Note de l'auteur: Hello, voilà le chapitre avec deux jours d'avance! N'étant pas sûr de pouvoir publier j'ai préféré publier en avance qu'en retard... Le prochain sera normalement pour le 17 juillet. Depuis le chap 88, je repasse à une publication quotidienne si tout se passe bien! Bon été à tous!

Et si tout était différent

Chapitre 85

Un anniversaire en temps de guerre

Harry ne pouvait détacher son regard de son parrain. Il était assis sur le fauteuil du salon et profitait de ces quelques instants de repos après leur défi « décoration ». À leur retour, il avait craint que Sirius ne se mette à raconter quelque chose à propos de Judith à Remus. Il ignorait pourquoi mais l'idée que son parrain parle de la jeune fille comme d'un futur rencard pour Harry le mettait mal à l'aise. Cependant, Sirius n'avait pipé mot à ce sujet. Il avait simplement dit que Harry avait finalement trouvé un cadeau pour James sans rien développer de plus. Mais l'adolescent avait senti le regard que son parrain posait sur lui. Quelque chose le gênait et il ignorait quoi. Il fixa le mur devant et se perdit dans ses pensées. Peut-être que Sirius avait raison, peut-être que Judith lui plaisait. Cette idée commença à se former dans la tête de l'adolescent quand le rire des maraudeurs le sortit de sa torpeur. Il se tourna vers eux et vit leur regard amusé posé sur lui.

-Quoi ? grogna l'adolescent ?

-Rien, répondit Sirius.

-Pourquoi vous rigolez ?

-Calme, Harry !

-Sirius ! ordonna Harry, craignant ce que son parrain avait pu raconter pour les faire rire.

-Pas besoin de te mettre sur la défensive, se moqua Sirius.

-On rigolait simplement parce que tu semblais être dans ton monde, perdu dans tes pensées, expliqua Remus.

-Remus, c'était plus rigolo avant que tu ne donnes la réelle explication de ce fou rire, ronchonna Sirius.

-Tu n'as pas vu son regard ? Si ses yeux lançaient des sorts, tu ne serais plus là !

-Tu crains quelque chose de ma part, mon cher filleul adoré ? minauda Sirius, moqueur.

-Non. Je devrais ? répliqua Harry en espérant que son parrain n'allait pas le provoquer en insinuant trop de choses à propos de la jeune fille.

-Non. Rien de ce que je pourrais dire ne te causerait du tort.

-Je vais ranger les cartons ! répliqua Harry, coupant court à la discussion.

Il quitta le salon, laissant les deux maraudeurs seuls et surpris.

-C'était quoi ça ? demanda Remus.

-Rien.

-Sirius ! Qu'est-ce que tu ne devrais pas dire ?

-Je ne peux pas te le dire.

-Tu n'arriveras pas à te taire longtemps.

-Attends encore quelques heures alors !

-Quelques heures, c'est long, songea Remus.

Peu avant l'arrivée de James, Kingsley et Tonks arrivèrent au manoir. Remus attendait avec impatience l'arrivée de James, non seulement pour fêter l'anniversaire de son ami mai surtout pour savoir ce qui se tramait entre Sirius et Harry. Il restait convaincu que quelque chose s'était produit durant leur après-midi au village, même si son meilleur ami ne voulait rien dire.

Lorsque James arriva, il découvrit, sans réelle surprise, son manoir décoré. Des guirlandes affichant en lettres lumineuses « HAPPY BIRTHDAY » se baladaient le long des murs. Des ballons gonflés se promenaient contre le plafond. Sur la table passe, plusieurs plateaux remplis de canapés et autres amuse-gueules y avaient été déposé. À l'instant où il passa le pas de porte, il fut accueilli par un « Surprise ! » général. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il échangea un regard amusé avec son meilleur ami qui se levait déjà pour lui mettre dans la main une flûte de champagne.

-Joyeux anniversaire !

-Merci.

-Tu ne t'y attendais pas, hein ? murmura Sirius.

-J'y ai pensé.

-T'auras quand même des surprises, sourit Sirius tandis que James saluait et remerciait les invités.

Il félicita son fils pour avoir réussi à feindre de n'être au courant de rien sans sembler retenir des sourires amusés. Derrière eux, les deux maraudeurs tentaient de masquer leur fou rire. Lorsque James se détourna de Harry pour parler avec les deux aurors, l'adolescent foudroya du regard son parrain et Remus. Des sourires amusés lui revinrent en retour.

