Bonjour,
Nous voici dans le 4ème chapitre. L'orgueil. Bien plus plus compliqué à aborder pour Sanji. Cédera ou cédera pas ? Pour le bien de la narration, j'ai dû utiliser un autre POV pour ce chapitre et j'y reviendrai par la suite. Luffy ne peut pas éternellement mâter Zoro et Sanji…
Merci beaucoup Gabahako pour tes reviews régulières qui me motivent beaucoup pour continuer à poster cette fiction. Si tu as trouvé le précédent chapitre hot, que vas-tu penser de celui-ci ? Sanji n'a pas fini de se souffrir de la situation… Et oui, Zoro est manipulateur ici. C'est un peu OOC mais c'est un démon dans cette fic alors c'est assez logique, j'ai trouvé… En tous cas, merci beaucoup pour ton soutien régulier. Je guette ta review chaque semaine ^^ N'hésite pas à te faire un compte pour pouvoir échanger par mp !
Bonne lecture.
Chapitre 4
L'orgueil
Luffy
« Tu te fous de ma gueule, espèce d'algue défraîchie ? »
Je lève les yeux de mon repas au cri de Sanji. Il est assis à côté de Zoro et son regard est braqué sur l'assiette de celui-ci alors que le démon tend le bras pour attraper le plat de pâtes. Usopp, près de moi, a blêmis. Il n'est pas encore habitué aux combats dévastateurs de mes deux conseillers. Ace, quant à lui, est plutôt mort de rire quand il les voit se battre. Mais là, je n'arrive pas à comprendre la raison de leur conflit. J'observe plus attentivement ce qu'il reste dans l'assiette de Zoro et je vois qu'il a mis le gigot de côté sans l'avoir entamé alors qu'il a dévoré le gratin et le tian.
Je souris pour moi même en attrapant mon verre. Le démon est passé à l'étape suivante. Mais franchement je ne sais pas comment il a fait pour deviner quels plats ont été cuisinés par Sanji et lesquels sont le fruit du travail des autres cuisiniers du château. Moi, j'ai passé ma matinée en cuisine à discuter avec l'ange tout en grignotant du saucisson alors je sais, mais pas Zoro. Quoi que, peut être n'est-ce pas si difficile à deviner. Connaissant mes goûts, Sanji prend en charge tous les plats de viande pour qu'ils soient parfaits. Mais quand même… Comment Zoro peut-il être certain que ces spaghetti au saumon ne sont pas de son fait ? Il faut que je compare pour comprendre. Non, ça n'est pas juste une excuse pour me resservir. Je tends mon assiette pas encore tout à fait terminée.
« Hey, Zoro, moi aussi j'veux des pâtes !
- Ah ! Tu vois, Sourcils en vrille, même Luffy préfère ça au gigot, c'est un signe qu'il est dégueulasse.
- C'est pas ce que… »
Le regard éloquent de Zoro m'arrête et il me sert abondamment, recouvrant même le reste de viande qu'il y avait dans mon assiette. Je ris et le remercie avant de me mettre à engloutir mes pâtes. Le regard d'Usopp passe de Zoro à moi avant de revenir sur Sanji qui a pris une amusante teinte rose. De mon côté, je m'efforce de chercher ce qui ne va pas dans le plat de spaghetti parce que je me rends bien compte qu'il n'est pas du niveau de Sanji. Peut être est-il un peu trop fade ? Ou bien ce sont les plats de l'ange qui sont particulièrement travaillés en ce qui concerne les saveurs. Je pense que Sanji aurait mis moins de crème et plus d'aneth ou de citron s'il avait dû cuisiner cette recette. Peut être même aurait-il mit une tomate ou autre chose pour compléter l'aspect visuel. Zoro, de son côté, continue de provoquer son voisin.
