Ca'ssandre: Merci pour ta review! En espérant que le suite te plaise, bonne lecture et bonne semaine!
Et si tout était différent
Chapitre 70
Un Sirius sérieux
Harry se laissa tomber sur le moelleux matelas. Ses émeraudes se posèrent sur le lustre qui dominait sa chambre. Un sourire aux lèvres, il revoyait les instants de cette journée. En se levant, ce jour là, il s'était attendu à tout sauf à ce qu'il avait découvert. Il sentait encore son cœur battre la chamade. Depuis sa plus tendre enfance, il espérait que sa vie n'était qu'un cauchemar et qu'il allait se réveiller et retrouver ses parents. Cette journée avait été riche en surprises. Connaître toute cette histoire, c'était connaître son passé. Il éclata de rire, seul dans sa chambre. Il avait passé la journée avec son père. Il songea à toutes ces années passées, seul alors que son père était encore en vie. Il sourit en pensant au match que James avait promis qu'ils iraient voir. Il y a quarante-huit heures, il était convaincu de passer les vacances les plus ennuyeuses de sa vie mais il découvrait qu'il allait se retrouver au cœur de la vie des maraudeurs. C'est avec un grand sourire aux lèvres, réalisant à peine le tournant que sa vie prenait, qu'il s'endormit.
De l'autre côté du couloir, James sortit de la salle de bain, heureux. Le moment qu'il redoutait depuis si longtemps était passé et semblait plutôt s'être bien passé. Harry avait accepté ses explications sans l'insulter. Après avoir retrouvé ses meilleurs amis, il allait enfin pouvoir apprendre à connaître son fils. Il enfila rapidement un vieux tee-shirt blanc avant de s'asseoir sur son lit. Il lança un large sourire à son meilleur ami qui continua à lire son magasine.
-Harry a plutôt bien pris la nouvelle, non ?
-Tu croyais vraiment qu'il allait réagir autrement ? s'étonna Sirius. Je me réjouis surtout de voir sa tête quand il apprendra que son père et son parrain dorment les trois quarts du temps ensemble afin d'éviter de faire des cauchemars. Ça va être drôle. Sérieusement, les choses ne pouvaient pas mieux se passer, non ? Harry ne t'a pas insulté, n'a pas demandé à être sous la protection d'un autre auror durant cet été.
-Bien sûr qu'elles ne pouvaient pas mieux se passer. Je te rappelle que j'étais convaincu qu'il ne pourrait jamais me pardonner mon absence. J'ai rêvé de ce moment tellement de fois !
-Je sais. Le ministère va voir moins souvent son chef des aurors, n'est-ce pas ?
-Je vais profiter de mon fils. D'ailleurs demain je vais faire quelque chose que je n'ai pas refait depuis mon « départ » en Italie.
-Et c'est… ?
-Je vais rentrer pour le déjeuner.
Sirius éclata de rire.
-C'est tout ?
-Je ne suis jamais rentré à midi. Je n'avais pas de famille à retrouver mais cet été je veux profiter de tous les instants que je pourrai passer avec Harry.
-Vous avez des années à rattraper, répliqua Sirius. Bonne nuit !
-Bonne nuit, à demain.
La lumière s'éteignit. Le manoir Potter s'endormit.
Le lendemain, les rayons du soleil caressèrent le visage de Harry. La luminosité le réveilla. Dans un grognement, il ouvrit les yeux. Redécouvrir cette chambre princière le fit sourire. De bonne humeur, il se leva et descendit prendre son petit déjeuner. Comme il s'y attendait, il ne croisa pas son père qui devait certainement être déjà parti travailler. À peine eut-il posé un pied dans la cuisine que Glorfi se mettait déjà la préparation de son déjeuner.
-Bonjour, Maître Harry. Bien dormi ?
-Très bien ! Mon père est déjà parti, je suppose ? demanda-t-il en essayant de masquer un sourire en prononçant ce mot qu'il avait rêvé de dire, enfant.
-Oui.
Harry accepta avec joie le bol de céréale que lui apporta l'elfe. Il voyait la petite créature d'une toute autre nature que le matin précédent. La maison lui était différente. Il peinait à croire qu'il avait vécu ici. Il voulait tout connaître. La prophétie n'était plus son destin, il voulait profiter. Il observa l'elfe en souriant.
Je me demande ce qu'il nettoie ! Ça brille de partout ! songea l'adolescent.
Il quitta la pièce. Il fut surpris de découvrir des photos qu'il n'avait pas remarqué le jour précédent. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand il reconnut ses parents lors de leur mariage. Ses émeraudes restèrent posées sur ces souvenirs posés sur la cheminée.
-C'est vieux toutes ces photos.
