Et si tout était différent
Chapitre 82
Cadeaux
-Bonjour Glorfi, salua Harry.
L'adolescent sortit de la demeure pour prendre son petit déjeuner sous les premiers rayons du soleil. Il sourit à l'elfe qui lui apporta son repas. Sa chevelure était, si c'était possible, encore plus emmêlée que d'habitude. En vieux training de son cousin et large t-shirt, il émergeait avec difficulté des limbes du sommeil. Il regarda avec étonnement le déjeuner de roi que lui avait préparé Glorfi. En effet, des œufs, du bacon, des croissants et autres mets salivants trônaient sur la table.
-Heu, Glorfi, pourquoi un tel déjeuner ?
-Maître James ne va pas rentrer à midi, alors Glorfi a pensé que maître Harry voudrait prendre un grand déjeuner, qui compterait aussi pour le dîner, expliqua l'elfe. Mais Glorfi est aux ordres de maître Harry si vous désirez autre chose.
-C'est tout bon comme ça. Pourquoi mon père ne rentre-t-il pas dîner ? s'étonna l'adolescent en entamant son somptueux repas.
-Le travail, répondit Glorfi de manière évasive.
-C'est bizarre, je m'étais habitué à cette routine de vie en à peine deux semaines. J'espère que maintenant qu'il n'est plus chef des aurors, on ne lui demandera pas de faire des missions qui le feraient rentrer tard ou travailler le week-end.
-Je ne pense pas, maître Harry. Il est chargé de votre sécurité, le ministre préfère sûrement qu'il puisse être ici pour mieux veiller à votre sécurité.
-Je l'espère. Ces croissants sont vraiment délicieux. Je vais devenir énorme à la fin de l'été. Je n'ai jamais autant mangé de ma vie. Tout ce que tu prépares est trop bon.
-Merci maître Harry, remercia l'elfe de maison.
Glorfi s'éclipsa à la cuisine où il était sûr d'éviter toute question de l'adolescent sur l'absence de son père à midi. Il entendait encore la voix de James dans sa tête qui lui expliquait la situation. Mais il ignorait comment ne pas répondre à Harry la raison exacte de la non-présence de James sans désobéir à ce dernier. Toute la journée, il esquiva l'adolescent afin d'éviter de ne pas répondre avec exactitude à une quelconque question. Il savait que James voulait lui faire une surprise mais il restait dur pour un elfe de maison de ne pas répondre à son maître.
-Papa ?
La voix surprise de Harry calma ses états d'âme. James était de retour. Il jeta un coup d'œil à travers la fenêtre. L'adolescent cessa sa lecture et fixait sans comprendre la raison de la présence de son père en plein après-midi, d'autant plus que ce dernier avait soi-disant trop de travail pour rentrer dîner.
-Tu fais une de ces têtes ! se moqua-t-il.
-Je croyais que tu avais beaucoup de boulot.
-Officiellement, je suis actuellement dans le Yorkshire pour observer des endroits où Voldemort pourrait se trouver. Mais c'est un endroit que j'ai examiné il y a quelques mois déjà. Je ne suis pas rentré à midi pour préparer le faux dossier que je vais donner à Kingsley demain matin à ce sujet. En réalité, Kingsley m'a donné mon après-midi de congé. Il sait que j'avais prévu depuis quelques temps déjà de prendre cette journée.
-Pourquoi ? En quel honneur ? s'étonna Harry. Non pas que je dois déçu, mais j'ai l'impression d'avoir sauté un épisode.
-Cadeau.
En disant cela, James lui tendit une petite boîte brune. Peu épaisse mais allongée, elle était faite en bois. Une reliure rouge lui caressait la peau. L'adolescent accepta le présent. Avec délicatesse, il l'ouvrit. Ses yeux s'agrandir quand il vit une gourmette en argent où était gravé en italique : Harry James Potter.
-Wahoo, elle est magnifique. Pour quelle occasion ce cadeau ?
-Aucune. Devrais-je avoir une bonne raison pour avoir envie d'offrir un cadeau à mon fils ?
-Qu'est-ce que ça cache ?
-Ce n'est pas une gourmette banale.
-Comment ça ?
-Je l'ai quelque peu ensorcelée. Toi seul peux l'enlever et si tu te trouves en danger, je le saurais. Tu peux également m'appeler en cas de problème, il te suffit d'y penser et je saurais que tu as vraiment besoin de moi.
-Vraiment ?
