Anonyme: Merci pour ta review. Non, Sirius et James ne vont pas se mettre ensemble. Pour l'anniversaire d'Harry, je ne dirai rien! Concernant Sirius et un plausible déménagement, je ne peux là encore rien te dire si je ne veux rien dévoiler. Pour Judith, c'est une moldue, rien de magique, une jeune fille comme on peut en croiser dans la réalité. Bonne lecture!
Et si tout était différent
Chapitre 86
Judith
La pluie avait obligé les trois adolescents à rester coincés à l'intérieur de la maison. En effet, Ron et Hermione avaient réussi à échapper à Mrs Weasley ainsi qu'au restant de la famille. Ils avaient donc décidé d'accompagner Sirius et de rendre visite à leur meilleur ami. Pendant une semaine, Hermione n'avait pu avoir des nouvelles de son meilleur ami. Dès que Mrs Weasley leur apprit qu'elle partait pour la journée avec Ginny, la jeune femme s'était tourné vers Ron, et d'un commun accord visuel, avaient décrété rendre visiter à Harry. C'est assis sur son lit, ses devoirs éparpillés autour de lui qu'elle le retrouva. En les entendant arriver, il leva la tête et un sourire étincelant se dessina sur son visage. Heureux de se retrouver, ils s'installèrent tous les trois sur le grand lit de Harry. Hermione observa son meilleur ami. Depuis son arrivée au manoir Potter, elle rencontrait un nouveau Harry. Plus heureux qu'elle n'avait jamais vu l'ancien.
-Tu as eu des échos de l'attaque de vendredi ? demanda Ron, curieux.
-Peu. Je crois qu'il n'y avait simplement rien à redire. Mon père est arrivé et les mangemorts ont pris la fuite.
-Et sur l'Ordre ? Sirius et Remus ont-ils dit quelque chose ? Personne ne nous dit rien. Pourtant, on était au ministère, s'impatienta Hermione.
-Rien d'intéressant n'est dit lors des réunions. Après l'attaque, ils ont parlé pendant une grande partie de l'identité de l'inconnu.
-Tu ne crois pas qu'à toi, ils en parleraient ? tenta Hermione.
-Non. Pas même à moi. Notre seul moyen d'information, ce sont nos espions.
-Mais on ne peut rien faire, gémit la jeune femme.
-Ce n'est pas à nous de le faire, répondit Harry, se surprenant lui-même. Pour l'instant, on ne peut rien faire. Tant que Ravenna est toujours vivante, la guerre sera sans fin, maugréa-t-il.
-Dumbledore veut qu'on t'invite pour ton anniversaire, décréta Ron, changeant légèrement de sujet.
-Pour mon anniversaire ? répéta Harry en grimaçant.
-Tu ne veux pas venir ? On comprendrait. Maintenant que tu connais les vrais plans de Dumbledore… ajouta le rouquin.
-Ce n'est pas que je ne veux pas venir, c'est juste que j'espérais passer mon anniversaire avec mon père, Sirius, Remus et avec beaucoup de chance, avec vous deux. J'aimerais…
-Tu n'es pas invité le 31 mais le 1er août. Dumbledore sera là aussi. Mes parents doivent en parler avec « Tellerino » pour avoir l'autorisation. Mon père devait y aller aujourd'hui.
-Alors je serai là.
-Tu verras, c'est dur de ne rien dire aux autres, ajouta Hermione. Avec Ron, on a de plus en plus de peine à ne pas parler de la vérité à Ginny ou même aux jumeaux, expliqua-t-elle.
-J'imagine.
-Sirius n'est plus là ? s'étonna Hermione tandis qu'ils descendaient à la recherche des cookies « maison » de Glorfi.
-Il dort.
-En plein après-midi ?
-C'était la pleine lune hier soir. Et avec mon père, ils ont accompagné Remus.
-Il dort ici ? demanda Ron de plus en plus surpris.
-Sûrement. Dans la chambre de mon père…
-Quoi ? le coupa brusquement son meilleur ami.
-Il dort toujours là. Il n'est jamais au Square Grimmaurd la nuit, avoua Harry.