Harry sursauta. Dans un mouvement brusque, il se retourna, surpris.
-Sirius ? Que fais-tu là ?
-Je suis venu te voir, quelle question !
-Tu ne crois pas que l'Ordre va remarquer ton absence ?
-Au jour d'aujourd'hui, ça m'est égal. Je ne suis jamais au Square Grimmaurd. Je déteste cet endroit. C'est ici ma maison, depuis toujours.
L'adolescent fronça légèrement les sourcils et vint s'asseoir aux côtés de son parrain sur le canapé.
-Je suis désolé de ne t'avoir rien dit mais…
-… C'était à mon père de le faire, termina Harry. Je comprends.
-Tu comprends aussi que c'était pour pouvoir te protéger qu'il a accepté d'être loin de toi.
-Ouais. Il m'a expliqué.
-Entre nous, ce n'est pas que toi qu'il essayait de convaincre de ne pas lui en vouloir, avoua Sirius.
-Comment ça ?
-Harry, James a préparé son discours pendant une semaine avec moi et le connaissant, il le préparait depuis quinze ans, seul. Ce n'est pas toi qu'il essayait de convaincre de lui pardonner.
-Alors c'est qui ? s'étonna Harry fixant d'un air interrogateur son parrain.
-C'est lui. Il a dû se répéter des millions de fois, et doit continuer à le faire, que le serment fait avec Ravenna était pour te protéger et non pas pour t'abandonner.
-Tu as passé douze ans en prison, fit remarquer l'adolescent. Tu pourrais lui en vouloir. Azkaban, ce n'est pas comparable à ma vie chez les Dursley.
-Parfois, il est préférable de passer douze années en prison pour comprendre la chance qu'on avait avant. C'est souvent lorsque tout s'effondre qu'on réalise la chance qu'on avait. Quand je me suis évadé, j'ai souvent songé à revenir ici. Je n'aurais eu aucune difficulté à passer les protections de la maison.
-Pourquoi ne pas l'avoir fait ?
-Parce que j'avais la trouille. Et il semblerait que le destin ne voulait pas qu'on se retrouve, James et moi, du moins pas tout de suite.
-De quoi tu avais peur ?
-Le 12 Square Grimmaurd sont les pires années de ma vie. Azkaban c'était… c'était juste l'accent sur les souvenirs de mon enfance, expliqua-t-il en se levant vers les photos. Azkaban, ou Rome dans le cas de James, c'était oublier les meilleurs moments de ma vie. J'avais peur de retrouver cet endroit vide, vide de mes souvenirs. La joie, l'espoir, tous ses sentiments positifs ne disparaissent jamais. Ils peuvent être oublié mais l'homme ne peut pas les détruire, expliqua Sirius en souriant devant la photo des trois maraudeurs. Azkaban c'était comme une bougie dans le noir… murmura-t-il.
-Une bougie ? Je ne te suis pas, Sirius.
-Quand tu allumes une bougie et que tu la mets dans une pièce sombre, elle éclaire toujours, ne serait-ce qu'un minimum. Pour qu'elle cesse de luire, elle doit s'éteindre, elle doit mourir. Les bons souvenirs sont un peu comme cette bougie, ajouta-t-il. Ils continuent à te faire sourire, à te rendre heureux même dans les ténèbres les plus profonds d'Azkaban. Les souvenirs luisent en nous. Durant toutes ces années, je m'accrochais à cette petite lumière en moi. Laisser la lumière s'éteindre c'est se laisser mourir, c'est se suicider.
Sirius jeta un coup d'œil vers son filleul qui le regardait les yeux ronds, comme s'il le rencontrait pour la première fois.
-Quoi ? Je sais que je suis celui qui fait toujours le clown mais je peux être très sérieux.
-C'est ce que je vois, concéda Harry.
-Dans le cas de ton père, continua Sirius en reprenant place à côté de son filleul qui l'écoutait avec attention. Rome c'était sa prison, son Azkaban. À la différence que James ne s'accrochait pas à ses souvenirs qui, à l'inverse de mon cas, le faisaient culpabiliser encore plus mais à l'espoir de te retrouver. C'est l'espoir qui a fait sa force.
-Tu essaies aussi de me convaincre que je ne dois pas lui en vouloir ?
-Il a prouvé lui-même la semaine dernière que son absence a été bénéfique vu ce qu'il nous a fait au ministère. Il me sauve la mise deux fois et il te sauve la vie.
-C'est vrai, concéda Harry. Mais, étonnement, je ne lui en veux pas. J'attendais un tel miracle depuis toujours.
-Les miracles existent. J'ai bien réussi à pardonner à mes parents.
-Comment ?
