Bonjour,
L'envie maintenant, pauvre Sanji. Je me suis bien amusée à écrire ce chapitre. Les choses avancent lentement pour nos deux couples mais elles avancent tout de même.
Merci Gabakaho pour ta review. Je me suis bien amusée à imaginer qui mettre en ange et en démon, c'est certain. On reparlera du penchant pour l'alcool de l'ange Shanks. J'espère que cette suite va te plaire.
Saurez vous deviner quel sera le thème du prochain chapitre ? N'hésitez pas à me laisser une review avec votre avis sur la question, ça me motive à continuer.
Bonne lecture.
Chapitre 2
L'envie
Luffy
Nami enchaîne les verres. Cette fille a une descente incroyable. Elle porte une robe bleue sombre qui fait magnifiquement ressortir ses longs cheveux roux fixés en chignon. Un énorme diamant orne son décolleté outrageusement plongeant. Près d'elle, Robin discute avec Franky. Elle aussi est superbe. J'ignore comment elle fait pour qu'on ne voit pas ses fesses avec une robe si courte et moulante. Moi qui trouve mon nœud papillon étouffant, je me demande comment elle respire dans ce fourreau. Pourtant elle a l'air parfaitement à l'aise. Elle est assez impressionnante, cette fille, et je ne sais pas comment mon pote fait pour discuter si facilement avec elle, moi je ne sais jamais quoi lui dire, j'ai l'impression d'être le dernier des abrutis à côté d'elle. De l'autre côté de Nami, il y a sa meilleure amie : la Princesse Vivi. La seule catégorie d'étrangère qu'un prince peut envisager d'épouser. Je suis certain que mon père verra d'un bon œil une alliance entre nos deux royaumes. Enfin, j'espère… Elle est vêtue d'une robe bleue pâle qui répond parfaitement à la teinte plus vive de sa chevelure. Elle est nettement plus mesurée que Nami et probablement aussi intelligente que Robin en moins intimidante. Près de moi, Usopp joue avec ses mains. Il est toujours aussi mal à l'aise dans la foule… Enfin, tant qu'il n'a pas bu parce qu'après il se transforme en conteur à l'imagination débordante.
« L'une d'elles sera ta reine, n'est-ce pas ?
- Mmm… Probablement.
- Tu as déjà fait ton choix.
- Tu gardes ça pour toi…
- Évidemment !
- On m'a… déconseillé Nami.
- Elle fait trop peur !
- Ouais, quelque chose comme ça. Et j'ai l'impression que si je veux Robin, faut que je me dépêche.
- Oui, Franky semble sur le coup… Reste Vivi.
- Ça serait un mariage bénéfique pour le royaume, oui… Je pense que c'est ce que je vais envisager.
- Nami va te tuer.
- Peut-être pas, elle est très proche de Vivi, elle aura donc accès à toutes les fêtes et aux plus beaux partis.
- Depuis quand tu es aussi machiavélique ?
- Mais avant ça, j'ai envie de tester d'autres choses… avec toi. »
Je n'ai pas quitté les filles des yeux quand ma main s'est posée sur sa cuisse sous la table. Personne n'a rien vu mais il s'est furieusement mis à rougir. Il attrape mes doigts et les serre sans pour autant les déplacer. Va-t-il me rejeter ? Je me rends bien compte de ce que ma réponse à d'égoïste. Je ne lui promets pas d'avenir, pas d'amour, rien… juste de la découverte, de l'exploration… L'aventure m'excite toujours autant mais est-ce que ça lui suffira. Personne ne nous a entendu, il y a trop de bruit autour de nous mais je vois le regard de Zoro, à la table voisine, qui ne me quitte pas. Plus de pouvoirs, m'ont-ils dit ? Mon œil ! Je suis certain qu'il ne manque rien de notre échange.
Du coin de l'œil, je vois Sanji attraper un plateau de coupes et venir vers nous. Il est temps de lancer le plan. Je souris et me penche vers la jeune femme qui me fait face. Ce faisant, mes doigts se resserrent sur la cuisse de mon voisin et je l'entends gémir alors que sa main, sur la mienne, se met à trembler. Moi, j'agis comme s'il ne se passait rien.