-Ce n'est pas bizarre ?
-Ils ne font pas de cauchemar quand ils dorment ensemble. Il n'y a rien d'ambigu, précisa-t-il en arrivant au salon les bras chargés de cookies et d'un verre de lait.
Ils continuèrent à discuter en toute simplicité au salon. Depuis qu'ils se connaissaient, un grave sujet les avait toujours occupés. De la tentative de voler la pierre philosophale au véritable retour de Voldemort, le mage noir et les problèmes avaient toujours été le noyau de leur conversation. Pour la première fois, ils pouvaient discuter de tout et de rien sans se préoccuper de ce qui pouvait arriver à ce monde, comme de véritables adolescents.
-Je reviens, s'excusa la jeune femme.
-Tu ne trouves pas qu'elle a changé ?
-Changé ? répéta Harry, surpris alors que leur meilleure amie était loin.
-Elle est moins obnubilée par les livres et le règlement. Et tu as vu ? Elle a une nouvelle coiffure ! Tonks lui a coupé les cheveux…
Harry fronça les sourcils, surpris. Il avait bel et bien remarqué que la chevelure touffue de sa meilleure amie avait disparue. Désormais, un léger dégradé la rendait plus féminine. Mais Harry n'avait pas l'impression d'avoir une nouvelle Hermione face à lui. Peut-être que comme lui, elle pouvait être libre et ne plus penser toute la journée à la manière dont ils pouvaient combattre. Il tourna la tête vers son meilleur ami et sourit. Ron réalisait peu à peu les sentiments qu'il portait à sa meilleure amie.
-Tu ne trouves pas qu'elle est plus belle comme ça ?
-Ça lui va bien. Mais pour moi, elle reste Hermione.
-Tu ne vois que Cho, toi, marmonna-t-il.
-Cho ? Elle ne m'intéresse plus, répliqua Harry.
-Quoi ? Depuis quand ? Tu me caches des choses, Harry ?
-Euh… Il se pourrait que j'ai rencontré une fille.
-Sérieux ? Où ? Quand ?
-Vendredi après-midi dans une boutique du village. Je l'ai trouvée jolie et on a discuté un peu. On parlait du manoir sur lequel il y a beaucoup de rumeurs. Je lui ai dit que pour savoir la vérité, elle pouvait venir ici. Elle est moldue…
-Qui est moldue ? coupa Hermione.
-Une fille qui a tapé dans l'œil de Harry.
-Et Ginny ? demanda Hermione.
-Ginny ? répéta le maître des lieux.
-Ma sœur ? s'étonna Ron dans une même voix que Harry.
-Bien sûr, ta sœur, Ron. Tu en connais une autre ? Sérieusement Harry, je croyais que tu avais senti quelque chose entre vous deux après ce qu'on avait vécu cette année et surtout en cette fin d'année.
-J'ai passé la moitié de l'année à me convaincre que Cho m'intéressait et… Après les évènements au ministère, je ne l'ai vu que quelques jours. Je n'ai pas eu de sentiments différents pour elle. C'est ma petite sœur.
-Oh !
-Pourquoi croyais-tu que Ginny et moi… ?
-Elle… elle pense que quelque chose serait possible avec toi. Je crois, rajouta précipitamment Hermione.
-Ma sœur et mon meilleur ami ? répéta Ron.
-Je n'ai jamais vu Ginny autrement que comme une petite sœur, confirma Harry. Avec Judith…
-Judith ? sourit la jeune femme.
-Oui, Judith. Sirius pense que je devrais aller l'inviter. Après tout, en discutant, j'ai sous-entendu que je l'invitais chez moi pour voir la vérité sur les rumeurs à propos du manoir.
-Comment l'as-tu rencontrée ? s'extasia Hermione qui n'avait pas entendu le début de leur conversation.
-Je l'ai rencontré quand j'ai été au village vendredi dernier avec Sirius. Elle travaille dans une boutique. On a un peu discuté. Elle m'a dit que des rumeurs circulaient sur le manoir qui ressemble hors de l'enceinte à une cabane en ruine. Je lui ai dit que pour savoir la vérité, elle pouvait venir chez moi. Je l'ai en quelque sorte invité, je crois. J'étais incapable de réfléchir. Plus j'y repense et plus je me dis qu'elle était belle.