-Tout simplement parce qu'il s'agit de mes parents et qu'ils n'étaient que des êtres humains. Je ne peux que leur pardonner leurs actes. Qui suis-je pour les juger ? Qui suis-je pour pouvoir dire que James aurait dû faire les choses autrement ? Personne. Lui-même est incapable de se voir de manière objective.
-Je ne me suis pas posé toutes ces questions. Je suis juste heureux de pouvoir vivre ces deux mois avec lui. Je n'ai pas vraiment réfléchi à la question de pardon. C'est mon père. On ne se connaît pas, c'est normal que je laisse une chance à ce que j'ai toujours voulu, avoir simplement un père. Les tiens, de parents, étaient…
-Des abrutis, ouais.
-Pourquoi tu leur as pardonné ? Ils sont venus s'excuser ?
Sirius éclata de rire.
-Tu ne verras jamais un Black s'excuser, moi excepté, cas à part de la famille. Un Black ne s'excuse jamais, il a toujours raison vu que c'est un être supérieur. À la fin de ma sixième année, je ne suis pas rentré, je suis directement venu ici. Leur égo en a pris un coup, j'imagine. Ils m'ont écrit pour me dire que je devais revenir avant la prochaine rentrée si je ne voulais pas être renié et que je devais suivre la bonne éducation que j'avais eu. Dans la manière dont ils l'avaient écrit, ça sous-entendait accepter de travailler pour Voldemort. J'ai décidé de leur pardonner.
-Ils t'ont menacé de te renier si tu ne refusais de lécher les bottes de Voldemort et tu leur as pardonner ? s'étonna Harry.
-Ouais. Ce n'était pas moi qui étais à plaindre mais eux. Moi j'étais libre de penser ce que je voulais, eux pas. Ils s'interdisaient d'être heureux pensant l'être. Quand j'ai reçu cette lettre, j'étais super mal parce qu'en tant qu'enfant tu espères toujours que tes parents vont se réveiller de leur folie. Je me vois encore discuter sur ce canapé avec ton père et ton grand-père, expliqua l'adulte provoquant un sourire chez Harry qui tentait de les imaginer. Au fur et à mesure de la conversation, j'ai décidé que j'allais leur pardonner ce qu'ils m'avaient fait. Je ne l'ai pas fait du jour au lendemain. Un peu de la même manière que toi et James n'allez pas avoir la même relation que James et William tout de suite.
-Ils ne t'ont pas renié, non ?
-Non. Quelques jours après que je leur ai accordé mon pardon, je leur ai écrit pour leur dire que je leur pardonnais leur attitude froide et austère. Le lendemain, le ministère m'envoyait une missive pour me dire que j'étais orphelin.
-Je ne l'ai jamais su, je suis désolé Sirius.
-C'est la vie. Les gens partent un jour où l'autre. Leur départ fait plus ou moins mal aussi. Je me suis juste sentie libre. J'avais fait la seule chose que je pouvais faire vis-à-vis d'eux, leur pardonner. J'ignore s'ils ont lu ma lettre. Les parents restent les parents.
-Mon père sait que tu es venu savoir ce que je pensais de la situation ?
-Ce n'est pas lui qui m'envoie, si c'est que tu veux savoir ! Il l'ignore. Tant que vous passez du temps ensemble, il sera content, que vous rattrapiez le temps perdu. C'est moi qui voulais savoir ce que tu pensais de la situation et je tenais à te dire que malgré tout ce tu peux penser, il reste ton père, il t'aime et n'a pas cessé de penser à toi durant toutes ces années.
-Je sais. Et j'ai attendu ça trop longtemps pour rester planté sur le fait qu'il m'a abandonné, par obligation. Je vais laisser la petite bougie allumée en moi plutôt que laisser les mauvais souvenirs où j'étais orphelin l'éteindre.
Un bruit de porte ne laissa pas Sirius répondre. Tous deux se retournèrent et furent surpris de voir James entrer dans le salon. Ce dernier s'arrêta, surpris.
-Siri que fais-tu là ?
-Et bien depuis plus d'une année, je passe mes journées ici et vu que mon filleul est là également, on ne va pas rester enfermé chacun dans nos chambres. Mais toi, pourquoi es-tu déjà là ?
-Déjà ? Il est midi et quart ! C'est plutôt qu'est-ce que tu fais encore là ?
-Oups, grimaça Sirius. Molly doit m'attendre. À ce soir.
-Bye, sourit Harry.
James sourit en voyant son meilleur ami dédaller à toute vitesse.
-Bonne matinée ? lança l'adolescent.
-Ouais. Ça a été, répondit évasivement l'adulte pris au dépourvu. Et toi ?
-Intéressant, avoua Harry de manière énigmatique en suivant son père vers la terrasse.