« Nami, tu en es à combien de verre, là ? Enfin, je devrais dire, combien de bouteilles !
- Oh ! Tu peux parler, espèce de goinfre !
- Hey ! Je ne te critique pas, au contraire, je suis impressionné. Tu bois presque autant que Zoro.
- Qui donc ?
- Zoro. Un cousin qui est arrivé il y a peu au château, il enseigne les arts martiaux aux soldats. »
Comme convenu, après l'avoir présenté comme étant de mon sang, je fais un signe à mon démon pour qu'il nous rejoigne. Il vient s'installer entre Vivi et Nami, un sourire séducteur aux lèvres. C'est la première fois que je le vois comme ça. Mais je suppose que ça fait partie de ses attributions, il n'est pas qu'une brute violente, il sait aussi séduire les femmes et leur faire miroiter monts et merveilles avant de les faire succomber au péché de chair. Un démon, quoi. De toutes façons, s'il n'avait pas été si sûr de lui, il n'aurait pas proposé ce plan.
En quelques mots, il a Nami pendue à ses lèvres. Même Robin s'est légèrement détournée de Franky pour suivre la conversation et Vivi l'observe avec intérêt. Je m'adosse de nouveau sur le dossier du canapé, ma main glisse le long de la cuisse d'Usopp mais je me contente d'accrocher ses doigts pour les serrer dans les miens entre nos deux jambes. Je ne veux, ne dois et ne peux pas aller trop vite. Cela semble parfaitement lui convenir puisqu'il répond à mon étreinte avant de me demander si je suis certain de vouloir laisser mon cousin draguer toutes mes potentielles promises. Je le rassure en lui affirmant qu'il ne les touchera pas. En fait, j'ai plus confiance en elles qu'en lui. Ce sont des filles nobles, elles n'ont pas d'autre choix que de résister à ce vil tentateur.
À ce moment là, Sanji se présente à notre table et se met à faire des courbettes et des compliments sans aucune subtilité aux trois jeunes femmes. Vivi refuse poliment le verre proposé et retourne à sa contemplation du démon. Robin prend une coupe sans lui jeter un regard car elle est en train de poser une question à Zoro. Sanji insiste encore auprès de Nami qui l'ignore totalement et je me rends compte que mon démon a raison : elle s'intéresse au fils du roi, au cousin de celui-ci, mais un simple serveur n'obtient rien d'elle. Cette désillusion me fait soupirer et Usopp me demande ce qu'il m'arrive. Évitant de répondre, je lui murmure de regarder le serveur. Zoro passe sa main dans le dos de Nami qui se laisse totalement faire et il lui glisse un mot à l'oreille. Sanji se tend. Elle rit et acquiesce, Zoro lève alors des yeux méprisants vers son rival.
« Mademoiselle Nami souhaite quelque chose d'un peu plus corsé que ce que tu as à proposer, Sourcils vrillés. »
La main de Zoro descend ostensiblement vers la hanche de la jeune femme alors que celle-ci attrape la bouteille de rhum qu'il a apportée avec lui sur la table pour les servir tous les deux. Le visage du serveur change de couleur et son regard passe alternativement sur les trois femmes et sur le sabreur. Il grimace et s'en va d'un pas raide. Zoro me lance un regard complice et continue son manège avec les filles. Usopp rit à mon oreille.
« Il est carrément jaloux.
- Oui… l'envie… »
Je souris. Et de deux. Zoro a prévu de se pavaner avec les jeunes femmes toute la soirée mais il est évident pour moi qu'il ne consommera pas, comme dirait l'ange. Elles se doivent de rester vierges jusqu'à ce qu'elles trouvent un bon parti. Même si Zoro accuse Nami d'avoir déjà succombé au péché de luxure, je ne peux pas y croire. Pourtant, c'est clairement sur elle qu'il concentre ses attentions et elle y semble réceptive. Alors que je suis Sanji du regard, je le vois passer près de mon frère et je me mords la lèvre. Il est vraiment sans gène celui-ci. Je me penche à l'oreille de mon ami et je sens que mon souffle le fait frissonner quand je commence à lui parler.
« Moi aussi, je suis envieux… tu as vu mon frère ?
- Sabo ? Il a plutôt l'air de s'ennuyer, non ?
