Ca'ssandre: Merci pour ta review. Je suis contente d'avoir pu t'aider. Si tu as encore la moindre question, je suis là. C'est un plaisir pour moi de répondre aux reviews! Ce site est un échange entre écrivain amateur et lecteur donc toute review mérite réponse. Bonne semaine et bonne lecture! Bisous.

Nanouche: Merci pour ta review. Je crois que l'arrivée de Sirius a été appréciée par plusieurs! Bonne lecture!


Et si tout était différent

Chapitre 69

Un elfe heureux

Un sifflement heureux résonnait avec allégresse dans la cuisine aux couleurs pâles. Des livres de recette couvraient le bar américain. Du bout des doigts, l'elfe de maison tournaient les pages, cherchant le plat qui ferait un plaisir intense à son jeune maître. Ses énormes yeux pétillaient d'une lueur qui avait connu une renaissance le jour précédent. Glorfi se souvenait comme si c'était hier de ce soir fatidique. Il était parti se promener, profitant de la soirée de congé que lui offrait son maître qu'il refusait de reprendre désormais. Jamais, il n'avait ne serait-ce qu'imaginer ce qui allait se produire.

Il déposa sa mousse au chocolat au frigo, puis ouvrit avec délicatesse son endroit secret. La plupart des elfes de maison entreposait objets et souvenirs dans un lieu caché de la cuisine, là où les maîtres n'entraient jamais. Poste unique qu'était celui au sein de la famille Potter, Glorfi n'avait pas droit à une minuscule cachette mais à une petite chambre aménagée spécialement pour l'elfe de maison, sous le toit. Cependant, Glorfi avait toujours refusé d'y habiter, à l'inverse de Jacquou, son prédécesseur. Le regard plongé dans ses souvenirs, il songea à la chance qu'il avait eue lorsqu'il était entré au service de William Potter.

-Les Potter sont plus que des maîtres, ils deviendront ta famille dans le sens utilisé par les humains, lui avait dit Jacquou lors de son arrivée au manoir, il y a bientôt 40 ans.

Glorfi n'avait pas osé y croire, comme beaucoup d'elfe de maison aurait réagit. Ses premières années de service, tout jeune elfe, avait été auprès d'un vieux sorcier sale et vulgaire. Les seules cicatrices sur son corps dataient de cette triste époque. Quand cet être ignoble était parti rejoindre les flammes de l'enfer, un ange était venu sauver Glorfi de la misère. Il craignait de ce qui allait lui arriver, n'ayant plus de famille à servir. Mais la lumière l'avait enfin éclairé quand William Potter était venu lui proposer de travailler pour lui.

-Bien sûr, tu recevras une rémunération et tu auras droit à un jour de congé par semaine, avait ajouté William qui avait pris le silence de l'elfe comme de l'hésitation au lieu du soulagement que Glorfi avait ressentit.

Au milieu de sa cuisine, Glorfi éclata de rire à ce souvenir. Il se voyait encore tremblant face à un des plus grands sorciers et retenant un fou rire de sortir à la fausse promesse. Un sorcier allait-il vraiment payer un elfe ? L'elfe avait vécu assez d'années, même si elles restaient modestes, auprès d'un maître pour savoir que jamais une créature telle que lui pouvait espérer être considéré comme un égal. Pourtant le contraire lui avait été prouvé. Et il en était heureux.

Quand il avait accepté de devenir le nouvel elfe de maison de la famille Potter, il ignorait ce qu'il allait découvrir et surtout qu'il puisse découvrir cela un jour en étant elfe.

L'amour ! Le respect ! La solidarité…

Il lui était impossible de comprendre comment des êtres si méchants, si sadiques pouvaient exister quand on connaissait sa famille. Quand Jacquou les avait quittés, il avait comme perdu un père. Mais Glorfi avait tout fait pour être à la hauteur des Potter, craignant malgré les cinq années déjà à leur service, un renvoi. Quand William avait ramené Lisa. Il avait douté. Il avait presque osé la détester. Les sorciers ne pouvaient être tous comme les trois sorciers qu'il aimait tant.

-Je n'ai pas trop l'habitude des elfes de maison, Glorfi, alors j'ignore comment agir vraiment avec toi. Chez moi, on fait nous-mêmes les tâches ménagères. Ma nonna (ndlr : grand-maman en italien) n'aurait jamais accepté de partager sa cuisine, avait commencé Lisa déstabilisant un elfe qui aurait volontiers refusé de lui parler si son statut ne lui ordonnait pas le respect. Alors voilà je t'amène une recette de mousse au chocolat, recette très ancienne, aussi vieille que Gryffondor lui-même, avait-elle ajouté en rigolant. On pourrait la faire ensemble ?