-Je n'ai pas joué la comédie, j'ignorais vraiment ce qui se passait aujourd'hui, grommela Harry à son parrain.

-Cesse de râler. Ça ne lui plairait pas.

-À qui ? demanda suspicieusement Harry.

-À ton avis ?

-Sirius !

-Judith. Les filles n'aiment pas les grincheux.

-J'avais compris que tu parlais d'elle. Arrête d'en parler. Ils vont entendre.

-Tu as des choses à cacher ?

-Je ne veux simplement pas que tu ailles raconter de fausses histoires.

-Tu lui as filé rencard, rappela Sirius.

-JE NE LUI AI PAS DONNÉ DE RENCARD ! s'écria Harry sans réaliser qu'il venait d'élever la voix.

Un « oh » de compréhension s'échappa silencieusement de Remus qui comprit le secret entre le parrain et le filleul. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Il ignorait comment Sirius avait réussi à se contenir durant la fin de l'après-midi. Avec amusement, il vit le visage de James s'étonner tandis qu'il se retournait vers son fils et son meilleur ami pour comprendre ce qu'il venait d'entendre.

-Tu as donné un rencard à qui ?

-À une fille, répliqua Sirius comme si la réponse allait de soi tout en levant les yeux au ciel dans une mimique amusée.

-Je ne lui ai pas donné de rencard, répéta Harry d'une voix plus calme.

-Quelle fille ? coupa James.

-Aucune fille.

-Sirius ?

-Arrêtez de me regarder comme ça ! Harry me lance des regards menaçants depuis cet après-midi. Ne me regarde pas avec cet air interrogateur, James.

-C'était donc ça. Une fille, rigola Remus.

-Ça ? Ça quoi ? répéta James qui voulait comprendre.

-J'ai discuté deux mots avec une fille lorsqu'on a quitté la maison cet après-midi avec Sirius. Hors des protections, précisa l'adolescent, trouvant la faille pour donner le changer avec son père.

-Vous êtes sortis ? répéta James de plus en plus perdu.

-Il… commença Sirius.

Il s'arrêta, songeant que son meilleur ami n'avait pas besoin de savoir que Harry ignorait jusqu'à aujourd'hui que c'était son anniversaire et qu'il avait tenu absolument à trouver un cadeau pour James.

-C'était mon idée. Pour nous… dépoussiérer, finit-il peu convaincu.

-Vous dépoussiérer ? répéta James sous les sourires amusés de Remus et les deux aurors.

-Prendre l'air ailleurs que dans le jardin. On est allé qu'au village, précisa Harry qui venait de comprendre que Sirius tentait de trouver une excuse pour ne pas expliquer les détails de l'organisation peu réussie de la fête surprise. Et là, j'ai rencontré une fille. Dans une boutique. Elle est vendeuse. On a discuté. J'ai laissé entendre qu'elle pourrait venir ici, termina l'adolescent en échangea un regard avec les deux maraudeurs.

-Tu lui as donné un rencard ? Rapide, rigola James.

-Ce n'est pas un rencard.

-Pour une fille, quand un garçon l'invite chez lui, c'est qu'il ne veut pas juste la voir pour prendre un thé, expliqua Tonks, seule femme présente.

-On discutait et c'est venu dans la conversation.

-Vraiment ? sourit James.

-Plein de rumeurs circulent dans le village à propos du manoir. Je lui ai dit que si elle voulait savoir la vérité, il fallait venir.

-C'est un rendez-vous, concéda Remus.

-J'avais raison, sourit Sirius.

-Non ! Personne ne m'écoute ?

-Mais si elle est moldue, tu vas devoir trouver une bonne excuse vu que c'est un sort qui crée l'illusion du manoir en ruine, rappela Tonks.

Harry ouvrit la bouche et la referma aussitôt. Il se laissa tomber sur le fauteuil, désespéré.

-Tu n'as même pas eu besoin de le dire, grogna-t-il à son parrain qui lui répondit par un grand sourire.

Alors que Sirius allait répliquer quelque chose en souriant, ils se virent assailli par trois patronus identiques. Les deux premiers se postèrent devant Kingsley et Tonks.

-Urgence, attaque de mangemorts au nord de Londres dans un festival moldu ! Besoin de renforts !

La voix de Maugrey résonna en double dans le salon. Les deux patronus fixaient leur destinataire puis à la fin du message, ils disparurent.