- Non, Ace… près de la porte des cuisines, il se croit à l'abri des regards, l'idiot…
- Mmm… où ? … Ah ! Oooh…
- Ça te dirait qu'on trouve un endroit discret, nous aussi ? »
Ace est en train d'embrasser Marco à pleine bouche. Usopp se met à rougir furieusement et je ris dans son cou avant de me lever, lâchant sa main par la même occasion. Il m'imite aussitôt. Je m'incline vers les jeunes femmes.
« Mesdemoiselles, je vous laisse en compagnie de mon cousin, Usopp et moi allons faire un tour en cuisine pour voir s'il reste de ce merveilleux gigot… »
Argument totalement innocent et que personne ne met en doute. D'un pas rapide, je traverse la salle suivi de près par Usopp. J'envoie un coup de coude à mon frère au passage en me moquant de lui et je m'engouffre dans l'antre du vice. J'attrape des petits fours sur un plateau en traversant la pièce que je connais par cœur. Entre deux frigos, se trouve la porte du bureau du chef cuistot qui est actuellement très occupé ailleurs. Je referme derrière nous et attrape le visage de mon ami en lui souriant mais il m'arrête dans mon geste.
« Fini ta bouche d'abord, s'il te plaît. »
Je plaque aussitôt mes mains sur mon visage pour ne pas tout recracher à cause du fou rire qui me prend. Lui glisse ses mains sur mes hanches et pose un baiser dans mon cou avant de presser son front sur mon épaule. Cette sensation de proximité physique est nouvelle et ça me plaît. J'ai envie de le toucher davantage. Quand mon rire se calme enfin et que ma bouche est vide, je glisse mes doigts dans ses longs cheveux sombre et j'ôte le ruban qui les noue. Je le préfère largement comme ça, c'est moins strict, c'est plus lui. Il lève les yeux vers mon visage et j'y lis un peu de tristesse. Mes doigts effleurent sa joue et mon regard se fait sérieux.
« Je ne peux pas t'offrir plus que ça, Usopp. Mes frères ne m'ont pas laissé le choix, je dois assumer mon rang. Mais avant ça…
- Tu veux essayer autre chose.
- Et je ne veux le faire avec personne d'autres que toi, Usopp. »
Lentement, j'approche mes lèvres des siennes et je l'embrasse timidement. C'est un baiser court et chaste et je sens ses doigts se refermer sur ma ceinture. Il ferme les yeux un instant et soupire d'aise quand je m'éloigne. Puis il rouvre les yeux et sourit avant de passer une main dans ma nuque pour m'approcher à nouveau de lui. Cette fois, c'est sa langue qui caresse mes lèvres et moi qui soupire. Il en profite pour approfondir le baiser. Nos bouches se collent et nos langues se découvrent. À mon tour, je ferme les yeux et je savoure ce baiser. Le premier d'une longue série.
Depuis combien de temps sommes nous là, à nous embrasser, nos corps pressés l'un contre l'autre, nos mains errant par dessus nos vêtements ou dans nos cheveux ? J'adore le goût des lèvres d'Usopp, et je ne m'en lasse pas. Il faudrait que je demande à Sanji s'il s'agit de gourmandise ou de luxure. Je délaisse finalement ses lèvres si douces et commence à embrasser son visage, sa mâchoire, son cou. Il laisse sa tête tomber en arrière contre le mur, m'offrant plus de place pour passer ma langue sur sa peau. Il soupire mon nom et je relève les yeux. Les siens sont clos, ses joues sont roses, son souffle est court et ses lèvres entrouvertes appellent les miennes. Ses mains sont accrochées à mes épaules alors que les miennes ne quittent pas son dos. Je vais poser de nouveau mes lèvres sur les siennes quand on frappe à la porte.
« Luffy, ton père te demande.
- J'arrive, merci Sanji. »
Usopp regarde la porte avec étonnement. J'embrasse sa joue et passe ma main dans ses cheveux avant de m'écarter. Ses yeux, maintenant suspicieux, se posent sur moi alors que je réajuste ma tenue. Je lui souris.
« Quoi ?
- Ton serviteur t'appelle par ton prénom et te tutoies ?
- Sanji n'est pas vraiment un employé. C'est plus compliqué que ça.