« A la vérité, Cook, tu n'es pas si extraordinaire que tu le prétends. Ta viande est toujours pareille, aucune originalité, alors que les autres cuisiniers…
- Je sais très bien que tu n'en crois pas un mot, Marimo, tu cherches juste à me mettre en colère. Mais ce n'est pas avec ton palais déréglé que tu peux te permettre de juger ma cuisine. Je suis sûr de moi dans ce domaine, tu ne peux pas m'atteindre.
- Tu manques cruellement de modestie, Shitty-cook… Si tu étais si bon, tu aurais été choisi pour cuisinier le gâteau de mariage de Sabo et Koala, tu ne crois pas ? C'est parce que tu es incompétent que tu as été écarté.
- Ça n'a rien à voir, tête de cactus ! Je venais de rejoindre l'équipe, ils ne savaient juste pas encore ce que je valais. Et puis, Miss Pudding ne s'en est pas mal sorti.
- Pas mal ? Tu penses que tu aurais fait mieux, peut-être ? Tu critiques le travail de ta consœur.
- C'est un fait. Son gâteau était très bon mais… sa crème était un peu trop lourde et elle avait mis un peu trop de sucre dans…
- Tu pèches pas orgueil, Cook. »
La voix de Zoro est tombée comme un couperet, froide et méprisante à la fois. Sanji s'immobilise aussitôt, la bouche entrouverte et plus aucun mot n'en sort. Il est figé, les yeux écarquillés de surprise. Le démon s'est détourné après avoir rendu son verdict pour retourner à son repas. Le silence s'éternise un instant et plus personne n'ose parler. Finalement, Sanji se lève et quitte la pièce. Quand la porte claque, le démon se laisse aller dans son siège en croisant mon regard. Il semble à la fois content de lui et un peu triste. Je crois qu'il n'aime pas blesser Sanji mais tant que celui-ci se débattra pour rester l'ange parfait qu'il estime être, il souffrira à chaque fois que Zoro l'entraînera dans le péché. Je soupire.
« Je ne suis pas d'accord avec toi, Zoro.
- Ah ?
- L'orgueil, c'est se sur-estimer, non ? Et je suis certain que même si tu refuses de l'admettre, tu sais très bien que les plats de Sanji sont supérieurs aux autres. Ça n'est pas de l'orgueil.
- Qu'est-ce alors ?
- De la vanité ? »
C'est Usopp qui a répondu et Zoro plante son regard sur lui, le faisant se recroqueviller dans sa chaise. Mais nous savons tous qu'il a raison. La vanité n'est pas de l'orgueil. Utiliser la cuisine pour accuser l'ange d'orgueil n'est pas le bon calcul. C'était parfait pour la gourmandise mais ça ne fonctionne pas cette fois ci. Le démon semble en pleine réflexions quand Ace nous fait tous sursauter en tombant, tête la première, dans son assiette. Les serveurs se précipitent aussitôt pour relever sa tête, nettoyer son visage et remplacer son assiette par un oreiller. De la vaisselle propre sera apportée pour remplacer l'ancienne quand il se relèvera de sa crise de narcolepsie. Usopp rigole, comme à chaque fois que ça arrive et Zoro se redresse.
« Tu as raison, Luffy… Je ne voulais pas l'attaquer sur le sujet de sa perfection angélique… Je n'ai pas le choix, je suppose… »
Il soupire et quitte la pièce. Usopp me regarde, interloqué. Je ne lui ai pas parlé de la nature réelle de mes conseillers, il ne peut donc pas comprendre tous les sous entendus ni ce que nous asseyons de faire. J'aimerai bien retourner les espionner mais je crains que la conversation ne puisse être entendue par lui. Dommage, je suis certain que Zoro compte en profiter pour consoler Sanji à sa manière… Ils sont vraiment tordus tous les deux.
« Tu veux qu'on le suive ?
