Bonjour,
On enchaîne directement à la suite de la scène qui clôt le chapitre précédent : Zoro vient de quitter la cuisine après s'être pavané devant Sanji et Luffy entre en scène. On est toujours sur la partie facile, pas trop de challenge à faire tomber Sanji ici non plus. Ça va se corser au chapitre suivant… ça sera lequel, d'après vous ?
Réponse à Gabakaho : Merci pour ta fidélité ! Plus j'écris, plus j'aime Usopp, je suis actuellement sur une fic où il aura un rôle très central. Dans celle-ci, comment dire… Luffy n'est pas très franc avec lui même. Quant au ZoSan, la situation est vraiment difficile pour le pauvre Sanji et ça ne va pas aller en s'améliorant… J'aime bien faire un peu souffrir mes persos mais en général les fins sont heureuses… sauf quand elles ne le sont pas. J'espère que la suite va te plaire, on entame les réjouissances qui justifient le rating M.
Bonne lecture.
Chapitre 3
La gourmandise
Luffy
J'attends que Zoro ait disparu au bout du couloir avant de prendre une grande inspiration et d'ouvrir la double porte de la cuisine en hurlant :
« SANJI ! J'AI FAIM ! »
Comme je m'y attendais, il ne réagit pas. Il est encore sous le choc du passage de Zoro. Sans hésiter, j'attaque le plat qu'il vient de sortir du four. Qu'importe que ça soit pour les mariés ou pour mon père, c'est dans mon estomac que ça fini. Il ne remarque pas ma présence et je l'observe attentivement. Il semble carrément perdu mais je n'ai pas l'impression qu'il ait changé en quoi que ce soit. Comment savoir si tel péché l'a vraiment marqué ou non ? Est-ce que l'objectif est atteint ? Est-ce qu'il s'approche de la damnation ? Je l'ignore mais le plan de Zoro l'a bien ébranlé, en tous cas. Une fois mon plat terminé, je me tourne vers le frigo, autant en profiter ! Mais au moment où je l'ouvre une main s'écrase sur la porte pour le maintenir fermé. Raté !
« Ça suffit, Luffy. Arrête de manger autant.
- Péché de gourmandise ?
- Ne te moque pas de moi.
- Tiens, à ce sujet là, j'ai une question à te poser. »
Il ne cache pas sa surprise quand je me détourne du frigo sans insister et me suis jusqu'à la table où je m'installe. Mon regard se fixe un instant sur la porte derrière laquelle je me suis caché avec Usopp hier soir. Il sait, bien sûr, mais n'a posé aucune question… alors je vais lui donner des réponses.
« J'ai embrassé Usopp. C'était la première fois que je faisais quelque chose d'aussi… intime avec quelqu'un. Tu es assez proche de moi pour savoir que jusqu'à présent tout ça ne m'intéressait pas… Et là, je me demande comment j'ai pu m'en passer pendant si longtemps, c'était… c'était…
- Je ne suis pas sûr de vouloir des détails, Luffy.
- Je l'ai juste embrassé, rien de plus, mais… Je n'arrivais plus à arrêter. C'était tellement fort, tellement intense, tellement… waow… Je ne sais pas comment décrire… tu vois de quoi je parle ?
- Je suis un ange, je ne suis pas censé voir de quoi tu parles.
- Ah oui… Bah tu sais pas c'que tu manques…
- Est-ce que l'expérience t'a satisfait ? Tu vas revenir sur le droit chemin, maintenant ?
- Oh non, c'est l'inverse, j'en ai encore envie. Plus souvent, plus intime… C'est de ça que je voulais te parler. » Mon regard se perd dans le vide. « Quand j'ai commencé à goutter ses lèvres, je n'ai pas pu m'empêcher d'y revenir. Et quand ma langue a caressé sa peau, j'en voulais toujours plus. De quel péché s'agit-il ? Envie ? Luxure ? Gourmandise ?
- Les péchés s'appellent les uns les autres, Luffy, céder à l'un d'eux est le début d'un cercle vicieux qui nous entraîne vers les autres jusqu'à la damnation.
- Donc, parce que je suis gourmand, j'ai envie de le manger, et je jalouse mon frère qui ne se donne aucune limite… et si je continue je vais céder à la luxure.