-Intéressant ? Tu as passé une matinée intéressante avec Sirius ? Qu'est-ce qu'il t'a raconté ? demanda suspicieusement James en se tournant vers son fils.
-Rien de spécial, répondit-il dans un haussement d'épaule.
-Je connais Sirius mieux que lui-même, pour que tu utilises l'adjectif « intéressant », c'est qu'il a dit quelque chose de particulier.
-Lui aussi est convaincu de mieux te connaître que toi-même.
-Justement, c'est pour ça que je me méfie de lui.
-Tu as des choses à cacher ? se moqua-t-il en prenant place.
-Rien. Mais Sirius est capable de te sortir les moments les plus humiliants de ma vie, moments que j'aurais tenté d'oublier.
-Non, il ne m'a rien raconté dans ce genre-là.
Glorfi apportait le repas à ce moment-là, coupant la conversation. Harry se sentit soulagé. Il ne tenait pas à raconter à son père que son parrain était venu savoir ce qu'il pensait de la situation. Entendre Sirius parler si sérieusement lui avait déjà semblé si étrange qu'il se sentait stupide en imaginant raconter le sérieux de son parrain.
-Des infos sur Voldemort ?
-Pas grand-chose, avoua James. Excepté Kingsley et moi, tous les autres aurors ont reprit les choses depuis le début alors que nous, nous le recherchons depuis des mois. Maugrey ne me transmettra pas les informations de Dumbledore. Quant à Tonks, il me fallait quelqu'un chargé de retrouver Sirius alors elle a accepté de rechercher le gardien du secret, Peter.
-Tonks essaie de retrouver Peter ? C'est super, comme ça Sirius pourra être innocenté !
-En effet.
-Dis papa, commença l'adolescent surprenant James en utilisant ce petit mot tant espéré, je me disais que pour éviter que je me retrouve incapable de me défendre comme la semaine dernière en cas d'attaque, tu pourrais m'apprendre à combattre.
-Pourquoi pas, oui. Mais je pencherai plus pour un apprentissage de sort de défense et non pas d'attaque.
-Pourquoi ? s'étonna Harry.
-Parce que tu es un Gryffondor et que si tu sais attaquer, tu voudras participer aux combats. Alors que moi, je préfère que tu saches de te défendre et que si tu te fais attaquer tu puisses te défendre et te mettre en sécurité.
-Sauf que moi je veux aussi pouvoir participer et t'aider.
-Harry, ne le prend pas mal, mais t'avoir à mes côtés lors d'une bataille ne va pas m'aider. Je serai sans cesse en train de te surveiller.
-Tu as aussi dit ça à Sirius et Remus ?
-Ouais. Mais eux n'ont pas vraiment le choix de venir. Si l'Ordre intervient, Remus doit y aller. Quant à Sirius, il est trop impulsif pour ne pas venir. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, c'est tout.
-Il faudrait au moins que je sache me téléporter comme tu le fais. Ça serait utile que je sache ça. D'ailleurs, pourquoi ne pas l'avoir appris à Remus et Sirius ?
-Ils savent le faire. Mais ils ont plus l'habitude de transplaner. Sirius utilise de plus en plus souvent la nouvelle méthode.
-C'est quoi la différence entre transplaner et se téléporter ?
-La téléportation est de la vieille magie. Elle était surtout utilisé jusqu'à la fin du XVème siècle. Certaines légendes rapportent que c'est Merlin qui aurait été le premier à se téléporter. Au XVème, le tranplanage commença à être utilisé. On ignore qui l'a inventé. Rien n'était écrit sur la magie par un sorcier à cause des persécutions de cette époque. Toujours est-il que la téléportation a été oubliée au profit de cette nouvelle technique. Le transplanage reste plus dangereux et est donc plus facile à contrôler par le ministère, étant donné les risques de désartibulation. Vu que presque plus personne ne connaît ce système de déplacement, les protections empêchent juste le transplanage.
-C'est pour ça que tu pouvais te téléporter à Poudlard, termina Harry. Tu m'apprendras ?
-Bien sûr si tu me promets que tu ne mettras pas ta vie en danger et que tu feras attention à toi.
-Promis, papa. Je ferai attention à moi. Toute façon durant ces vacances, je reste à la maison. Glorfi et Neve Nere me surveillent.
-Sirius aussi.
-Maître James, interrompit doucement et timidement Glorfi.
-Oui ?
-Il est 13h passées. Je ne voudrais pas vous stresser mais je me souviens que Maître William quittait toujours la maison à 13h et… se justifia l'elfe.
-… Et tu as très bien fait de m'avertir. Merci Glorfi. Faut que j'y aille. À ce soir. Bon après-midi.
-Toi aussi.