Depuis ce jour, il gardait précieusement cette recette qu'il avait, avec nostalgie, apprit à James, enfant. C'était devenu sa recette fétiche. Lisa lui avait prouvé que les Potter n'étaient pas des exceptions, que l'amour brillait en chacun. Les particuliers étaient, au contraire, les sorciers vils qui passaient leur mal être, leur manque de confiance en eux-mêmes sur une créature plus faible.

-C'est ce qu'ils font même entre eux, pensa-t-il en observant les trois sorciers sur la terrasse.

C'était à cause de ces êtres diaboliques que sa famille avait été dissoute et avait souffert. Son regard globuleux se baissa sur les deux photos protégées dans le cadre argenté. Sur la première, James, bébé entouré de ses parents, puis sur la seconde, il était lui-même le chef et le père de famille. Le regard de Glorfi se posa sur le regard émeraude de Lily. Tout comme Harry en arrivant, elle avait refusé de le laisser faire toutes ses tâches prétextant pouvoir les faire elle-même. Glorfi avait espéré que sa famille ne serait plus séparée. Il revoyait enfin l'éclat de bonheur, éteint depuis le départ de William, dans les noisettes de James. Il avait eu envie d'insulter Ravenna, de la frapper, d'aller blesser les responsables de la tristesse de son maître durant toutes ces années. Son chagrin de perdre sa maîtresse et son petit maître était effacé par la peine de James. Le respect et l'amour qu'il portait à son maître qu'il avait vu grandir était trop grand pour qu'il puisse penser à sa propre douleur.

Après le retour en Angleterre, les retrouvailles avec Sirius et Remus qui lui avaient tant manqué et l'arrivée de Harry, James souriait à nouveau. Il avait retrouvé l'éclat typiquement Potter dans le sourire de son maître. Il aurait donné sa vie pour ça. Il sourit en entendant Harry éclater de rire, de ce rire qui ressemblait tant à celui de son père au même âge. Le visage étincelant de Sirius rajeunissait Glorfi. Faussement désespéré, James leva les yeux au ciel.

-Ces deux là malgré toutes ces années n'ont pas changé et si ce petit n'avait pas les yeux de Miss Lily, Glorfi pourrait croire avoir affaire à son maître au même âge, murmura Glorfi, heureux.

Il quitta la cuisine, un plateau avec des limonades bien fraîches posées dessus.

-Tu sais, Siri, tu n'as pas besoin de raconter tous les râteaux que je me suis pris de Lily à Harry. Ça ne l'intéresse sûrement pas.

-Tu ne l'as pas entendu rire, on dirait, se moqua Sirius.

Harry fit un sourire d'excuse à son père. Un petit sourire en coin apparut sur le visage de James qui détourna à contre cœur son regard de la joie visible sur Harry.

-Tu peux les raconter.

-Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? soupçonna Sirius.

-Je me suis marié à Lily. Et, en plus, mes râteaux c'était parce que j'écoutais naïvement tes conseils, Super Sirius le Séducteur !

-Alors pourquoi avec moi, ils fonctionnaient ? rétorqua-t-il.

-Pourtant, c'était la catastrophe, mon rendez-vous avec Cho, coupa Harry.

-Saleté de Potter, grogna-t-il en reconnaissant le sourire victorieux de James qui avait su deviner comment se faire un allié. Sapevi che avrebbe reagito così ? grinça-t-il en direction de son meilleur ami. (Tu savais qu'il allait réagir ainsi ?

-Supposition.

-Ce n'est pas ma faute si vous êtes nul. Tu n'avais qu'à pas prendre les gènes « séducteurs » de ton père, t'es sûr que t'en as, d'ailleurs ?

-Hilarant Sirius.

-Je sais ! Bref, je disais, fallait prendre les gènes « séducteurs » de ton parrain, expliqua Sirius à Harry.

-Sauf que tu es mon parrain, je ne pouvais donc pas hériter de tes talents de séducteur à toi.

-Pas de chance !

-Tu as aussi donné tes conseils à Remus ?

-Non, pourquoi ?

-Tu aurais pu. Il aurait peut-être été parler plus rapidement à Tonks.

Ne laissant pas le temps à Sirius de rétorquer quelque chose, Glorfi posa les limonades sur la table avec son grand sourire. Il repartit illico vers sa cuisine commencer son souper.

-La mousse au chocolat est au frigo Maître Sirius. Mais il est préférable d'attendre encore un petit moment pour qu'elle ait bien la texture mousseuse.

-J'attendrais, tant que les deux Potter ne me la mange pas.

Glorfi sourit en retournant dans sa cuisine.

-Tu vas devenir obèse Siri avec la quantité de mousse que tu manges !

-Ça fait une semaine au moins que je n'en ai pas mangé. En plus, elle est tellement légère.