-Oui. Comme ça, je pourrais être un peu plus confiant quant à ta sécurité. Il y a également un sort d'invisibilité dessus. Toute personne qui ignore que je suis toujours vivant ne peut la voir. Je l'ai depuis quelques jours déjà mais je voulais te la donner au bon moment. Sauf qu'à force d'attendre, il fallait bien que je me bouge un jour ou l'autre et que je me décide à te la donner.
-Pourquoi aujourd'hui ? demanda suspicieusement Harry. Pourquoi en plein après-midi ?
-Parce qu'on a rendez-vous avec quelqu'un à 15h30, décréta James en regardant sa montre. Tu as trente minutes pour aller t'habiller.
-Qu'est-ce que t'as contre mes habits ? s'offusqua faussement Harry en regardant son t-shirt trop grand pour lui et son short qui lui ressemblait plus à un pantalon qu'à autre chose.
-Ils sont un peu grands non ?
-Je n'ai que ça. Les habits qui sont vraiment à ma taille sont ceux qui que j'ai acheté pour aller à Poudlard. Mes habits « légers » appartenaient à Dudley et il était légèrement gros, pour ne pas dire obèse. Alors comparé à moi…
-Tu n'as pas un seul T-shirt à ta taille ?
-Si, je dois pouvoir trouver un petit quelque chose dans mes affaires de Poudlard. Mais dans mes habits «vacances d'été », ils sont tous trop grands ou usés.
-D'accord. Va voir si tu trouves quelque chose de convenable. On ira t'acheter quelques trucs après.
-Pourquoi devrais-je être bien habillé ?
-Pas bien habillé, juste ne pas ressembler à… rien, termina James. Après je vais passer pour un père indigne. Rendez-vous dans le hall d'entrée à 15h d'accord ?
-Ça marche.
Dans la demeure, Harry croisa l'elfe de maison qui sortait pour aller rejoindre son maître.
-Tout se passe comme prévu maître James ?
-Je crois qu'on va faire un tour dans les magasins. Harry n'a pas beaucoup d'habits à sa taille.
-Maître Harry porte toujours des vêtements un peu grands pour lui, c'est vrai, concéda l'elfe.
-S'il n'avait pas vécu chez les Dursley, ça ne serait pas arrivé, grommela James. Par chance pour lui, Sirius ne sera pas là. C'est quoi cette tête ?
-C'est juste que Glorfi se souvient, maître James, des jours où vous reveniez de votre journée à Londres avec vos amis. Le maître avait souvent beaucoup de sacs avec lui.
-Il y avait ceux de Sirius. On ignorait ce que signifiait la vraie vie.
Lorsque Harry descendit un peu plus tard, il était de plus en plus surpris. Il avait réfléchis tout en se préparant à ce que tout cela pouvait bien signifier. Il retrouva comme promis son père dans le vestibule.
-Bonne soirée maître Harry.
-Merci, répondit prudemment l'adolescent, redoutant légèrement ce que pouvait bien avoir prévu son père.
Ce dernier lui tendit la main. Comme lors de leur rencontre sur le quai de la gare de King's Cross, Harry accepta la main qui lui était tendu. Il vit la fine cicatrice qu'il avait vue sans y croire ce jour là. À peine eut-il posé sa paume contre celle de James, qu'il sentit une chaleur étouffante lui peser sur le corps. Il avait l'impression d'étouffer rapidement. Il avait la sensation d'être entré dans un four. Il jeta un coup d'œil à James qui ne semblait pas être dérangé par le changement de température. Ce dernier lui avait lâché la main en arrivant dans cette petite ruelle.
-Reste près de moi, ordonna James. Au moindre problème, si tu devais me perdre de vu, n'attends pas pour m'appeler avec la gourmette, d'accord ?
-D'accord. Mais papa, on est nous, physiquement nous ! Tu es censé être mort et moi, je ne suis pas censé me promener comme ça en ville, chuchota-t-il.
-Tu peux parler normalement, personne ne nous reconnaîtra ici, le rassura James en quittant la ruelle.
Ils se retrouvèrent dans une rue à peine plus grande. Les rayons du soleil parvenaient à atteindre les dalles sur le sol malgré les remparts formés par les bâtiments en pierre. Un sourire de compréhension se dessina sur les lèvres de l'adolescent.
-On est en Italie ?
-Ouais, avoua James alors qu'ils débouchaient sur une grande place.