- Quelque chose comme ça, oui. »
Son regard dérive vers la porte et je devine qu'il pense à Zoro. Il a cédé à l'envie et à la colère, va-t-il se donner à Zoro ? J'ai du mal à voir le lien entre les deux… Pourtant ça reste mon mon but, notre but, mais il est parfois difficile d'anticiper les réactions de Sanji. Pour l'instant, j'ai une mission, je dois préparer le terrain pour une seconde intervention du démon tout à l'heure. Alors je souris naïvement comme je sais si bien le faire et je plonge mes yeux dans les siens.
« Je pensais que le péché de gourmandise, c'était juste de manger trop…
- C'est… plus compliqué que ça. Les péchés capitaux sont plus complexes qu'on ne le pense et il existe de nombreuses manières d'y succomber. C'est tout l'art des démons de trouver la bonne manière de faire sombrer l'innocent.
- Je ne comprends pas.
- Pour commencer, le péché de gourmandise ne fait pas forcément référence à la nourriture mais aussi à l'alcool. La manière dont ton démon s'enivre et a fait boire Nami-chan entre dans le domaine du péché de gourmandise. Manger trop et en dehors des moments dédiés, comme tu le fais trop souvent, est la définition la plus simple de la gourmandise mais… Ça n'est pas forcément le pire…
- Pire que de manger tout le temps ? Il existe des gourmands pire que moi ?
- Le péché de gourmandise est avant tout lié au fait d'aimer manger. L'alimentation est censée servir à la survie et non apporter du plaisir. Quelqu'un qui mangerait peu mais toujours de la nourriture de très bonne qualité ou très raffinée serait aussi considéré comme péchant par gourmandise. Passer trop de temps à chercher les bons accords, les ingrédients parfaits ou la recette idéale… Tout ceci n'est pas considéré comme acceptable. »
Je n'ai rien à ajouter. Je me contente juste de le regarder. Il n'est pas nécessaire de le faire tomber dans le péché de la gourmandise, il y est déjà jusqu'aux épaules. Il vient de décrire ce qu'il aime dans son travail ici, ce qui le rend heureux quand il est en cuisine. De toutes façons, un ange cuisinier, ça semble peu réaliste… Et il en a bien conscience car il ne cherche pas très longtemps à affronter mon regard. Il me tourne rapidement le dos pour se remettre au travail.
« Tu devrais aller te préparer avant que tout le monde ne se lève. »
Usopp pose sa main sur mon épaule et je sursaute, détournant mon regard du jardin que je fixe depuis le départ de Sabo. Je ne sais pas qui a autorisé qu'il entre dans mes quartiers mais il est certain qu'il est celui dont j'ai besoin. Mes bras s'enroulent aussitôt autour de ses épaules et je presse mon visage contre son torse. Il passe doucement ses mains dans mes cheveux et me serre contre lui. Nous n'avons pas besoin de mots. Je connais Usopp depuis que je suis gamin c'est le fils de Yasopp, le meilleur ami de mon oncle Shanks. Celui-là même qui est actuellement sur l'épaule de mon père. Nous avons fait pas mal de conneries ensemble et il me comprend sans que je n'ai besoin de parler.
« Tu le reverras.
- Ça ne sera pas pareil… Il… il m'a dit que la prochaine fois qu'il me verrait, il m'appellerait… Majesté.
- C'était une blague. »
Usopp affirme cela avec assurance mais il sait comme moi que ça n'en est pas une. Ce matin, Sabo a quitté le palais avec sa femme de manière définitive. Il n'a pas uniquement renoncé au trône pour Koala, il a renoncé à ses titres et à sa noblesse. Il va reprendre la ferme de son beau-père ! Mon frère, qui était le prince héritier du royaume il y a encore deux jours, va finir sa vie comme un paysan. Il a laissé ses biens et son or derrière lui, il veut vivre comme elle. Pourquoi ne pas la sortir de sa vie pour l'entraîner dans la nôtre ? Koala est une fille simple et elle veut pouvoir continuer à vivre sans contraintes plutôt que d'acquérir la richesse avec toutes les règles liées à la noblesse. C'est probablement admirable mais ça me coûte mon frère.