-Pourquoi il ne te dit rien ? s'étonna Harry en regardant son père puis le troisième patronus qui était resté silencieux.

Convaincus que le dernier message était celui destiné à Tellerino, ils étaient surpris que l'annonce ne soit pas refaite. James allait répondre que le patronus devait peut-être se retrouver devant le corps de Tellerino mais le message se révéla, les surprenant tous au passage.

-Remus, Sirius, une attaque de mangemorts a eu lieu ce soir. Venez immédiatement au quartier général de l'Ordre, ordonna la voix de Maugrey.

-Après deux semaines de lutte pour avoir l'autorisation d'aller souper chez Remus, Dumby ne me la donnera plus jamais, grogna Sirius. Pourquoi y aller ? On va devoir attendre bêtement dans cette stupide maison.

-Pourquoi est-ce que tu n'as pas reçu de message ? coupa Tonks en regardant James qui ne répondit pas, réalisant peu à peu ce que signifiait l'absence de message à son attention.

-James ne doit plus être obligatoirement au courant de tout ce qui se passe au Département des Aurors. Maugrey a fait le choix de le mettre délibérément à l'écart, répondit Kingsley.

-Pour me protéger peut-être, tenta Harry.

-Non. Pour être sûr de ne plus se retrouver comme simple auror, afin de s'assurer qu'il ne se retrouvera plus jamais sous les ordres de Tellerino.

-Et dans ce cas précis, ça m'arrange, avoua James lentement. Je n'aurais pas à réfléchir pour être Tellerino et l'inconnu. Je peux y aller qu'en étant l'inconnu.

-J'y vais d'abord avec Tonks. Viens peu après, proposa Kingsley.

Dans un hochement de tête, James confirma sa présence. Les deux aurors transplanèrent sur le champ de bataille. Malgré les remarques négatives de Sirius, Remus réussit à le faire retourner au Square Grimmaurd.

-Joyeux anniversaire, James, rigola Remus. On essaiera de passer après la réunion pour manger une part de gâteau.

-C'était trop parfait pour que ça reste dans cet état éternellement, salua James. Ne t'inquiète donc pas pour le gâteau. Il en restera demain, promit-il en souriant.

-Avec Sirius ? Permet-moi de douter de la durée de vie de ce gâteau. Bonne chance, dit-il avant de se tourner vers Harry pour le saluer. Bonne chance avec ta future copine.

-Je ne la connais pas !

-Tu apprendras à la connaître par la suite.

-Remus ! J'ai déjà assez à démentir avec ce que Sirius et maintenant mon père disent pour que tu en rajoutes.

-Il fallait m'en parler cet après-midi pour gagner un allié.

-Remus, on ferait bien d'y aller, rappela Sirius, le visage sombre. J'en peux plus de jouer la comédie, murmura-t-il sans voir le mince sourire se dessiner sur le visage de James.

Les deux maraudeurs quittèrent le manoir pour retourner à contre-cœur vers les membres de l'Ordre du Phénix. Ne se retrouvant plus que le père et le fils au salon, James se tourna vers son fils.

-Je reviens vite. Sois sage, ajouta-t-il avec un clin d'œil, provoquant un soupir chez l'adolescent.

-Va, grinça Harry.

Dans le salon vide, avec toutes les décorations multicolores, Harry se sentit bien seul. Il attrapa au passage Neve Nere qui avait osé s'aventurer près de lui et le posa sur ses genoux. Il fixa la banderole scintillante qui s'illuminait en toutes lettres dans un « Happy Birthday ». Il songea alors que son propre anniversaire avait lieu une semaine plus tard.

-Samedi prochain, j'aurai seize ans…

Sirius allait-il oser lui refaire une fête surprise ? La question effleura l'esprit de l'adolescent qui ignorait comment la fête pourrait être une surprise s'il se trouve dans le manoir toute la journée et qu'il voit la préparation de la fête. Il savait que Glorfi allait lui préparer un magnifique gâteau et d'après ce qu'il avait entendu de Sirius, les bougies n'étaient jamais oubliées. Mais qui pourrait être présent ? Les mêmes personnes qui étaient venus ce soir ? Harry avait l'envie d'avoir Ron et Hermione pour fêter son anniversaire avec lui, mais malgré le fait qu'ils arrivaient discrètement à venir au manoir l'après-midi en compagnie de Sirius, il doutait fortement qu'un samedi, Molly ne remarque pas l'absence de son fils et d'Hermione. L'espoir d'avoir Ron et Hermione auprès de lui était fort peu probable.

