin aurait été un paradis pour un enfant.

La question prit alors au dépourvu James. Il réfléchit à mille à l'heure avait de trouver quoi répondre sans lui mentir.

-Mes parents se sont rencontrés en Italie, jusque là c'est vrai. Ma mère, une fois mariée, est restée dans le même pays que mon père, ce pays c'est l'Angleterre où ils ont vraiment commencé à sortir ensemble, expliqua James mal à l'aise.

Ce n'est pas possible qu'il ne sente pas à quel point je suis nerveux.

Face au terrain de Quidditch, des souvenirs le frappèrent de plein fouet. Il ne se souvenait plus être venu ici depuis la mort de William. Etre là avec son fils était un moment unique, il aurait juste fallut que Harry sache qui il était.

-Ton propre terrain de Quidditch, s'émerveilla l'adolescent.

-On pourra venir faire un match si tu veux.

-Vous faites du Quidditch ? rigola l'adolescent essayant de cacher un sourire moqueur.

-Ouais. J'étais poursuiveur dans l'équipe de mon village, hasarda-t-il en grimaçant légèrement. À Poudlard pour être honnête. Et toi, tu joues à quel poste ? Demanda-t-il, feignant d'ignorer ses prouesses.

-Attrapeur.

James ne sut que répondre. Il aurait voulu le féliciter pour son poste, lui dire ce qu'il avait toujours voulu lui dire. À contre cœur, James conduisit Harry vers la maison. Le dernier étage était leur ultime étape. Tandis qu'il montait, il sentait sa nervosité augmenté de manière inimaginable. Il vit le regard surpris que lui lançait Harry mais il ne put le rassurer qu'avec un sourire crispé.

En pénétrant dans cette pièce qu'il connaissait désormais par cœur, il crut que son courage de Gryffondor allait s'envoler complètement. Le pied posé sur la marche, il jeta un regard en biais à l'adolescent qui semblait avoir oublié l'état suspect de son hôte. Il avait passé tellement d'heure ici à s'entraîner à être prêt à sauver son fils. Néanmoins, enfant, cet endroit c'était l'antre de son père. Il ne s'était jamais imaginé y mettre les pieds.

-Cet endroit est incroyable !

-Incroyable, répéta l'adulte peinant à croire que c'était endroit soit si merveilleux d'autant plus à cause du stress qu'il ressentait.

Il eut envie de retenir Harry quand celui-ci s'approcha de la bibliothèque. Il resta planté à l'autre bout de l'allée, ignorant que faire. Son fils s'approchait dangereusement et inévitablement de l'arbre généalogique, comme il l'avait prévu. Il vit sur le visage juvénile la concentration en lisant les noms inscrits sur la tapisserie. Ses yeux s'agrandir et James devina qu'il venait de lire le nom de Potter. Son cœur battait à tout rompre. Il tremblait. Il ferma les yeux, se résignant à faire face aux émeraudes colériques d'un fils abandonné. Lorsqu'il les rouvrit, il était à nouveau James Potter. Ses lunettes étaient apparues sur son nez. Exactement comme son fils, ses cheveux se bataillaient sur sa tête. Malgré cela, il les ébouriffa encore plus en passant une main où trônait une vieille cicatrice. Il inspira pour essayer de calmer. Il vit la main de son fils se poser sur l'étagère dans un mouvement brusque. Abruptement, Harry se retourna, les yeux ronds. Il se figea en rencontra les noisettes de James. Ce dernier se sentit paralysé. Incapable de dire le moindre mot, il ne pouvait détacher son regard de l'adolescent ahuri face à lui. Priant le ciel que son fils lui pardonne un jour, il attendait la colère d'un enfant abandonné.

-Papa ?