Alors oui, la prochaine dois que je reverrai Sabo, si je le revois un jour, il ploiera le genoux devant moi et me nommera par mon titre. Je déteste ça, je me sens horriblement trahit, mais je ne peux rien y faire si ce n'est me résigner. Et ça n'est pas vraiment dans mon caractère. Alors oui, la présence d'Usopp m'apaise. Sa main passe de mes cheveux à mon dos et je savoure les caresses douces qu'il fait sur mon corps par dessus ma chemise… j'aimerai bien qu'elle ne soit pas là, elle… Mais c'est peut-être trop tôt.
« Zoro n'est pas ton cousin, n'est-ce pas ?
- Non… C'est lui qui t'a dit de venir me voir ?
- Oui… Il a couché avec Nami, tu sais.
- Je sais.
- Et il s'en vante.
- Je lui dirai d'arrêter.
- Tu penses qu'il t'écoutera ?
- Oui.
- Sanji ne m'aime pas.
- Ça n'est pas contre toi, Usopp. Il… voit d'un mauvais œil que… notre rapprochement.
- Ça ne le regarde pas.
- D'une certaine manière, si. »
Je sens Usopp se tendre contre moi. C'est incroyable comme on ressent les émotions de l'autre quand on est si proche physiquement. Je le serre plus fort et j'ai l'impression qu'il essaie en vain de se détendre.
« C'est ton ex ?
- Non. Tu es la première personne à m'avoir embrassé, Usopp…
- T'es sérieux ?
- Et j'aimerais bien recommencer, d'ailleurs. »
Il me dévisage un moment et je suis certain qu'il cherche des signes de mensonge… Ils sont toujours visibles chez moi et il est très bon pour les déceler. Finalement rassuré, il me sourit et ses lèvres viennent enfin retrouver les miennes. Je réponds à son baiser avec passion alors que mes mains glissent sans hésiter sous sa chemise pour toucher sa peau sombre.
J'ai tellement faim de lui.
Ce qui me chagrine depuis que j'ai embrassé Usopp, c'est que nous ne faisons plus que ça. Quand il vient me voir, on passe des heures à s'embrasser. Lèvres contre lèvres ou dans le cou, ou sur le visage… et nos mains caresses nos torses et nos dos, par dessus ou par dessous nos vêtements sans pour autant les enlever et sans jamais migrer plus bas que la taille… Mais ça n'est pas l'évolution physique de notre relation qui me frustre, c'est l'absence d'expérimentations, d'explorations et d'aventures. Avant nous étions toujours fourrés ensemble dans un mauvais coup et on faisait tourner en rond tout le monde. Mais voilà que je suis devenu l'héritier officiel et lui… mon amant ? Oui, quelque chose comme ça, je suppose.
Je suis triste de prévoir des pièges avec Zoro et plus avec Usopp. J'ai envie de suivre mon impulsion, j'ai besoin de sortir de l'image publique, de me libérer de ces contraintes et il n'y a qu'avec lui que c'est possible… Mais j'ai beaucoup de mal à être assez rassasié de ses baisers pour faire autre chose. Finalement, c'est mon démon qui m'a donné une opportunité de retrouver nos anciennes habitudes.
Ça fait quelques jours maintenant qu'il ne cesse de souffler des commentaires désagréables sur la cuisine de Sanji aux divers invités qui se succèdent à notre table. Il est subtil et fourbe, je n'ai pas l'habitude. La moindre critique venant de lui provoque la colère de Sanji et ce n'est pas le résultat qu'il veut alors il fait en sorte que la critique vienne d'ailleurs en incitant d'autres à les faire à sa place. Et de manière toujours constructive. Il oriente les remarques sur les choix d'épices, sur les accompagnements, sur la cuisson… Il pourrait se contenter de dire que c'est mauvais, non, il met l'ange au défi d'améliorer ses plats, de rechercher le plaisir gustatif, la qualité de la nourriture, sa finesse… Et les commentaires venant immanquablement de femmes, Sanji se laisse de plus en plus emporter par ce besoin de la nourriture apportant du plaisir.
La description même qu'il m'a donné de la gourmandise.
