Et si tout était différent
Chapitre 84
Rencontre
-Salut !
De bonne humeur, Harry salua son parrain et Remus qui venaient d'arriver sur la terrasse d'un ton enjoué. Depuis deux jours, il regardait en boucle le match de Quidditch à travers ses multiplettes. Le lendemain du match, il avait montré et raconté avec joie tous les détails à Ron et Sirius Hermione n'étant que peu intéressée par tant de paroles pour du sport. C'est avec plaisir et fierté que Harry se vêtait de ses nouveaux habits. Sous le soleil, il bronzait et passait des vacances loin du danger.
-James n'est plus là ? murmura Sirius en faisant des signes de la main pour demander à Harry de ne pas parler trop fort.
-Il est retourné au ministère. Pourquoi tant de discrétion ? demanda Harry dans un murmure en fronçant les sourcils.
-S'il n'est plus là, on peut parler normalement alors.
-Pourquoi, on ne pourrait pas le faire s'il est là ?
-Pour pas qu'il sache qu'on est là.
-Il s'en doute, Sirius, coupa Remus qui parlait pour la première fois.
-On n'a plus quinze ans, ils ne se doutent pas qu'on va faire ça...
-Il te connaît, et mieux que personne soit dit au passage, alors ne doute pas qu'il sait exactement ce que tu vas faire.
-Et qu'est-ce que tu vas faire ? coupa Harry en se tournant vers son parrain.
-Décorer la maison.
-Pourquoi ?
-Etant donné qu'on est le 23, c'est le jour des ballons et des guirlandes !
-Pourquoi le 23 ?
-Tu ne sais pas que signifie ce jour pour James ? demanda Remus. Sirius ne t'a rien dit ?
-Rien. J'ignore pourquoi vous me parlez de décoration.
-Je ne suis pas le seul qui aurait pu le dire à Harry. Toi ou même Glorfi auriez pu songer à prévenir Harry qu'aujourd'hui c'est l'anniversaire de son père, termina Sirius en se tournant vers son filleul.
-C'est une blague ?
-Non. C'est pour ça qu'on pensait décorer la maison pendant qu'il travaille, précisa Remus.
-Je l'ai vu à midi et je n'ai pas souhaité un joyeux anniversaire à mon père...
-Je ne pense pas que James puisse t'en vouloir d'avoir oublié ou de ne pas savoir que c'est son anniversaire. À partir d'un certain âge, on ne veut même plus le fêter, ajouta Sirius en souriant.
-Ah, maître Sirius et maître Remus ! Glorfi est content que vous soyez déjà là. Il y a beaucoup à trier dans les décorations qui se trouvent au grenier.
-Tu savais ?
-Qu'est-ce que Glorfi savait, maître Harry ?
-Tu savais qu'ils allaient venir pour préparer une fête surprise à mon père et personne n'a eu l'idée de me prévenir, moi !
-Glorfi pensait que maître Sirius ou maître Remus vous le diraient. Glorfi s'excuse, maître Harry…
-Ce n'est pas ta faute, Glorfi. J'aurais du en parler à Harry, coupa Sirius. Dans tous les cas, on ne va pas rester planté là sous ce soleil alors qu'on a un grenier à fouiller.
Tous les quatre quittèrent la douce chaleur de l'été pour monter dans le grenier que le soleil avait chauffé. Glorfi avait déjà sorti les cartons susceptibles de contenir quelques décorations pour un anniversaire. La poussière avait formé une couverture de protection sur lesdits cartons. Un à un, ils les descendirent. Harry observa le grenier qui contenait le souvenir de ses ancêtres. Il songea avec amusement que c'était le seul endroit que James ne lui avait pas proposé de lui faire visiter. En descendant déposer les premiers cartons avec Sirius, il l'écouta lui raconter les anniversaires qu'il avait passé dans cette demeure. Il expliqua avec entrain comment s'était déroulé les fêtes surprises plus si surprise au fil des années. Enfant voire adolescent, il y avait toujours quelqu'un pour occuper James toute la journée pendant que les autres décoraient la maison.
-Pour ses seize ans, il avait passé la journée avec ton grand-père et pendant ce temps avec Remus et… euh… on avait caché ses cadeaux. William avait confié les siens à Glorfi. C'était la Chasse aux Cadeaux. Je m'étais bien marré. C'était presque plus amusant pour moi que pour James.
-Sauf qu'il te connaît tellement bien qu'il devinait où tu avais eu l'idée de cacher les cadeaux non ?