-C'est trop chou !
-Ça n'a rien de chou ! Hermione, je suis un sorcier qui vit dans un monde dangereux et elle, une moldue que je ne veux pas mettre en danger.
-Tu la protégeras comme un super héros. Oh, je me réjouis de la rencontrer, se réjouit Hermione.
-Tu vas la revoir ? coupa Ron.
-J'aimerais. J'ignore quoi faire. Je n'ai pas peur de lui avouer que je suis un sorcier. Sa grand-mère était une amie proche avec mon arrière-grand-mère selon mon père et elle connaissait le monde sorcier. Je crois que je vais avoir besoin des conseils de Super Sirius le Séducteur, ironisa Harry.
Il ignorait à ce moment-là que son parrain allait réellement devenir son coach. En effet, le lendemain, Harry rêvassait de la jeune femme quand Sirius lui proposa de retourner la voir et de l'inviter au manoir. Forcé par son parrain, il se retrouva devant la boutique après avoir traversé le village en recherchant toutes les excuses pour prendre la fuite.
-Sirius ! Je ne peux pas entrer ! Qu'est-ce que je lui dis ? Si elle n'est pas là ?
-Si elle n'est pas là, tu fais genre que tu regardes puis tu ressors. Si elle est là, tu lui parles. Tu restes toi-même.
-Viens avec moi, supplia l'adolescent.
-Si tu veux la faire fuir, je viens. Entre. On appelle ça le courage des Gryffondor ? se moqua Sirius.
Harry grogna quelque chose. Il expira profondément et entra. Face à lui, derrière le comptoir, son ange l'attendait. Au son de la petite clochette reliée à la porte, elle releva la tête. Elle lisait un magasine, la tête légèrement penchée sur le côté. Sa longue chevelure blonde était détachée et tombait avec souplesse autour de son visage.
-Salut, murmura-t-il en se forçant à avancer.
-Hey Harry. Ça va ? demanda-t-elle en posant son journal.
-Bien et toi ?
-Bien aussi. Tu cherches quelque chose ?
-Euh… C'est-à-dire que… Je me disais que peut-être que quand tu finis, on pourrait aller boire un pot. J'ai vu qu'il y avait un petit café…
-Chez Manu, termina-t-elle en souriant. Pourquoi pas, accepta-t-elle provoquant une vague de rougeur sur les joues du jeune homme. Mais plutôt demain si ça te convient. Je pars à 13h pour Londres aujourd'hui. Demain à 16h quand je finis le travail ?
-D'accord, demain, répéta-t-il, ne réalisant pas ce que cela signifiait.
-À demain, Harry, le salua-t-elle.
-À demain, murmura-t-il.
Dès qu'il fut hors de la boutique, il sentit Sirius fondre sur lui.
-Alors ? Tu as fait vite !
-Demain à 16h. Elle a rendez-vous à Londres aujourd'hui alors elle préférait qu'on aille boire un pot demain à 16h…
-Mon filleul a un rencard, le taquina Sirius.
Harry ne prit pas la peine de répondre à son parrain. Il se contenta d'un regard noir et de reprendre le chemin de la maison. Il ignora royalement le regard amusé de Sirius dans son dos. Il marchait et tentait d'arrêter de réfléchir à ce rendez-vous.
-Je suis dans le pétrin ! s'exclama Harry en s'arrêtant subitement.
-À quel sujet ? demanda naïvement Sirius en prenant un faux air sérieux et inquiet.
-Comment vais-je faire demain ?
-Tu vas à la chercher à la boutique et tu l'invites pour boire quelque chose. J'insiste sur le mot « inviter », si elle veut payer, tu refuses. Ou alors tu peux lui proposer d'aller vous promener, main dans la main, ajouta-t-il amusé.
-Mais je ne suis pas censé sortir ! Un psychopathe me recherche ! Voire deux si on compte Dumbledore.