Nous recevons Robin, ce soir, et Sanji a prévu un dessert au chocolat qu'il compte réaliser à la perfection pour ravir les papilles de mon amie. Cet objectif sera sa perte et Zoro a prévu son coup de grâce en fin d'après midi. Il nous a proposé de nous cacher dans la cuisine car il prétend que ça nous plaira et pourra nous… inspirer. Je me demande bien ce qu'il a prévu. En tous cas, si ça se mange, je suis d'accord ! Nous sommes cachés derrière un meuble depuis un quart d'heure. Nous avons pu entrer quand Sanji est sorti apporter un café à mon père et depuis nous attendons. J'ai du mal à tenir en place, mais je fais de mon mieux. Sanji travaille sur le nappage du gâteau au chocolat et c'est une torture de le regarder faire sans pouvoir goutter.
Zoro entre enfin dans la cuisine et Sanji se fige. Il s'immobilise totalement pendant que le démon avance vers lui. Quand Zoro lève la main pour le toucher, l'ange s'écarte d'un mouvement brusque avant de poser sa préparation près de lui et de lui faire face. Sanji semble déterminé et sûr de lui mais je vois bien dans son regard que ce n'est qu'une apparence.
« Va-t-en Marimo. J'ai bien compris ce que vous essayez de faire et c'est peine perdue, je ne tomberai pas plus bas.
- Ça serait tellement plus simple si tu acceptais de succomber à la tentation.
- Plus simple pour toi !
- Tu n'as pas envie de continuer à épauler Luffy avec moi ?
- Bien sûr que je le veux !
- Et ne crois-tu pas que c'est la seule solution.
- Je… je ne peux pas… »
Je n'ai jamais entendu Zoro parler avec une voix si inquiète ni Sanji lui répondre avec un air si piteux. Mes doigts se serrent sur ceux d'Usopp. Je cherche du soutien auprès de mon ami alors que cette relation risque de coûter la vie à Sanji, ça serait risible si ça n'était pas si triste. La main du démon se pose sur le visage pâle du cuisinier et celui-ci se laisse faire mais son regard n'est pas encore complètement résigné comme il l'était l'autre jour.
« Nous formons une bonne équipe tous les trois, non ?
- C'est fini, ça, Marimo.
- Ça pourrait continuer. Il suffit de le vouloir.
- Des désirs, encore et toujours, tu ne fonctionnes que comme ça.
- As-tu peur, Cook ?
- Certainement pas ! »
Sanji repousse Zoro avec force en se redressant mais celui-ci ne bouge pas. L'ange se sent insulté pourtant il cesse rapidement de se débattre quand deux bras forts viennent entourer ses épaules. Il s'y accroche et les deux hommes restent immobiles. À mon avis, les choses ne se passent pas comme Zoro l'avait prévu, Sanji fait plus de résistance qu'il ne l'attendait mais je pense qu'il a une idée en tête et qu'il y arrivera, il veut nous montrer un truc. Usopp, près de moi, semble mal à l'aise.
« Il se passe quoi, exactement ?
- Sanji doit prendre une décision difficile et Zoro lui force un peu la main…
- Et pourquoi on est là ?
- Parce que Zoro a prévu un truc marrant. »
Notre échange murmuré rassure mon ami qui hoche la tête et reporte son attention sur les deux hommes au moment où Zoro desserre l'étreinte. Il sourit et c'est pour le moins inhabituel de le voir si sincère.
« Bien sûr que tu as peur, les choix qui s'offrent à toi sont à l'opposé de ta nature et tu es convaincu qu'ils n'apportent que douleur et malheur. Il faut dire que tu te refuses obstinément à accepter toute forme de plaisir… La colère est considérée comme une émotion négative, elle est souvent l'expression d'une souffrance ou d'une peur. Rien de très engageant. L'envie traduit une frustration intense, une impuissance insupportable… Mais que penses-tu de la gourmandise ? »
Zoro plonge son doigt dans la ganache au chocolat qui attend au coin du plan de travail et regarde le liquide couler sur ses phalanges. Je dois plaquer une main sur ma bouche pour étouffer le gémissement d'envie qui m'échappe. Je veux faire pareil, moi ! En plus, Sanji est totalement figé, il ne dit rien, c'est pas juste ! Les yeux de l'ange sont hypnotisés par la langue de son vis-à-vis qui lèche le liquide.