-Pas pour tous. J'ai réussi à le surprendre. Mais c'est comme pour aujourd'hui, il me connaît, il sait que je suis encore du genre à préparer des fêtes surprises.
-Je me souviens encore de mon anniversaire surprise l'année dernière au quartier général de l'Ordre.
-C'est moi ! Prépare-toi à devoir rechercher tes cadeaux. Peut-être aurais-je à nouveau l'envie de cacher des cadeaux d'anniversaire dans les années à venir !
-Tu comptes me faire un anniversaire surprise ?
-Ce n'est pas vraiment une surprise. Mais c'est vrai que si c'est possible, ca m'arrangerait que James te kidnappe la journée et qu'avec Remus, on puisse préparer ça, avoua Sirius.
-Avec Ron et Hermione ? tenta Harry.
-S'il y a possibilité.
-Pourquoi tu me réponds ? Ça ne sera plus une surprise !
-Parce que je ne veux pas mentir à mon filleul. Ne me pose pas de questions auxquelles je vais devoir te mentir. Mais je te rassure, je ne cacherai pas tes cadeaux cette année, tu ne connais pas encore tous les recoins de la maison.
-Tu crois ça ?
-Prouve-moi que tu la connais bien. Montre-moi où on cache ceux pour James ? proposa Sirius avec un air malicieux.
-Quoi ? s'étonna Harry qui lâcha le gros carton dans le salon dans un éclat de poussière.
-Quoi, quoi ?
-Vous avez prévu des cadeaux ? Je n'ai pas de cadeaux !
-Ce n'est pas grave. Harry, je te promets que James ne remarquera même pas ce détail.
-Il ne le verra pas mais moi je le saurai. Vous lui offrez quoi ?
-J'ai retrouvé un vieux cd qu'on écoutait quand on était jeune. Et insouciants. Je ne peux pas sortir alors j'ai trouvé un vieux truc symbolique.
-Et Remus ?
-Un livre, je crois. Ils en ont parlé récemment.
-Je serai le seul...
-Le seul pour quoi ? coupa Remus qui venait d'arriver avec les derniers cartons.
Glorfi regarda les trois sorciers et sourit en voyant Neve Nere venir jeter un coup d'œil sur les cartons descendus.
-Je suis le seul à ne pas avoir de cadeau pour mon père. En plus, je ne lui ai rien dit à midi.
Neve Nere miaula, coupant la parole aux deux maraudeurs qui voulaient rassurer Harry. Il monta sur l'étagère derrière l'adolescent et mordilla le poignet là où se trouvait la gourmette que James avait offert à son fils quelques jours auparavant.
-Qu'est-ce que tu veux nous dire, J'me-la-pète ?
-Ça va le motiver à essayer de nous faire comprendre quelque chose si tu l'appelles comme ça, Sirius, rétorqua Remus.
L'animal miaula à nouveau puis sortit de la maison tout en vérifiant que les sorciers et l'elfe continuaient de le suivre. Il s'arrêta au bord du portail de la demeure, là où les protections s'arrêtaient. Il sauta par dessus la barrière et miaula.
-Le village ! s'écria Harry. Bien sûr ! J'ai le temps d'aller lui acheter quelque chose cet après-midi au village. J'ai la gourmette, s'il m'arrive quelque chose, mon père le saura et je garde Neve Nere près de moi pour qu'il puisse communiquer avec James...
-Non ! répondirent en chœur les deux maraudeurs.
-Quoi que, pourquoi pas, murmura Sirius après un temps de réflexion.
-Sirius, je sais que l'idée de quitter la maison aurait pu venir de toi mais c'est hors de question que Harry sorte comme ça. S'il arrivait quelque chose, James ne nous le pardonnerait pas.
-Il n'arrivera rien, Remus. Je vais vite faire un tour au village avec Harry…
-Tu es recherché !
-C'est un village perdu ! Personne ne me reconnaîtra. D'autant plus que j'ai changé depuis la photo qui avait été envoyé.
-Alors, allez-y. Je ne pourrais pas vous faire changer d'avis, concéda Remus. Je vais aller voir Glorfi pour commencer le gâteau. Comme ça, on est sûr que tu ne viendras pas mettre ton grain de sel en cuisine, Sirius.
-Je serais capable de mettre du sel dans le désert, rigola-t-il. Alors on y va vite ?
-D'accord, sourit Harry. Je vais enfin voir ce village.