-James sait que tu vas la revoir et donc sortir. Il sait également qu'on venait aujourd'hui.
-Comment ? On n'avait pas planifié d'aller là-bas ! Sirius ?
-C'est moi qui t'ai poussé à revenir, tu n'es pas très Gryffondor quand il s'agit de filles. Un peu comme James, marmonna-t-il. Ça doit être un truc de Potter.
-Un truc de Potter ?
-Ouais. C'est dans tes gênes d'être terrorisé devant un être du sexe opposé, se moqua Sirius. James était plus pathétique que toi et d'après ce que ton grand-père nous avait raconté, c'est ta grand-mère qui l'avait invité à leur premier rendez-vous. Un truc de Potter d'être des dégonflés quand il s'agit de l'amour. Et pour revenir à cette histoire de « je ne peux pas sortir, je suis recherché », tu as un bracelet qui te laisse la possibilité d'avoir plus de liberté alors profite.
-Elle est moldue Sirius et moi je suis un sorcier qui vit des trucs vraiment hors norme.
-Et ?
-Et un psychopathe a essayé de me tuer cinq fois ! Cinq ! Et un autre tente de me manipuler pour faire de moi une arme de guerre !
-Pourquoi lui parler de ça ? Tu crois qu'elle va te parler dès le premier rendez-vous de ses problèmes ? En plus, je te rappelle que c'est une fille et que tu n'auras peut-être même pas l'occasion de parler de toi. Les filles ça parlent toujours, quitte à faire la conversation toute seule.
-Pardon ?
-Expérience vécue ! Tu n'as qu'à acquiescer et de temps à autres, tu fais genre que ce qu'elle raconte est horrible.
-Quoi ? Je ne veux pas faire semblant de l'écouter !
-C'est vrai que toi, tu ne recherches pas le même genre de relation que ce que je cherchais à ton âge. Je suis l'exemple à ne pas suivre, précisa-t-il. Sérieusement Harry, tu n'as pas à stresser. C'est juste aller boire un pot entre deux jeunes adultes. Tu ne l'as pas demandé en mariage, expliqua-t-il alors qu'ils venaient de retrouver la sécurité du manoir.
-Mais si elle me pose des questions et que mes réponses impliquent le monde magique, qu'est-ce que je fais ? Je n'aime pas mentir.
-Pourtant, si c'est vraiment lié à la magie, mieux vaut lui mentir au début. Mais si tu as la possibilité, contourne la question. Détourne-là.
-Je suis toute l'année à Poudlard, ma vie entière se résume à ce monde-là...
-Tu transposes le monde magique à un monde moldu. Si elle te demande le métier de James, tu dis qu'il est policier ou un truc du genre. Ou alors, tu dis qu'il travaille pour le gouvernement. Ce qui est vrai, il travaille pour le gouvernement sorcier. Pas besoin de le préciser.
-Je n'y arriverais jamais !
-Harry, tu t'es engagé à aller boire un pot avec elle. Assume tes actes !
-Tu m'as forcé à y aller.
-Ça va être ma faute, maintenant, grommela faussement Sirius.
-Tu dois m'aider...
-Il n'y a pas grande chose à faire, Harry. Sois toi-même. Si tu fais comme moi, moi à ton âge précisons-le, tu n'obtiendras plus de rendez-vous avec elle.
-Je croyais que tu étais le grand Séducteur Sirius ? Si tu m'as laissé m'enfoncer et me laissant croire que tu pourrais m'aider… menaça Harry.
-Pour faire simple, je ne m'intéressais pas à ce genre de filles.
-Pas à ce genre de filles ?
-Ta Judith, elle n'en aurait rien à faire des belles paroles et des faux compliments des Don Juan. Alors que les filles que je draguais buvaient mes paroles enjolivées et tombaient dans la gueule du loup. James a essayé très longtemps la méthode « Sirius » pour draguer ta mère. Le jour où il a été lui-même, elle a succombé au charme « Potter », termina Sirius avec une fausse grimace. Réfléchis pas comme moi. Réfléchis comme James.