-Dans la bouche peut-être mais sinon niveau calorie, il n'y a rien de pire.

-J'irai faire du sport !

James éclata de rire provoquant la même réaction chez son fils.

-Toi ? Faire du sport ?

-Pourquoi pas ? s'offusqua faussement Sirius. Je viendrais avec toi quand tu t'entraînes.

-D'accord, accepta James avec sérieux soudain malgré un tic au niveau de la mâchoire témoignant de la retenu de son envie de rire. 5h30 demain matin ?

-C'est lundi demain... Je préfère devenir obèse en fait, déclara-t-il.

-Tu t'entraînes à 5h30 ? coupa Harry surpris.

-Ouais. Tous les matins.

-Ton père est un peu fou ! Oh non, je déteste quand il me regarde comme ça.

Harry et James suivirent son regard et virent arriver sur la terrasse un Remus qui fixait Sirius d'un œil noir. Arrivant à leur hauteur, il se tourna vers Harry, un large sourire aux lèvres. Mais l'adolescent déchiffrait encore dans son regard ambre une lueur de colère.

-Ça va Harry ? Bien installé ?

-Tout bien.

-C'était franchement pas trop tôt que tu lui dises enfin la vérité, ajouta-t-il en se tournant vers James. Et toi ! reprit-il sans laisser le temps à son meilleur ami de répondre mais en se tournant vers Sirius. Tu ne regardes jamais l'heure ? Molly t'a déjà appelé quinze fois, au moins. Les jumeaux sont venus toquer à ta porte, je ne sais combien de fois. Ils vont comprendre que tu sors en douce si ta porte est fermée et que tu ne réponds pas !

-Je te suis Mumus. Ne t'énerve pas. Je ferai attention la prochaine fois, promis.

-Ne promet pas des choses que tu ne pourras pas tenir, grogna Remus. Bonne soirée vous deux. Si tu as le temps, Harry, écris à Ron. Mais fais attention à ce que tu écris, Dumbledore va sûrement demander à lire ta lettre.

-D'accord. Je vais faire ça ce soir, afin qu'il ne croit pas que je suis séquestré, torturé et que je n'ai pas le droit de lui écrire.

-Ne mangez pas toute la mousse ! ordonna Sirius.

-Il t'en restera. À ce soir, promit James.

-Bye.

À peine les deux autres maraudeurs eurent-ils quitté le domaine qu'un silence pesant s'installa. Ni Harry, ni James ne savaient quoi dire. L'adulte essayait de se souvenir de ce qu'il faisait lui-même à l'âge de Harry. Quant à ce dernier, il songeait au fait qu'il ne connaissait pas grand-chose de son père et qu'il pouvait enfin poser toutes les questions qu'il voulait.

-J'ai entendu dire que tu étais le plus jeune joueur de Quidditch depuis un siècle, félicitations, entama James, mal à l'aise.

-Merci. Il paraît que je l'ai dans le sang, répliqua Harry retournant le compliment.

-Peut-être mais moi, je ne suis entré dans l'équipe qu'en deuxième année.

-En tant que poursuiveur ?

-Ouais. Sur ce point aussi, je n'ai pas menti hier soir.

-J'ai toujours cru que tu avais été attrapeur, avoua Harry.

-Attrapeur ? Pourquoi ? s'étonna son père.

-Je l'ignore. Peut-être que j'espérais qu'on avait ça en commun.

-Ton grand-père a été attrapeur à Poudlard. Tu as déjà été voir un match professionnel ?

-J'ai été voir la finale de la dernière coupe du monde.

-La fameuse, rigola James aux souvenirs des évènements sombres qui avaient assombris la fête.

-Ouais. Pourquoi cette question ?

-Je me disais que l'on pourrait aller en voir un pendant ces vacances.

-Ça ne serait pas étrange que Tellerino et Harry Potter aillent voir des matchs ensemble ?

-Tu n'as jamais rêvé d'être physiquement différent ? rétorqua James avec un petit sourire. Mais il est vrai que je n'irai pas en Angleterre le voir, ça serait trop dangereux. Mais les équipes italiennes ne sont pas trop mauvaises.

-C'est pour la beauté du jeu, l'ambiance. Je me fiche un peu des équipes, avoua Harry, impatient.

-Alors je regarderai pour les billets.

-Sirius revient ce soir ?

-Je pense qu'il passe les trois quarts de son temps ici. Il fait acte de présence afin d'éviter les ennuis du côté de l'Ordre mais il est plus souvent ici, d'autant plus depuis que Remus et Tonks sont ensemble.

-Mais tu travailles pendant la journée, fit remarquer Harry.

-Il préfère juste être ici plutôt qu'être dans la maison où il a grandi.