Soudainement, un nouveau visage se matérialisa devant ses yeux. La vision de Judith lui donna la sensation que Sirius avait plus raison qu'il ne voulait l'admettre concernant la nature de l'invitation. Pourquoi devait-il penser à une quasi inconnue alors qu'il réfléchissait aux personnes qu'il aurait voulu voir à son anniversaire ? Une petite voix dans sa tête lui rappela que Sirius avait peut-être raison et qu'il voulait la revoir.

Et plus encore… murmura cette petite voix que Harry chassa immédiatement de son esprit en réalisant le sous-entendu.

Cependant, Harry devait s'avouer qu'il la trouvait vraiment jolie. Il songea à Cho qu'il avait également trouvée mignonne. Il réalisa alors que son cœur battait la chamade rien qu'au souvenir de Judith tandis que le visage de Cho ne lui provoquait aucune sensation et semblait fade, sans émotions. Il secoua sa tête afin de faire fuir ses pensées. Il ne devait pas espérer quelque chose avec la jeune fille. Il n'avait pas réellement le droit de sortir et bientôt, il retournerait à Poudlard et ne la reverrait plus.

Il était perdu dans un monde imaginaire lorsque James rentra vêtu du long manteau à capuche noire, uniforme de l'inconnu. Il ne remarqua pas sa présence. Il s'imaginait discutant simplement au bord d'une terrasse à Londres en savourant une glace avec Judith. Il mordit sa lèvre inférieure en voyant sa main s'approcher de celle de la jeune fille. Les rouges rougies, il n'osait croire qu'il s'imaginait caresser la peau qu'il imaginait douce de la jeune vendeuse moldue.

-Harry ?

La voix de James le ramena à la réalité. Il sursauta et leva un visage surpris vers celui qui avait osé interrompre ce moment rêvé.

-Je te dérange ? demanda James en retenant à grande peine un sourire amusé.

-Non. Pourquoi est-ce que tu me dérangerais ? Je m'étais simplement… assoupi.

-J'ai vu ça, concéda son père qui avait compris qui habitait les pensées de son fils à cause du sourire niais qui s'était figé sur ses lèvres.

-Tu as fait vite, remarqua l'adolescent qui espérait changer rapidement de sujet.

-Les mangemorts prennent la fuite en me voyant. J'en ai attrapé deux et dès que j'en ai stupéfixé un, leur chef a ordonné de se replier. J'ignorais être si terrifiant. Une part de gâteau ?

-Pourquoi pas.

Glorfi apporta le magnifique gâteau. Une tranche fut coupée pour chacun. Le savoureux goût chocolaté était une récompense après cette longue journée. Dans un silence religieux, ils mangeaient.

-Comment as-tu su que maman était la femme de ta vie ? demanda soudainement Harry qui pris son père au dépourvu.

-Je l'ai toujours su, répondit James après quelques instants.

Il se retint d'interroger son fils sur ce qu'il pouvait ressentir pour la jeune fille qu'il avait rencontré aujourd'hui. Il se doutait que ce n'était pas le fruit du hasard s'il posait la question après cette rencontre. Il fronça les sourcils, réalisant pour la première fois ce que signifiait ce jour pour lui et Lily. Avec incrédulité, il réalisa qu'il n'avait jamais fait le lien.

-La première fois que j'ai croisé le regard vert de ta mère, j'ai su que jamais je ne pourrais tomber amoureux de quelqu'un d'autre qu'elle, continua-t-il. C'était il y a 25 ans, jour pour jour.

-Tu te souviens du jour, s'étonna Harry.

-C'était mon anniversaire, se rappela James. Je me souviens l'avoir rencontré le jour de mes onze ans. Sur le chemin de traverse. Elle y venait pour la première fois avec ta grand-mère. Elles nous ont abordés en voyant qu'on connaissait parfaitement l'endroit et qu'elles, elles étaient complètement perdues. J'ai su sans le réaliser que Lily était la seule femme que j'aimerai.

-Qu'est-ce qui te fait dire que lorsque tout cela sera terminé, tu ne rencontreras pas quelqu'un d'autre ? En Italie, aucune fille ne t'a tapé dans l'œil ?