- Non, le repas n'est pas terminé, Sanji a fait une tarte aux fraises en dessert. Et puis… nous n'avons pas besoin que Zoro nous montre comment nous amuser… Si tu veux on pourra aller faire une sieste après le repas… »
Usopp rougit jusqu'au bout du nez et baisse les yeux sur son assiette vide en se mordant la lèvre. Je glisse ma main sur sa cuisse et commence à la caresser en remontant lentement entre ses jambes. Il a un hoquet de surprise et retient mon poignet. Son regard passe de droite à gauche vers le personnel qui nous entoure. C'est certain qu'on fait mieux en terme d'intimité. Je me penche vers son oreille.
« Tu préfères qu'on prenne le dessert dans la chambre ? Il y a de la chantilly avec les fraises… »
Avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, Ace se redresse brusquement et les serveurs s'activent pour remplacer son oreiller par d'autres couverts. Il se frotte les yeux et son regard s'arrête sur la chaise vide de Zoro avant de revenir vers nous. Nous nous sommes aussitôt écartés mais Usopp est encore visiblement troublé. Mon frère fait un sourire amusé avant de reporter son attention sur moi. Il m'observe un long moment et je me contente de lui sourire sans aucune gêne.
« Je t'ai donné des idées, petit frère ?
- Je n'ai pas eu besoin de toi, Ace… Tes décisions et celles de Sabo m'imposent plutôt d'être raisonnable.
- J'en suis désolé.
- Tu ne l'es pas du tout.
- Bon, ok, je ne suis pas désolé. »
Nous rions de bon cœur pendant que les plats sont desservis et les desserts apportés sur la table. Je réclame aussitôt un bon quart de la tarte aux fraises que je couvre le chantilly. Ace m'imite et Usopp préfère prendre un peu de glace. Ace, redevenu sérieux, reprend.
« C'est donc pour ça que père m'a demandé de me rapprocher du prince Kohza.
- Il faut bien que tu serves à quelques chose.
- Je suis fidèle à Marco ! Et puis, le prince aime sa sœur plus que de raison.
- C'est bien le soucis, il ne faudrait pas qu'il prenne mal ma demande.
- Ouais… Il t'aime bien, ça n'devrait pas poser de problème… tant que vous restez discrets, tous les deux. »
Il fait un geste vague de la main vers Usopp et moi. Le message est clair, si je compte partager mon lit avec d'autres personnes que Vivi, j'ai tout intérêt à ce que mon futur beau-frère n'en sache rien.
Zoro
J'entre dans la chambre du cuistot et referme doucement la porte derrière moi. Il est étendu sur le lit, dos à moi, mais je suis certain qu'il m'a entendu et qu'il a deviné que c'est moi. Je fais un pas vers lui et sa voix confirme mes pensées.
« Va-t-en, Marimo, je ne veux pas te voir. »
Il pleure ou a pleuré, je n'aime pas ça. Les sourcils froncés, je comble la distance entre lui et moi d'un pas rapide et m'assoie sur le lit près de lui. Il se tourne et lance sa main vers mon visage pour me faire partir mais je l'intercepte au passage. Il est rare qu'il utilise ses mains pour se battre contre moi et la dernière fois que c'est arrivé, nous sommes tombés de haut… Son visage est humide mais il ne pleure pas, bien que ses yeux soient rouges. Je lui souris.
« Luffy dit que ce n'est pas orgueil mais vanité.
- Et je dois m'en réjouir ? »
Il est clairement sur la défensive mais il n'a pas cherché à retirer sa main de ma prise. J'en profite pour me pencher sur lui et prendre ses lèvres. Il se laisse faire mais ne me répond pas. Ça serait tellement plus facile s'il se laissait aller, s'il acceptait la situation et sa solution. Mais je vais devoir le blesser, encore, pour cela. Je pose mon front contre le sien et observe longuement ses yeux bleus.
« Non, parce que ça veut dire que je vais encore devoir briser tes certitudes…
- Tu dois tellement t'amuser.