- Il a quelque chose à voir avec ton cousin sorti de nul part ? »
Je ne réponds pas tout de suite, continuant à remettre ma tenue en place alors qu'il commence à en faire de même. Il est particulièrement clairvoyant, dit donc. Comment puis-je répondre à cette question ? Je ne sais pas vraiment mentir donc il est difficile pour moi de répondre à une question directe sans être franc. Je détourne les yeux et je suis certain qu'il note cette réaction, c'est un expert du mensonge, lui. Je soupire.
« Sanji et Zoro sont particuliers, tu as raison. Ils sont l'opposé l'un de l'autre et leur rôle est de m'épauler. Ils sont là depuis quelques années déjà mais ils ne pouvaient pas se montrer. La situation actuelle est vraiment compliquée et je ne peux pas te donner plus de détails, je suis désolé… Tu dois juste savoir que j'ai une totale confiance en eux et qu'ils ne chercheront jamais à me nuire. »
Usopp devra se contenter de ça. J'ouvre la porte et je repère Sanji un peu plus loin en train de terminer le dressage des desserts. Miam ! Il me lance aussitôt un regard noir que je désamorce avec mon grand sourire. Il détaille un instant Usopp et je vois bien qu'il essaie de savoir ce que nous avons fait. Pourtant il devrait avoir compris que je ne veux pas le mettre en danger. Je m'approche d'un plateau et il me réprimande en m'indiquant une autre assiette où je peux me servir. J'avale deux tartelettes en riant puis je retourne dans la salle, suivi d'Usopp qui n'a pas dit un mot.
Ace et Marco sont toujours devant la porte et je peux clairement voir que la main de mon frère disparaît dans le pantalon de son ami. Je lui donne un autre coup de coude en passant alors que Usopp rougit furieusement et je lui fais remarquer qu'il a des appartements privés dans le château. Ace m'ébouriffe les cheveux et sort enfin son autre main des vêtements de son amant. Il me lance une œillade et ils quittent la soirée. J'aimerai bien faire de même avec Usopp mais c'est encore trop tôt. Et puis j'ai des obligations.
Je m'avance vers notre table et je remarque de Nami est assise sur les genoux de Zoro qui a une main sous sa robe et l'autre dans ses cheveux. Ils parlent et rigolent mais leurs lèvres sont tellement proches que c'est clairement provocateur. Robin est de nouveau tournée vers Franky et Vivi a quitté la table pour rejoindre son frère un peu plus loin. Je n'aurais peut-être pas dû dire à Nami que le démon était mon cousin, elle le considère sûrement comme un bon parti sur lequel elle s'est empressée de mettre le grappin. Nous revenons à notre table et, alors que Usopp reprend sa place près de Franky, je me penche à l'oreille du démon.
« Ne va pas trop loin, Zoro. Nami est la fille d'un haut conseiller de la cour, tu le sais.
- Je sais ce que je fais, Luffy, elle restera intacte.
- Alors, allez ailleurs. »
Il fronce les sourcils, il aurait préféré continuer à aguicher Nami sous les yeux de Sanji mais il s'agit du mariage d'un prince du royaume, il ne peut pas se permettre d'avoir une telle attitude plus longtemps alors qu'autant de nobles sont réunis. Et puis, l'ange va probablement rester caché en cuisine tant que Zoro continuera son cinéma. Franchement, c'est à moi de faire le ménage et de virer ceux qui fricotent trop ouvertement, ou quoi ? Zoro me fait signe qu'il a compris et se penche dans le cou de Nami, probablement pour l'inviter dans sa chambre. Ai-je raison de faire confiance à un démon ? Probablement pas mais il est clair que Zoro préfère les hommes alors j'ai envie de croire que mon amie ne sera pas déshonorée par ma faute… Tout ça pour faire sombrer Sanji dans l'Envie…
Je soupire et m'éloigne de la table pour me diriger vers mon père. Il trône un peu à l'écart et quand il me voit approcher, il congédie aussitôt tous ceux qui discutaient avec lui. Conversation privée, donc. Je m'incline devant lui, comme le veut le protocole en public, et m'installe sur le siège qu'il me désigne. Je ne les vois plus mais je suis certain que Shanks et Mihawk sont sur ses épaules. Il attaque directement le fond du problème :
« Luffy, as-tu bien compris pourquoi tes frères ne peuvent pas prétendre au trône ?