Une fois prêt, il partit à la découverte du village. Il suivit Sirius qui le guida jusqu'à l'entrée de l'allée centrale. Neve Nere suivait les deux sorciers, guettant le moindre signe néfaste. Les champs bordaient le bord de la route. Le vert était à perte de vue. Lorsque Harry se retourna, le manoir avait reprit son apparence misérable. La dernière fois qu'il l'avait vu dans cet « état » là, il ignorait encore tout des changements qui allaient bouleverser sa vie. Sans réfléchir, ses pas suivaient ceux de son parrain sans se poser plus de question. Des maisons de style ancien s'ouvrirent à lui. Essayant d'observer le plus de choses, il ne vit pas l'arrêt de Sirius et la collision fut inévitable.
-Hey !
-Je ne regardais pas où j'allais, s'excusait l'adolescent avec un grand sourire.
-Regarde devant toi alors !
-C'est la première fois que je viens ici alors j'en profite pour regarder.
Avant de reprendre leur route, Harry jeta un coup d'oeil dans la direction où regardait son parrain quelques minutes plus tôt et qui l'avait fait s'arrêter. Au loin, à travers une ruelle, était légèrement visible la vieille Eglise du village et son haut clocher. Il reprit le chemin, ignorant pourquoi Sirius avait regardé dans cette direction. Neve Nere, qui s'était brusquement arrêté avec les deux sorciers, recommença sa promenade. Harry constata avec étonnement qu'un petit ruisseau zigzaguait entre les maisons.
-Tu trouveras peut-être quelque chose, ici, commenta Sirius en entrant dans une grande boutique.
Lorsqu'ils passèrent le pas de la porte, une petite clocha sonna. Harry regarda autour de lui et songea qu'il allait avoir de la peine à trouver quelque chose ici. Cependant, sur le chemin, il n'avait pas vu d'autres magasins, et cet endroit devait être la seule boutique de ce petit village. Il retint un éclat de rire en voyant à l'entrée, visible au premier abord pour les quelques touristes qui viendraient se perdre dans la campagne anglaise, des tasses, calendriers, briquets et autres bibelots à l'effigie de la famille royale anglaise.
-Ça m'étonnerait que je trouve quelque chose dans un tel endroit, songea Harry. Pourquoi ne pas acheter Big Ben en miniature !
-Sérieusement ? James sait à quoi ressemble Big Ben.
-C'est un magasin de souvenir !
-Montons.
Peu convaincu mais conscient qu'il ne risquait pas de trouver mieux dans ce village, il commençait à songer qu'il allait réellement devoir renoncer à l'idée d'offrir un petit cadeau à son père. Mais il monta, l'espoir le gagnant peu à peu. Des étagères de livres se courraient après. Cadres pour photographies jouaient à cache-cache avec les autres objets de décoration. Bougies aux milles senteurs parfumaient un coin de la pièce. Chantonnant, les disques étaient prêts à tourner. Alors que son regard se perdait sur tous ces choses hétéroclites qui se trouvaient autour de lui, il ne vit pas son parrain se faufiler dans les rayons livresques. Son attention se posa sur une foule de petits personnages amusants. Ces petits jouets vêtus de toutes sortes allant de l'habit de super héros à celui de cow boy.
-Je peux vous aider ?
Le doux son de cette voix le fit sursauter. Il lâcha mais rattrapa de justesse le super héros bombant le torse. Il se retourna et sa gorge se bloqua.
-Euh…
Son cœur commença à battre la chamade. Il avait l'impression que son sang brûlait. Devant lui se tenait un ange. Des yeux rieurs le regardaient avec douceur. Il crut se trouver au bord de l'océan où il voulut y plonger et nager éternellement. Dans l'art de la subtilité, un maquillage entourait ce regard océanique. Sa main voulut se tendre pour caresser cette joue à la peau claire. La gorge de Harry se dessécha alors qu'il voyait ses lèvres recouvertes d'un discret rouge à lèvre qui s'étirait en un sourire étincelant. Le soleil lui-même ne pouvait l'éblouir plus que la lumière qui émanait de ce sourire. Ses doigts jalousèrent les mèches blondes qui entouraient le visage éblouissant et osaient effleurer cette peau. La chevelure blonde était simplement relevée avec une pince dans un style décontracté. Ses bras dénudés étaient légèrement bronzés. Autour de son cou, un pendentif en forme de croix s'arrêtait au centre de son sternum. Déglutissant avec peine, Harry obligea ses émeraudes à se décrocher de la pointe de la croix qui se terminait à l'embrassure de sa poitrine, laissant deviner ce qui se cachait sous le top bleuté. Son regard se termina sur des jambes recouvertes d'un pantalon noir qui ne laissait visible que de fins mollets. Des ballerines noires emballaient avec délicatesse des petits pieds.