Harry observa l'endroit avec attention. Il fut reconnaissant que son père s'arrête un instant pour qu'il puisse regarder calmement ce qui l'entourait. Face à lui se trouvait le Panthéon. Harry regarda les hautes colonnes, la bouche entrouverte. Ses émeraudes se posaient sur tout avec intérêt. Il se sentit égal à toutes les personnes présentes sur la place, à tous ces touristes. Les flashs d'appareil photo à l'intérieur le firent sourire. Il regarda les bâtiments qui ne ressemblaient en rien à ce qu'il avait pu voir à Londres.
-Où allons-nous exactement ? demanda-t-il en se détachant de la vision du grand temple.
-Pour l'instant, je dois rencontrer un ancien collègue, ou plutôt, un ancien collègue de Tellerino qui doit me fournir quelque chose.
-On a rendez-vous sur cette place pleine de gens ?
-Non, à deux pas d'ici.
-Où ça ? demanda l'adolescent alors qu'ils se mettaient en marche.
-Sulla Piazza della Colonna.
-Connais pas, rigola Harry.
-Nous y voilà. Pour parfaire notre rôle de touriste, voilà l'attribut essentiel du parfait touriste : l'appareil photo, expliqua James en le tendant à l'adolescent.
-Il nous faudrait une carte touristique.
-Le guide touristique, je n'ai pas oublié. Je vais nous présenter sous le nom de Parker.
-D'accord.
L'adolescent s'amusa à faire des photos autour de lui sous le sourire amusé de James qui se prêta au jeu du parfait touriste. Il feignit ne pas remarquer l'arrivée de son ancien collègue. Ce dernier observa les deux Potter et en les voyant rester obstinément vers la colonnade, il s'approcha, espérant qu'il s'agisse de l'ami de Tellerino.
-Scusi, è l'amico di Vincenzo Tellerino ? demanda-t-il en coupant la séance rigolade et photographique. (Excusez-moi, vous êtes l'ami de Vincenzo Tellerino ?)
-Sì, sono io. (Oui, c'est moi).
-Marco, se présenta-t-il. Ho i biglietti per la partita. (J'ai les billets pour le match).
-Grazie mille. (Merci beaucoup).
-Sarà una grande partita, ne sono sicuro, déclara-t-il le visage fermé. (Ça sera une grande partie, j'en suis sûr).
-Non può vederlo? demanda James en reconnaissant le visage déçu de son ami lorsqu'il ne pouvait voir un match. (Vous ne pouvez le voir ?).
-Bisogna delle persone per la securità. Conosce bene Vincenzo? (Il faut des gens pour la sécurité. Vous connaissez bien Vincenzo?).
-Oh, non molto. Mi ha aiuto per una storia sordida che si è passata davanti al mio negozio. Poi, habbiamo parlato un po' e il soggetto sul Quidditch a preso una grande parte della discuzione. (Oh, non pas beaucoup. Il m'a aidé pour une histoire sordide qui a eu lieu devant mon magasin. Ensuite, on a un peu parlé et le sujet sur le Quidditch a pris une grande partie de la discussion).
-Va bene? Non ho avuto molte notizie di lui. (Il va bien? Je n'ai pas beaucoup de nouvelles de lui).
-Va bene ma ha molto lavoro. Ci sono molti problemi attualmente in Inghilterra. (Il va bien mais il a beaucoup de travail. Il y a pas mal de problème en Angleterre).
-Con un auror come Tellerino, i problemi non possono essistere lontano. Mi scusa, ho ancora delle cose a fare a proposito della partita. (Avec un auror comme Tellerino, les problèmes ne peuvent exister longtemps. Excusez-moi mais j'ai encore des choses à régler pour le match).
-Non problemo. Grazie ancora. (Pas de soucis, merci encore).
-Signor Parker, buona partita, salua l'auror italien avant de quitter la place. (Monsieur Parker, bon match).
James regarda son ancien ami partir. C'était étrange de revoir Marco après plus de cinq ans. Il n'avait pas changé. Rien à Rome ne semblait avoir changé. Son regard se posa sur la silhouette de l'auror qui tourna à l'angle de la via del Corso. À son arrivée dans la capitale italienne, il ne rêvait que d'une chose, repartir en Angleterre. Il ne voulait pas s'attacher à cet endroit. Mais à force de patrouiller, de vivre comme un romain, il s'y était habitué. Son cœur restait, bien évidemment, anglais. Mais une partie de ses souvenirs étaient italiens. Revoir Marco lui avait rappelé ses années passées ici. Ses seuls amis avaient été Monica et Marco.