La voix était un murmure, quasi imperceptible. Ce fut comme dans un rêve, le rêve d'entendre son fils l'appeler « papa ». Instinctivement, il acquiesça d'un signe de tête. Il essaya de contenir ses tremblements et les larmes qui menaçaient de couler. Ce petit mot, il l'avait tant espéré. Convaincu que Harry allait se mettre à crier, lui reprochant de l'avoir abandonné, il fut surpris en sentant deux bras l'étreindre avec force. La présence de l'adolescent contre lui le déstabilisa. D'une manière craintive, il répondit à l'étreinte. Il retint un soupire de bonheur en sentant le corps de son fils blottit enfin contre lui. Il se mordit la lèvre afin d'éviter de se mettre lamentablement à pleurer.

Ressaisis-toi, James, tu lui dois des explications !

Quand il croisa les émeraudes qu'il avait tant aimé chez Lily, il crut fondre. Sous le coup, il fut incapable de pleurer. Le regard de Harry brillait, son visage était illuminé par un large sourire. Subjugué par l'adolescent, il ne remarqua pas Neve Nere et Glorfi. Harry posa sa tête contre son épaule. Il pouvait sentir ses mains s'agripper à son tee-shirt. Quand il entendit le murmure répétitif de Harry prononçant « papa », il ne put empêcher les premières larmes de s'écouler de ses joues. Inconsciemment, il resserra encore plus sa prise sur son fils, sur son bébé. Les perles salées coulaient. Les émeraudes plongèrent dans ses noisettes. Un sourire illuminait son visage. Incapable de relâcher son fils de peur de le perdre à nouveau, il laissa ruisseler les larmes tandis que Harry les chassait d'un geste de la main. Un rire nerveux s'échappa des lèvres souriantes face à lui.

-Tu ne partiras plus jamais, hein ?

-Plus jamais, répondit James au tac au tac. Je resterai près de toi aussi longtemps que je serais vivant. Et que tu le voudras.

Le bruit des pleurs de Glorfi les ramena à la réalité. James se retourna vers les deux voyeurs avec un sourire en coin. Ils ricanèrent en voyant l'elfe se moucher dans son tablier.

-Cessez de vous moquer, c'est de votre faute, grogna l'elfe en souriant.

James fixa le visage de son fils où le sourire lumineux des Potter et les émeraudes de Lily étaient baignés dans des larmes. Le souvenir de sa femme lui redonna du courage.

-Je te dois des explications sur ma non-présence auprès de toi, il me semble. Allons sur la terrasse discuter tranquillement… ajouta-t-il en voyant le hochement impatient de son unique fils.

-Tout en sirotant une petite limonade, renchérit Glorfi.

-C'est ça, concéda James, nerveusement.

Il se força à se détacher de l'adolescent. Ils suivirent l'elfe de maison. Le visage abasourdi de Harry dépourvu de colère le rassura légèrement. Mentalement, il se répèta l'explication qu'il avait préparée avec soin pour son fils. Ils prirent place en silence sur la terrasse. Alors qu'il allait s'asseoir, il vit Neve Nere sauter sur la table.

Pas sur la table ! gronda James plus par habitude que par conviction.

Ne fais pas comme ta grand-mère, miaula sèchement l'animal.

Pas sur la table, c'est la règle. Sur les genoux, tu peux, concéda James tandis que le félin prenait place là où il avait l'habitude.

Alors qu'il avait rassemblé tout son courage, Glorfi arriva avec des limonades et un bol de chocolat qui attira le félin sur les dalles. James croisa son regard encouragea.

Vas-y, Jamie, prouve le courage des Gryffondors !

-Le plus simple serait que je commence par le tout début. Il y a plusieurs choses que tu dois savoir Harry. Tu n'es pas l'élu de la prophétie, par exemple, expliqua-t-il en essayant de se souvenir du récit préparé avec soin avec Sirius.

L'hochement de tête encourageant le poussa à parler. Il se gratta la nuque, geste fait si souvent sous stress.

Aide-moi mon Dieu ! Je ne veux pas le perdre à nouveau, pria-t-il silencieusement.

-Tout a commencé en l'an 1000…