- Détrompe toi. »
Je me redresse, libère son poignet et me lève pour marcher dans sa chambre. Je m'arrête devant la fenêtre et regarde l'extérieur. Nous sommes coincés dans ce château tant que nous n'avons pas réglé notre différent. C'est tellement ridicule. Luffy va coucher avec Usopp, il prend son temps mais il va le faire, c'est une question de semaine. Mais il se retient et il en souffre à cause de nous, nous avons tous les deux échoué, sur cette question. Nous devons l'aider à prendre des décisions, lui simplifier la vie, pas le torturer en lui compliquant les choses ! Je soupire.
« Tu te penses l'ange le plus parfait, le plus pur et le plus méritant de la création, Sourcils en vrille. Tu es convaincu que tu as été envoyé auprès du futur roi pour cette raison. Parce que tu es irréprochable.
- Évidemment ! On ne m'aurai pas confié une telle mission si ça n'était pas le cas.
- Au contraire. C'est parce que ça n'est pas le cas qu'on t'a confié cette mission. »
Je n'ai pas envie de faire ça, putain… Je me tourne vers lui. Il s'est assis sur son lit et me regarde avec défi. Pourtant, je sens bien que mes paroles le font douter. Je suis un démon, faire douter un ange devrait me remplir de joie… Mais je ne suis pas non plus parfait dans ma perversion. Je reviens m'asseoir près de lui et je passe ma main dans ses cheveux. Il se laisse faire, comme ces derniers jours. A chaque fois que je l'approche, il ne résiste plus mais n'agit pas pour autant dans mon sens. Nous n'avons plus rien fait d'aussi intense que la dernière fois dans la cuisine et j'ai bien l'intention d'aller un peu plus loin aujourd'hui… Même si je n'irai pas jusqu'au bout tant qu'il ne sera pas plus participatif… Mais d'abord…
« Je ne peux pas vraiment savoir comment ça se passe chez vous mais j'ai tendance à croire que les plus méritants sont gardés auprès du patron. En tous cas, chez nous, ce ne sont pas les plus démoniaques qui sont envoyés épauler les rois mortels. Ça n'est pas le but, ni le contrat. Si l'ange faisait du monarque un saint, le royaume serait affaibli. Si le démon en faisait un dépravé, le royaume serait détruit. Tu ne crois pas ? Luffy a dit que le démon de son père s'appelait Dracule. Je le connais. Il est même plutôt célèbre, Dracule Mihawk. Si je me vente d'être un bon sabreur, je suis loin de son niveau. Il est froid, cruel, déterminé, calculateur. C'est parfait pour épauler un roi, ce sont les qualités qu'un gouvernant doit avoir. Mais Mihawk est taciturne, il ne cherche pas à pervertir les humains, il préfère rester dans son coin. C'est probablement pour ça qu'il a été envoyé là. Il est puissant mais il n'est pas un bon démon, il ne sait pas attirer les âmes en enfer, ça ne l'intéresse pas. Quant à celui qui l'a précédé sur l'épaule gauche de Roger… je mettrais ma main au feu que c'est le père de Nami, le premier conseiller du roi : Silvers Rayleigh. Un démon qui a préféré une vie mortelle pleine de plaisirs charnels plutôt qu'une éternité en enfer. Quant à moi… »
Je me penche vers lui et l'embrasse à nouveau en le guidant pour qu'il s'étende dans son lit puis je m'installe au dessus de lui sans lâcher ses lèvres et commence à déboutonner sa chemise. Mes mains errent un long moment sur son corps avant que les siennes n'entrent enfin en action pour ôter mon propre vêtements. Mes lèvres se mettent alors à dériver vers sa gorge alors que nos respirations s'accélèrent. J'embrasse son corps, dessine ses muscles, caresse sa peau douce. Et, alors que je détache sa ceinture, je murmure :
« Tu en connais beaucoup, toi, des démons qui tombent amoureux d'un ange ? »
Sans lui laisser le temps de comprendre mes paroles, j'écarte les pans de son pantalon et embrasse son érection à travers le tissus de son boxer. Il glapit de surprise et je termine de le déshabiller. Il gémit et je m'empare de son sexe pour commencer à le caresser mais au moment où je me penche vers l'objet de mon désir, il pose ses mains sur mes joues et m'arrête. Je lui souris avant de parler :
« Une fellation n'est pas une pénétration…
- Imbécile… »
Il m'attire vers lui et m'embrasse de nouveau en déboutonnant mon pantalon. C'est une mauvaise idée, si nous sommes nus tous les deux, je n'arriverai pas à rester raisonnable. Pourtant je ne peux m'empêcher de soupirer d'aise quand sa main se glisse dans mon caleçon pour s'emparer de mon sexe. Il commence de lents mouvements qui me font tourner la tête. C'est tellement inespéré qu'il me touche comme ça. Il se presse contre moi et murmure :
« Termine ta démonstration.