Mais avaient-ils réellement été amis ? songea-t-il.
Il ne leur avait jamais écrit. Il avait répondu à leurs lettres mais l'échange spontané n'avait été que dans un sens. Cependant même lorsqu'il travaillait avec eux, il avait tout fait pour les éviter. Prétextant de ne pas pouvoir être présent au mariage de Monica, il avait prouvé qu'il ne voulait pas de leur amitié. Ce n'était pas leur amitié qu'il refusait, c'était toute amitié. La dernière fois que James avait accepté de devenir proche de quelqu'un, le premier avait fini en prison par sa faute, le second l'avait trahi et le troisième avait vécu dans la solitude par sa faute. Durant une dizaine d'années passées en Italie, il n'avait aucun encrage humain qui aurait pu lui donner envie de revenir. Ses amis n'étaient que Sirius et Remus. Il ne prendrait le risque de se rapprocher de personne d'autre.
Pourtant, à travers ces rues, il avait vécu. Il connaissait cette ville aussi bien que Londres, voire mieux. Même sans y être revenu depuis cinq ans, ses pieds savaient le nombre de pas qu'il devait faire pour se retrouver sur la Piazza del Popolo ou à l'opposé pour faire face au Palazzo Venito. Cette ville, il l'avait connu à travers enquêtes, patrouilles et autres missions d'aurors. Au travail, les collègues l'avaient guidé. Avec un petit sourire nostalgique, il se tourna vers son fils qui observait les reliefs sur la colonnade.
-Prêt ?
-Moi ? Depuis toujours. Le match est à quelle heure ? tenta Harry, devinant et espérant ne pas se tromper sur la surprise qu'il supposait.
-20h30. Comment tu as su ?
-Il t'a donné une enveloppe qui contient sûrement les billets, non ? Ensuite, j'y ai pensé quand on est arrivé parce que tu m'en as parlé le premier week-end où je suis arrivé à la maison. C'est vraiment ça ?
-C'est vraiment un match de Quidditch. Surprise ratée, grommela James en souriant.
-Que fait-on jusqu'à 20h30 ? Les touristes ? demanda Harry en levant subitement l'appareil photo pour prendre en photo son père qui affichait un air surpris par la photo.
-Je pensais t'offrir une glace, te faire visiter puis aller souper avant d'aller voir le match. Mais vu qu'il serait préférable que tu aies de nouveaux habits et qu'on est sur la rue principale pour trouver des habits, je pensais que tu pourrais refaire ta garde robe avant d'aller manger cette glace. Qu'en penses-tu ?
-Je pense que tu ne me lâcheras pas avant que je porte des habits qui n'ont appartenu qu'à moi ?
-Soit on le fait aujourd'hui tous les deux, soit on revient une autre fois mais en prenant Sirius avec nous.
-Je devrais craindre la présence de Sirius ?
-Va dans un magasin avec Sirius, tu en ressors trois heures plus tard. Ça n'a pas l'air d'être ton genre.
-On y va ? Plus vite c'est fait, mieux c'est ! philosopha Harry en repartant en direction du Panthéon.
-Harry, ce n'est pas par là que tu vas trouver quelque chose. Sauf si tu ne veux que des t-shirts avec « I Love Roma » dessus.
Pour toute réponse, Harry grimaça. Il se retourna et suivit son père. Ils longèrent une longue route. Harry regarda les bâtiments noircis par la pollution. Il écouta les récits de James. Il avait l'impression qu'une nouvelle porte du passé lui était ouverte. James le laissait entrer dans ses souvenirs. Mais son bonheur de ce moment entre père et fils fut rapidement abrégé quand il vit la taille du magasin moldu où il était censé renouveler sa garde robe.
-J'aime être habillé comme un clochard, grommela l'adolescent dans sa barbe.
James entendit le grognement de son fils. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
-Je te laisse regarder, tu choisis ce que tu veux. Il n'y a pas de limite pour le budget.
Le cadet leva les yeux au ciel. À contre-cœur, il se dirigea vers les premières rayons. Il n'avait jamais pris la peine de choisir des vêtements qui lui plaisait et c'était quelque chose qui le mettait mal à l'aise. Chez les Dursley, il n'avait pas le droit à ses propres habits mais aux restes de son cousin. Depuis qu'il était à Poudlard, il n'avait jamais pris le temps de s'acheter des habits qui lui aurait plu à lui. Il ne portait que les vêtements qui faisaient parti de l'uniforme de l'école.