- Parce que les lois l'interdisent et que vous ne prévoyez pas de les changer.
- Surveille tes paroles, fils.
- Excusez moi, Père. »
Le reproche ne lui a pas plu, apparemment. J'ai été trop direct et je suis certain que Sanji m'aurait engueulé s'il m'avait entendu. Mon père se tait en survolant la salle du regard puis il pose ses yeux sur la mariée. Elle est très belle dans sa robe brodée mais il est évident qu'elle est mal à l'aise. Il s'agit d'un mariage d'apparat et sa famille, trop pauvre, n'a pas été conviée. Sabo m'a dit qu'une autre fête serait organisée quand ils auront emménagé à la campagne et qu'à celle-ci les nobles ne seraient pas les bienvenus. Juste retour des choses mais triste réalité. Mon père est toujours silencieux et je devine qu'il attend ma réponse à sa question.
« La stérilité et la pauvreté sont des tares que la couronne ne peut se permettre d'arborer. Tout comme l'homosexualité.
- Juste. Il n'est pas interdit à un prince de faire ses expériences mais aucun de tes frères ne démord de ses choix. Aucun d'eux ne veut prendre une femme officielle et cacher l'être qu'ils aiment.
- Je ne souhaite pas les blâmer pour ça.
- Comptes-tu prendre le même chemin qu'eux avec cet ami au long nez ?
- Non, père. Usopp entre dans la catégorie des expériences… Et s'il devenait plus important, je ne faillirai pas pour autant à mon devoir. Il le sait.
- Je suis heureux de l'entendre… Je vois que tu as abandonné ta favorite à ton démon, ce soir. As-tu changé d'avis à son sujet ?
- Mes… conseillers… sont tombés d'accord pour me faire revoir mon opinion à son sujet. »
Mon père rit et je vois quelques regards se tourner vers nous. Malgré le sérieux de la conversation, mon sourire n'a pas quitté mon visage et nous offrons probablement un beau spectacle d'entente entre le roi et son nouvel héritier. Une image parfaite en ce jour particulier.
« As-tu fais ton choix, alors ?
- Je pense mais je ne lui en ai pas encore parlé.
- Peux-tu me dire de qui il s'agit ?
- Bien sûr. Si c'est diplomatiquement possible et profitable… la princesse Vivi.
- Oh ! C'est un choix intéressant, fils. Veux-tu que j'explore la question ?
- Sans qu'elle le sache, oui, s'il vous plaît. Je préfère évoquer le sujet en privé avec elle avant de passer par les voies officielles. Je sais que ça n'est pas conventionnel mais… les temps changent.
- Accordé. »
Je me retourne dans mes draps en gémissant. Les rideaux sont mal fermés et la lumière du matin m'éblouit. J'aimerais dormir un peu plus mais je sens que je me réveille, quelque chose m'empêche de me laisser sombrer, un besoin important, impérieux…
« J'ai faim… »
- Franchement, Luffy ! Comment peux-tu avoir faim avec ce que tu as mangé hier soir ?
- Manger c'est bien, mais dormir c'est mieux.
- Tais-toi Marimo, entre un péché et un autre, franchement…
- Tu me cherches, Sourcils en vrille ?
Ils ne sont plus avec moi en permanence, mais je suis capable d'imaginer la conversations qu'ils auraient. C'est vrai que j'ai fait honneur au buffet, hier soir. Ce n'est pas tous les jours qu'on a un frère qui se marie. Mais ça n'empêche pas que j'ai la dalle. Je me demande s'il reste du gâteau. Ah non, je crois que je l'ai terminé. Comme l'île flottante et la glace. Mince ! J'espère que les cuisiniers sont réveillés. Bah, en fait, ça ne fait aucun doute, Sanji est sûrement déjà en cuisine.