- Hum… L'ange qui est actuellement sur l'épaule de Roger n'est autre que son frère, Shanks… Tu sais comme moi que cet homme… était un bon vivant… Il aimait boire, péché de gourmandise… Il aimait les femmes, luxure… Il aimait l'or, avarice… Purée, arrête ça, j'arrive pas à penser… »
Sa main s'immobilise et il me regarde longuement avant de m'embrasser. J'ai envie de le sucer, putain ! De le faire crier de plaisir, de le voir abandonné entre mes bras… Il commence à descendre mon pantalon et je l'arrête.
« La luxure viendra plus tard… Nous parlions de l'orgueil, là, si tu veux bien…
- Edward Newgate, dit Barbe Blanche, qui épaulait Gol D. Roger avant Shanks et qui a donné sa vie pour lui, était un ange trop violent pour rester en haut. Tu as raison. Ceux qui descendent, même pour des missions soi-disant prestigieuses, sont imparfaits et je suis présomptueux… orgueilleux… de me croire parfait.
- Je pensais que tu serais plus… triste, en le réalisant.
- Je le suis. Triste, désillusionné… et j'ai envie que tu me donnes du plaisir, comme la dernière fois…
- Alors laisse moi faire. »
Je le repousse sur le lit et le surplombe à nouveau avant de fondre sur ses lèvres. Oui, il est triste, je le vois dans ses yeux avant qu'il ne les ferme pour savourer le plaisir de la déchéance. Briser les ailes d'un ange, détruire son auréole… Ça n'est pas donné à tout le monde. Et pourtant, je n'en ressens aucune fierté quand je prends enfin son sexe dans ma bouche. Il se cambre et ses mains s'accrochent à mes cheveux. Rapidement, sa voix empli la pièce, accompagnant les mouvements de ma bouche sur son sexe. Encore une fois, il va être un peu court, mais c'est normal, c'est sa première fois. Je ferai en sorte qu'il y en ait d'autres… quand je lève les yeux vers lui, je vois des larmes sur ses joues et je sens la colère monter en moi. Je hais ce connard qui lui a inculqué toutes ces notions de vertus et de pureté, je déteste le voir culpabiliser autant de prendre un tel pied avec moi. J'aimerai tellement qu'il arrive à juste apprécier ça, juste assumer son désir et profiter du plaisir. Mes mouvements s'accélèrent et il se cambre brusquement alors que ses doigts se crispent dans mes mèches vertes. Il cri et éjacule dans ma bouche. Je prends bien soin de ne pas en perdre une goutte. Je me redresse et l'admire un instant avant de tendre ma main pour sécher ses larmes.
« Tu es magnifique, j'ai presque envie de remercier ton créateur… mais je le hais quand je te vois culpabiliser de vivre. »
Ses yeux s'ouvrent et son regard se pose sur moi. Je me perds dans ce bleu parfait et je sens mon désir de lui prendre plus d'ampleur. Je ne suis pas certain de pouvoir attendre plus… Mais quand je veux me lever pour partir, il s'accroche à mon poignet et me murmure de ne pas le laisser seul. Je prends sur moi et m'étends à ses côtés. Quelques minutes après, il dort dans mes bras.