-Je comprends mieux la non-limite pour le budget, s'étonna Harry en fixant l'étiquette.
Il jeta un coup d'œil en direction de son père. Il avait senti son regard dans son dos plusieurs fois. Mais désormais, il regardait les articles, laissant son fils faire un rapide tour. Rapidement, il jugea avoir fait son choix. Il recherchait son père du regard pour lui dire qu'il avait terminé quand une jeune femme vint lui parler, le faisant sursauter.
-Può aiutarLe ? (Puis-je vous aider).
-Je ne parle pas italien, répondit-il après un temps de silence.
-Je peux vous aider ? demanda la vendeuse dans un anglais hésitant.
-C'est bon, merci. Je cherche juste mon père, murmura-t-il mal à l'aise.
Avec soulagement, il le vit. Avec l'espoir de quitter le magasin, il s'approcha et montra fièrement ses futurs achats.
-J'ai fini !
-Tu aurais assez avec que ça comme habits ?
-J'ai envie d'une glace, répliqua Harry en souriant.
Sans répondre, James le guida à travers les rayons. Avec horreur, Harry vit une montagne se créer sur ses bras. Il regarda les pulls, chemises, pantalons et autres vêtements s'entasser. Ses émeraudes désespérées recherchaient en vain quelqu'un qui pourrait lui faire échapper à la cabine d'essayage. Lors de la délivrance, Harry soupira de soulagement. Il porta sa pile de vêtement à la caisse. La vendeuse qui l'avait abordé quelques instants plus tôt lui sourit en le reconnaissant. Alors qu'elle pliait et rangeait soigneusement les nouveaux vêtements, l'adolescent l'observa d'un œil attentif.
-Je ne comprends toujours pas quand j'aurais l'occasion de porter pareilles chemises, grogna Harry.
-Pour ton anniversaire par exemple ? proposa James.
-C'est déjà la réponse que tu m'as donné avant.
-Tu ne les veux pas ?
-Si ! Je les garde. C'est toi qui me les as montrés, tu assumes.
-900'000 lire, per favore. (900'000 lire, s'il vous plaît).
Harry fixa le nombre total de ses vêtements. Sa bouche resta entrouverte. Il commença à se sentir un peu honteux. Il avait remarqué le prix exorbitant de ce magasin mais il avait accepté tout ça. Il fut surpris de ne lire aucune surprise sur le visage de son père. Ce dernier tendit une carte bleue puis signa la quittance. La vendeuse tendit le gros sac à l'adolescent en lui souriant. Elle était loin de se douter du mal à l'aise de l'adolescent. Il suivit son père dans l'ascenseur.
-Quand tu as dit « pas de limite pour le budget ». Je ne pensais pas qu'on arriverait à une somme pareille. Je suis désolée, s'excusa Harry.
-Une somme pareille ?
-900'000 livre ! explosa-t-il. Je veux bien croire qu'on ait de l'argent mais 900'000 livre !
-Harry, le coupa calmement James qui tentait d'éviter de rire. Le prix n'était pas en livre sterling mais en lire italienne.
-Ah, fut la seule réponse de l'adolescent. Je comprends mieux.
Avant de retourner à la chaleur des rues romaines, ils passèrent devant les chaussures. Diminuant la vitesse de ses pas, Harry observa les baskets. Il descendit son regard sur les siennes puis à nouveau sur celles sur l'étagère avant de tourner son regard vers James.
-Quand tu as dit, pas de budget, tu disais cela pour les habits, pour la journée ou autres ?
-Pour la journée. Lesquelles tu veux ?
-Celles qui sont là-bas, elles sont pas mal mais celle-ci, elles iraient trop bien avec la chemise verte.
-Essaye-les.
-C'est aussi en lire italienne, le prix hein ?
James hocha la tête pour confirmer. Avec un sourire à demi caché, il observa son fils essayer ses futures nouvelles baskets. Après avoir choisi lesquelles prendre, après avoir payé, ils sortirent pour se retrouver sur la grande rue. Harry était chargé de tous ses sacs.
-Ce n'est pas pratique tout ça.
-Non, concéda James avant de faire disparaître les énormes sacs des mains de son fils.
-Euh… Il y a des moldus autour.
-Les sorciers en Italie ont le droit de pratiquer la magie de temps en temps. Les moldus ne voient rien. On va la manger cette glace ?