-Je serais là maintenant ! J'aurais le droit de dire la vérité à Ron et Hermione ?

-La vérité ?

-Que tu es vivant.

-Ouais, bien sûr. Remus va sûrement le dire à Tonks, également. Je ne voulais juste pas ça se sache avant que toi, Sirius et Remus ne soyez au courant. Tant qu'ils ne courent pas le répéter à Dumbledore, il n'y a aucun soucis pour moi.

-Il est préférable alors que je ne le leur dise pas par lettre ?

-Non. Mais tu peux les inviter ici. Tant qu'ils ne viennent pas avec quelqu'un comme Maugrey ou un autre membre de l'Ordre proche de Dumbledore, aucun souci pour moi, répéta James.

-Je vais aller chercher de quoi écrire alors. Si je ne le fais pas, ils vont s'étonner.

-Fais-le.

James suivit don fils du regard. Harry monta les escaliers jusqu'à sa chambre. Il fouilla dans sa valise pour trouver de quoi écrire. Il peinait encore à croire qu'il était avec son père. En descendant, il rêvassait. Son rêve était devenu réalité... Il retrouva son père, perdu dans ses pensées sur la terrasse. Ils se sourirent et Harry commença à écrire sa lettre. James observa l'adolescent à ses côtés. Penché sur sa feuille, il lui ressemblait bien plus qu'il ne l'avait remarqué. Il esquissa un sourire en voyant la manière que Harry avait de tenir sa plume. La seule personne qui écrivait ainsi était James. Néanmoins, son écriture était teintée de l'élégance de Lily.

Plongé dans ses pensées, Harry ne remarqua pas l'observation que son père faisait. Il ne sentait pas le regard qui imprimait chacun de ses mouvements. Ses mains voulaient écrire : « mon père est vivant !», « Tellerino est mon papa !», « Je sais tout ! »… Mais il devait se contenir. À contre cœur, il écrivit en songeant à chaque mot utilisé.

« Salut Ron,

J'espère que tu es bien arrivé chez toi. Pour ma part, je m'attendais à pire ! Je ne suis pas devenu un spaghetti géant et je ne me suis pas retrouvé dans un appartement miteux ! La maison de Tellerino est agréable pour passer deux mois de vacances il a même une piscine ! Je suis à des heures de la civilisation vu que le village le plus proche est un petit hameau au nord de Londres. J'ai ma propre chambre, je peux faire ce que je veux (excepté quitter l'enceinte de la maison qui est protégée, évidemment !). Je suis libre ! Quant à Tellerino, c'est étrange de vivre avec lui. On ne se connaît pas. Hier soir, on a longuement parlé du métier d'auror. C'était cool ! Aujourd'hui, on ne s'est pas trop vu, excepté quand il m'a fait visiter les alentours. À part qu'il aime le Quidditch (mais les équipes italiennes …) et qu'il était poursuiveur, je ne sais rien de lui !

J'ai demandé l'autorisation pour que tu puisses venir à la maison (interdiction de sortie pour ma sécurité !) et il a dit oui. Dis-moi quand ça t'arrange et quand tu aimerais venir.

Salutations à toute ta famille !

Harry »

Quand il releva la tête, il croisa le regard de son père. Il sourit, réalisant alors l'observation dont il avait été l'objet. Il partit donner sa lettre à Hedwige. Sur le chemin du retour, il passa par la cuisine proposant gentiment d'aider l'elfe de maison qui allait servir le souper.

-Il n'en est pas question Maître Harry. Glorfi vous apporte votre repas.

-Mais je peux t'aider.

-S'il vous plaît, Maître Harry. C'est le travail de Glorfi et Glorfi aime faire ça.

-Tu n'aimes pas recevoir de l'aide ? s'étonna l'adolescent.

-La seule chose qu'un elfe demande c'est de la reconnaissance. Glorfi aime ce qu'il fait, il aime voir le sourire heureux de ses maîtres.

-Alors merci, murmura Harry en souriant.

L'elfe le suivit du regard. En tant qu'elfe de maison, rien n'était plus beau que la reconnaissance qu'il recevait de ses maîtres. Le sourire échangé entre ses deux maîtres lui fit chaud au cœur. Le même air heureux était peint sur le visage que celui qu'il avait lors du premier regard posé sur son bébé. Glorfi peinait à croire que le visage lumineux du jeune homme sur la terrasse était celui de son jeune maître. En voyant l'ancien enfant qu'il avait vu grandir et celui qu'il aurait tant voulu voir grandir, il réalisa les années passées. Il n'était plus le jeune elfe au service des Potter. Il travaillait pour eux depuis plus de 40 ans. Rien ne pouvait le rendre plus heureux que l'échange visuel entre le père et le fils.