Luffy
« Oh ! Regarde celui-là comme il est amusant ! »
Sautillant sur place, j'attrape la main de Vivi et l'entraîne vers la cage devant nous pour lui montrer un drôle d'oiseau aux couleurs chatoyantes. Elle rit en me suivant et m'explique qu'on trouve beaucoup de ces volatiles à Alabasta, chez elle, car ils vivent dans le désert. Elle m'entraîne alors à sa suite vers les batraciens et nous restons un long moment à compter les grenouilles vertes fluo dans le vivarium.
Ça a été un calvaire de faire comprendre à Nami que cet après midi entre Vivi et moi ne pouvait souffrir la présence de personne d'autre. Bien sûr, nos pères respectifs ont insisté pour que le zoo soit privatisé afin de faciliter la tâche de nos gardes du corps qui, d'ailleurs, se tiennent à une distance raisonnable. Mais on ressemble plus à des enfants émerveillés qu'à un prince et une princesse de presque 20 ans.
« Il y a quoi dans celui-ci ? C'est juste un arbre mort.
- Non, regarde mieux, il y a des insectes. »
Je suis déjà venu souvent avec Usopp qui adore les petites bêtes et je peux donc faire étalage de ma science concernant les phasmes devant le regard pétillant de mon amie. Car Vivi est avant tout une amie. La décision que j'ai prise de manière unilatérale et égoïste va avoir un impact fort sur notre relation, y ajoutant un biais. Tout comme j'ai eu peur de perdre l'amitié d'Usopp, j'ai peur de perdre celle de Vivi si notre lien devient plus officiel. Quand nous entrons dans le couloir assombri des aquariums, nous cessons de rire. Cette ambiance influe même sur mon énergie et je marche plus calmement jusqu'à m'arrêter devant les méduses. La lumière artificielle éclaire son visage et je prends une grande inspiration.
« Vivi…
- C'est d'accord.
- Ah non ! Laisse moi le faire comme il faut.
- Hihihi Excuse moi… Je t'écoute Luffy.
- Vivi… Veux-tu bien m'épouser ?
- Oui, Luffy. »
Ses doigts s'enlacent aux miens et nous continuons la visite en silence, plus gênés qu'autre chose. Elle est bien plus mature que moi. Je suis certain qu'elle a deviné que ce n'était pas par hasard que Ace passait son temps avec son frère, dernièrement. Mais si elle est si perspicace, elle risque de comprendre assez vite ma relation avec Usopp. Alors que nous admirons les raies manta, je lui murmure un remerciement. Ses doigts resserrent leur étreinte et elle se penche vers moi pour poser un baiser sur ma joue. Surpris, je me tourne vers elle.
« C'est moi qui te remercie d'avoir pris la peine de me demander mon avis. De tous les homme qui auraient pu m'être imposés, tu es sûrement le seul avec lequel je pourrais être moi-même. Un jour, tu me diras qui sont Zoro et Sanji, peut être même me parleras-tu de ton amitié avec Usopp… Je te dirai alors ce qui me lie à Nami. Et tant que nous nous respecterons, je suis certaine que le royaume prospérera et que nous serons heureux, alors… Merci de m'avoir choisie, Luffy. »
Nous quittons en silence les couloirs sombres de l'aquarium et sommes momentanément éblouis par le retour du soleil quand je vois :
« Oh ! Regarde, Vivi, des crocodiles !
- Mais non, ce sont des alligators !
- Ah bon ? Bah, c'est pareil, non ? »
Nous partons dans un grand éclat de rire avant qu'elle m'explique la différence entre ces deux animaux qui viennent aussi de chez elle. Finalement, rien ne va changer et c'est une bonne chose.