D'un bond, je me lève et j'enfile un t-shirt et un short par dessus mon boxer. Je prendrai une douche plus tard, il y a plus pressé. Ça ferait assez mauvais genre que je croise qui que ce soit dans cette tenue mais je suis certain que tout le monde dort. D'un pas sautillant je dévale les escaliers et me dirige vers les cuisines. Mais au moment où je vais pousser la porte, j'entends des voix. Curieux, je glisse un œil. À ma grande surprise, Zoro est là. Ce n'est pas un lève tôt en général mais vu sa tenue, je suppose que c'est parfaitement calculé. Il est torse nu et son corps est couvert de marques de griffures et de… ce sont des bleus ? Qu'est-ce qui peut faire ces marques rouges ? Il s'est battu ? Sanji vient visiblement de se tourner vers lui et, comme moi, il analyse l'état du corps de Zoro. Il semble comprendre mieux que moi parce que sa main se met à trembler alors qu'il fusille le démon du regard. Sa voix est chargée de haine et de mépris quand il prend la parole.
« Tu as osé ?
- Je ne l'ai pas forcée, cuistot du dimanche.
- Je… Mais… Nami est…
- Noble et doit rester vierge. Je le sais, sombre abruti.
- Et pourtant, tu as osé coucher avec elle ? Je sais bien que tu es un démon mais… tu es pire que je ne le pensais. Je… je suis déçu !
- Oh ! Calme toi ! Elle était consentante et je dois t'avouer que c'était une vraie furie. J'ai rarement eue une partie de jambes en l'air aussi…
- Mais tais-toi donc, espèce de taré ! Tu vas te vanter de ton méfait en plus ? Tu n'as donc aucun honneur ? Tu t'es joué d'elle, tu l'as trompée, tu t'es fait passer pour un autre et tu as… Tu as…
- Tu es jaloux, Cook ? Tu m'envies, n'est-ce pas ? Ça n'est pas qu'une question d'honneur ou de désaccord, n'est-ce pas ? Tu aurais aimé être moi, hier soir, tu aurais aimé sentir ses doigts sur ton corps et ses lèvres sur les tiennes… »
Sanji semble totalement perdre ses moyens. Lui qui envoie toujours facilement balader Zoro, là il tremble, il regarde ailleurs, il a un visage misérable. Le démon, lui, s'est approché au point que leurs nez se touchent. Et avant que je ne m'en rende compte il est en train d'embrasser son vis à vis. Le baiser dure un certain temps et je vois parfaitement bien que l'ange ne résiste pas. La main du sabreur passe sur sa chemise et caresse son ventre. Sanji ne réagit toujours pas, il a les yeux clos et j'ai l'impression de voir briller des larmes au bord de ses cils. Leurs lèvres se séparent et j'apperçois un filet de bave entre leurs deux bouches. Ça me fait penser aux baisers que j'ai échangés avec Usopp hier soir, c'était trop bien, je suis pressé de recommencer ! Zoro se penche vers l'oreille du cuisinier. J'ignore ce qu'il dit mais je vois Sanji rougir terriblement. Le contraste avec sa peau blanche est incroyable. Il s'accroche au plan de travail derrière lui pour ne pas tomber à terre. Dans un brusque élan, il repousse Zoro et le détaille, haletant. Son regard s'arrête immanquablement sur les marques qui parsèment le corps du démon.
« Je croyais que… que tu étais… enfin, que tu préférais… les hommes.
- Assurément. Mais réfléchis un peu. Comment font les jeunes femmes dépravées comme Nami pour préserver leur hymen jusqu'au mariage ? Tu es trop naïf, Cook. La femme est un homme comme les autres, un cul reste un cul.
- Sors de ma cuisine ! »
L'ange semble encore affaibli par ce qu'il vient de se passer mais son regard s'est raffermi et son ton est sans appel. Zoro lui sourit et se détourne pour sortir. Il croise mon regard alors que je recule brusquement de l'embrasure de la porte. J'ai l'impression d'avoir vu quelque chose que je n'aurais pas dû voir. Le démon sort de la pièce et se plante devant moi avec un sourire entendu. Il passe sa main dans mes cheveux.
« Nami n'était vraiment pas faite pour toi.
- Tu as… couché avec elle.
- Oui, il fallait que ça soit réel pour qu'il m'envie vraiment. Et je t'assure qu'il vient de perdre pied…
- L'envie… Est-ce si grave ?
- Tu en parleras avec lui, je te le laisse. Si je reste plus longtemps, je vais lui sauter dessus et nous avons besoin qu'il soit consentant… »