« Depuis plusieurs jours, tu t'acharnes à trouver les accords parfaits pour éveiller les sens des convives, tu veux séduire par les plaisirs de la bouche. Te rends-tu compte combien il est déjà trop tard ?
- Je le sais… Tu as envoyé Luffy me faire passer ce message il y a quelques jours. Mais c'est plus fort que moi, je…
- Je ne te critique pas, Cook. Succomber au péché de gourmandise n'est pas un mal à mes yeux. Tu devrais le comprendre, non ? Tout ce que je voudrais c'est que tu cesses de culpabiliser, que tu acceptes ce fait, que tu y prennes vraiment plaisir. »
Le doigt fin du sabreur s'enfonce de nouveau dans le liquide brun mais au lieu de l'apporter à ses lèvres, il l'étale sur celles du cuisinier. Celui-ci le regarde sans un mot. La ganache commence à couler jusqu'à son menton mais avant que la moindre goutte n'ait glissé jusqu'au sol, la langue de Zoro vient lécher le liquide à même la peau de Sanji. Usopp, près de moi, étouffe un juron de surprise et je peux voir que ses joues sont rouges alors que sa main s'accroche plus fort à la mienne.
« Arrête ça, Marimo.
- Accepte le plaisir, Cook… »
La langue de Zoro caresse avidement les lèvres du cuisinier qui fini par fermer les yeux en se laissant faire. Une nouvelle trace de chocolat est déposée dans le cou fin et aussitôt le démon s'attelle à la récupérer. Il glisse en même temps un doigt chocolaté dans la bouche de Sanji et moi j'en salive. Usopp pose un baiser près de mon oreille et murmure en rigolant doucement.
« Zoro n'atteindra pas son but avec toi… Tu ne vois que le chocolat et tu n'as aucune conscience de ce que la situation a d'érotique, n'est-ce pas ? Tu es désespérant, Luffy… »
Érotique ? Au delà du chocolat ? Zoro est en train d'embrasser le cou de Sanji, leurs deux corps sont collés et l'ange dans ses bras lèche son doigt avec avidité. Mmm… C'est vrai que même sans chocolat, ça me donne des idées, tout ça. Je souris à Usopp. Zoro s'éloigne légèrement de Sanji qui ouvre les yeux quand il récupère son doigt. Son regard est légèrement embué mais il ne dit toujours rien. De nouvelles traces de chocolat sont déposées mais sur le démon cette fois. Le temps semble s'étirer, les deux hommes ne bougent pas et je me demande ce que Sanji attend pour récupérer le liquide brun qui coule doucement dans le cou de Zoro. Mais c'est justement là qu'est la difficulté. Jusqu'à présent, Zoro lui a imposé les choses, là il doit agir. Mais merde ! Il peut bien mettre ses principes de côté pour du chocolat, non ? Moi je le ferai sans hésiter.
« Laisse moi te guider sur le chemin du plaisir, Cook… laisse toi aller, fais moi confiance. »
Le regard de Sanji suit une goutte qui dévale le long de la mâchoire de Zoro jusque dans son cou, elle va bientôt atteindre son t-shirt et le tâcher. La prise du sabreur sur la hanche de l'ange se raffermi, les rapprochant un peu… et la langue du cuisinier vient enfin cueillir cette perle brune avant d'en suivre le chemin à l'envers jusqu'à l'oreille de Zoro. Il a du chocolat plein les lèvres quand il murmure à son oreille.