-Euh… Je… C'est… commença Harry dans un balbutiement incontrôlable.
Nerveusement, il passa sa main dans ses cheveux. Son cerveau refusait de fonctionner. La bouche entrouverte, il fixait avec envie ce sourire.
-On regarde, merci, coupa Sirius qui retenait avec grande peine un sourire amusé.
-D'accord. Je suis en bas en cas de problème, répondit-elle.
-Au… Revoir, bégaya bêtement Harry en faisant un signe de la main alors qu'elle avait déjà disparu dans l'escalier.
Ils restèrent dans le silence pendant encore quelques minutes durant lesquels Harry ne pouvait détacher son regard de l'endroit qu'elle venait de quitter.
-J'ai l'impression d'avoir rajeuni. Je te remercie.
-Quoi ? s'étonna Harry qui avait retrouvé soudainement l'usage de la parole.
-Tu ne bégaies plus ? se moqua son aîné.
-Je ne bégayais pas !
-Je… Euh… Tu… !
-Je n'étais pas comme ça ! s'offusqua-t-il avec mauvais fois.
-J'étais juste derrière toi, vers les livres. J'ai eu le temps de la voir arriver vers toi, te voir la reluquer sans discrétion avant de te mettre à balbutier des choses sans queue ni tête. On aurait dit James en face de Lily !
-Tu racontes n'importe quoi ! Je n'étais pas comme ça. Je savais très bien ce que je faisais.
-Je te crois… pas, termina-t-il tout bas dans un sourire moqueur sous le regard noir de son filleul.
-Aide-moi à trouver quelque chose au lieu de raconter des âneries !
-Ce n'est pas des âneries. Mais tu as raison. Cherchons ce cadeau. On reparlera de ça ce soir quand James et Remus seront là…
Il ignora le regard qui le fusillait et continua à rire. Après quelques détours entre les diverss rayons, Harry sembla trouver quelque chose de potable. Il prit la figurine du super héros de manière symbolique et un livre qui, selon Sirius, plairait à James. En se dirigeant vers la caisse, il la vit. Assise tranquillement sur un tabouret, les jambes enlacées, elle était plongée dans un livre. De temps à autre, elle remettait derrière son oreille une mèche blonde qui venait la déranger. Harry jeta un regard noir à son parrain qui avait toujours ce sourire amusé et moqueur collé sur son visage. Lorsqu'il arriva devant le comptoir, elle releva la tête à ce moment-là. Elle leur sourit et prit ce que l'adolescent lui tendait.
-Merci, murmura-t-elle.
Elle enregistra le prix sur la caisse et fit les manipulations nécessaires aux paiements tandis que Harry suivait ses mouvements du regard. Il se mordit la lèvre inférieure en voyant ses doigts fins et délicats qui exécutaient leur mouvement. Préférant laisser les deux jeunes gens seuls, Sirius s'éclipsa un peu plus loin feignant de s'intéresser au bus miniature rouge flamboyant, à Big Ben et tout autre objet dédié aux touristes. Juste avant d'abandonner son filleul, il demanda à ce que tout soit emballé. Il savait pertinemment que Harry n'allait pas penser à demander ça vu l'état songeur dans lequel il se trouvait. De plus, le temps d'empaqueter tout ça, ils auraient plus de temps pour discuter.
-Tu es nouveau par ici ?
-Je viens d'emménager il y a deux-trois semaines. Et toi ?
-Je vis ici depuis toujours. Je suis née ici, mes parents sont nés ici, mes grands-parents avant eux…
-Moi aussi, rigola Harry de manière un peu gauche.
-Pardon ?
Sirius dut retenir un éclat de rire. Il s'intéressa vivement à la tasse portant l'image de Lady Di pour ne pas montrer qu'il écoutait leur conversation.
-Mon père et ses grands-parents avant lui ont grandit dans la maison à l'entrée du village, précisa Harry.
-Tu viens de la cabane ? s'étonna-t-elle s'arrêtant dans son mouvement.
Bravo Harry ! songea Sirius avec amusement. Flirter avec une moldue et parler de choses liées à la magie. Je crois qu'il va falloir que je lui donne des cours. Il va se transformer en un James miniature.
-Euh… En fait… à l'intérieur… c'est différent, termina Harry réalisant son erreur.
-Il paraît oui, rigola-t-elle. C'est la rumeur qui court.
-La rumeur qui court ? répéta Harry, intrigué tandis que son parrain tendait également l'oreille pour entendre la suite de la réputation du manoir Potter.