Un grognement fut la seule réponse de Harry. Selon ce dernier, la journée se termina trop rapidement et le lendemain après-midi arriva bien trop vite à son goût. Il appréhendait plus que jamais de se retrouver seul à seul avec Judith. Forcé par son parrain, il se retrouva envoyé à 16h au village avec pour seul soutien Neve Nere qui devait sûrement, selon Harry, tout raconter à James. D'autant plus que la présence du félin n'était pas là dans le but de le rassurer mais servait plutôt d'alarme en cas de danger. Avant de passer le pas de porte, Harry inspira et râla contre les idées brillantes de son parrain.
Réfléchir comme papa, songea-t-il.
La clochette retentit à l'instant où il passait le pas de porte. À peine eut-il posé un pied à l'intérieur que la jeune femme s'avança vers lui.
-Salut Harry, commença-t-il.
Puis, surprenant l'adolescent, Judith se pencha vers lui et il sentit ses douces lèvres se poser sur sa joue. Une rougeur apparut immédiatement. Il bégaya un salut timide.
-On y va ? proposa-t-elle joyeusement.
-Bien sûr.
Réfléchir comme papa, se répéta Harry.
Malgré un manque flagrant de discrétion, Harry tenta d'observa la jeune femme. Elle portait une robe bleu, ce qui mettait ses yeux en valeur. Avec soulagement, il remarqua que malgré sa petite taille, il restait largement plus grand qu'elle.
-Je me disais qu'on pourrait aller sur la terrasse du café, tenta-t-il.
-Parfait, sourit-elle.
Le stress causait des sueurs à l'adolescent qui ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur ce qu'il fallait faire. Il cachait ses mains sous la table, préférant ne pas montrer la torture qu'il s'infligeait en se tortillant les doigts.
-Je suis désolée pour hier mais j'avais un cours de danse l'après-midi.
-Oh, il n'y a pas de soucis. Tu fais de la danse ?
-Oui, depuis que je suis toute petite. Tu peux venir me voir. Je fais un « spectacle » la semaine prochaine dans les rues de Londres.
-Je vais regarder pour venir alors, promit Harry, ignorant comment il allait pouvoir convaincre James de le laisser aller dans les rues de Londres avec le danger qui courrait.
Ils continuèrent à discuter tranquillement tout en sirotant le frappé que le serveur venait de leur apporter. Le doute commençait peu à peu à se dissiper chez Harry qui réalisait que la jeune femme était un être humain des plus normaux.
-Comment se fait-il que tu aies déménagé dans un coin aussi perdu ? Habituellement, les gens se sauvent de ces petits villages.
-Je suis venu habiter chez mon père au début de l'été.
-Mais il vit ici depuis quelques années non ?
-Oui, depuis cinq ans à peu près.
-Il est possible que je l'ai déjà croisé ?
-Déjà croisé ? répéta Harry. Peut-être oui. Où ?
-J'ai le souvenir d'avoir vu discuter avec quelqu'un qui vivait dans la cabane… maison, se reprit-elle, à l'entrée du village lors de l'enterrement de ma grand-mère. Tu ne vivais pas avec lui avant ? s'étonna-t-elle.
-Euh… Je vivais chez ma tante, tenta Harry, se retrouvant face à une explication qu'il aurait voulu jamais devoir donner.
-Excuse-moi, c'était indiscret comme question, surtout pour un premier rendez-vous.
-Non, non. C'est vrai que c'est surprenant de venir vivre avec son père subitement et que ça peut éveiller la curiosité. Mais il n'y a rien à dire. J'ai vécu pendant toute mon enfance avec ma tante après le décès de ma mère.
-Je suis désolée.
-C'est la vie. Lors de l'accident de voiture qui a tué ma mère, j'étais dedans d'où ma cicatrice, expliqua-t-il en montrant le fin éclair sur son front.
-Elle est étrange, ta cicatrice...
-La forme est étonnante. Mon père, continua Harry, conscient de s'enfoncer de plus en plus dans une fausse histoire, était parti voir une tante à lui en Italie et depuis là-bas, il a appris pour l'accident de voiture. Mais la personne qui lui annoncé la nouvelle, un ancien ami nommé Peter, lui a dit que j'étais mort aussi dans l'accident.