« Tu es un démon… »
C'est à la fois une critique et une réalité. Sanji continue à récupérer le chocolat sur la peau du sabreur jusqu'à ce que leurs lèvres se mêlent dans un baiser intense. Mais alors que les doigts de Zoro se dirigent de nouveau vers le récipient la main de l'ange se referme sur son poignet et son autre main s'accroche à sa nuque pour approfondir le baiser. Le message est clair :
Arrête de jouer avec la nourriture et embrasse moi
Usopp se glisse dans mon dos et se met à embrasser mon cou en passant ses mains dans ma chemise, caressant mes abdominaux. Je me laisse aller contre lui, savourant les sensations de ses doigts sur moi sans quitter du regard mes conseillers. Je réalise alors que les mains de Zoro ont décidé d'être tout sauf sages : il est en train de déboutonner le pantalon de Sanji après s'être occupé du sien. Visiblement, l'idée inspire Usopp car je sens sa main se diriger dans cette direction. Nous n'avons jamais poussé nos caresses sous la ceinture pour l'instant. Je me demande ce que Zoro sait de nos temps intimes pour juger nécessaire de nous encourager à approfondir nos explorations.
Dans mon cou, le souffle de mon amant s'accélère alors qu'il glisse ses doigts dans mon boxer. Il est collé à moi et je sens, sans aucun doute possible, que la situation ne le laisse pas indifférent. Bientôt, il se rendra compte que moi non plus. Zoro a déjà empoigné le sexe de Sanji, comme s'il montrait l'exemple à Usopp qui fait de même avec mon érection. J'étouffe un gémissement derrière ma main et le soupire du cuisinier ne nous échappe pas quand le démon relâche ses lèvres pour embrasser sa gorge. Sanji s'est appuyé contre le plan de travail sans pour autant relâcher Zoro et celui-ci commence des mouvements réguliers sur le membre dressé.
Je ne peux que comprendre son état quand Usopp commence à faire de même sur moi. Je me mords le poignet pour retenir ma voix même si elle serait couverte par celle de Sanji. Mon partenaire semble content de lui et il accélère le rythme. Je ne vois plus très bien ce que font les deux autres devant moi parce que mes yeux sont mi-clos pour me permettre de mieux savourer les sensations. J'ai l'impression de flotter et je me laisse aller dans les bras d'Usopp, m'accrochant comme je le peux à son cou et à sa hanche alors que ma tête tombe sur son épaule. Zoro a extrait sa propre érection de son caleçon et l'a collée à celle de Sanji avant de les attraper d'une seule main pour les branler ensemble. Il a aussi repris les lèvres du cuisinier pour étouffer ses gémissements et n'attirer aucun curieux. Moi je me mords au sang quand l'autre main de mon amant vient rejoindre la première et le goût métallique sur ma langue me surprend.
Zoro attrape un torchon et couvre leurs deux érections et sa main avec alors que Sanji, rouge comme jamais, s'accroche à lui de toutes ses forces. Je ne comprends pas bien pourquoi il cache leurs sexes et je me rends à peine compte que Usopp fait la même chose. Mon corps se met à trembler sous les attentions de mon ami et je ferme définitivement les yeux pour m'abandonner au plaisir qu'il me procure. Le cri de Sanji, étouffé par les lèvres de Zoro, couvre le mien au moment où la chaleur se répand dans tout mon corps et que je jouis entre les doigts de mon ami. Je me laisse glisser au sol guidé par Usopp qui m'installe contre lui le temps que je reprenne pied. L'usage du torchon prend alors tout son sens quand mon complice essuie mon sexe. Cela a permis de ne tâcher ni nos vêtements, ni les plans de travail de la cuisine, nous épargnant la colère de Sanji. Il est malin ce démon.
Mon regard se pose alors sur eux. Le cuisinier est appuyé sur Zoro qui est déjà en train de les rhabiller tout en lui murmurant des mots à l'oreille. Sanji ne semble pas répondre ni être en colère mais je crois qu'il pleure. Est-ce de la peur, de la peine ou du plaisir ? Je l'ignore. Mais je suis certain que l'ange n'a jamais ressenti ce que Zoro vient de lui faire découvrir. Moi, je me suis déjà branlé seul dans ma chambre, même si la participation d'Usopp rend ça encore meilleur, mais Sanji s'est toujours préservé de ce qu'il considérait jusqu'à présent comme impur. Rien ne me prouve d'ailleurs qu'il n'a pas changé d'avis sur la question et c'est peut être la raison de ses larmes. Pour une fois, le démon ne le cherche pas et ne se moque pas de lui, il se contente de passer une main dans ses cheveux et nous pouvons profiter de ce moment d'abandon du cuisinier pour quitter les lieux discrètement.