-Pour ce qui se passera après, c'est trop incertain pour y songer. Et dans tous les cas, ça m'étonnerait que je puisse retomber amoureux. Pour ce que j'ai fait en Italie… euh… j'ai rencontré quelques filles quand j'allais boire un verre avec quelques collègues après le boulot. Mais elles rencontraient Tellerino et je n'étais pas celui qui allait les draguer. Elles venaient d'elle-même, ajoutait-il, gêné de parler de ces soirées-là avec son fils.

-Et tu acceptais, finit Harry.

-Tu peux te sentir coupable, seul, être encore amoureux de ta défunte femme mais même avec tout ça lorsqu'une jolie jeune femme t'aborde, il arrive que tu cèdes.

-Pourquoi est-ce que Tellerino n'aurait-il pas eu le droit d'avoir une petite amie ? demanda surpris Harry. Ou simplement toi.

-Tellerino ne pouvait pas sortir avec une femme. Jamais je n'aurais pu feindre être quelqu'un d'autre et sortir avec une femme. Et moi, je ne me remettrais jamais avec une autre femme, conclut James devant le regard insistant de son fils. Et toi ? Pourquoi ne pas sortir avec Judith ? Après tout, tu n'as ni fausse personnalité, ni perdu ta femme.

-On parlait de toi, rappela Harry.

-On peut changer de sujet, accepta James amusé. Pour conclure le sujet sur les amours de ton père, c'est simple il n'y a et il n'y aura que Lily pour laquelle mon cœur a vibré.

-Et moi je suis trop jeune pour savoir si Judith est la femme de ma vie ou pas, rétorqua l'adolescent dont les joues s'empourpraient.

-Je demandais simplement si sortir avec elle ne t'intéresserait pas. Je n'insinuais pas que tu allais passer ta vie avec elle. Il est peut-être un peu tôt pour le savoir…

-Dixit l'homme qui a croisé le regard de ma mère et qui a su que c'était la femme de sa vie à onze ans, se moqua Harry.

-Retourne la voir et propose lui d'aller boire un verre.

-J'ai le droit de sortir, maintenant ? s'étonna Harry dubitatif.

-Garde Neve Nere près de toi, concéda James en souriant. Mais soit sûr qu'elle te plaît si tu veux la voir plusieurs fois et même l'amener ici. Le manoir est ensorcelé et pour une moldue, une explication plausible serait dur à trouver.

-Elle m'a dit que sa mère et sa grand-mère y étaient venues.

-Ici ?

-Ouais, sa mère, si j'ai bien compris, venait faire du babysitting.

-Oh.

-Quoi ? Tu sais quelque chose ?

-Harry, cette maison n'a été habité que par des Potter. Si ce n'était pas ta baby-sitter, c'était ma baby-sitter.

-Tu penses vraiment que sa mère te connaît ?

-Je n'ai eu qu'une seule baby-sitter. Donc si sa mère venait faire du babysitting ici, c'était pour moi. Sa grand-mère venait souvent prendre le thé avec ma mamie. C'était la seule, ou une des seules personne du village qui connaissait la vérité sur le monde sorcier et sur la famille Potter. Sa mère ne l'a jamais réellement su, je crois.

-Le monde est petit. C'est bizarre de se dire que sa mère te gardait quand tu étais petit !

-La pauvre, rigola James.

Harry sourit à son tour. Il ne répondit rien. Songeant qu'il pouvait peu-têtre espérer revoir Judith, et espérer plus. Sa famille était déjà venue au manoir et avait donc déjà vu l'effet du sort. Un signe ! Peut-être que le destin voulait lui faire comprendre qu'il pouvait croire en elle. Il ne vit pas le regard que lui jetait James.

Ce dernier ne pouvait s'empêcher d'observer son fils et de remarquer un changement d'attitude depuis son arrivée. Il y a quelques semaines, il portait le destin du monde sur ses épaules et ne pensait qu'à la guerre. Aujourd'hui, il osait vivre comme tout adolescent. Il pouvait laisser les adultes se perdre dans des délires belliqueux. Il y a quelques semaines, il serait rentré et Harry l'aurait interrogé pour connaître tous les détails de l'attaque, détails quasi inexistants pour une attaque qui fut terminé dès son arrivée. Mais l'adolescent restait perdu dans son délire amoureux, dans ses pensées si propre aux premières amours. Son retour dans la vie de son fils lui offrait une vie sans les soucis omniprésent.