-C'est horrible de dire ça.
-Ouais. Il était jaloux du bonheur que vivait mon père. Mon père n'a pas voulu revenir en Angleterre, il a demandé à son supérieur de le transférer dans un secteur en Italie. Il a vécu là-bas dix ans puis il est revenu. Il a appris récemment que j'étais vivant et là, il a tout fait pour récupérer ma garde. C'est ma drôle d'histoire.
-En effet, tu as vécu quelque chose d'étrange.
-Ma vie est une suite d'évènements bizarres.
-Tu as bien choisi ta maison alors, se moqua-t-elle.
-C'est parce qu'elle est magique, avoua-t-il.
-Magique comment ? Comme dans « La Belle et La Bête » ? Tu as des bougies et des tasses qui parlent ?
-Que des horloges parlantes, rigola-t-il. Tu crois à la magie ?
-À la magie de la vie, oui. Tu parles de magie avec incantation et baguette magique ?
-Ouais.
-Il est vrai que j'adore la série « Charmed » mais j'aurais de la peine à imaginer que cela puisse être vrai. Tu y crois ?
-Je suis obligé d'y croire quand on vit dans une maison aussi magique que la mienne. Elle a l'allure d'une vieille ruine mais à l'intérieur, elle est plus majestueuse que Buckingham Palace.
Elle rigola. Le temps sembla s'être arrêté. Rien ne pouvait être plus parfait. Il paya après avoir bataillé avec la jeune femme. En la ramenant, il eut envie de prendre sa main. Mais quelque chose le retenait. Il frôla la main douce de la jeune femme. Puis après l'avoir effleuré plusieurs fois du bout des doigts, il sentit qu'elle lui prenait la main. Il tourna légèrement la tête vers elle et il reçut un sourire éblouissant en retour. Une pression plus forte sur sa main le surprit, il vit alors arriver devant lui une jeune femme à la chevelure blonde décolorée. Taillée sur de hauts talons, elle fixa l'adolescent et leurs mains enlacées avec une moue amusée.
-Judith, comment vas-tu ?
-Bien merci. Et toi Lauriane ? répondit faussement Judith.
-Bien bien, minauda-t-elle, fière du nouveau scoop qu'elle allait pouvoir lancer dans le village. Qui est-il ? demanda-t-elle ignorant royalement la présence d'Harry.
-Harry, mon copain. Harry, je te présente Lauriane, une ancienne camarade de classe.
-Enchanté, la salua-t-il, mal à l'aise devant son regard scruteur.
-Moi de même, Harry. À la prochaine.
Une fois loin, Judith leva les yeux au ciel de désespoir.
-Je ne suis pas toujours comme ça. Mais cette fille et moi, on n'a jamais été grandes copines. Elle est venu nous saluer simplement parce qu'on marche main dans la main. Ça lui fait des petits potins à raconter. J'habite juste là. Merci de m'avoir raccompagnée. À bientôt...
-À bientôt. Je viendrais te voir à Londres, promit-il encore tout en se maudissant car jamais il ne pourrait quitter la région.
-Bye.
Elle se rapprocha légèrement, lui offrant l'autorisation d'un baiser d'adieu. Pour la première fois, Harry engagea le baiser. Il sentit contre sa bouche ses douces lèvres. À contrecœur, il se détacha d'elle. Se retenant de rester collé à cette douceur enivrante, il lui sourit. Après un dernier sourire, elle disparu derrière la porte.
Ce fut sur un nuage que Harry traversa le village. Il remarqua alors la présence de Neve Nere qu'il avait complètement oublié. Il passa sa langue sur ses lèvres, savourant le goût de la jeune femme. Il sentait une étrange chaleur parcourir son corps après un simple baiser. Il ignora comment il arriva chez lui mais il tomba de son nuage devant l'air interrogateur de James et Sirius. Mais trop heureux pour pester contre les deux maraudeurs, il leur raconta tout…