-Selon certains dires, l'extérieur de la maison, c'est l'opposé de l'intérieur. Dehors, ça ne ressemble à rien, c'est l'abandon total et l'intérieur pourrait rivaliser avec celui de Buckingham Palace.
À la fin de sa phrase, Sirius fit une grimace moqueuse à l'assiette en porcelaine où était peint la reine Elizabeth.
-Lauriane, une blonde décolorée peu futée à mon avis, est convaincue que le service est fait d'or. Tu manges dans des assiettes en or ?
-Non.
-Il y a de drôles de rumeurs sur ta maison. Il y a ceux qui disent que leurs grands-parents voire arrière-grands-parents y avaient été invités et là, les histoires sont créées.
-Et toi ?
-Moi ?
-Tu y crois ?
-Je pense que l'intérieur n'est pas aussi délabré que cela semble l'être. La preuve, tu y vis. Mais ma mère et ma grand-maman y sont déjà allés et c'est réellement différent.
-Elles y sont déjà allées ? répéta Harry tout aussi surpris que son parrain.
-Ouais. Mais elles n'ont jamais pu m'expliquer quel était réellement ce changement, comment c'était possible. Ma mère y allait quand elle avait mon âge pour y faire du baby-sitting et ma grand-maman, qui aurait l'explication mais qui refuse de la dire, y allait pour prendre le thé. Peut-être avec ta grand-mère, jusqtement, si les générations avant toi vivaient déjà là.
-Peut-être. Qui sait ? Tu… Tu pourrais venir voir par toi-même ce changement d'extérieur et d'intérieur ? proposa Harry, inconscient de proposer un rencard à une jeune moldue dans sa maison de sorcier.
-Pourquoi pas, accepta-t-elle en lui tendant par-dessus le comptoir ses achats.
-Merci pour les paquets cadeaux, remercia l'adolescent en prenant le sac en plastique qu'elle lui tendait où deux petits cadeaux emballés dans un papier rouge se trouvaient. Euh… Ben…
-Judith, je m'appelle Judith.
-Harry, répondit-il alors que ces joues prenaient une teinte rouge.
-À une prochaine fois, Harry, le salua-t-elle. Au revoir, monsieur.
-Au revoir, salua Sirius.
Une fois hors de la boutique, Sirius rigola silencieusement mais trop fort selon son filleul.
-Arrête de te moquer !
-Tu lui as filé un rencard ! Tu la vois, tu balbuties naïvement, après tu lui réponds comme si t'étais terrorisé et à la fin, tu lui demandes un rencard.
-Je ne lui ai pas proposé un rencard !
-Non ! À peine. Viens chez moi, je te montrerai la différence entre l'extérieur et l'intérieur, imita Sirius. Soit dit en passant, la différence vient d'un acte magique, vas-y pour expliquer ça !
-Elle a aussi dit que sa mère et sa grand-mère y étaient allées.
-Et que plein de rumeur circulait sur le manoir ; ou la cabane, selon les villageois. James ne me laissera plus sortir avec toi. On sort une fois dans un village perdu dans la campagne et tu arrives à inviter une fille chez toi. Bravo !
-On discutait ! C'est venu dans la conversation. Je n'ai pas essayé de lui donner un rendez-vous.
-Inconsciemment si. Mais de quoi tu te plains, elle a dit oui à ton « invitation ». Et ne pas dit pas qu'elle ne te fait pas d'effets. Si j'avais seize ans, je l'aurais trouvée aussi très jolie.
-Mais tu en as vingt de plus, alors tu iras draguer les filles de ton âge.
-Calme-toi, petit lion, rentre tes griffes ! Je te la laisse. Je ne serais pas un rival. Et en plus, j'aimais mieux les brunes, ajouta-t-il alors qu'ils passaient le portail.
Harry leva les yeux au ciel, se retenant de répondre quelque chose s'il voulait que la conversation en reste là. D'autant plus qu'il connaissait assez bien son parrain pour savoir qu'il n'allait pas le laisser tranquille avec cette histoire. Ils retrouvèrent Remus et Glorfi. Le loup-garou regarda, étonné, le sourire amusé qui trônait toujours sur le visage de Sirius. Harry décida d'ignorer les regards entendus et continua à attacher les guirlandes. Quelques instants avant que James ne rentre, ils purent faire une pause et prendre quelque peu l'air.
-Harry ?
-Oui ? répondit-il peu rassuré par le ton de son parrain alors que Remus et Glorfi étaient à l'intérieur du manoir.
-Tu n'oublieras de te protéger, recommanda Sirius de manière sérieuse sous le regard abasourdi de Harry.
